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Christianisme

L’évêque négationniste s’excuse, Par Alice Pouyat
02/02/2009

L’évêque intégriste Richard Williamson, qui a nié l’existence des chambres à gaz, a exprimé vendredi ses regrets au pape Benoît XVI, qui a levé son excommunication le 24 janvier dernier. Mais la polémique reste vive au sein de l’Eglise et ce nouvel incident complique le rapprochement entre le Vatican et les autorités juives internationales.

01/02/09

Texte repris du Journal du Dimanche, du samedi 31 janvier 2009


Ses regrets n’y pourront rien changer.

   Cliché ajouté par upjf.org (source)
Vendredi, Richard Williamson, un évêque britannique vivant en Argentine, s’est excusé dans une lettre envoyée au pape Benoît XVI pour ses propos remettant en cause l’existence des chambres à gaz, mais la polémique et les blessures ouvertes par ses déclarations restent vives.

Dans cette missive, également publiée sur son blog, il évoque ses "remarques imprudentes" et exprime ses "sincères regrets pour avoir causé au Saint Père tant de souffrances et de problèmes inutiles". Mais l’évêque négationniste ne se rétracte pas sur ses propos qui ont provoqué un scandale.

Dans une interview, accordée en novembre dernier à la télévision suédoise mais diffusée le 22 janvier, Richard Williamson avait en effet affirmé que les preuves historiques allaient "massivement à l’encontre du gazage délibéré de six millions de juifs". "Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz".

Cette négation publique d’une triste réalité historique a suscité la colère et l’indignation de la communauté juive internationale ainsi que de nombreux catholiques. Colère d’autant plus forte que les propos de l’évêque ont été diffusés deux jours exactement avant la levée de son excommunication et de celle de quatre autres [quatre au total] évêques intégristes de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) par Benoît XVI.

Ces évêques qui ne reconnaissent pas l’enseignement du Concile Vatican II avaient été ordonnés en 1988, sans le consentement de Rome, par Mgr Marcel Lefebvre, le défunt archevêque français ultraconservateur.

Le Pape réplique sur YouTube

Mercredi 28 janvier, le pape Benoît XVI a bien essayé de calmer la polémique en exprimant sa "solidarité pleine et incontestable avec nos frères destinataires de la Première Alliance", c’est-à-dire le peuple juif. Il est également revenu sur la levée de l’excommunication des évêques intégristes, en expliquant, de façon quelque peu embarrassée, que cette décision ne signifiait pas la réintégration complète du mouvement ultra-conservateur, et qu’elle ne pouvait se faire que si les évêques reconnaissaient les enseignements du Concile Vatican II. Des propos appuyés par le porte-parole de l’Etat pontifical, Federico Lombardi, expliquant que la levée de l’excommunication a "seulement permis d’éliminer un obstacle" à la poursuite des discussions, mais que "les questions de doctrine sont toujours là". Le Vatican a également riposté via son nouvel outil de communication sur Internet: une chaîne dédiée sur Youtube, où trois vidéos du Pape condamnant le génocide juif ont été postées dans la semaine.

Reste que cette nouvelle polémique risque fort de dégrader le rapprochement avec les autorités juives, entamé par son prédécesseur Jean-Paul II, premier pape à se rendre à Auschwitz et à demander pardon pour les actes antisémites commis par des chrétiens. Pour Elan Steinberg, vice-président du Rassemblement américain des survivants de l’Holocauste et de leurs descendants, "un tel événement porte un coup sévère au dialogue entre les religions et encourage les semeurs de haine à travers le monde".

Jeudi, c’est le Conseil central des Juifs d’Allemagne qui a gelé ses relations avec l’Eglise catholique. "Il sera très difficile de poursuivre comme auparavant le dialogue avec le Vatican", a également affirmé le grand rabbinat d’Israël. Dans ce contexte, et alors que l’Etat hébreu avait déjà mal digéré la condamnation des violences à Gaza par le souverain pontife, le premier voyage de Benoît XVI en Terre Sainte initialement prévu au printemps prochain est en suspens.


© Le Journal du Dimanche

 

Mis en ligne le 1er février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org