Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Christianisme

Comprendre le Vatican, Nicolas Senèze
07/02/2009

Le 11 février seront célébrés les 80 ans des accords du Latran qui créèrent, en 1929, le Vatican. Le plus petit État du monde assure l’indépendance temporelle de l’Église catholique. ("La Croix").

06/02/09

Texte repris du site de La Croix

Qu’est-ce que le Vatican ?

Dans l’Antiquité, l’Ager Vaticanus désignait, à Rome, la région marécageuse s’étendant sur la rive droite du Tibre, depuis la colline du Janicule jusqu’au pont Milvio. À l’époque romaine, cette région, située en dehors de la ville, fut bonifiée et occupée par des villas, par les jardins d’Agrippine (mère de l’empereur Caligula) et de vastes nécropoles bâties le long des artères principales. Dans les jardins de sa mère, Caligula construisit un petit cirque pour les entraînements d’auriges [conducteurs de chars. Note d’upjf.org], que Néron fera agrandir : la tradition veut que saint Pierre y ait été martyrisé. Il sera enterré non loin de là. Très vite, un culte lui est rendu sur ce qui est reconnu comme sa tombe. En 324, Constantin y fait établir une somptueuse basilique.

Si les papes de l’Antiquité et du Moyen Âge habitent habituellement au Latran (de l’autre côté de Rome), une première résidence pontificale est construite au Vatican vers l’an 800. Le bourg autour du Vatican va très vite être fortifié, servant de refuge aux papes quand Rome sera attaquée. Mais c’est au XIIe siècle qu’un véritable complexe commence à être édifié autour de la basilique Saint-Pierre pour abriter des services de la Curie.

Il faut toutefois attendre le retour d’Avignon pour que les papes prennent l’habitude de résider au Vatican. À la Renaissance, la basilique constantinienne est détruite pour faire place à l’actuelle basilique Saint-Pierre, puis ce sont l’ensemble des bâtiments actuels du Vatican qui sont peu à peu édifiés.

En 1984, l’ensemble de l’État de la Cité du Vatican a été inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial.

Pourquoi le pape a-t-il besoin d’un État ?

L’État de la Cité du Vatican est l’héritier des États pontificaux disparus lors de l’unification italienne, à la fin du XIXe siècle. Le 20 septembre 1870, Rome tombe aux mains des troupes italiennes et devient la capitale du royaume d’Italie. Pie IX s’enferme alors au Vatican où il se déclare prisonnier. Refusant la « loi des garanties », votée par le Parlement italien pour garantir les prérogatives du Saint-Siège, ses successeurs ne quitteront plus les murs de la Cité du Vatican jusqu’aux accords du Latran. Signé le 11 février 1929 entre Mussolini et le cardinal Pietro Gasparri, secrétaire d’État de Pie XI, ce traité « reconnaît au Saint-Siège la pleine propriété et le pouvoir et la juridiction exclusifs, absolus et souverains sur le Vatican » et crée l’État de la Cité du Vatican « pour des fins spéciales » (art. 3).

Le Vatican n’est pas un État comme les autres : sa finalité est technique, permettant au pape et à l’Église d’être indépendants de tout autre pouvoir temporel et d’exercer leur mission en toute liberté. « Il manifeste la souveraineté du Siège apostolique en droit international et son indépendance par rapport à tout autre pouvoir institué », souligne Joël-Benoît d’Onorio (1). Il ne doit donc pas être confondu avec le Saint-Siège, c’est-à-dire le pape en tant qu’il préside à l’unité de l’Église catholique. C’est d’ailleurs le Saint-Siège qui est reconnu comme sujet du droit international et c’est auprès de lui, et non auprès du Vatican, que sont accrédités les ambassadeurs étrangers.

Si certains contestent au Vatican sa qualité d’État, soulignant la petitesse de ton territoire, l’absence de population ou de réelle souveraineté, le Vatican en possède toutefois tous les attributs : bien qu’étant privé d’une ouverture maritime, il pourrait même avoir sa propre flotte, dont les navires arboreraient le pavillon (droit que le Vatican n’exerce cependant pas actuellement)…

Comment fonctionne l’État de la Cité du Vatican ?

Le Vatican est une monarchie absolue dont le souverain est le pape, auquel reviennent les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Il s’agit néanmoins d’un État de droit, qui dispose d’une Constitution : la Loi fondamentale, promulguée le 26 novembre 2000 par Jean-Paul II (remplaçant celle promulguée par Pie XII en 1929), et complétée par une « loi sur le gouvernement », de 2002.

En pratique, le pape délègue ses pouvoirs. Le pouvoir législatif revient à une commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican, composée de six cardinaux, et dont le président exerce aussi le pouvoir exécutif en tant que président du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican. Il est assisté pour cela d’un secrétaire général. Par ailleurs, pour l’élaboration des projets de loi, la commission bénéficie de la collaboration d’un conseiller général et de conseillers d’État. C’est du gouvernorat que dépendent les différents services techniques du Vatican, ainsi que les musées, principale ressource de l’État, ou encore l’observatoire. Quant au pouvoir judiciaire, il est exercé par un juge unique, un tribunal, une cour d’appel et une cour de cassation.

Sur le plan spirituel, si le Vatican fait partie du diocèse de Rome, il relève d’un vicaire spécifique qui, depuis 1991, cumule ses fonctions avec celles d’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre.


Nicolas Senèze

© La Croix

 


(1) Dictionnaire historique de la papauté, article « État de la Cité du Vatican », Fayard, 1 759 p., 229 €.

 

Mis en ligne le 6 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org