Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (politique intérieure)

Elections israéliennes 2009 : le phénomène Liberman, Jean-Marie Allafort
06/02/2009

5 février 2009

Texte repris du site Un écho d’Israël.

Avigdor Liberman est une énigme de la politique israélienne. Paradoxal dans ses déclarations, l’homme agace les uns et enthousiasme les autres. Il dérange de plus en plus les hommes politiques des grands partis d’autant que les derniers sondages lui accordent quelque 18 sièges lors du prochain scrutin. Le leader d’Israël Beiténou (« Israël est notre maison ») caresse le rêve d’être à la tête de la troisième formation politique du pays devant le parti travailliste. Si c’était le cas, il serait la clef de voûte de la prochaine coalition gouvernementale. Netanyahu a des sueurs froides. Chaque semaine qui passe Liberman lui ravit de potentiels électeurs. Rien n’assure le leader du Likoud qu’au moment venu, Liberman ne se tournera pas vers Tsipi Livni et proposera au président de l’Etat de la nommer au poste de Premier ministre. Le scénario paraît moins surréaliste qu’il n’en a l’air.

Le succès de Liberman est d’autant plus surprenant que l’homme est soupçonné d’avoir reçu des fonds par l’intermédiaire d’une société de conseil, dirigée par sa fille, et destinés au financement de son parti politique. Cette affaire qui remonte à 2001 refait surface, parce que, selon la police, il y a de nouveaux éléments qui ont permis l’interpellation de sept proches du leader d’Israël Beiténou, dont sa fille et son avocat. Mais les soupçons de corruption n’ont plus vraiment d’impact sur l’opinion publique qui a perdu confiance dans la police et le système judiciaire.

Partis politiques : Israël Beitenou
Franck Olivier
Israël Beitenou (Israël est notre maison) est un parti politique de droite fondé par Avigdor Liberman en 1999 un an après qu’il ait démissionné de son poste de chef de cabinet de Netanyahu
Liberman n’est pas seulement un tribun, c’est aussi un fin politique qui sait décrypter les événements. La guerre dans la Bande de Gaza lui a donné des raisons de s’exprimer plus clairement sur certaines de ses positions, comme, par exemple, sur le problème des Arabes d’Israël qui ont manifesté contre l’Etat pendant l’opération "plomb fondu". Liberman pose crument la question de la loyauté de la minorité arabe du pays envers l’Etat d’Israël. Pour lui, les Arabes israéliens doivent choisir : rester Israéliens et faire preuve de loyauté envers l’Etat, ses institutions et son gouvernement, ou devenir Palestiniens et déménager vers les territoires. Selon lui, les Arabes d’Israël ne peuvent plus avoir le beurre et l’argent du beurre.
Faut-il craindre à plus ou moins long terme une revendication d’autonomie des Arabes d’Israël, par exemple en Galilée où ils sont aujourd’hui près de 50% de la population ? Pour Liberman, la réponse est affirmative. Les Arabes du pays sont peut-être le cheval de Troie des Palestiniens.

Pour résoudre "la question arabe", Avigdor Liberman est prêt à des concessions territoriales importantes, y compris à la division de Jérusalem. Selon lui, un Etat palestinien est une nécessité, si l’on veut donner la possibilité aux Arabes d’Israël de s’y établir. De même, il prône un échange territorial (la région d’Um-El-Farhem contre des implantations). Côté arabe et à gauche, on qualifie le leader d’Israël Beiténou de raciste dont le programme politique se résume au transfert de la "population palestinienne d’Israël".

Le parti de Liberman, considéré par la presse étrangère comme d’extrême droite, n’est plus seulement celui des Russes, mais rassemble des populations très diverses. Si la majorité de ses électeurs se situent à droite de l’échiquier politique, il est de moins en moins rare d’y rencontrer d’anciens centristes ou même des travaillistes. Enfin, rappelons que Liberman est pour le mariage civil et dans une grande mesure pour une séparation entre l’Etat et la synagogue. Les partis religieux le voient comme une menace, mais sont impuissants à inverser la tendance : l’électorat n’est bien évidemment pas le même.


Jean-Marie Allafort

 

© Un écho d’Israël

 


Mis en ligne le 6 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

--------------------------------

Répondre à cet article

3 Messages de forum

  • Elections 2009 : le phénomène Liberman 5 février 03:00, par Surmely Alain

    Mais qu’a donc fait l’Humanité pour mériter pareils politicards, de si piètres représentants publics: corrompus, pas intelligents et racistes aussi !!

    Répondre à ce message

    • Elections 2009 : le phénomène Liberman 6 février 10:57, par Georges

      Comment peut-on qualifier ceux qui soutiennent Liberman de racistes, alors que les Juifs ne font que se défendre depuis de siècles face a une volonté d’anéantissement à leur egard. Effectivement, les Arabes d’Israel proclament leur solidarité envers les Palestiniens, et leur haine de l’Etat d’Israel. Les électeurs choisissent leurs représentants selon leurs angoisses et leurs inquiétudes.

      Georges Brandstatter.

      Répondre à ce message

  • Elections 2009 : le phénomène Liberman 6 février 10:03, par popi soudure

    C’est la droite dure d’israel qui a toujours fait le plus pour Israel et pour la paix ! La gauche et le centre n’ont été que compromis et ouvertures aux théories du "post-sionisme" et aux thèses des nouveaux "historiens" !