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Menahem Macina

"Ce que je n’ai pas volé, je dois le restituer": quand histoire et Ecriture coïncident, M. Macina
01/10/2008

Ceci est mon éditorial de Rosh haShanah. Shanah Tovah à toutes et à tous! (Menahem Macina).

29 septembre 2008

 

D’après des extraits de l’interview du Premier ministre Olmert, parue dans Yediot Ahronot, publiés en anglais par l’AFP.

 `byvi(a’ za’ä yTil.z:©g"÷-al{ rv<ïa] Ps 69, 5

Le 29 novembre, au cours de son interview par Yediot Ahronot, le Premier ministre israélien démissionnaire, Ehud Olmert, déclarait solennellement:

« Ce que je vous dis maintenant n’a été exprimé par aucun dirigeant israélien avant moi »,

Puis était venu l’aveu terrible :

« Nous devons parvenir à un accord avec les Palestiniens ce qui signifie pratiquement que nous devrons nous retirer de presque tous les territoires, si ce n’est de tous… »

Et Olmert de préciser,

« Y compris de Jérusalem. »

Il voulait parler évidemment de la partie majoritairement arabe de la Ville Sainte, qu’Israël a annexée et occupée après la Guerre de 1967, et que l’on a coutume d’appeler « Jérusalem-est ».


Pour mémoire, il faut souligner que les Palestiniens considèrent comme non négociable la restitution de Jérusalem-est, dont ils entendent bien faire la capitale de leur futur Etat.

Cette mesure radicale, si elle était ratifiée par Israël, ferait, de ce 29 Eloul 5768, veille de Rosh haShanah,  un jour de deuil national.

En effet, Israël considère Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.


Conscient de l’énormité du propos, Olmert met en garde par avance ses contradicteurs :

« Quiconque veut garder l’entièreté de la ville devra intégrer 270 000 Arabes à l’intérieur des frontières sous souveraineté israélienne. »

Et de commenter :

« Il faut prendre une décision. Cette décision… contredit nos instincts naturels, nos désirs intimes, notre mémoire collective, les prières du peuple juif depuis 2 000 ans. »


Selon Yediot Aharonot, Olmert

« admet que ses conceptions et ses actes en matière de politique étrangère depuis des décennies, étaient erronés ».

 

***


Il est temps pour moi d’expliciter le titre de ce bref éditorial et son exergue. Ce que je veux dire est ceci – et tant pis si cela paraît échevelé à certains de mes coreligionnaires, incroyants ou rationalistes, voire à des rabbins sourcilleux :

En s’écriant, dans un contexte dont nous ignorons tout (Ps 69, 5), mais sans aucun doute sous la motion de l’Esprit Saint : "Ce que je n’ai pas volé, je dois le restituer" (1): le Psalmiste ne prophétisait-il pas la situation actuelle ?

En effet, on demande à Israël de restituer des territoires qui sont réputés « volés » aux Palestiniens, alors que les Juifs revenus sur leur sol ancestral n’ont fait que les réintégrer dans leur héritage.

Je n’ai pas le temps de développer ma pensée sur ce point. Surtout pas à chaud et à quelques minutes du début de la fête. Mais il faudra bien qu’un jour nous entrions courageusement dans le vif du sujet, que je résumerai en ces mots :

  • Faut-il risquer une guerre régionale, voire pire, pour accomplir les nombreux passages de l’Ecriture qui annoncent le rétablissement de Sion et les prodromes des Temps messianiques ?
  • Savons-nous si le temps d’agir pour le Seigneur (‘et laassot la’adonaï – Ps 119, 12) est arrivé ?
  • N’y a-t-il pas danger de retarder, ou, au contraire, de précipiter indûment la fin, ce contre quoi nous met en garde notre Tradition ? (2)


Politique et messianisme ne feront jamais bon ménage.

Ma crainte personnelle - moins spéculative que ce que je viens d’exposer brièvement - est celle-ci :

Ne risquons-nous pas, comme y avait fait courageusement allusion Ariel Sharon, en son temps (3), d’être sommés de nous sacrifier pour la "paix" du monde, comme les "apaiseurs" de Munich l’imposèrent à la Tchécoslovaquie, lors des accords de Munich ? (4).

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 

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Notes


(1) On peut aussi traduire : "on exige un dédommagement pour ce que je n’ai pas spolié". Le verbe (GZL), connote l’accaparement d’un bien qui n’appartient pas à celui qui l’a trouvé, ou se l’est approprié de manière illégale. En Lv 5, 23, l’objet de cet acte répréhensible est appelé gzelah (substantif féminin), et la Torah oblige celui qui en est l’auteur à la restituer, ou à en dédommager le propriétaire légitime. Si le verset 5b du Psaume 69, a bien la charge prophétique que je lui suppose, il s’appliquerait de façon étonnante à la situation dans laquelle se trouve Israël aujourd’hui. On exige de lui, en effet, qu’il restitue, sans compensation, les territoires qu’il a légitimement conquis en se défendant contre l’agression de trois pays arabes coalisés. Et il importe peu aux musulmans et aux nations du monde qu’il s’agisse de portions inaliénables de sa patrie antique - héritage légitime s’il en fut, si l’on se place du point de vue de l’Ecriture et de l’histoire biblique. La simple évocation de cet aspect des choses est rejetée avec scandale par les nations, dont la mémoire historique semble incapable de remonter au delà du VIIe siècle de notre ère, et d’admettre que les descendants du peuple juif des 1 600 ans antérieurs puissent avoir un droit d’antériorité indiscutablement plus vénérable que celui de l’islam, qui lui, s’en est emparé en spoliant les propriétaires légitimes de cette terre: les Juifs.

(2) On lit en effet, dans le Talmud de Babylone (Ktubot 111a), que les Israélites ne doivent pas revenir en terre d’Israël, d’un seul coup (c’est-à-dire en force), mais individuellement, et qu’ils ne doivent pas se rebeller contre les nations. Voir, entre autres, Martin Janecek, "Le Millenium et le Sionisme chrétien".

(3) En réaction aux propos du "président George W. Bush qui estimait, fin septembre 2001, qu’une solution au conflit israélo-palestinien passait sans doute par la création d’un « État palestinien indépendant », le premier ministre israélien Ariel Sharon avait répliqué, au cours d’une conférence de presse, le jeudi 4 octobre 2001 : « Israël ne sera pas la Tchécoslovaquie. N’essayez pas de vous entendre avec les arabes à nos dépens, nous ne l’accepterons pas »". (Voir Wikipedia, « Octobre 2001 »).

(4) Voir l’article séminal de Joël Fishman " 70 ans après les accords de Munich, l’« apaisement » et les « concessions du faible » ".

 

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Mis en ligne le 29 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org