Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

Simone Weil et le peuple juif: bref aperçu sur une relation conflictuelle
02/02/2009

"La relation de S. Weil au judaïsme est conflictuelle ; elle ne se reconnaît pas dans cette tradition qui n’a pas de sens personnel pour elle, dans une identité qu’on lui impose de l’extérieur. Elle réagit brutalement aux textes de la Bible juive qui mettent en scène un Dieu de colère se prêtant aux actions guerrières." [*].

[*] « Simone Weil et l’expérience mystique », par Joël Janiaud. On trouvera, sur le site de l’Université du Québec, un dossier consacré aux œuvres de Simone Weil, avec des liens précieux à des articles et même à des téléchargements de certaines de ses œuvres.

02/02/09

 

Extrait de "WEIL Simone, 1909-1943. Philosophe et militante ouvrière", sur le site de l’AFMEG.

 

« Le totalitarisme est un ersatz du christianisme. La chrétienté est devenue totalitaire, conquérante, exterminatrice, parce qu’elle n’a pas développé la notion de l’absence et de la non-action de Dieu ici-bas. Elle s’est attachée à Jéhovah autant qu’au Christ, elle a conçu la Providence à la manière de l’Ancien Testament. Israël seul pouvait résister à Rome, parce qu’il lui ressemblait, et ainsi le christianisme naissant portait la souillure romaine avant même d’être la religion officielle de l’Empire. Le mal fait par Rome n’a jamais été vraiment réparé.

(Simone Weil, 1956, t. 3, p. 141).

Il n’est pas étonnant qu’un peuple d’esclaves fugitifs, ou plutôt de fils de fugitifs, emmenés prendre, par des massacres, une terre, paradisiaque par la douceur et la richesse, aménagée par des civilisations au labeur desquelles ils n’ont eu aucune part et qu’ils détruisent - un tel peuple ne pouvait pas donner grand-chose de bon. Ce n’était pas le moyen d’établir le bien sur ce fragment de terre. Parler de « Dieu éducateur » au sujet de ce peuple est une atroce plaisanterie.

(Idem, pp. 239-240)

Les Juifs, cette poignée de déracinés, a causé le déracinement de tout le globe terrestre. Leur part dans le christianisme a fait de la chrétienté une chose déracinée par rapport à son propre passé. La tentative de ré-enracinement de la Renaissance a échoué, parce qu’elle était d’orientation anti-chrétienne. La tendance des "Lumières", XVIIIe siècle, I789, laïcité, etc., a accru encore infiniment le déracinement par le mensonge du progrès. Et l’Europe déracinée a déraciné le reste du monde par la conquête coloniale. Le capitalisme, le totalitarisme font partie de cette progression dans le déracinement ; les antisémites, naturellement, propagent l’influence juive. Les Juifs sont le poison du déracinement. Mais avant qu’ils ne déracinent par le poison, l’Assyrie en Orient, Rome dans l’Occident avaient déraciné par le glaive. »

(Ibidem, pp. 246-247).

 

 

Mis en ligne le 2 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org