Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Durban II - Droits de l’Homme: «La France prendra ses responsabilités"
02/02/2009

Lors de la convention nationale de la Licra, hier, à Dijon, François Zimeray et Elie Barnavi ont accepté de s’exprimer sur le conflit à Gaza. (LBP).
1er février 2009

 

Texte repris du site Le Bien Public.



Photos AP

François Zimeray.- Les droits de l’Homme ne se partagent pas. Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises victimes. Il y a des accusations graves de part et d’autre. La France tient une position d’équilibre. Il ne faut rien occulter, ne rien taire. Mais ce que nous condamnons avec une grande vigueur, c’est l’exploitation de ce conflit, l’exploitation des souffrances des uns et des autres à des fins racistes.

Elie Barnavi.- Il faut dire, en premier lieu, que toute guerre n’est pas un moment où les droits de l’Homme sont bien traités. A Gaza, la guerre est dure, volontairement violente. Les médias aidant, nous y sommes plus sensibles. Mais, on oublie souvent que les droits de l’Homme peuvent être un formidable prétexte pour délégitimer l’adversaire.

 

 « A quelques mois de l’échéance de la Conférence mondiale contre le racisme de Genève, je veux dire, au nom de la Licra, ma grande inquiétude de voir se répéter, voire s’aggraver, les dérives qu’a connues la conférence de Durban en 2001 » (*).

Dans ces propos donnés hier en préambule de la convention nationale de la Licra, organisée à l’ESC Dijon, Patrick Gaubert, président national de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, a expliqué :

« la Licra est de ces observateurs qui alertent, depuis de longs mois, sur les coups portés contre les valeurs universelles des droits de l’Homme, dans les enceintes onusiennes liées au Conseil des droits de l’Homme ».

Au sujet de la participation ou non à la conférence de Genève, François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’Homme pour le gouvernement, a assuré :

« la position de la France est très claire. Nous avons, au niveau européen, tracé des lignes rouges parmi lesquelles on retrouve notamment la remise en cause de la liberté d’expression. »

Pour quelques semaines encore avant la conférence en avril prochain, les Etats-membres sont réunis à Genève par groupes géographiques. Ils préparent un document de 20 pages, la base des discussions.

« A la lecture de ce document, la France prendra ses responsabilités. »

Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, était aux premières loges à Durban. Il propose à la France de

« prendre l’initiative de modifier la règle du jeu. Il faut casser cette logique régionale, pour qu’il y ait discussion entre le nord et le sud ».

Grand partisan du compromis en politique et en démocratie, il évoque ses craintes :

« A Durban, le scandale était tel, qu’il est évident qu’il en sera de même à Genève, voire pire. Il faut en être pour parler politique, pas droits de l’Homme. »

Il poursuit :

« Nous avons une conception des droits de l’Homme que l’on a la faiblesse de croire universelle. »

Il parle d’«une véritable régression ». Et, dit-il :

« contre cette tendance, il faut lutter à visage découvert. »

 

(*) Les interlocuteurs qualifient la conférence de 2001 de « scandaleuse », ils dénoncent des actions, des violences, des propos racistes…

 

Cécile Constant

 

© Le Bien Public

 


Mis en ligne le 2 février 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org