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Simone Weil, éléments biographiques
02/02/2009

02/02/09

Texte repris de Twikeo – Questions réponses.

Voir aussi l’article détaillé et bien documenté que lui consacre Wikipedia.

 

Simone Weil est née en 1909 dans une famille d’origine juive. Élève d’Alain (Émile Chartier), elle entre à l’École normale supérieure, passe l’agrégation de philosophie en 1931 et commence une carrière d’enseignante dans divers lycées.

Elle passe quelques semaines en Allemagne au tout début des années 1930 ; à son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait d’y arriver. Abandonnant provisoirement sa carrière d’enseignante, en 1934 et 1935, elle est ouvrière chez Renault et en 1941 ouvrière agricole afin de pouvoir « parler de la cause ouvrière en connaissance de cause ».

Sa mauvaise santé l’empêche de poursuivre le travail en usine. Elle recommence à enseigner, et donne une grande partie de ses revenus à des personnes dans le besoin. Solidaire des syndicats ouvriers, elle se joint en 1935 au mouvement de grève générale contre le chômage et les baisses de salaire. En 1937, elle collabore aux Nouveaux cahiers, revue économique et politique défendant une collaboration économique franco-allemande.

D’abord pacifiste radicale, puis syndicaliste révolutionnaire, elle plaide finalement pour un « réformisme révolutionnaire » : les faibles sont trop opprimés pour avoir même la volonté de se révolter, et pourtant il faut que ce soit eux-mêmes qui prennent en main leur révolution. Il faut donc d’abord créer des conditions moins oppressives par des avancées réformistes, pour ensuite permettre une révolution responsable, moins précipitée et moins violente.

Syndicaliste de l’enseignement, elle est favorable à l’unification syndicale et écrit dans la revue L’École émancipée. Communiste anti-stalinienne, elle participe, à partir de 1932, au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, qu’elle a connu par l’intermédiaire de Nicolas Lazarévitch. Elle travaille quelques mois en usine pour étudier, dans sa chair, la condition ouvrière, et s’implique dans la grève générale de 1936. Elle milite avec passion pour un pacifisme intransigeant, mais s’engage dans la Colonne Durruti, lors de la guerre civile espagnole, pour combattre le coup d’État de Franco. Bien que républicaine, elle s’interpose alors pour éviter qu’un prêtre franquiste soit injustement fusillé.

Gravement brûlée après s’être renversé de l’huile bouillante sur le pied, elle doit repartir assez rapidement pour la France, sans avoir tiré un coup de feu.

Juive, lucide sur ce qui se passe en Europe, elle est sans illusion sur ce qui la menace, elle et sa famille, dès le début de la guerre.

Quand en 1940 elle est obligée de fuir Paris et de se réfugier à Marseille, elle écrit sans discontinuer pour exposer dans des pages brûlantes une philosophie qui se veut projet de réconciliation (douloureuse) entre modernité et tradition chrétienne, souvent lue à travers le prisme de l’humanisme grec qu’elle garde pour boussole. En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant un statut qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes, elle se rend en Grande-Bretagne, plus près du théâtre des opérations, et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Son intransigeance dérange. Elle démissionne de l’organisation du général de Gaulle en juillet 1943.

Cette période terminale de sa courte vie est celle où elle rencontre le Christ, où, comme elle le dit elle-même, le Christ s’empare d’elle. Mais sa foi n’acceptera pas les aspects institutionnels de l’Église. Elle se tiendra sur le seuil de l’Eglise jusqu’au jour de sa mort où elle est baptisée en état d’inconscience.

Chrétienne, posant des questions embarrassantes aux chrétiens, elle sera, après sa mort, réfutée par des historiens de l’Église, qui lui reprocheront de ne pas avoir bien compris l’histoire de l’Église.

Cette dimension du refus de la force, qu’elle assimile à la violence, est une constante de la pensée de Simone Weil. Bien qu’elle eût d’abord une perception mitigée de la non-violence de Gandhi, qu’elle jugea plus réformiste que révolutionnaire, elle rencontrera notamment plusieurs fois Lanza del Vasto, à la fin de sa vie.

Soucieuse de partager les conditions de vie de la France occupée, malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle est déçue par le refus de l’entourage de De Gaulle (Schuman, Cavallès, André Philip), de la laisser rejoindre les réseaux de résistance. En effet, elle aurait probablement été rapidement capturée par la police allemande, identifiée comme juive, et donc probablement déportée. À la suite de ce refus, elle considère que sa vie est vide de sens et se sous-alimente volontairement, ce qui aggrave encore son état de santé.

Atteinte de tuberculose, elle meurt d’un arrêt cardiaque au sanatorium d’Ashford, en 1943, à l’âge de 34 ans.

Ses ouvrages les plus importants ont tous paru après sa mort.

 

© Twikeo

 

Mis en ligne le 2 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org