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Christianisme

Le site de France 2, consacre un dossier à l’énigmatique figure de Simone Weil, Anne Brigaudeau
03/02/2009

02/02/09

Dossier réalisé par Anne Brigaudeau, texte repris du site de France 2.

Simone Weil l’intransigeante



Simone Weil  © Archives Sylvie Weil
 
Belle actualité éditoriale pour le centenaire de Simone Weil, philosophe, combattante, insupportable et géniale

D’une intelligence hors du commun, l’intellectuelle qui mourut (se laissa mourir ?)  en Angleterre, en 1943, suscite la passion ou le rejet, mais peu d’indifférence.

En ce 3 février 2009, qui marque le centenaire de sa naissance, plusieurs livres rappellent une personnalité extraordinaire, qui a brûlé sa vie. 

 

L’"étrange gauchiste" * (1909-1943)

Plaque sur la maison d’enfance de Simone Weil, au 3 rue Auguste Comte, Paris 6e (photo AB)Trois ans après son frère André, Simone Weil naît le 3 février 1909 à Paris, dans une famille juive laïque, qui vit rue Auguste Comte, dans le 6ème arrondissement de la capitale, tout près du jardin du Luxembourg. 

Frère et soeur affichent très tôt des talents hors du comun : génie mathématique, André entre à 16 ans à l’Ecole Normale supérieure.

Sa soeur suit ses traces, mais en lettres : après une hypokhâgne et une khâgne à Henri IV, marquée par l’enseignement d’Alain, elle entre à 19 ans, en 1928, à Normale Sup Ulm, où l’une de ses condisciples s’appelle Simone de Beauvoir (dont on célébrait l’an dernier le centenaire).

Reçue septième à l’agrégation de philosophie, Simone Weil est nommée en 1931 enseignante à la ville du Puy, où elle ne tarde pas à se créer une réputation de dangereuse agitatrice. Les samedis après-midi, elle dispense des cours d’économie à des ouvriers ou des cheminots de la ville. Titre d’une des conférences : "aperçus sur le marxisme". "Le 15 décembre, à la demande de chômeurs, elle fait partie d’une délégation qui vient voir le maire du Puy pour lui présenter une liste de revendications" ("L’insoumise", Laure Adler). La bourgeoisie et les industriels de la ville s’inquiètent du pouvoir de nuisance de cette jeune prof de philo qui se mêle aux classes populaires, mais n’arrivent pas à obtenir son départ : ses élèves qui l’adorent ont gagné leurs parents à leur cause. La "vierge rouge" est née.

Nommée en 1932 à Auxerre, Simone Weil rencontre Boris Souvarine qui la vaccine contre le stalinisme: cette fine connaisseuse de Marx ne sera jamais captivée par l’URSS et ses dirigeants. Elle s’intéresse en revanche, comme peu d’intellectuels, au sort de la condition ouvrière, au point de vouloir la partager : après avoir rédigé les "Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale", elle s’engage en décembre 1934 comme ouvrière sur presses dans une usine d’Alsthom, puis dans d’autres sites. Elle en ressort brisée, mais sait désormais la pertinence de sa critique de "la machine sociale", "machine à briser les coeurs, à écraser les périls". Son "Journal d’usine" décrit l’asservissement des ouvrières, la perte de leur dignité, et de leur estime d’elles-mêmes.

En Allemagne, Hitler prend le pouvoir en 1933. En 1936 en Espagne, Franco lève une armée contre les Républicains du "Frente popular" qui ont gagné les élections. La guerre d’Espagne débute : Simone Weil s’engage aux côtés des anarchistes dans la colonne Durruti. Quelle aide pouvait apporter aux combattants cette femme fragile et myope, quasi dangereuse pour ses voisins, une arme à la main ? Maladroite, elle s’ébouillante la jambe et finit par être rapatriée en France, au soulagement général.  

L’insoumise (Laure Adler, Actes Sud)Les accords de Munich, en 1938, la voient encore pacifiste - une erreur qu’elle ne se pardonnera pas, mais dès 1939, elle change d’avis sur le sujet.  Elle rédige la même année "Quelques réflexions sur les origines de l’hitlérisme" et "L’Iliade, ou le poème de la force", analyse de l’oeuvre homérique comme un long chant où la violence engendre la violence, bain de sang où se perdent l’origine et le sens de la guerre.

En 1940, son frère, qui se trouvait à Helsinki au moment de l’entrée en guerre, refuse de combattre. Sa fille, Sylvie Weil (voir ci-dessous), l’explique assez clairement : ce pur esprit avait une oeuvre mathématique à accomplir, et peu de qualités militaires. Qu’aurait-il fait dans cette galère (qui s’acheva d’ailleurs en déroute...) ? André sera rapatrié, incarcéré en France, avant d’être libéré. En juin, la famille prend la route de l’exode et arrive en septembre à Marseille, où  Simone Weil, qui s’était déjà dite "prise par le Christ", se rapproche de personnalités catholiques (le père Perrin, Gustave Thibon).

En 1942, elle quitte la France pour New York où l’attend déjà son frère André. A la fin de la même année, elle embarque des Etats-Unis pour Londres et rejoint la résistance gaulliste. Simone réclame d’être parachutée en France, elle veut combattre l’ennemi les armes à la main. Les gaullistes refusent et lui confient des tâches d’écriture, plus conformes à ses compétences, et à ce qu’ils attendent d’elle. La philosophe rédige alors, dans ses derniers mois d’existence, "L’enracinement".

Meurt-elle de faim (elle ne se nourrissait presque plus), d’épuisement (elle travaillait sans cesse, écrivait sans relâche), de désespoir, de tuberculose ? Le 24 août 1943, elle s’éteint au sanatorium d’Ashford, à 34 ans, léguant l’exemple d’une vie consumée, une oeuvre encore largement inédite et une pensée philosophique qui n’a pas livré toute sa complexité.

-> Sources : "Chez les Weil, André et Simone", (Sylvie Weil, Buchet Chastel), "L’insoumise" (Laure Adler, Actes Sud),"Simone Weil Sagesse et grâce violente", sous la direction de Florence de Lussy (Bayard (25,50 euros).

* L’expression "étrange gauchiste" se trouve dans le texte de Cseslaw Milosz publié dans le livre collectif dirigé par Florence de Lussy, "Simone Weil Sagesse et grâce violente" .

Simone vue par sa nièce : inadaptée et lumineuse
- Sylvie Weil, nièce de Simone Weil et fille d’André - © B. Randol -

C’est peu dire que Simone Weil était invivable, et qu’elle a réussi, après sa mort, à tourmenter encore durablement sa famille, à qui elle léguait le lourd héritage d’une oeuvre  très largement non publiée. Les parents de Simone (qui recopieront à la main, après sa mort, les innombrables textes, brouillons, carnets, notes, laissés par la philosophe) et son frère, André, auront de nombreuses querelles à propos de cet héritage intellectuel - comment le publier ? A quel moment le confier à la Bibliothèque nationale de France ? 

De cette atmosphère pesante, Sylvie Weil, la nièce de Simone (qui lui ressemble beaucoup physiquement, à en croire la légende familiale, et naquit quelques mois à peine avant sa disparition) tire un livre gai et enjoué, qui réussit l’exploit d’être grave et léger à la fois.

Son récit, "Chez les Weil", ressuscite deux génies, André, le père de Sylvie, et Simone, sa tante. Le premier participe à la fondation du groupe Nicolas Bourbaki qui bouleverse les mathématiques modernes et enseigne à Princeton à partir de 1958. Sa soeur cadette, Simone, qui s’est toujours considérée moins brillante que son surdoué de frère, affiche, elle aussi, un parcours à faire pâlir d’envie : Normale sup comme André, mais en section lettres, agrégation de philo en 1931.

Pour la fille d’André et nièce de Simone, l’héritage n’est pas facile à porter : Sylvie Weil reconnaît avoir eu honte, par moment,  de cette tante encombrante, qui passe pour antisémite dans sa belle-famille juive américaine. Quand l’auteur, jeune fille, décroche un premier prix au concours général, le général De Gaulle, qui présidait la cérémonie, ne trouve à lui dire que cette seule phrase : "J’ai beaucoup admiré votre tante".

"Pas un mot de plus, même pas : félicitations mademoiselle ! Rien ...En plus je savais parfaitement qu’à Londres, il avait déclaré qu’elle était complètement folle, ma tante. Alors l’admiration ?", s’insurge la nièce, tant d’années plus tard.

Comment exister dans un tel entourage ? Comment se sentir reconnue quand un professeur de grec, à qui Sylvie Weil rend visite pour une future thèse, lui lance d’emblée: "Alors ce sera Platon comme votre tante ou Diophante comme votre père ?" Néanmoins, à la lecture de ce livre qui conte en alternance les caprices de diva d’André, à qui tout était dû, et les privations que s’infligeait Simone, intellectuelle auto-martyrisée qui n’endurait jamais assez de souffrances, il semble que la narratrice s’en soit très bien sortie. Avec suffisamment d’humour et de sérénité pour rendre un bel hommage aux deux disparus. Avec la pointe de fiel nécessaire : "Personne n’a jamais pu accuser André ni Simone d’hypocrisie, ni même d’un excès de courtoisie. Tous deux ignoraient l’art des paroles aimables, des petits compliments qui facilitent tant les rapports avec autrui."

Sylvie Weil évoque aussi, un brin moqueuse, tous ceux qui se sont approchés d’elle uniquement à cause son lien familial avec Simone. "J’étais", dit-elle,  le "tibia de la Sainte" : une relique qui ne vaut que par sa proximité avec une personnalité vénérée. L’occasion de rappeler  que sa tante, dans son désir sacrificiel, nuisait aux meilleures causes : dangereuse en Espagne pour les engagés républicains qui la côtoyaient, tant elle maniait mal le fusil. Pénible pour les gaullistes à Londres, qui devaient refuser ce qu’elle réclamait avec insistance (être parachutée en France). Culpabilisatrice, enfin, pour sa famille : pourquoi Simone est-elle allée mourir en Angleterre, loin de ses parents qui l’adoraient ?

Toute cette mémoire affective, Sylvie Weil la rend avec intelligence, talent et drôlerie, dans ce beau livre de 260 pages, où elle se venge tout de même, avec irritation et un brin de mauvaise foi, de cette envahissante parente : "Et moi, ma chère, ma géniale tante, ma sainte tante, il y a des jours, beaucoup de jours où je ne t’aime pas".


-> "Chez les Weil, André et Simone" Sylvie Weil (Buchet-Chastel, 18 euros)

F. de Lussy : "c’est une penseuse, pas une sainte"

Responsable du volume Quarto consacré à la philosophe chez Gallimard, Florence de Lussy vient de publier chez Bayard un ouvrage collectif, "Simone Weil Sagesse et grâce violente". Elle a chaleureusement accepté de répondre à nos questions et réhabilite une pensée souvent éclipsée par l’image d’une personnalité hors normes.

Quelle est l’actualité de Simone Weil ?
L’actualité de Simone Weil repose essentiellement sur le fait qu’elle a prévu — il y a 75 ans — la cassure de cette civilisation technicienne dont le monde occidental se montre si fier, mais qui a déstructuré en profondeur le réseau de valeurs sur quoi se fonde la notion même de civilisation. C’ était en 1934, dans un essai intitulé "Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale". Elle n’avait alors que 25 ans, et ces pages, où l’analyse déploie le réseau implacable d’un enchaînement de raisons, aboutit à cette conclusion: Nous sommes comme des voyageurs "qui se trouveraient dans une automobile lancée à toute vitesse et sans conducteur à travers un pays accidenté". "Quand se produira la cassure?", ajoute-t-elle. Nous y sommes…

Ne faut-il pas voir là une extraordinaire prémonition de l’état actuel de notre monde globalisé, et qui traverse ce que, pudiquement, nous habillons du nom de "crise"? Ne faisons-nous pas partie de ces voyageurs embarqués dans un mobile aveugle et fou qui ne sait où il va, ou qui ne le sait que trop mais refuse de se l’avouer?

Savons-nous que les derniers mots de cet essai prémonitoire (qui ne connut pas de publication du vivant de la philosophe) sont une injonction à renouer "par-dessus l’idole sociale, le pacte originel de l’esprit avec l’univers"? C’est là, exprimée de façon un peu grandiloquente, cette nécessité d’un pacte écologique que les gouvernements sur toute la planète tentent désespérément, en ce début du XXIe siècle, d’instaurer.

Dans le même temps, et dans le même essai, les pages qu’elle a consacrées à l’examen de la notion de travail et d’un travail qui serait respectueux du travailleur, ne peut pas ne pas rencontrer de puissants échos dans nos sociétés avancées où seule est prise en compte la rentabilité des entreprises. Un tel système qui ne tient pas compte de la dignité de la personne court à l’abîme en générant de nouvelles formes d’esclavage. Tout ce que cette philosophe a écrit (et elle a beaucoup écrit…) sur les thèmes de l’oppression et, en particulier à propos de la classe ouvrière, peut se résumer en cette formule: "Le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail."

Enfin, si le propos de Simone Weil est parfois péremptoire, ou même insolent, sa parole est toujours claire et accessible. En cela, elle rend un son très moderne. La pensée est chez elle toujours fortement articulée, dépouillée de tous développements adventices et non nécessaires; c’est une pensée "dégraissée" de tout effet de manches.  Tout est chez elle repensé à nouveaux frais. Elle voit même dans cet exercice rigoureux et courageux de la pensée, la marque indubitable d’une humanité digne de ce nom.

Vous vous insurgez contre l’image de "sainte" pour réhabiliter celle de philosophe et penseur ...
Certes, l’on connaît la capacité exceptionnelle d’empathie de Simone Weil, le don qu’elle avait de percevoir le malheur et d’entendre le cri des "suppliants silencieux". On pourrait à son sujet parler de vocation dans ce désir constant qui l’habite depuis l’enfance de venir au secours des opprimés et des vaincus. Son esprit est compassionnel, comme on dirait aujourd’hui, mais dans le sens le plus noble du mot. Elle ne se contentera pas de ressentir de la pitié mais s’engagera dans l’action, et par la force de ses écrits et de sa parole, qui tenteront d’exprimer la vérité muette de ceux qui sont sans voix.

Mais de là à en faire une "sainte"! Cette catégorie qui appartient au monde de la catholicité est tout à fait inadéquate pour cette philosophe qui n’a jamais pu se résoudre à entrer dans une communauté, qu’elle soit politique, sociologique ou religieuse, et qui désespéra tous les ecclésiastiques qui tentèrent de l’apprivoiser…

Il est urgent de réhabiliter chez Simone Weil la figure du philosophe et du penseur. Si les exigences de la pensée méthodique — fondée en rigueur et en raison — sont souveraines chez elle, il s’agit aussi d’une pensée en acte qui se projette vers l’avant en une quête perpétuelle où se perçoit une irréductible tension. Son savoir est encyclopédique; sa curiosité est dévorante. Sa pensée rend poreuses et communicantes  toutes les traditions et cultures. Sa visée est universelle et englobante; elle franchit les passages; elle outrepasse les frontières. Le point où vient buter cette escalade des savoirs et où se rejoignent, peut-être, toutes les traditions, Simone Weil tentera de lui donner un nom, commun à toutes les voies qu’empruntent les chercheurs de sens: ce nom, concret/abstrait, sera le "souffle", notion que l’Occident traduit par le mot "esprit".

Par quels livres commencer son oeuvre ?
Il faut aborder Simone Weil par ses deux "grands œuvres": celui de ses 25 ans, et celui par lequel va se conclure sa très courte vie: les Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale et L’Enracinement (l’un et l’autre textes ont paru en livres de poche). Pour le domaine religieux, la lecture d’Attente de Dieu exprime l’essentiel. Le large choix de textes du volume Œuvres paru chez Gallimard dans la collection "Quarto" en 1999, permet d’aller plus loin. On y découvre, par exemple, l’admirable "Méditation sur l’obéissance et la liberté", composée en 1937-38.

Comment sera commémorée cette année de centenaire ?
L’année du centenaire est riche d’événements de toutes sortes. Citons le colloque qui se tiendra les 16 et 17 mai prochains à l’Ecole Normale Supérieure (sous la triple direction de Frédéric Worms, Robert Chenavier et Emmanuel Gabellieri). Un autre colloque se tiendra au lycée Henry-IV en septembre. On signale aussi un colloque organisé par Marc Ballanfat au Collège international de philosophie et qui aura lieu en octobre.

La Bibliothèque nationale de France (où sont conservés les papiers de Simone Weil) va clore, dans ses amphithéâtres de Tolbiac, le cycle avec un Hommage à la philosophe, le 23 octobre prochain. Cette manifestation devrait coïncider avec la parution du 10e volume des Œuvres  complètes consacrés à la Grèce, à l’Inde et à l’Occitanie.

Parmi les initiatives régionales, il convient de signaler celle du philosophe Jean-Marc Ghitti dans la région du Puy. Le programme prévoit tout au long de l’année du centenaire des animations riches et variées.

 

A lire

- > Récemment parus :

"Chez les Weil, André et Simone", Sylvie Weil (Buchet Chastel, 18 euros)
 (voir compte-rendu ci-dessus)
. "L’insoumise. Simone Weil", Laure Adler (Actes Sud, 20 euros) 
. "Simone Weil Sagesse et grâce violente", sous la direction de Florence de Lussy (Bayard (25,50 euros), rassemble des textes (signés entre Simon Leys, Czeslaw Milosz ...) qui rendent hommage à une oeuvre complexe.
Parmi les sujets abordés : l’expérience en usine de Simone Weil, sa critique du marxisme, son approche de Platon, son rapport à la science, au judaïsme, au mysticisme.

Oeuvres de Simone Weil (Quarto Gallimard)- > Oeuvres de Simone Weil :
. Sous la direction de Florence de Lussy, l’édition des oeuvres en un  volume "Quarto" chez Gallimard et les "Oeuvres complètes", chez le même éditeur, qui comprendront, en fin de parcours, 16 volumes. Fin 2009 sera publié le volume 2 des "Ecrits de Marseille" qui comprendra les écrits sur la Grèce, l’Inde et l’Occitanie.

-> En poche :
De Simone Weil : "L’enracinement" (Folio Essais)
Sur Simone Weil : un chapitre lui est consacré dans "Portraits de femmes" de Pietro Citati (Folio/Gallimard)

© France 2.fr

 

[Texte signalé par Pabarisain.]

 

Mis en ligne le 2 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org