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Nizar Rayan: stratège des "boucliers humains" du Hamas victime de sa propre stratégie, Ely Karmo
27/01/2009

Cet article m’avait échappé. (Menahem Macina).

mercredi 7 janvier 2009

Texte français repris du Blogue Philosémitisme.

"Le Jerusalem Post rapportait le 1er janvier qu’un des principaux responsables politiques du Hamas et chef religieux, Cheikh Nizar Rayan (photo), 52 ans, avait été tué ainsi que plusieurs autres personnes le jeudi précédent, lorsqu’un avion des forces armées avait largué une bombe sur l’immeuble de huit étages où il résidait à Jabalya. Nizar Rayan était le chef religieux de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, et un de leurs commandants militaires. Il enseignait à l’Université islamique de Gaza, avait été le mentor de plusieurs auteurs d’attentats suicides, accompagnait les patrouilles de combattants du Hamas et préconisait avec force la reprise des attentats-suicide en Israël.

Un communiqué publié par le bureau de presse du gouvernement israélien indique que l’immeuble où vivait Nizar Rayan servait d’entrepôt d’armes et de munitions et abritait un centre de communications du Hamas. En outre, un tunnel avait été creusé en-dessous de l’immeuble et servait à l’exfiltration de militants terroristes.

Nizar Rayan avait dirigé et financé l’attentat très sophistiqué perpétré le 14 mars 2004 par deux terroristes contre le port stratégique d’Ashdod. Les deux hommes s’étaient cachés à l’intérieur d’un container à double paroi conçu spécialement pour l’opération. La police israélienne avait estimé que la véritable cible de cet attentat-suicide, exécuté au moyen d’un explosif très complexe à base de plastique, était des réservoirs de produits chimiques dangereux, y compris le brome. En cas de réussite, l’attentat aurait provoqué beaucoup plus de victimes. Dix Israéliens périrent dans cet attentat.

C’est suite à cette attaque contre une cible stratégique que Cheikh Ahmed Yassine, chef du Hamas et responsable de douzaines d’attentats suicides à l’intérieur d’Israël, fut tué par un missile tiré par un hélicoptère de combat le 22 mars 2004.

Dans la frappe aérienne qui coûta la vie à Nizar Rayan, neuf autres personnes trouvèrent la mort, dont ses quatre femmes et quatre de ses 12 enfants. Il y eut environ 30 blessés. Selon des sources palestiniennes, sa famille avait été avertie de l’attaque, mais n’avait pas quitté les lieux.

Le site du Hamas en langue anglaise indique que c’est Nizar Rayan, qui avait, il y a deux ans, conçu la stratégie des "boucliers humains" pour protéger les immeubles des raids aériens de l’armée israélienne.

Le journal israélien Haaretz (2 janvier 2009) indique que certains immeubles visés furent épargnés car, après avoir été informés de l’imminence d’une frappe, les habitants montaient sur les toits, incitant ainsi les commandants des forces de défense israéliennes à renoncer à l’opération. Le nom de code donné par l’armée israélienne à ce type d’opération était "frapper le toit". Les résidents étaient prévenus et avaient dix minutes pour évacuer l’immeuble. Parfois l’armée procédait au lancement d’un missile relativement inoffensif sur l’angle de la toiture, sans faire de victimes mais qui permettait de disperser la foule.

Or il semble que cette fois-ci, la stratégie délibérée d’utiliser des boucliers humains n’a pas marché car Tsahal a décidé de passer outre et de bombarder l’immeuble. Le fait que sa famille ait été avertie avant l’attaque, mais ne soit pas partie, démontre le peu de considération que Rayan avait pour les victimes civiles, même lorsque celles-ci appartenaient à sa propre famille. Mais ce n’est pas la première fois qu’il sacrifiait un membre de sa famille. En octobre 2001, il avait envoyé son fils perpétrer un attentat suicide à Elei Sinaï, dans le Gush Katif, qui provoqua la mort de deux jeunes Israéliens.

Commentant l’attaque, le porte-parole du Hamas, Mushir al-Masri, déclara: "C’est une nouvelle escalade dans la violence. Nous prendrons toutes les précautions pour protéger les dirigeants du Hamas et empêcher d’autres victoires de l’ennemi". Dans un communiqué, le Hamas a menacé de se venger sur les soldats de Tsahal."

Article par le Dr. Ely Karmon, Senior Research Scholar à l’Institute for Counter-Terrorism au Interdisciplinary Center (IDC) à Herzliya et Senior Research Fellow à l’Institute for Policy and Strategy à l’IDC.

Source:
O Diplomata (traduction par P.)
 


© Jerusalem Post

 

Mis en ligne le 26 janvier 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org