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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme

Durban II : Le dilemme français, Gabriel Lévy
18/12/2008

18 décembre 2008.

 

Prenant la parole à l’occasion du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, la secrétaire d’Etat a expliqué pourquoi la France participera à la conférence de Durban II. Elle s’exprimait également au nom de l’Union Européenne, peut-être imprudemment, puisque nous savons, depuis, que la Hollande ne participera probablement pas à cette mascarade.

Quelques mois plus tôt, en répondant à une question écrite (1), la Secrétaire d’état reconnaissait que cette réunion présentait

« de réels risques de dérives : certains pays pourraient chercher à faire adopter des concepts que nous récusons comme celui de la "diffamation des religions", ou qui iraient à l’encontre de l’universalité des droits de l’homme. De plus, l’organisation éventuelle d’un nouveau forum des ONG en marge de la conférence d’examen est un sujet de préoccupation... ». 

La position des autorités françaises semble désormais définitive, puisque la France s’est abstenue, le 25 novembre, sur le projet de résolution finale, se démarquant des pays européens (!) tels le Danemark, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Grande-Bretagne et la République tchèque, ainsi que du Canada, d’Israël, des Etats-Unis, de l’Australie et de Monaco, autant de pays qui ont voté contre ce projet.

Rappelons que cette « commission des droits de l’homme » est présidée par la Libye et l’Iran, le Pakistan et Cuba étant vice-présidents - rappel qui ne nécessite aucun commentaire.

Rappelons également que la précédente conférence, dite Durban I, avait manifesté, de la façon la plus éhontée, un antisémitisme virulent, mais s’était tue à propos des droits de la femme (est-ce "diffamer la religion" que d’observer que les femmes n’ont que des devoirs dans les pays pratiquant la charia ?), du suicide inspiré, ou commandé, des enfants, et du terrorisme en général.

Quelle est donc la raison de la présence française ? Selon la réponse ministérielle :

« c’est en restant présents, vigilants et inflexibles que la France et l’UE pourront faire valoir les principes fondamentaux des Nations Unies et mobiliser tous les pays pour lutter vraiment contre le racisme au niveau mondial ».

Vœux pieux, vaines rodomontades, cette réponse ne paraît prendre en compte ni les implications de la défense des droits de l’homme dans la plupart des pays représentés à l’ONU, défense si chère à Madame Yade, ni la réalité politique, si chère à M. Kouchner.

En effet, l’histoire, ancienne ou récente, nous apprend que la présence de notre pays n’a eu que peu ou pas d’utilité, lorsqu’il se voulait « présent, vigilant, inflexible » :

  • A la SDN (Société des Nations), qui s’est conclue par Munich.
  • A l’ONU (résolution 1701 soumise par la France, qui devait interdire le réarmement du Liban-sud et permettre la libération de prisonniers… de prisonniers, pas de cadavres !).
  • A l’ONU encore, à propos des contingents de l’ONU au Rwanda, au Darfour, au Liban, etc., parfois sous son commandement.


L’ONU, avec ou sans la présence française, est une institution :

  • inutile pour préserver la paix ;
  • nuisible, car elle sert de caisse de résonance à la haine ;
  • coûteuse, parce qu’elle ne s’épargne même pas les détournements financiers, dont ceux de nos « propres » diplomates (2).

 

Etre présent  dans le but de « mobiliser tous les pays pour lutter vraiment contre le racisme au niveau mondial » : vaste programme ! Mais chacun sait que, sans le cocorico d’un coq dans une basse-cour, le soleil ne se lèverait pas !

 

© Gabriel Lévy

 

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1. Question écrite n° 172008, JOAN du 05/08/2008.

2. Voir "Affaire Mérimée : Le Quai d’Orsay cherche à circonscrire le problème", Le Monde du 13/10/2005.


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Mis en ligne le 18 décembre 2008, par
M. Macina, sur le site upjf.org