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Israël (Société - mentalités)

Les pauvres en Israël : Les Bédouins, les Juifs ultra orthodoxes, les Druzes, David Reguev
25/09/2008

Article paru le 1er septembre 2008 dans Yediot Aharonot


Traduction française : Suzanne Millet


Texte français sur le site Un écho d’Israël.


La pauvreté en Israël n’est pas seulement affaire de salaire, mais aussi d’origine ethnique et de situation géographique. Les statistiques publiées par la Sécurité Sociale montrent que la pauvreté chez les Juifs ultra orthodoxes est quatre fois plus grande que parmi les Juifs laïcs. En tête de liste de la pauvreté se trouvent les Bédouins : la pauvreté y est huit fois plus importante que chez les Juifs laïcs. 80% des Bédouins qui habitent des villages non reconnus vivent en dessous du seuil de la pauvreté.

Chaque année, la Sécurité Sociale publie une enquête sur ses activités et l’aide apportée aux différentes populations, selon le versement des indemnités. L’enquête 2007 révèle bien la situation particulière de la pauvreté dans le pays. Plus de 1 600 000 citoyens israéliens vivent en dessous du seuil de la pauvreté, et, parmi eux, 805 000 enfants et jeunes. L’aide sociale débourse pour les citoyens israéliens des indemnités d’une valeur de 47 milliards de shekels, soit 2 milliards de plus qu’en 2006.

Cette année, l’enquête montre les centres de la pauvreté en Israël selon les groupes sociaux. Selon le tableau de statistiques, 14% des Juifs laïcs sont pauvres ; après eux, les immigrants arrivés après 1990, 19% ; les arabes israéliens chrétiens, 32% ; les familles monoparentales, 35% ; les Druzes, 40% ; les Arabes israéliens musulmans, 50% ; les familles juives ultra orthodoxes, 57% ; les Bédouins vivant dans des localités reconnues, 61% ; enfin les Bédouins vivant dans les villages non reconnus, 80%.

Le Dr Daniel Gotlib, un des responsables de cette enquête, pense que la raison de ces grands écarts de niveau de vie est due au manque d’infrastructures, telles que les établissements d’éducation, l’électricité, l’eau, les routes, en un mot la mise à l’écart de certaines de ces populations. D’après lui, si dans les années à venir, on n’améliore pas ces infrastructures, la pauvreté va empirer.

De ces enquêtes, il ressort que, depuis l’année 2002, la moitié des familles nécessiteuses et le tiers des enfants pauvres ont pu sortir de cette situation de pauvreté grâce aux indemnités perçues. Par contre, l’année dernière, le tiers seulement des familles pauvres, et le sixième des enfants pauvres ont pu être aidés efficacement. Les indemnités suffisent de moins en moins à résoudre le problème.

On constate aussi actuellement la dégradation de nombreuses familles où les parents travaillent, et qui cependant vivent en dessous du seuil de la pauvreté. De 1990 à 2007, le chiffre de ces familles a fait un bond de 65%. En 1990, le nombre des pauvres qui travaillaient, était de 28%, mais, l’année dernière, il atteignait 46%. En d’autres termes, le travail n’a pas sorti ces familles de la pauvreté, mais, au contraire, de plus en plus de familles qui travaillent deviennent pauvres. A la Sécurité Sociale on explique cela par le fait que, même si de plus en plus de pauvres participent au monde du travail, le salaire qu’ils reçoivent est de plus en plus bas.

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 25 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org