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Israël (Société - mentalités)

Israël : Fuite des cerveaux à l’étranger, Antoinette Brémond et Suzanne Millet
25/09/2008

15 septembre 2008

 

Sur le site de Un écho d’Israël.


Israël excelle dans de nombreux domaines : télécommunications, armement, médecine, bio-technologies, électronique. En un demi-siècle, Israël s’est lancé dans une course technologique effrénée et figure en dix-septième position, avant le Japon, l’Irlande et la France, dans le classement 2008 du Forum Economique Mondial des nouvelles technologies mondiales de l’information et des communications. Les universités, l’Institut Weizman, le Technion de Haïfa sont à la pointe de découvertes cruciales et travaillent avec le monde de l’industrie, ce qui permet une mise en application des découvertes.

Tout cela est connu et on l’a rappelé à l’occasion du soixantième anniversaire d’Israël. Mais ce qui est également connu, c’est la fuite des cerveaux à l’étranger. Autant Israël est riche en prix Nobel et créateurs de start-up, autant se profile le danger de cette émigration : un universitaire sur quatre émigre aux Etats-Unis, fuyant les bas salaires et les budgets de recherche limités. Israël fait face à un exode 6 fois supérieur à celui des Etats européens. L’Etat d’Israël a pour principale richesse sa matière grise, mais, déjà en 2007, 25 000 employés du secteur high-tech ont quitté le pays, et leur nombre ne fait qu’augmenter.

Le professeur Aaron Ciechanover, prix Nobel de chimie 2004, professeur au Technion de Haïfa, compare cet exil à celui des scientifiques allemands d’avant la Shoa, qui ne sont pas revenus. Ces départs ont pour destination principale l’Amérique, où les salaires sont huit fois plus élevés. Même s’ils percevaient un bon salaire comme professeurs d’université en Israël, ils ne pourraient, faute de moyens et de temps, se consacrer à la recherche.

33% des professeurs israéliens en informatique enseignent dans les 40 meilleures universités américaines. « Nous sommes très bons », dit le professeur Dan Ben David, professeur de sciences économiques et politiques à l’Université de Tel Aviv. « Si nous réussissons à tel point à intégrer les meilleurs établissements du monde, cela veut dire que nos universités ont un très haut niveau international. » Mais, en même temps, cela prouve aussi que le système éducatif israélien fonctionne très mal, puisque, dit-il, « nous ne pouvons garder nos étudiants. »

Le gouvernement commence à s’inquiéter sérieusement de cette situation et a mis en place un projet intitulé : « Rentrer à la maison ». Ce projet comprend une exemption d’impôts sur les revenus à l’étranger pendant 10 ans, des emplois assurés, des prêts pour créer une entreprise. Ce projet concerne 650 000 Israéliens à l’étranger, dont 450 000 en Amérique.

Cette fuite des cerveaux est une perte pour la science et son application - dans le domaine de la sécurité nationale, entre autres, et dans tous les autres secteurs. Pour les universités où l’âge moyen des professeurs est de 55 ans et plus, la relève des jeunes est problématique.

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 25 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org