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Si le ridicule tuait, la Belgique pro-palestinienne aurait déjà cessé d’exister
22/01/2009

Comme vous l’avez sans doute lu sur notre site, de généreux militants des droits de "l’homme palestinien", toujours prêts au sacrifice suprême (des autres) pour la cause de ce peuple "génocidé" par les pervers assassins israéliens, et rendus enragés par la défaite de leurs chouchous du Hamas, recourent à nouveau, sans la nommer, à l’arme de la "compétence universelle", qui avait valu à la Belgique une réputation bien méritée de ridicule international. Ils ambitionnent rien moins que de faire incarcérer, pour crimes de guerre, des politiques israéliens de haut rang, telle Tsipi Livni [*]. Pour célébrer l’événement, je vous propose de relire les trois textes qui suivent. Ils datent, pour le premier, de juin 2006, pour le second, du 17 avril 2007, et pour le troisième, du 27 juillet 2006. Mais ils n’ont rien perdu de leur saveur ni de leur actualité. Les occasions de rire sont rares, alors, ne manquez pas celle-là. (Menahem Macina).
 
Déjà, le 19 mars 2003
 
1. "Ubuesque, inénarrable Belgique", par Menahem Macina
 

19/03/03

Emoi en Belgique. Ces dernières 48 heures ont été témoins des propos et des actes les plus ubuesques qui soient, en matière de politique, d’abord, en matière de justice, ensuite.

Où le ridicule le dispute à l’incompétence, en matière politique

Au cours d’une émission diffusée ce week-end, deux personnalités du monde politique, Louis Michel – le désormais célèbre ministre des Affaires étrangères du "Plat Pays" – et André Flahaut, ministre belge de la Défense – quasiment inconnu des médias étrangers, mais qui ne le sera plus après la bourde monumentale qu’il vient de commettre de conserve avec son collègue, le fulgurant diplomate Louis Michel.

Or donc, au cours de cette émission de débats politiques, l’habile journaliste qui l’animait, lança, sans avertissement préalable, la question-appât, à laquelle nos deux poissons mordirent avec voracité.

En substance, on demandait aux deux ministres présents sur le plateau ce qu’ils pensaient du fait que le territoire belge, et spécialement le port d’Anvers, étaient toujours utilisés pour acheminer du matériel américain en vue de la guerre imminente contre l’Iraq, alors que la Belgique avait fait état de son opposition farouche au conflit et n’avait pas fait mystère de son intention de s’opposer par tous les moyens à la nouvelle résolution demandée par les Américains.

Et nos deux matamores d’y aller de leurs rodomontades.

L’inénarrable "Louis le Petit" déclara avec assurance qu’il n’était, en effet, pas question qu’un tel état de choses perdure. A l’en croire, dorénavant, plus aucun matériel de guerre américain ne transiterait par la Belgique.
Et Louis Flahaut de renchérir en se rengorgeant, que même l’espace aérien serait interdit aux avions de guerre et avions-cargo américains se dirigeant vers la région du Golfe.

L’arrogance présomptueuse de ces propos («je puis vous assurer…») n’avait d’égale que la fatuité des attitudes et des regards de ces deux Robespierre de la politique belge. A eux seuls, nonobstant la gravité des affirmations proférées, ils valaient le spectacle.

Restait à attendre pour voir si ces bravades langagières se traduiraient en actes.

Ce ne fut pas le cas. Brièvement interrogé, mardi, le Premier Ministre belge, Guy Verhofstadt, visiblement embarrassé par ce dérapage verbal de deux ministres de son gouvernement, mit les choses au point avec habileté. En substance il dit comprendre leur émoi, mais insista sur le fait qu’aucune mesure ne devait être prise en dehors du cadre de l’assistance mutuelle que se doivent les Etats, conformément aux accords de l’OTAN.

Qu’un ministre de la Défense et un ministre des Affaires Etrangères aient ignoré ce b-a, ba de la politique des rapports entre Etats laisse pantois et donne une idée du niveau consternant de compétence et de responsabilité de certains hommes d’Etat belges.


La "compétence universelle" à la belge, cruellement piégée

L’autre affaire est plus anecdotique, mais non moins révélatrice des gaîtés de la loi belge de "compétence universelle", que n’eût pas désavouées un Courteline.

La très sérieuse chaîne nationale de télévision belge, RTBF, diffusait, ce mardi, un reportage sur une nouvelle plainte devant le Parquet de Bruxelles, au titre de cette fameuse loi.

Ecoutez bien, cela ne s’invente pas (surtout à quelques heures du déclenchement de l’offensive américaine en Irak).

Or donc, deux avocats et un homme politique belge ont accepté de représenter les intérêts de 11 familles irakiennes.
Ces dernières demandent rien moins que l’inculpation, pour crime de guerre, de l’ex-président des Etats-Unis, George Bush-père, de l’actuel vice-président américain, Dick Cheney, de l’actuel Secrétaire d’Etat, Colin Powell, et du Général Schwatzkopf. Les plaignants les accusent de responsabilité directe dans le bombardement - qui avait fait 403 victimes - d’un abri civil du quartier d’Al Almeria, à Bagdad, en février 1991, lors de la première Guerre du Golfe.

Que ce tir ait été une erreur, comme il s’en produit dans toutes les guerres, ou que la responsabilité en ait été prise par le haut-commandement militaire américain sur la foi de renseignements selon lesquels Saddam Hussein se trouvait dans cet abri, comme cela a été dit alors, il est clair que cette extension de la notion de crimes de guerre aux "bavures", erreurs stratégiques, ou autres aléas inhérents à toute guerre, si elle venait à faire jurisprudence, rendrait toute guerre impossible.

Tous les tribunaux de la terre ne suffiraient pas à juger les officiers, hommes de troupe, et hommes politiques de tous pays auxquels il serait facile d’intenter le même procès. A ce compte, et pour ne parler que de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes des forces alliées, leurs chefs militaires et les autorités politiques d’alors devraient être condamnés comme criminels de guerre pour les bombardements du sol français, qui, rappelons-le, ont fait plus de morts civils que les opérations militaires allemandes en 4 années d’occupation. Un seul exemple : Entre le 4 et le 10 septembre 1944, 12.000 tonnes de bombes furent déversées sur la ville du Havre, en Normandie, et sur sa population, faisant plus de 5000 morts civils, 35.000 sinistrés complets et 65.000 sinistrés partiels (1).

La ridicule affaire portée hier devant la justice belge, n’est qu’une retombée, parmi de multiples autres prévisibles, de l’ouverture de la boîte de Pandore qu’a constitué le vote calamiteux, par les hommes politiques belges, de la prétentieuse "loi de compétence universelle". Au lieu d’ériger la Belgique en parangon de la justice universelle, cette loi fait sombrer dans le ridicule le pays qui en a pris l’initiative sans en mesurer toutes les conséquences, ni en prévoir les détournements pervers.

En veut-on une illustration ?

Au sortir du Palais de Justice de Bruxelles, Patrick Moriau, Président des Relations internationales du Parti Socialiste de Belgique, et l’un des trois représentants des 11 familles irakiennes plaignantes, a lancé aux journalistes ce mot, qui entrera sans nul doute dans le Guiness Book of Records de la stupidité politique :

«Au concept de "guerre préventive", nous allons opposer celui de "plainte préventive" !»

Belgique, réveille-toi, ils sont devenus fous !


© Menahem Macina


Notes

(1) "Le premier gros bombardement eut lieu le 5 septembre de 17 h 45 à 19 h 30, sur le centre de la ville, où il n’y a pas d’objectifs militaires : 1820 tonnes de bombes explosives, 30000 bombes incendiaires, 1 tonne d’explosif par 720 mètres carrés, une bombe incendiaire tous les 43 mètres carrés. Près de 3000 civils tués […] Entre le 4 et le 10 septembre, la ville fut détruite à 85 pour cent. Elle reçut 12000 tonnes de bombes en 152 bombardements qui firent plus de 5000 morts parmi les civils et laissèrent 35000 sinistrés complets et 65000 sinistrés partiels." (Beaudufe, Christophe, auteur de L’été 1944, le sacrifice des Normands, Perrin, Paris 1994).
 
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Puis, le 17 avril 2007
 
2. Le Ministre belge de la Défense: Israël doit payer pour les bombes à fragmentation au Liban, Liphshiz
 
On se souvient du fiasco de la loi belge sur la "compétence universelle" [1], qui a permis à ce pays de traquer, durant près de deux ans, toutes les personnalités politiques et militaires qu’il considérait comme coupables de crimes de guerre, et tout spécialement le Premier Ministre israélien d’alors, Ariel Sharon. On croyait ce pays guéri de sa mégalomanie judiciaire, mais ce n’est pas le cas, puisqu’il récidive, cette fois par la voix de son ministre de la Défense, André Flahaut. Ce dernier n’est malheureusement pas le seul homme politique européen à faire preuve d’un parti pris agressif envers l’Etat juif. Un député français avait déjà fait fort en ce sens - heureusement sans succès -, comme l’illustre un texte auquel nous référons [2]. (Menahem Macina).
 

 

Haaretz

 

Texte original anglais : "Belgian Defense Minister: Israel must pay to clear cluster bombs in Lebanon".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

La réalisatrice palestinienne, Mai Masri, en train de filmer, le 15 avril, des immeubles détruits,
à Beyrouth-sud, l’été dernier, au cours de la guerre entre Israël et les combattants du Hezbollah. © Reuters.

 

 

   Une prétention "boursouflée"

Le ministre belge de la Défense, a déclaré, la semaine dernière, qu’il ferait en sorte de contraindre Israël à payer pour le nettoyage des restes de bombes à fragmentation lancées par l’Armée de Défense d’Israël sur le territoire libanais durant la Seconde Guerre du Liban.

Au cours d’une rencontre avec des délégués de Medical Aid for the Third World (MATW) [Aide médicale au Tiers-Monde], organisation médicale internationale, le ministre belge de la Défense, André Flahaut, a affirmé que cet armement était « le recours des lâches et une violation de la loi internationale ».

Le coordinateur de l’organisation, le Dr Bers De Belder, a déclaré à Haaretz que Flahaut était favorable à l’idée qu’Israël devait être considéré comme un pollueur, et contraint à payer pour le nettoyage de cette pollution, dont le coût est évalué à 13 millions de dollars.

Selon De Belder, Flahaut a dit qu’il recommanderait au Premier ministre Verhofstadt d’adopter ce principe.

Flahaut, qui projette une visite au Liban cette semaine, a informé De Belder qu’il avait l’intention de conseiller au gouvernement libanais de soutenir le projet d’engager la responsabilité financière d’Israël. De Belder et les autres membres de la délégation de MATW ont remis à Flahaut une pétition signée par 3 415 Belges favorables à cette exigence, parmi lesquels 13 parlementaires de différentes factions politiques.

Le MATW n’a pas abordé la question de la manière de faire payer Israël.

« Nous avons laissé cela à l’appréciation du gouvernement belge, puisque le nettoyage est réalisé à ses frais par le contingent belge de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban », a dit De Belder.

Il a reconnu que son organisation s’était occupée principalement d’aide humanitaire et non de loi internationale, ajoutant qu’elle est aussi « attachée à la justice internationale ». Il a déclaré également : « Notre pétition a été examinée par l’avocat Selma Ben Khelifa, spécialisé en droits humains ».

Et De Belder d’ajouter qu’il n’a pas vu « la moindre preuve » que le Hezbollah ait également lancé des bombes à fragmentation sur Israël. Human Rights Watch avait annoncé, en octobre dernier, en avoir trouvé 113 cas.

 

© Haaretz

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Notes de la Rédaction d’upjf.org


[1] A propos de cette loi prétentieuse, on peut lire, entre autres : "Un spécialiste du droit international conteste la loi belge" ; "La compétence universelle, une farce ?" ;
"Olmert, Peretz et Halutz, criminels de guerre! Compétence universelle belge" ; "Quand le droit n’a que les ’apparences de la vertu’" ; "Le militantisme juridique engendre des guerres de l’ombre", etc.

[2] Voir : "Un député UMP: prendre « des mesures militaires » pour faire cesser les attaques indignes d’Israël".

 

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[Texte aimablement signalé par AC.]

 

Mis en ligne le 20 avril 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 
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Et le 27 juillet 2006
 
 
AVIS AUX BELGO-ISRAELIENS DU NORD D’ISRAËL : Si vos proches et/ou vos biens ont subi des préjudices, du fait des Katiouchas tirées par le Hezbollah, hâtez-vous de constituer avocat, en Belgique, pour demander réparation aux juges ’universellement compétents’. Et surtout, n’oubliez pas de préciser que votre plainte vise précisément Monsieur le Mollah Nasrallah, le Président et le Premier Ministre du Liban, et, accessoirement, les Présidents syrien et iranien, dont les acteurs libanais ne sont que les exécutants. (Menahem Macina).

 
27/07/06
 
Dans un article intitulé "Belgique/Liban : manipulation politico-judiciaire contre Israël ?", paru sur son site, le Centre Européen d’Intelligence, de Stratégie et de Sécurité (ESISC) attire notre attention sur un nouvel épisode de ce Clochemerle à la belge [1].
 
 
Le quotidien belge Le Soir nous apprend ce matin qu’une plainte sera déposée aujourd’hui, à Bruxelles, « contre Israël, pour crimes de guerre ». La loi belge, et plus particulièrement la "Loi de compétence universelle", adoptée en 1993 et modifiée à plusieurs reprises depuis [2], permet en effet de déposer plainte pour des crimes contre l’humanité à condition qu’il existe un « élément de rattachement » avec la Belgique (victimes ou auteurs des faits Belges ou résidant en Belgique, etc.)
 
 
 
C’est précisément le cas puisque les deux plaignants, M. Ali Abdul-Sater et son épouse, Mme Farkad El Husseini sont deux ressortissants belges d’origine libanaise, qui passaient leurs vacances à Beyrouth lorsque la guerre a éclaté. Leur appartement a été détruit et ils ont dû fuir le pays via la Syrie dans des circonstances particulièrement traumatisantes. La plainte déposée vise nommément MM. Ehud Olmert, Premier ministre, Amir Peretz, Ministre de la Défense, et Dan Halutz, Chef d’état-major.
 
 
 
Sans mettre en cause la souffrance, certainement bien réelle, de ces plaignants, on ne peut que s’interroger sur le climat de manipulation politique qui semble entourer cette plainte.
 
 
 
Mais arrêtons-nous d’abord un moment sur cette fameuse Loi de compétence universelle : celle-ci, qui permet de poursuivre des criminels qui, sans cela, pourraient jouir de l’impunité, serait à l’honneur de n’importe quelle démocratie.
 
 
En Belgique, malheureusement, elle ferait plutôt sourire. Ce pays a atteint un niveau de corruption rarement égalé dans le monde industrialisé (depuis des mois, les affaires de prévarication présumées touchant le Parti socialiste, principal parti de gouvernement, se sont multipliées), le justiciable moyen y attend des années avant de voir son affaire traitée par des tribunaux qui, dans de nombreux arrondissements judiciaires, ne poursuivent même plus les délits mineurs pour cause d’arriéré judiciaire.
 
Enfin, plusieurs dossiers brûlants n’ont jamais été élucidés, à commencer par celui des « tueries du Brabant » qui firent une trentaine de morts, dans les années 80. Et c’est cette justice, dont nous dirons (pour rester poli envers des magistrats qui sont avant tout les victimes du système) qu’elle est lente, inefficace et politisée, qui va faire la lumière sur de possibles crimes de guerre commis à l’autre bout du monde ? Grotesque…

Mais venons-en à la plainte elle-même. L’avocat qui la dépose, Maître Georges-Henri Beauthier, est une figure connue et respectée du barreau. C’est aussi un homme très marqué à gauche - ce qui est son droit le plus strict -, et qui, concernant Israël, n’en est pas à son coup d’essai.
 
 
Il y a quelques années déjà, il avait déposé plainte, toujours au titre de la même loi de compétence universelle, contre Ariel Sharon pour les massacres de Sabra et Shatila (qui, pour rappel, ont été commis par une milice chrétienne libanaise, pas par l’armée israélienne).
 
 
Aujourd’hui, donc, il prend fait et cause pour M. Ali Abdul-Sater et pour quelques autres, puisqu’il nous apprend que « d’autres plaintes vont suivre ».
 
 
Au passage, il nous apprend que son client « est vice-président de l’Association Pour un Liban Laïque, qui regroupe des citoyens modérés de toutes confessions, préoccupés par l’avenir du Liban. Il ne s’agit nullement d’un mouvement pro-syrien ou extrémiste »
 
 
 
 
On remarquera que l’association « Pour un Liban Laïque » semble être de création bien récente, ce qui n’enlève rien, bien entendu, à sa pertinence : sur Google, on ne trouve que trois ou quatre occurrences se rapportant à ce groupe et toutes datent des tout derniers jours.
 
 
Quant au site Internet de l’association, il s’agit d’un blog créé en… juillet 2006 et sur lequel les messages les plus anciens remontent au 23 juillet.
 
 
Une association qui pourrait n’être que de pure circonstance, une plainte orientée, un avocat militant et de quoi faire la "une" des quotidiens : il y a dans cette affaire, nous semble-t-il, nettement plus de politique que de soif de justice.
 
 
© Esisc
 
 
Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Dès le début de la plainte contre A. Sharon, en vertu de cette loi, j’avais ironisé sur le ridicule des situations qu’elle créait; voir "Ubuesque, inénarrable Belgique…, Menahem Macina.
 
 
 
[Les mises en grasses et en italiques sont de l’Esisc. Le montage photos a été réalisé et ajouté par M. Macina.]
 

Remis en ligne le 21 janvier 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org