Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Etats du monde
Etats-Unis

La menace d’un prince saoudien envers l’administration Obama, Daniel Pipes
01/02/2009


Daniel
 Pipes

Liste de diffusion de Daniel Pipes
31 janvier 2009

 
  


FrontPageMagazine.com
26 janvier 2009
http://fr.danielpipes.org/article/6160

Version originale anglaise: A Saudi Prince’s Threat to the Obama Administration
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre

Son Altesse Royale le prince Turki al-Faisal est un saoudien de premier plan, de ceux qui détiennent les clés du pouvoir.

Le prince saoudien Turki al-Faisal menace le gouvernement américain.

Né en 1945 à la Mecque, du futur roi Faisal, sa biographie officielle nous informe que Turki a étudié à l’école modèle, (cours élémentaire et cours moyen), l’école Lawrenceville et à l’université de Georgetown. Sa carrière a commencé en 1973 comme conseiller à la Cour royale. Il a servi comme directeur général du principal service de Renseignement étranger, pour près d’un quart de siècle, de 1977 à 2001, quittant le poste, juste avant le 11 septembre.

Entre 2002 et 2007, il a représenté son gouvernement comme ambassadeur à Londres et à Washington.

A la retraite, il fut président du Centre du Roi Faysal pour la Recherche et les Etudes Islamiques, à Riyad et co-président du groupe C100, une filiale du Forum Economique Mondial.

Ces qualifications aident à évaluer la portée de la remarquable page de l’éditorial de Turki ; publiée le 23 janvier dans le Financial Times » de Londres, « La patience de l’Arabie saoudite est en train de s’épuiser ».

Il commence par rappeler ses propres efforts au cours de décennies pour promouvoir la paix israélo-arabe et en particulier le plan Abdullah de 2002. « Mais après, Israël a lancé sa sanglante attaque sur la bande de Gaza ». Il écrit « Ces appels à l’optimisme et à la coopération semblent maintenant un lointain souvenir ». Puis vient une menace : « Si la nouvelle administration américaine ne prend pas des mesures énergiques pour prévenir toute nouvelle souffrance et massacre des Palestiniens, le processus de paix, les relations américano-saoudiennes et la stabilité de la région sont menacés.

Il continue en donnant un coup à George W.Bush d’une manière pas tout à fait habituelle pour un ancien ambassadeur d’Arabie saoudite « Non seulement l’administration Bush a laissé un héritage répugnant dans la région, mais il a aussi, par le biais d’une attitude arrogante à propos de la boucherie dans la bande de Gaza, contribué au massacre d’innocents ».

Puis vient à nouveau la menace, réaffirmée plus directement : « Si les Etats-Unis veulent continuer à jouer un rôle de leadership (direction) au Moyen-Orient et garder intactes leurs « relations privilégiées » avec l’Arabie saoudite – il faudra revoir radicalement leur politique vis-à -vis d’Israël et de la Palestine ».

Turki continue à ordonner en détail à la nouvelle administration, ce qu’il faut faire :

condamner les atrocités d’Israël contre les Palestiniens et soutenir une résolution de l’ONU à cet effet ; condamner les actions israéliennes qui ont conduit à ce conflit, de la création de colonies de peuplement en Cisjordanie, au blocus de Gaza, aux assassinats ciblés et aux arrestations arbitraires de Palestiniens ; déclarer l’intention de l’Amérique de travailler pour un Moyen-Orient exempt d’armes de destruction massive, avec un parapluie de sécurité pour les pays qui adhèrent et des sanctions pour ceux qui ne le font pas ; appeler à un retrait immédiat des forces israéliennes des fermes de Shab’a au Liban. Encourager les pourparlers israélo-syriens pour la paix ; et soutenir une résolution de l’ONU garantissant l’intégrité territoriale de l’Iraq. Monsieur Obama devrait fortement encourager l’initiative de paix Abdullah.

Enfin Turki note qu’Ahmadinejad d’Iran a demandé instamment à « l’Arabie Saoudite de mener le jihad » (combat) contre Israël [qui] – si il continue, va créer un chaos et une effusion de sang sans précédent ».

Il note de façon rassurante que « jusqu’à présent, le royaume a résisté à ces appels » mais il réitère sa menace, une troisième fois : « Chaque jour cette modération devient de plus en plus difficile à maintenir. Finalement, le royaume ne pourra pas empêcher ses citoyens de se joindre à la révolte mondiale contre Israël.

Commentaires : que faire de cette extraordinaire menace ? Pas grand-chose.

(1) Comme un article du Financial Times, à propos de l’éditorial de Turki, note « L’article du prince rappelle les lettres que le roi Abdallah, en tant que prince héritier, a adressées à George W.Bush en 2001, avertissant que le royaume réviserait les relations avec les U.S.A sauf si l’administration poussait fortement pour la paix au Moyen-Orient. Les lettres ont sonné l’alarme à Washington mais elles ont rapidement été éclipsées par les attentats du 11 septembre qui impliquaient un groupe de Saoudiens. Ce n’est qu’après que Riyad ait lancé sa propre campagne contre le terrorisme, deux ans plus tard, et commencé à traiter les causes profondes de la radicalité, que les liens avec les Etats-Unis se sont de nouveau améliorés ». En d’autres termes, nous avons connu une menace semblable avant, avec peu d’effet.

(2) Pour toutes ses années à la tête de la classe saoudienne, Turki a quitté son emploi final ignominieusement en 2006 ; Voici un compte-rendu contemporain de sa sortie, du Washington Post :

Le prince Turki al-Faisal, ambassadeur de l’Arabie saoudite aux Etats-Unis, s’est rendu hier à Washington, après avoir informé la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et son personnel qu’il quitterait le poste après seulement 15 mois de travail, selon les responsables américains et des envoyés étrangers. ... Turki, un ancien chef des services de renseignements ayant un long service à son actif, a dit à son personnel, hier après-midi, qu’il voulait passer plus de temps avec sa famille, selon des diplomates arabes. Les collègues ont dit qu’ils étaient choqués par la décision. La sortie est survenue sans la fanfare, les hommages qui accompagnent normalement un départ d’un important représentant, et pire, sans déclaration publique.

(3) Turki a une longue tradition de radicalisme islamiste et d’impulsivité (le chaud et le froid) vis-à vis du conflit israélo-arabe. Dans un discours prononcé au début de ce mois lors d’un forum sur les relations entre la région du Golfe Persique et les Etats-Unis, il s’est adressé à Obama !

L’administration Bush vous a laissé avec un héritage répugnant et une position inconsciente envers les massacres et les effusions de sang d’innocents dans la bande de Gaza. Assez est assez, aujourd’hui nous sommes tous Palestiniens et nous recherchons le martyre pour Allah et pour la Palestine, à la suite de ceux qui sont morts dans la bande de Gaza.

« Chercher le martyre » ? sonne comme le régime révolutionnaire iranien, et non comme la monarchie saoudienne posée.

(4) Les menaces de Turki pourraient influencer l’administration Obama, mais les commentaires du nouveau président sur les récentes hostilités à Gaza donnent à penser qu’il va résolument dans une direction différente, ayant déposé les trois jalons que le Hamas doit remplir avant de pouvoir être accepté comme partenaire diplomatique (« reconnaître le droit d’Israël à exister, renoncer à la violence et respecter les accords passés »).

Selon les termes de l’analyse du Washington Post, jusqu’ici « Obama semble s’être étroitement aligné sur l’administration Bush »

Thèmes connexes: Arabie Saoudite, Politique étrangère américaine

 

Pour vous inscrire ou pour annuler votre inscription à cette liste, veuillez vous rendre sur http://fr.danielpipes.org/subscribe.php
   (Daniel Pipes diffuse ainsi des extraits de ses écrits en moyenne une fois par semaine.)

Vous trouverez les archives de Daniel Pipes à http://fr.danielpipes.org

 

 

 

 

Mis en ligne le 31 janvier 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org