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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

"Pour la défense d’Israël" – Un éditorial du "Times".
12/01/2009

Il est rare - pour ne pas dire rarissime – qu’un journal anglais de premier plan, et surtout le "Times" prenne la défense d’Israël. Il faut saluer cette initiative qui demande un certain courage dans un pays où la presse est presque unanimement anti-israélienne. On ne s’étonnera pas de trouver dans ce texte une allusion à l’utilisation, par Israël, de bombes au phosphore. Ce "canard" est tellement récurrent qu’Israël a coutume de ne pas y attacher d’importance. Toutefois, selon Guysen, « le capitaine Guy Spigelman, porte-parole de l’armée israélienne, a réfuté catégoriquement l’accusation » (Menahem Macina).

10 Janvier 2009

The Times (Londres).

Texte anglais original : "
In defence of Israel".


Traduction française : CID


Personne ne peut accepter la souffrance civile de ces deux dernières semaines à Gaza. Mais ce n’est pas une raison pour éluder une question cruciale: Qui, au final, aura à en répondre ?


Les images ne mentent pas. Guidées au laser, mais aveugles à la distinction entre combattants et civils, les bombes israéliennes ont transformé des écoles, des appartements et des casernes de police en visions d’horreur. Les secours et les proches dégagent des corps et des parties de corps, ainsi que des survivants, trop traumatisés pour parler. Le lendemain de Noël, au moins 50 cadets tués rien qu’au poste de police principal de Gaza City. Lundi, des rapports, non contestés par Israël, de bombes au phosphore utilisées sur des quartiers civils [1]. Mardi : 40 enfants et professeurs trouvés morts dans les décombres d’une école. Et hier, des rapports faisant état de plus de 30 enfants tués dans une maison dans laquelle les troupes israéliennes les avaient déplacés pour assurer leur sécurité.

Quelles que soient les affirmations d’Israël de n’avoir lancé que des frappes ciblant le Hamas, il n’a fait montre que de peu de préoccupation pour les civils pris entre deux feux à Gaza ces deux dernières semaines.

 

Pour autant, tout cela n’est rien comparé aux mépris [des lois de la guerre – Note d’upjf.org] dont fait preuve le Hamas.

Contrairement aux Forces de Défense d’Israël, les paramilitaires, maîtres suprêmes de la bande de Gaza, utilisent quotidiennement les civils comme moyen de protection sachant bien que nombre d’entre eux seront sacrifiés lors des frappes aériennes israéliennes.

Contrairement aux Forces de Défense d’Israël, le Hamas prend délibérément pour cibles les civils (israéliens) avec des missiles. Au moins 70 de ces engins ont été lancés depuis Gaza sur Israël en décembre. C’est cet acte criminel qui a déclenché la crise actuelle. C’est aussi simple et flagrant que l’histoire de la Terre Sainte est compliquée, et chaque fois que des combattants du Hamas rassemblent des Gazaouis effarés pour servir de bouclier humain, ils aggravent ce premier crime par la plus infâme des perfidies.

Israël incarne la révolte contre l’Holocauste et la méfiance à l’égard de ceux qui veulent oublier l’histoire. C’est aussi un pays qui, en 60 ans, a justifié son accession à la souveraineté en défendant son existence contre ceux qui lui en déniaient le droit, tout en préservant sa démocratie, même au prix de l’isolement diplomatique, et en construisant une économie jalousée dans tout le Moyen-Orient.

On ne peut vraiment pas dire la même chose du Hamas. Alors que le Fatah, au moins, parle le langage de la négociation, le Hamas rejette explicitement la solution du partage en deux Etats. Sa raison d’être est, au premier chef, de promouvoir une doctrine nihiliste de self-défense par la terreur, dans le cadre d’un panislamisme fantasmé, sans la moindre once de tolérance pour les incroyants, sans parler d’un Etat Juif.

Israël a un allié puissant dans les Etats-Unis. Ses contempteurs ont l’habitude de condamner cette alliance en tant qu’axe juif, aveugle aux réalités poignantes de Gaza et aux sacrifices nécessaires à la paix. Personne ne peut rester insensible à la souffrance dont témoigne le chirurgien norvégien qui a adressé des SMS à ses amis pour leur dire : « nous baignons dans un flot de morts, de sang et d’amputations ». Cependant, le meilleur moyen d’y mettre fin n’est pas d’abandonner Israël, mais de vaincre le Hamas. Tandis que Washington envisage une ouverture vers Téhéran, son refus de condamner Israël n’est pas de nature idéologique, mais bien rationnelle. L’alternative aurait été d’entamer des négociations avec les Iraniens tout en les laissant continuer à menacer la sécurité d’Israël grâce à leurs supplétifs de Gaza et aux missiles qu’ils leur fournissent.

Le Vatican a, sans nul doute, manqué à ses devoirs en ne désavouant pas les remarques de son cardinal, Renato Martino, qui a fait un parallèle entre Gaza et un camp de concentration. Impossible de l’ignorer. Ceux qui se joindront à Annie Lennox [NdT – ex-chanteuse du groupe Eurythmics] et à Ken Livingstone [NdT – dit aussi Ken le Rouge, précédent maire de Londres] à Hyde Park, demain, afin de condamner ce qu’ils considèrent comme une réponse disproportionnée d’Israël, ne peuvent en même temps ignorer que si Israël est en guerre, c’est le Hamas - une organisation non étatique - qui a un besoin criant d’une telle réponse afin de justifier son existence auprès des Palestiniens.

Israël vaut mieux que ses ennemis. C’est pourquoi le monde s’émeut quand des enfants et des civils meurent sous le feu de son artillerie. Les deux dernières semaines de combat auront abîmé l’image d’Israël au niveau international et auront radicalisé quelques Palestiniens. Mais elles auront aussi envoyé un message essentiel : le Hamas n’est pas un partenaire de négociations, encore moins de paix. C’est l’amère leçon de cette guerre : on ne peut laisser le Hamas gagner.


© Times

 

Mis en ligne le 11 janvier 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org