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Christianisme

L’évêque négationniste Richard Williamson persiste et signe
08/02/2009

Dans une interview parue samedi en Allemagne, l’évêque intégriste Richard Williamson a refusé de renier ses propos négationnistes, ce qui ne devrait pas manquer de relancer la polémique sur la levée de son excommunication, ordonnée par le pape Benoît XVI. ("L’Express").

07/02/09

Texte repris du site de L’Express

 

Par AFP, publié le 07/02/2009

 


Interview de l’évêque Williamson réalisée par la télévision suédoise et diffusée fin janvier par une chaîne d’Argentine, pays où il réside
(AFP/Todos Noticias/Archives/Juan Mabromata)

 


BERLIN - Dans l’hebdomadaire Der Spiegel, l’évêque britannique a fait fi d’une injonction du Vatican lui ordonnant de clarifier ses positions, et estimé qu’il lui fallait étudier d’abord les "preuves" historiques avant d’éventuellement retirer ses déclarations niant l’existence des chambres à gaz.

« Il s’agit de preuves historiques, pas d’émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai (les propos tenus). Mais cela va prendre du temps »,

a affirmé l’évêque dans cette interview, la première qu’il accorde depuis le décret du Vatican en sa faveur le 24 janvier.

La levée de son excommunication et celle de trois autres évêques intégristes a suscité un tollé dans de nombreux pays, en particulier dans les milieux catholiques d’Allemagne, et déclenché une crise qui a compromis les relations du Vatican avec le judaïsme et brouillé l’image du pape.


Le Pape Benoît XVI, le 25 janvier 2009 à la basilique Saint Paul Hors Les Murs à Rome
AFP/Archives/Andreas Solaro

 

Selon le journal Bild am Sonntag, à paraître dimanche, le président de la Conférence des évêques allemands, [Mgr] Robert Zollitsch, a prôné d’exclure Williamson des rangs de l’Eglise et affirmé :
 

« Monsieur Williamson est impossible et irresponsable. Je ne vois aucune place pour lui au sein de l’Eglise catholique ».

Deux jours avant le décret pontifical, Richard Williamson, 67 ans, avait déclaré à une télévision suédoise:

« Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration mais pas un seul dans les chambres à gaz ».

Il a affirmé au Spiegel :

« J’ai fait des recherches sur le sujet, dans les années 1980 », et elles m’ont « convaincu de l’exactitude » des positions que je défends. Je dois tout réexaminer, encore une fois, et voir les preuves.

Et d’ajouter:

« toute ma vie, j’ai toujours cherché la vérité. »

Il a indiqué que, pour avancer dans sa quête du vrai, il a commandé

« un livre de Jean-Claude Pressac sur la "technique" des chambres à gaz à Auschwitz. »

Et d’assurer :

« Je vais le lire et l’étudier ».

Dans ce livre, le pharmacien français Pressac, qui a fait plusieurs voyages d’études à Auschwitz, réfute les thèses négationnistes.

Richard Williamson a renouvelé, dans le Spiegel, ses critiques concernant Vatican II, accusant ce concile d’avoir provoqué

« le chaos théologique que nous avons aujourd’hui », et dénonçant une « dictature du relativisme » imposée par « les évêques libéraux ».


La chancelière allemande Angela Merkel, le 3 février 2009, à Berlin
(AFP/DDP/Archives/Michael Gottschalk)

 

Il s’est aussi dit « étonné » de l’ampleur de la polémique autour de ses déclarations.

« Je suis seulement l’instrument » avec lequel certains veulent « agir contre le pape »,

a-t-il déclaré.

« Visiblement, le catholicisme de gauche n’a pas encore pardonné le fait que Ratzinger soit devenu pape ».

Le Vatican, selon qui le pape ignorait tout des propos négationnistes de l’évêque, avait, cette semaine, exhorté Williamson à

« prendre sans équivoque et publiquement ses distances » avec ses déclarations sur la Shoah.

Une mise au point, saluée dans le monde catholique et par la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait exigé des clarifications.

Der Spiegel explique n’avoir pas pu [réaliser] l’interview de Williamson de vive voix: l’évêque a répondu par écrit à des questions posées par e-mail, depuis l’Argentine où il vit. Il a ensuite confirmé ses réponses par téléphone, assisté par un avocat, précise le magazine.

© L’Express

 

[Article aimablement signalé par Sr M.-M. Kraentzel.]

 

 

Mis en ligne le 8 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org