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Menahem Macina

Résultat d’une visite de sénateurs belges dans l’antre de la Gorgone du Hezbollah, M. Macina
18/12/2008

On me signale, à juste titre, que les propos du sénateur Josy Dubié, que je rapporte ci-après, ont été tenus en 2002 [*] et non récemment comme pourrait le laisser penser mon analyse, dénuée de toute indication chronologique. Je remercie P. Lachaus d’avoir attiré mon attention sur cette lacune. (Menahem Macina).

[*] Les propos rapportés ci-dessous sont repris d’un débat consigné dans les Annales du Sénat de Belgique, en date du 16 juillet 2002.


16/12/08

C’est l’histoire d’un parlementaire belge qui affirme n’avoir

« évidemment aucune sympathie pour le mouvement du Hezbollah et ne partager en rien ni son idéologie, ni sa manière d’être, ni ses objectifs ».

Un bon point pour M. Josy Dubié.

Mais, précise le parlementaire,

« j’ai eu récemment l’occasion de me rendre au Liban, avec M. Van Quickenborne [ministre pour l’entreprise et la simplification] ».

Et le député belge de faire remarquer qu’il a rencontré là-bas tout le gratin politique :

« le Premier ministre, le président de la République, le président du parlement, M. Nabih Berri, le chef du Amal »,

qui, précise-t-il, est aussi une milice chiite. Finalement explique Josy,

« on nous a proposé de rencontrer le chef du Hezbollah, M. Nasrallah ».

Le député n’est pas du genre à "coucher" dès le premier contact. Il explique donc que,

« dans un premier temps » - dont il ne précise pas la durée (probablement celle des "préliminaires") -, il a « refusé », arguant de sa « totale incompréhension de la position [de ce mouvement] ».

Quand je vous disais que c’était de la pudeur ! Les positions dans les relations, sont chose délicate, elles peuvent amener le partenaire à couper court à toute avance chaleureuse ultérieure, si l’une de ces positions l’a choqué… ou frustré.

Heureusement pour Josy, une entremetteuse de luxe s’est manifestée. Et pas n’importe laquelle : l’ambassadrice de Belgique au Liban, en personne ! En l’absence d’un reportage sur le vif, force m’est d’imaginer le dialogue. Cela a dû être quelque chose comme ça :

« Allons, Josy, pas de fausses pudeurs ! Le Hezb beau là  (en abrégé : Hezbollah), c’est son nom, signifie, en arabe, "parti de Dieu". Et même si vous êtes agnostique, et que cela ne signifie rien pour vous, considérez que « tous les visiteurs rencontrent les responsables du Hezbollah. »

Tous les visiteurs ? Alors, pourquoi pas moi ? a dû se dire Dubié. De quoi j’aurai l’air en rentrant au « plat pays », si je ne peux, dans un salon, lancer négligemment, à la cantonade :

« Eh bien, oui, quoi ? J’ai rencontré Mossieu Nasrallah. Y’a pas de quoi en faire un plat. C’est un homme comme tout le monde ! »

(A part le turban et la robe noire, bien sûr, mais le pape est tout aussi démodé sur le plan vestimentaire !).

Alors, notre Josy s’est ravisé, il a reconnu implicitement qu’il avait un peu trop vite snobé cette organisation.

« Force lui a été », avoue-t-il, de « constater qu’il s’agit d’un parti politique reconnu, jouissant d’une certaine notoriété et, même, d’une certaine sympathie dans l’opinion publique libanaise ».

On pourrait faire observer au sénateur qu’Hitler aussi dirigeait un parti politique reconnu et qu’il jouissait d’une notoriété indiscutable, même s’il menait une politique raciste. Mais à entendre Dubié à la tribune du Sénat, on comprend qu’il a subi le charme de l’organisation divine. En témoignent ses réflexions :

« [Le Hezbollah] est considéré, à tort ou à raison, comme étant celui qui a finalement forcé les Israéliens à quitter le sud-Liban, au terme d’une guerre qui a duré des années. [Il] a des députés et il représente une partie importante de la communauté chiite. »

Dernier sursaut avant les gestes fatals, Josy murmure encore :

« Je ne partage ni ses valeurs ni son point de vue. »

Il n’empêche. Il s’est retrouvé (seul, ou avec d’autres - le récit qu’a fait Josy Dubié lui-même au Sénat ne le précise pas) avec M. Nasrallah. Il ne nous explique pas non plus par quel sortilège il en est venu à « comprendre », et ce qu’il a « compris », comme il l’a naïvement conté à ses collègues sénateurs :

« Mon entretien avec le cheikh Nasrallah… m’a permis de comprendre en quoi son refus de l’État d’Israël et sa volonté de le détruire pouvaient conduire au soutien de mouvements qui utilisent tous les moyens pour tendre vers cet objectif. »

Magnifique ! Quelle clarté de jugement !

Le problème, en ce qui me concerne, tout au moins, est de savoir si M. Dubié approuve ou réprouve ce soutien du chef d’un mouvement terroriste - qui refuse l’existence de l’Etat d’Israël et veut le détruire -, à d’autres mouvements accros au même "idéal".

Même quand on sait que l’art du flou oratoire est le balancier des funambules politiques, on reste sur sa faim.

Mais la suite de l’exposé du sénateur belge dissipe les illusions. Celles en tout cas des adversaires irréductibles du terrorisme, qui avaient pu, un instant, croire que les palabres sénatoriales d’hier avaient pour but de s’assurer que toutes les organisations terroristes figuraient bien sur la liste noire – y compris le Hezbollah, bien sûr !

Eh bien, non. José Dubié a dû regarder la Gorgone hezbollienne dans le blanc des yeux. Résultat : sa conscience en a été pétrifiée. Jugez-en :

« Je m’interroge donc sur la possibilité de voir rangé parmi les organisations terroristes un mouvement politique qui dispose d’un soutien populaire au Liban et pas uniquement dans la communauté chiite. Dans l’hypothèse où le Hezbollah serait purement et simplement catalogué comme organisation terroriste, il risquerait d’opter pour la clandestinité - je ne pense même pas que les Libanais accepteraient cette position – […] et, par ailleurs, je me demande si nous n’aboutirions pas, dans cette éventualité, à l’inverse de l’objectif que nous poursuivons, à savoir, contrôler le mieux possible toutes ces organisations pour éviter que les mouvements terroristes qui en font partie puissent mener leurs actions tout à fait néfastes, que je condamne, bien sûr, fermement. » (ENCORE !).

Autrement dit : ne les poussez pas à bout ces pauvres terroristes, sinon, ils vont se fondre dans le paysage et nous ne pourrons plus les "contrôler". (Parce que, jusqu’ici, il y a des Belges qui contrôlent le Hezbollah ?...).

Bref, nous avons compris. A l’instar de très nombreux hommes politiques – et pas seulement en Belgique – ces gens ne veulent pas la paix, mais qu’on leur ’foute’ la paix. Pour cela, il est impératif de ne pas fâcher les Arabes qui ont juré la destruction d’une démocratie, membre de l’ONU.

Conclusion. Je pense que la mue de Josy Dubié - qui condamne, BIEN ENTENDU, les actions des mouvements terroristes, a pu être influencée, au moins en partie, par la présence, dans la délégation belge invitée dans l’antre de la Bête hezbollienne, de M. Vincent Van Quickenborne. En effet, comme dit plus haut, ce jeune sénateur officie à la tête du ministère pour l’Entreprise et la Simplification.

Son expertise en simplification des procédures administratives en entreprise le qualifie parfaitement pour DECOMPLEXIFIER enfin ce problème frustrant et… dangereux. Il semble qu’il ait préconisé la manière forte consistant à trancher le nœud gordien, dans le style : en attendant la suppression pure et SIMPLE de ces listes - qui ostracisent des mouvements de Résistance, dont les moyens sont, certes, peu orthodoxes, mais dont la fin est juste, puisqu’il s’agit pour eux de se libérer de l’oppression de pays ségrégationnistes et racistes, comme… (je ne cite personne, mais suivez mon regard) -, ôtons le Hezbollah de la liste des organisations terroristes.

SIMPLE, non ?...

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 


Mis en ligne le 16 décembre 2008, par
M. Macina, sur le site upjf.org