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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Effacez le nom de mon grand-père à Yad Vashem, par Jean-Moïse Brajtberg
29/01/2009

Je pense (méchamment) que quelqu’un, au "Monde", s’est fait un malin plaisir de publier cette libre opinion délirante. Essayez, vous, d’émettre un cri du cœur digne et circonstancié, pour défendre votre peuple universellement calomnié, couvert d’ordures, menacé d’être traduit en justice pour crimes de guerre, voire menacé de mort. Personne ne vous lira. Non que votre prose n’ait pas l’heur de plaire à la clientèle du "Monde", mais pour la simple et bonne raison que votre texte ira aux oubliettes. Tout ce que je puis faire – et je vais le faire – c’est de tenter d’obtenir que le Président de l’Etat d’Israël réponde à cet énergumène. Il vaut mieux que ce soit lui qui s’en charge, non seulement parce que c’est lui qui est interpellé, mais parce qu’il sera certainement plus mesuré que moi dans ses propos. Autre pointe méchante, qui n’engage que moi, mais qu’un psychologue serait plus à même de contextualiser. Après avoir lu sa bibliographie (voir en fin d’article), je ne m’étonne plus que cet auteur, apparemment plus doué pour la rédaction de guides touristiques et gastronomiques, que pour la belle littérature, ait pu écrire une lettre aussi délirante. En effet, dans le seul roman qu’il a produit, Jean-Moïse Brajtberg règle ses comptes avec Dieu (excusez du peu !), en ces termes « Dieu, tu es mauvais ! Heureusement pour toi, je n’ai pas d’âme. Je ne monterai donc pas au ciel et mon chemin ne croisera jamais le tien. Sinon je te dirais ce que je pense, espèce de salopard qui n’a pas daigné ressusciter Pépé ! Eh bien c’est foutu pour toi, tu m’as définitivement perdu. Apprête-toi désormais à vivre l’éternité de ta solitude sans mon amour. » Qu’en pense Pépé ? A mon avis, il doit sourire de pitié devant cette vaine frasque de son lointain rejeton. Là où il est, il sait, lui, au témoignage d’Isaïe (Is 56, 4-5), que le "nom éternel que Dieu lui a donné, ne sera jamais effacé". Reste une dernière hypothèse: un coup de PR [1]. Après tout un peu de tintouin autour de cet auteur qui n’a aucune chance de remporter le Goncourt ou le Renaudot [2], un petit coup de pub, ça vaut bien un blasphème merdik, pas vrai? (Menahem Macina).

LE MONDE | 28.01.09 | 14h23

 

Monsieur le Président de l’Etat d’Israël,

 

Je vous écris pour que vous interveniez auprès de qui de droit afin que l’on retire du Mémorial de Yad Vashem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, le nom de mon grand-père, Moshe Brajtberg, gazé à Treblinka en 1943, ainsi que ceux des autres membres de ma famille morts en déportation dans différents camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Je vous demande d’accéder à ma demande, Monsieur le président, parce que ce qui s’est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l’humanité tout entière.

Voyez-vous, depuis mon enfance, j’ai vécu dans l’entourage de survivants des camps de la mort. J’ai vu les numéros tatoués sur les bras, j’ai entendu le récit des tortures ; j’ai su les deuils impossibles et j’ai partagé leurs cauchemars.

Il fallait, m’a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent ; que plus jamais un homme, fort de son appartenance à une ethnie ou à une religion n’en méprise un autre, ne le bafoue dans ses droits les plus élémentaires qui sont une vie digne dans la sûreté, l’absence d’entraves, et la lumière, si lointaine soit-elle, d’un avenir de sérénité et de prospérité.

Or, Monsieur le président, j’observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l’évidence criante de l’injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmé par l’Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l’enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations.

Vous me direz, Monsieur le président, qu’il est légitime, pour votre pays, de se défendre contre ceux qui lancent des roquettes sur Israël, ou contre les kamikazes qui emportent avec eux de nombreuses vies israéliennes innocentes. Ce à quoi je vous répondrai que mon sentiment d’humanité ne varie pas selon la citoyenneté des victimes.

Par contre, Monsieur le président, vous dirigez les destinées d’un pays qui prétend, non seulement représenter les juifs dans leur ensemble, mais aussi la mémoire de ceux qui furent victimes du nazisme. C’est cela qui me concerne et m’est insupportable. En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au coeur de l’Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme pour en faire l’otage d’une soi-disant autorité morale qui commet chaque jour l’abomination qu’est le déni de justice.

Alors, s’il vous plaît, retirez le nom de mon grand-père du sanctuaire dédié à la cruauté faite aux juifs, afin qu’il ne justifie plus celle faite aux Palestiniens.

Veuillez agréer, Monsieur le président, l’assurance de ma respectueuse considération.

 

Jean-Moïse Brajtberg *

[Texte aimablement signalé par G. Hod, Israël.]

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Note d’upjf.org

[1] Il est curieux, en effet que ce descendant de victime de la déportation ait pu se tromper d’un an concernant la date de décès de son aïeul, comme nous le signale le Dr S. Perez, en ces termes :

"En consultant le site de Yad Vashem : en 10 minutes, j’ai constaté que :
1. ce n’est pas lui, mais une autre petite-fille qui a rempli la fiche (voir Annexe 1, ci-après); l’inscription n’est pas une décision de l’organisme Yad Vashem, mais celle d’un descendant direct.
2. Il n’a jamais consulté cette fiche, puisqu’il est mentionné une date de décès en 1942 et non en 1943 (voir Annexe 2, ci-après).
C’est donc un effet rhétorique d’un personnage, qui a facilement abusé le peu de perspicacité des journalistes du Monde." 

Annexe 1

 

 

Annexe 2

The Central Database of Shoah Victims’ Names

 

 

 

Full Record Details for Brajtberg Moshe

Source                                                                            Pages of Testimony

Last Name                                                                      BRAJTBERG

First Name                                                                                                              MOSHE

Father’s First Name                                                        LEIB

Father’s First Name                                                                                             DAVID

Father’s Last Name                                                                                             BRAJTBERG

Sex                                                                                  Male

Date of Birth                                                                                                             1880

Place of Birth                                                                                                            KAMINSK,PIOTRKOW,LODZ,POLAND

Marital Status                                                                                                          MARRIED

Spouse’s First Name                                                                                           NACHA

Spouse’s Maiden Name                                                                                     GUTERMAN

Permanent residence                                                                                          KAMINSK,PIOTRKOW,LODZ,POLAND

Place during the war                                                       KAMINSK,PIOTRKOW,LODZ,POLAND

Place of Death                                                                                                         TREBLINKA,Camp,POLAND

Date of Death                                                                                                          11/1942

Type of material                                                                                                      Page of Testimony

Submitter’s Last Name                                                    FRISCHENMEYER

Submitter’s Last Name                                                   BRAJTBERG

Submitter’s First Name                                                   HELEN

Relationship to victim                                                                                            GRANDDAUGHTER

Registration date                                                                                                    09/06/1982

* Indicates an automatic Translation From Hebrew

 

[2] Informations biographiques et bibliographiques glanées sur le Net:

Né en 1950 à Sainte-Foy-la-Grande, Jean-Moïse Brajtberg a fait ses études à Bordeaux (IUT de journalisme, Science-Po, licence de sociologie) et vécu une vie turbulente en Aquitaine, entrecoupée de voyages jusqu’en 1981.

Journaliste, il collabore à l’Union de Reims, puis au Quotidien de Paris où il devient grand reporter et se fait remarquer pour l’impertinence de ses enquêtes.

En 1992, il devient journaliste indépendant, par la force des choses, et collabore notamment à L’Événement du Jeudi, VSD, Capital, Ça m’intéresse, Historia, L’Idiot international, etc., et écrit beaucoup sur le vin.

En 1993, il replonge dans sa passion pour les voyages en collaborant au Guide du routard et, après un bref passage à TFI, dans une émission de « divertissement » dans laquelle il évolue avec la même aisance qu’un diable dans un bénitier, il se consacre à son activité d’auteur de guides, pour diverses collections de Michelin.

Poursuivant sa quête du rêve éveillé, il publie, en 2006, son premier roman, L’Enfant qui maudit Dieu, chez Fayard.


Contact :

Arpel Aquitaine
137, rue Achard
33300 Bordeaux
Tél. : 05 57 22 40 40
Fax : 05 57 22 40 49

Bibliographie

L’Enfant qui maudit Dieu, roman, Fayard, 2006
La France des vignobles, Guide vert Michelin, 2004
Tout le vin, Hachette, 2002
Main Basse sur Angoulême, éditions Laurens, 1997
Le Scandale des vins frelatés, éditions du Rocher, 1993
Guide du Routard Laos, Hôtels et restaus de France
Guides NEOS et Voyager Pratique Michelin : Irlande, Afrique du Sud, Sri Lanka, Îles grecques, Crète, Italie du Nord, Bretagne, Guadeloupe.

 

 

Extrait de L’Enfant qui maudit Dieu (Fayard, 2006) : Depuis le couloir, j’écoute à présent le pasteur Cramé poursuivre sa péroraison sur le corps célestiel de Pépé escorté par les anges. Comme j’aimerais l’interrompre, m’adresser au Tout-Puissant à sa place et lui hurler : « Dieu, tu es mauvais ! Heureusement pour toi, je n’ai pas d’âme. Je ne monterai donc pas au ciel et mon chemin ne croisera jamais le tien. Sinon je te dirais ce que je pense, espèce de salopard qui n’a pas daigné ressusciter Pépé ! Eh bien c’est foutu pour toi, tu m’as définitivement perdu. Apprête-toi désormais à vivre l’éternité de ta solitude sans mon amour. »

 

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Mis en ligne le 28 janvier 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org