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Presse arabe. La crise économique: un complot du gouvernement américain et/ou des Juifs américains
01/11/2008

Un antisémitisme primaire et stupide et des arguments d’une bêtise à couper le souffle, mais ça marche, au moins dans le monde arabe. A quand une nouvelle exposition : "Les Juifs, rois de l’époque" ? (Menahem Macina)

MEMRI    Middle East Media Research Institute

Dépêche spéciale n° 2091, 22 octobre 2008

 

Texte repris du site de MEMRI

 

Dans des articles parus dernièrement dans la presse arabe, des chroniqueurs  soutiennent que la crise économique résulte d’un complot du gouvernement américain, des Juifs américains et/ou des sionistes. Selon eux, les instigateurs du complot avaient pour objectif d’empêcher la création d’un Etat palestinien, de s’accaparer les richesses des pays arabes et de s’emparer du contrôle de l’économie mondiale, dans le but d’accroître leur influence dans le monde. Extraits :

 

Le président de la Commission des affaires étrangères du Parlement égyptien: La crise économique "fait partie d’un complot politique mondial".

Le Dr Mustafa Al-Feki écrit dans le quotidien londonien Al-Hayat (1) :

« Pendant les vacances  d’été, je me suis préoccupé du problème mondial de la théorie du complot. J’ai examiné tout ce qui se passait autour de moi à la lumière de cette théorie au moyen d’analyses historiques, afin de gagner en discernement face aux événements et aux opinions. [J’ai tiré les conclusions] après avoir observé de près, chaque jour, la crise financière qui a secoué l’économie américaine, affectant banques et marchés, individus et institutions, salaires et allocations [que] la crise économique actuelle, qui devrait empirer, est une nouvelle forme de complot. Elle a débuté en septembre, sept ans seulement après le premier complot (allusion aux attentats du 11 septembre [2001]). Cette fois-ci, l’objectif est de s’emparer des biens et du capital des Arabes, afin de créer un nouveau climat de pillage économique consécutif au pillage politique. Telle est la mentalité occidentale : elle sait très bien récolter ce que les autres ont semé et s’emparer de ce à quoi elle n’a aucun droit…

Le gouvernement Bush a été entraîné et contraint, par la droite conservatrice américaine et les milieux juifs, d’accomplir cette mission (en deux étapes) – au début de son premier mandat, puis à la fin du second. Le but était d’atteindre deux objectifs majeurs : un objectif politique mondial en 2001, et un objectif économique mondial en 2008. Il est clair que ce sont les petites nations, les pays pauvres et les régions riches en ressources naturelles – notamment en pétrole – qui subissent (la crise économique). J’affirme que les développements sanctionnés par le gouvernement américain  - le pire de l’histoire à mon sens – résultent d’un complot secret aux conséquences aujourd’hui évidentes pour toute personne sensée… Septembre 2001 et septembre 2008 sont liés de près et se complètent, car il ne peut  y avoir d’influence politique sans contrôle économique. Ainsi, l’actuel gouvernement Bush a placé les deux dans le même panier, générant un nouveau phénomène qui a touché le monde entier et démontré que la fin de la guerre froide politique n’impliquait pas la fin de la guerre froide économique…

Permettez-moi juste de préciser qu’à mon sens, ce serait une erreur de croire que l’esprit juif n’est pas impliqué dans ces développements. Je répète que la crise économique mondiale fait partie d’un complot politique mondial… »

 

Un chroniqueur libanais : la crise a été préparée par l’esprit juif et le lobby sioniste

Le chroniqueur libanais, Fouad Matar, écrit dans le quotidien libanais, Al-Liwa, et dans le quotidien saoudien, Al-Yawm, que les Juifs et le mouvement sioniste mondial ont délibérément suscité la crise financière pour empêcher Bush de tenir sa promesse d’instauration d’un Etat palestinien avant la fin de son mandat.

Matar écrit (2) :

« Si les crises financières sont normales, notamment dans des régimes capitalistes comme les Etats-Unis, la gravité de la crise (actuelle), le fait qu’elle se produise à la fin du mandat (de Bush), les déclarations de Bush lui-même et de ses alliés au plus haut niveau […] selon lesquelles Bush tiendra sa promesse avant la fin de son mandat et que deux Etats émergeront (en Palestine) – voilà qui nous oblige à envisager que le sionisme mondial se trouve derrière la crise financière. Il s’agit d’empêcher le président Bush de poursuivre ses efforts pour tenir sa promesse, surtout après qu’il eut déclaré – pour ne pas dire juré – devant les dirigeants arabes et internationaux, qu’il ne quitterait pas ses fonctions sans qu’un Etat palestinien soit établi.

Certains pourraient (ne pas être d’accord avec moi), arguant que l’argent des Juifs et l’esprit juif représentent le fer de lance du monde de la finance et des investissements immobiliers aux Etats-Unis, et qu’il est donc peu probable que les sionistes détruisent les institutions financières, immobilières et les institutions d’investissement où ils jouent un rôle important, que ce soit en tant qu’actionnaires ou cadres, dans l’unique but de mettre le président américain dans l’embarras et de l’empêcher de tenir sa promesse de création d’un Etat palestinien […] ce qui menacerait l’existence d’Israël.

 (Toutefois), si un Etat (palestinien) voit le jour, il aura droit à une partie de l’argent qui est allé tout droit dans la poche d’Israël. Une grande partie de cet argent ira à la Palestine et sera aussi bien utilisé à sa reconstruction que pour étouffer les idées révolutionnaires, toute notion que les Palestiniens pourraient avoir de leur droit religieux et historique à la Palestine et au retour.

Ainsi en quoi est-il illogique de penser que c’est effectivement ce qui est arrivé – vu notamment que l’esprit qui s’est servi de l’argent des autres pour planifier et construire les institutions qui sont en train de s’effondrer, est en mesure d’en bâtir d’autres susceptibles de les remplacer ? Il est (en outre) propriétaire de médias en tous genres, de journaux et de télévisions, émettant de la Terre ou par satellite, ce qui encouragera les gens à travailler avec ces institutions et à y investir à nouveau, comme s’il ne s’était jamais rien passé.

Notons que ceux qui ont perdu (de l’argent en conséquence de la crise économique aux Etats-Unis) ne sont pas les cerveaux et les détenteurs d’avoirs (allusion aux sionistes), mais plutôt les Arabes – ordinaires modérément riches – ainsi que ceux qui, (attirés par) le Rêve américain, sont arrivés aux Etats-Unis de Chine, d’Europe, du monde arabe, de Russie et de certains pays asiatiques, économisant de l’argent pour le réinvestir et faire des bénéfices.

On peut (en outre) penser que les sionistes ont apporté des changements significatifs à leurs plans, décidant que le temps était venu de transférer la base stratégique sioniste des Etats-Unis vers l’Europe, quand l’occasion s’est présentée pour un Noir, Barak Obama, de diriger les Etats-Unis. Ils se sont (dès lors) concentrés sur les pays d’Europe de l’Est, telles la République tchèque, la Roumanie et la Hongrie.

Parmi les signes qui confortent cette thèse, le fait qu’ils aient conduit au pouvoir le président français Nicolas Sarkozy, d’origine juive et sympathisant des Juifs. (Ils pourraient d’ailleurs produire) un nouveau Sarkozy pour remplacer l’actuel Premier ministre britannique, Gordon Brown, qui se trouve au centre d’une grave crise de pouvoir susceptible de mettre un terme à sa (carrière politique), comme ce fut le cas pour Margaret Thatcher. Après la Grande Bretagne, ils tenteront de forcer d’autres gouvernements à se mettre à leur service… »

 

Le Dr Umayma Al-Jalahma : les Rothschild sont derrière la crise

Le Dr Umayma Ahmad Al-Jalahma, conférencière à l’université du Roi Faysal, en Arabie saoudite, estime que la crise économique mondiale a été initiée par la famille Rothschild dans le cadre d’une campagne visant à prendre le contrôle des marchés mondiaux de la finance. Dans un article de Al-Watan, intitulé "Qui se trouve derrière la crise américaine ?", elle écrit (3):

« Comme beaucoup d’autres, je suis le cours de la crise financière qui frappe durement les Etats-Unis, envisageant sa propagation en Occident et en Orient. Je n’y vois que la répétition des crises mondiales qui ont précédé, et dont les instigateurs sont toujours restés cachés dans les coulisses. Vu que je considère que la vraie valeur de l’apprentissage de l’histoire ne consiste pas à connaître les faits uniquement, mais à s’en imprégner pour en retenir la leçon […] je vais évoquer des faits historiques liés aux familles riches qui, aujourd’hui encore, gèrent l’argent, devenu la source de leur influence et de leur hégémonie mondiales.

Certains disent que les données de la crise américaine actuelle sont claires, qu’il n’y a rien dans l’ombre, mais je ne suis pas d’accord : nombreux sont ceux qui se cachent dans les coulisses. Ils ont l’habitude de rester cachés et d’œuvrer dans l’ombre, surtout quand les hégémonies sont prêtes à s’effondrer.

Parmi eux se trouve la famille Rothschild, propriétaire d’un empire financier mondial […] Je vais décrire ici certains plans fiscaux dont les effets ont été exploités par la pieuvre financière, des plans basés sur la destruction de pays et de peuples.

En 1815, a eu lieu la Bataille de Waterloo entre la France et la Grande Bretagne ; Napoléon a été battu  par le commandant de l’Armée britannique, Wellington. Notons que la famille Rothschild a financé les deux adversaires, vu qu’elle a accordé à Napoléon 5 000 000 de lires, tandis que d’autres membres de cette même famille ont fait passer en fraude à travers la France d’énormes quantités d’or pour Wellington. Et pourquoi pas ? La fin justifie les moyens, et leur but était de contrôler la capitale et, à travers elle, le monde.

Plusieurs historiens ont souligné qu’immédiatement après la victoire des Britanniques, des agents ont secrètement fait part de leur victoire aux Rothschild en Grande-Bretagne. Le chef de famille, Nathan Rothschild, a occulté la nouvelle, propageant des rumeurs faisant état d’une victoire française. (Puis) il a vendu toutes ses actions à la bourse de Londres, appelant les actionnaires associés à l’imiter. En quelques heures, le prix des actions a chuté, et quand il eut atteint les cinq centimes (l’action), Nathan s’est empressé d’acheter toutes les parts du marché à ce prix très bas. Le lendemain, Londres s’est éveillée avec la nouvelle de la victoire britannique et de la crise financière qui avait ruiné tous les actionnaires. Le prix des actions achetées par Rothschild et ses associés s’est trouvé multiplié par vingt en quelques heures. Quelques années plus tard, Nathan a dit de cette transaction qu’elle était la "plus belle affaire que j’aie jamais réalisée".

Les (Rothschild) ne s’en sont pas tenus là mais en ont profité pour prendre le contrôle des marchés financiers en France. La France, pour sa part, avait l’intention d’emprunter des fonds aux banques françaises pour couvrir le coût astronomique de la défaite […] mais les Rothschild ont manipulé le prix des obligations du gouvernement français, qui étaient élevés l’année précédente. (A ce stade, leurs prix) se sont mis à chuter sans raison apparente ; les Rothschild sont apparus et les ont achetées au moyen de leurs agents en France.

Cette famille est toujours en vie et continue de faire de l’argent. En fait, son influence continue de croître et s’étend maintenant de l’Europe à l’Amérique, au Japon et à d’autres (pays). Qu’elle s’assoie (ouvertement) à la table des négociations, ou se cache dans les coulisses, elle demeure influente. En outre, le rôle qu’elle a joué dans l’avènement du sionisme et de l’occupation de la Palestine arabe est clair pour tous… »

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Notes


(1) Al-Hayat (Londres), 7 octobre 2008.

(2) Al-Liwa (Liban), 3 octobre 2008 ; Al-Yawm (Arabie saoudite), 5 octobre 2008.

(3) Al-Watan (Arabie saoudite), 5 octobre 2008. Umayma Al-Jalahma a publié d’autres articles antisémites, dont un article où elle accuse les Juifs de tuer des adolescents pour leur rituel de Pourim (fête religieuse). Voir :

 - Dépêches spéciales – N° 354 – 13 mars 2002 : Diffusion de l’article d’un quotidien saoudien : "Les Juifs utilisent le sang d’adolescents dans leurs gâteaux de Pourim   

- Dépêches spéciales – N° 494 – 11 avril 2003 : "L’auteur saoudien de l’écrit diffamatoire sur les coutumes juives, professeur à l’Université du Roi Faysal, déclare, face la Ligue arabe : «La guerre des Etats-Unis en Irak a été prévue pour coïncider avec la fête juive de Pourim»".

- Dépêches spéciales – N° 547 – 6 août 2003 : "Un professeur de l’université du roi Faysal : «Les Juifs considèrent l’Irak comme faisant partie du Grand Israël »".


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© MEMRI

 

[Texte aimablement signalé par Victor Perez.]

 


Mis en ligne le 31 octobre 2008, par
M. Macina, sur le site upjf.org