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Spécial élections 2009 : qui est Binyamin Netanyahu ? par Eliane Ketterer
12/02/2009

mardi 10 février 2009,

Texte repris du site Un écho d’Israël

Binyamin Netanyahu, dit « Bibi », né en 1949, Premier ministre (1996-1999), le premier qui fut élu au suffrage universel direct, ministre des Affaires Etrangères à partir de novembre 2002 dans le premier gouvernement d’Ariel Sharon, ministre des Finances de janvier 2003 à août 2005.

Binyamin Netanyahu naquit à Tel-Aviv, second de trois enfants de Tsila et du Professeur Ben Zion Netanyahu. Son père se spécialisa dans le domaine de l’Histoire juive, il fut l’un des rédacteurs de l’encyclopédie hébraïque et le secrétaire de Zéev Jabotinsky. Binyamin Netanyahu passa la plus grande partie de ses années d’enfance dans le quartier de Talbyeh à Jérusalem. Il fut actif dans le mouvement des scouts. Comme enfant et adolescent il séjourna avec ses parents aux Etats-Unis une première fois durant les années 56-58, puis une seconde fois entre 1963 et 1967. En 1967 il revint en Israël et s’enrôla dans Tsahal. Il fut volontaire dans le groupe de reconnaissance du chef d’état-major général, termina avec mention « excellent » le cours de formation comme officier, commanda une unité, et obtint même une décoration. Netanyahu fit un service de cinq années et fut démobilisé en 1972, date à laquelle il retourna aux Etats-Unis et commença d’étudier à l’Institut Technologique du Masachussets (M.I.T.).

A la déclaration de la guerre de Yom Kippur, Netanyahu revint en Israël et combattit à Suez et dans le Golan. A la fin de la guerre, il retourna à Boston, changea son nom en Binyamin Nitaï et termina ses études en vue d’obtenir une licence en technologie et une maîtrise en gestion d’entreprises. Il étudia également les sciences politiques et l’économie à l’Université de Harward. Durant ses études, il épousa Myriam Miqi (mère de sa fille aînée, Noa). A la fin de ses études, il commença de travailler dans une société de conseil économique. Durant ces années il prit une part active dans la propagande israélienne aux Etats-Unis.

En juin 1976, son frère aîné, Yoni, commandant du groupe de reconnaissance du chef d’état-major général, fut tué lors de « l’opération Entebbe » pour libérer les otages de l’avion d’Air France. Sa mort changea le cours de la vie de Netanyahu, qui se consacra, dans les deux années qui suivirent, à divers projets pour perpétuer la mémoire de son frère et à une action internationale pour lutter contre le terrorisme.

En 1978, il revint en Israël avec sa famille et commença à travailler comme responsable du marketing dans une société de meubles intitulée « Rim ». A cette époque il mit en place l’Institut Yonathan, qui avait pour but de faire des recherches sur le terrorisme et assuma la responsabilité de sa direction. Il divorça de sa première épouse, Myriam, et trois années après, en 1981, il épousa Flayer. En 1982, il accepta la proposition de Moshe Arens qui était alors ambassadeur à Washington, et à sa demande, il fut nommé attaché à l’ambassade d’Israël à Washington. En 1984, il fut nommé ambassadeur d’Israël au Nations Unies. Dès qu’il eut terminé sa mission aux Nations Unies, il retourna en Israël et commença alors une activité politique au parti du Likoud. A cette même époque, il divorça d’avec Flayer, sa seconde épouse.

Aux élections primaires en 1988, il fut parmi les dix premiers candidats sur la liste du Likoud à la Knesset. Dans le gouvernement d’union nationale, qui fut mis en place après les élections, il fut nommé vice-ministre des Affaires étrangères, puis ministre délégué au bureau du Premier ministre. A l’époque de la guerre du Golfe et lors de la Conférence de Madrid, il fut connu à travers le monde comme porte-parole énergique et charismatique du gouvernement de Shamir.

Lors d’un voyage en avion entre New-York et Israël, il rencontra Sara Ben Artsi, étudiante en psychologie, qui travaillait comme hôtesse de l’air à la compagnie aérienne El-Al. Ils se marièrent en 1991. Le 14 janvier 1993, deux mois avant sa candidature à la direction du Likoud, fut révélée l’affaire de « l’enregistrement brûlant ». Dans une émission en direct, lors du journal télévisé « Mabat » (« point de vue »), Netanyahu avoua qu’il avait eu une liaison hors mariage et il raconta que « quelqu’un du Likoud, qui est entouré d’un gang de malfaiteurs » avait essayé, dans un but politique, de le faire chanter sur cette affaire.

Aux élections primaires pour la présidence du Likud (mars 1993), Netanyahu défit David Lévi, Benny Bégin et Moshe Katsav, qui s’étaient présentés contre lui, et fut élu à la direction du Likoud, à la majorité absolue par 52% des voix.

En tant que chef de l’opposition, Netanyahu mena le combat contre les accords d’Oslo et contre le retrait de Tsahal de la Bande de Gaza et des territoires de Judée et de Samarie. Netanyahu fut accusé par une partie de la population d’avoir été, par son attitude et son style de protestation, l’un des facteurs qui conduisirent à l’assassinat du Premier Ministre Itzhak Rabin en novembre 1995. De son côté, il a toujours soutenu que sa protestation était légitime.

A l’occasion des élections de 1996, Netanyahu réunit sur une liste unique les partis du Likoud, de Gesher et de Tsomet et convainquit Raphaël Etan et David Lévi de ne pas se présenter comme candidats à la direction du gouvernement. La propagande pour les élections se focalisa sur la vague d’attentats terroristes.
Parmi les thèmes de la campagne électorale : "faire une paix assurant la sécurité", "s’opposer à la remise de territoires supplémentaires", ‘Pérès divisera Jérusalem". Quelques jours avant les élections, les partisans de Habad (un mouvement de juifs religieux hassidiques) firent campagne avec le slogan "Netanyahu, c’est bon pour les Juifs". Aux élections du 29 mai 1996, Netanyahu l’emporta sur le candidat du parti travailliste, le Premier ministre, Shimon Pérès, par 51% contre 49%. Il fut le plus jeune Premier ministre d’Israël et le premier à être élu au suffrage universel direct.

L’époque où Binyamin Netanyahu assuma la responsabilité de Premier ministre fut une période continue de crise et d’affaires diverses, tant sur le plan national que sur le plan personnel, et Netanyahu suscita des sentiments violents chez ses adversaires comme chez ses partisans. En septembre 1996, il donna l’ordre d’ouvrir le tunnel du Mur contre l’avis des responsables de la sécurité. L’ouverture du tunnel, qu’il dénomma "le roc de notre survie" ("sel`a qiuménu") conduisit à des affrontements violents entre la police palestinienne et les soldats de Tsahal en Judée, Samarie et à Gaza. Au cours des incidents, 15 Israéliens furent tués ainsi que des dizaines de Palestiniens. En janvier 1997, dans le cadre des engagements pris par Israël aux accords d’Oslo, Netanyahu signa l’accord d’Hébron d’après lequel le contrôle de la ville devait passer aux mains des Palestiniens.

Ce même mois, la première chaîne de télévision dévoila "l’affaire Baron - Hébron", et soutint que les motifs de nomination de Roni Baron à la fonction de conseiller juridique du gouvernement n’étaient pas clairs. Netanyahu fut le premier Chef du gouvernement qui fut interrogé par la police comme suspect de délit. À la suite de cet interrogatoire, la police recommanda sa mise en accusation. En 1997, le conseiller juridique du gouvernement, Eliakim Rubinstein, informa de sa décision de ne pas traduire en justice Netanyahu pour tout ce qui concernait les procédures de nomination du conseiller juridique du gouvernement.

En octobre 1997, Netanyahu fut enregistré par "Kol Israel" (La Voix d’Israël) lorsqu’il murmurait à l’oreille du kabbaliste, le rabbin Kadouri : "les gens de gauche ont oublié ce qu’est être juifs".

Le 23 octobre 1998, Netanyahu et le chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, signèrent l’"Accord de Wye", selon lequel 13,1% des territoires de la Cisjordanie passeraient sous l’autorité palestinienne. Le 21 décembre 1998, une motion de censure présentée par la droite et les partis d’opposition pour protester contre l’"Accord de Wye" fut adoptée contre le gouvernement de Netanyahu et la décision fut prise d’avancer les élections.

La campagne électorale qui dura de décembre 98 jusqu’au 17 mai 99 fut orageuse, et fut placé sous le signe du combat entre Netanyahu et le candidat d’Israel Ahat (Israël Uni, nouvelle formation du parti travailliste), Ehud Barak. Lorsque furent connus les résultats des élections et qu’il apparut que Barak avait vaincu avec une énorme majorité, Netanyahu annonça sa démission de la direction du Likoud et son retrait de la vie politique.

En août 1999, fut publiée dans le journal Yediot Aharonot une enquête qui soutenait que le couple Netanyahu s’était assuré l’aide d’un entrepreneur de transports pour exécuter des travaux privés dans leurs maisons et qu’ils avaient présenté les factures au Cabinet du Premier Ministre. Le 29 mars 2000, à la fin d’une enquête très médiatisée, la police proposa de traduire en justice l’ancien Premier ministre pour les infractions suivantes : corruption, fraude, violation de la confiance et obstruction à l’enquête. Finalement, aucun acte d’accusation concernant cette affaire ne fut présentée.

En décembre 2000, le Premier ministre, Ehud Barak présenta sa démission. Selon la loi, seuls en pareil cas, les députés pouvaient présenter leur candidature au poste de Premier ministre.
La Knesset proposa alors la "loi Netanyahu", qui permettait également aux candidats n’appartenant pas à la Knesset de se présenter, mais Netanyahu décida de ne pas se présenter si la Knesset n’était pas dissoute.

En novembre 2002, Ariel Sharon nomma Netanyahu, ministre des Affaires étrangères de son gouvernement après le retrait du parti travailliste de la coalition. A la fin de ce même mois, les deux hommes se présentèrent pour être élus à la direction du Likoud. Cette lutte s’acheva par l’échec de Netanyahu avec une différence notable. A la suite de la victoire du Likoud aux élections à la Knesset, Netanyahu fut nommé dans le gouvernement de Sharon à la fonction de ministre des Finances, avec des compétences élargies. En août 2005, sur l’arrière-fond de son opposition continue au programme de désengagement que conduisit Ariel Sharon, Netanyahu démissionna de sa fonction de ministre. Il remporte les élections primaires comme leader du Likoud le 20 décembre 2005.
Il perd les élections de 2006. Le Likoud n’obtient que 12 mandats dans la 17ème Knesset. Netanyahu occupe alors le poste de chef de l’opposition.

A la faveur des erreurs de la deuxième guerre du Liban en juillet 2006, le Likoud redevient populaire dans les sondages et se met à préparer les prochaines élections. Bibi est en tête de tous les sondages.
Son programme actuel prévoit une résolution du conflit par le développement économique de la société palestinienne et par une intransigeance sur les questions sécuritaires, territoriales, sur l’avenir de Jérusalem et sur la délinquance dans le pays. Il annonça qu’il n’y aura de retrait du Golan s’il est élu. Par ailleurs, Binyamin Netanyahou entend conserver le Trésor et le ministère de l’Education aux mains du Likoud.

Il a écrit et édité lui-même plusieurs livres : "Lettres de Yoni", en collaboration avec son frère ‘Ido (1978) ; "Le terrorisme : défi et réponse" (1980) ; "Le terrorisme, comment l’occident pourra en être victorieux" (1986) ; "Une place sous le soleil" (1995) ; "La guerre contre le terrorisme" (1996).

Binyamin Netanyahu a une fille de son premier mariage (No’a) et deux fils de son mariage avec Sara (Yaïr et Avner).

Eliane Ketterer

© Un écho d’Israël

 


Mis en ligne le 11 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org