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Judaïsme

Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre, Info’sion
09/02/2009

08/02/09

INFO’SION THORA, Jérusalem-capitale ( Eretz Israël)

Pierre Caïn                                                                 

 La Torah au présent

 (d’après des écrits de transmission de Torah )

 

Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre        

La fête de Tou Bichvat a ses rites, agricoles, mais ne s’accompagne apparemment pas de support thoraïque. Erreur : il existe des textes qui permettent d’ancrer résolument la plantation d’arbres, geste symbolique ‘noble’, mais ’banalisé’, dans la tradition juive.

Il suffit de se référer à la paracha Bechalla’h qui coïncide chaque année avec le Roch Hachanah       ( Nouvel An) des arbres.

A  la période de Tou Bichvat, la nature sort de son hibernation et, souterrainement, elle  commence à se renouveler par la montée de sève dans les arbres (1). La terre d’Israel renouvelle ses forces, retrouve en quelque sorte sa fertilité.

La coïncidence Tou Bichvat - Chabat Chira, lecture du Cantique de la Mer, n’est pas fortuite non plus. Ce Cantique sera pour Israël, à toutes les époques de son histoire, d’une actualité jamais démentie. Dans ce Cantique, l’âme du peuple hébreu s’est élevée au-dessus d’elle-même, pour devenir une source de spiritualité, «une source de Torah ! » (2). Cette coïncidence exprime ainsi parfaitement la volonté affirmée de « doubler » l’événement naturel ( l’éclosion du monde végétal ) par l’Histoire humaine : en l’occurrence l’éveil du peuple hébreu sorti de l’enfermement de l’Egypte.

Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs

Autre  recommandation: Moïse et les B’nei Israël chantent  dans «le Cantique de la Mer », après le passage de Yam Souf – ( la Mer des Joncs, improprement appelée la Mer Rouge) (Chemoth – Exode XV, 16, 17 ) «ce peuple que tu as acquis, tu le feras venir et tu le fixeras, tu le planteras sur la montagne de Ton héritage ». (3)

C’est–à–dire que la descendance aura comme impératif de planter sur cette montagne sacrée (4) et Dieu sera prêt à mener à bien cet objectif.

Allégorie bucolique reprise par le prophète Amos 9, 14-15 : «Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël (... ), je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus  déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l’Eternel ton Dieu. »

Ceci est retrouvé dans Jérémie 32, 41 : «Je prendrai plaisir à les rendre heureux et les implanterai solidement dans ce pays, de tout mon coeur et de toute mon âme». (3, p. 271)     

Le prophète Isaïe disait aussi : « Dans les temps à venir, Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs, et ils couvriront de fruits la surface du globe». (Isaïe 27, 6 )  

Planter des arbres fruitiers

En allant planter des arbres à Tou Bichvat nous mettons en pratique le verset : «Quand vous serez entrés dans la Terre Promise et y aurez planté quelque arbre fruitier». ( Lévitique-Vayiqra, XIX, 23)

Planter, c’est apprendre à faire place à autre que soit, plus particulièrement à une descendance qui n’est pas encore là. C’est une injonction à sortir de la fermeture sur soi et à se préoccuper de ceux qui viendront après nous. (1) 

Et le Or Ha ‘haïm, cité par Rav Dov Bigon, (5 ) d’expliquer en substance « qu’on doit chérir la Terre sainte et y planter des arbres, au sens littéral du mot, au sens allégorique : Y « planter des Justes épris de Thora, eux dont il est dit : « Annoncez au Juste qu’il sera heureux et jouira du  fruit de ses œuvres »  (Isaïe, III, 10) ; de par leur étude les Justes incarnent le Bien par excellence, avec toute ses incidences bénéfiques pour leur génération.

En-raciner

En-raciner dans la Terre d’Israël des arbres à Tou  Bichvat, et des êtres humains  toute l’année est bien une injonction (1). Planter des arbres fruitiers, c’est œuvrer pour un avenir ; planter des arbres fruitiers et procréer sont en fait du même ordre.

On dira des enfants qu’ils sont le « fruit de nos entrailles ».

Et dès la création de l’Homme, Dieu s’adressa à lui en ces termes : « Fructifiez et multipliez-vous ! Remplissez la terre et dominez la.. (Berechit- Genèse 1, 28) Et plus tard le Prophète Isaïe dira « ce Dieu qui a formé, façonné la terre, qui l’a affermie, qui l’a créée (la terre) non pour demeurer déserte mais pour être  habitée». (Ch XLV, v18) 

Les fondements de l’ère messianique.

Nos Sages ont édicté l’étonnante directive suivante : « Si un plant se trouve dans ta main et que l’on t’annonce la venue du Messie, mets tout d’abord ce plant en terre et va ensuite à sa rencontre ». (6)   

Il ne  faudrait pas déduire de cette directive une quelconque supériorité de l’agriculture sur le messianisme. Mais nos Sages ont enseigné qu’il s’agit là de deux phénomènes intrinsèquement liés, la reconstruction [du peuple] et de la terre d’Israël, et en particulier le désert qui refleurit, sont les fondements de l’ère messianique.

Ezéchiel XXVI,8 (cité dans 6) dit : « Et vous, montagnes d’Israël, vous donnerez votre frondaison et vous porterez votre fruit pour mon peuple d’Israël, car ils sont près de revenir ».

Si, nous dit Rachi, la terre d ‘Israël donne des fruits en abondance, il ne peut y avoir de signe plus clair de la fin de l’exil. Et nous sommes dans    l’attente, que la fin du verset se réalise, à savoir : « Car ils sont  près de revenir ».

Le retour à la terre  n’est pas un transfert de population

Le prophète Ezéchiel nous appelle donc à saisir l’intériorité des phénomènes, à ne pas considérer le retour du peuple juif à sa terre comme un simple transfert de population ni à regarder la terre qui refleurit comme un simple phénomène agricole, mais à y voir la décision divine de mettre fin à l’exil, d’amener la résurrection du peuple juif sur sa terre. (Ezéchiel XXXVI) (6)

Pendant deux millénaires, les nations qui se sont installées sur la terre d’Israël n’ont reçu d’elle que des refus.

Mais depuis que nous y sommes retournés, il y a [un peu plus de cent ans] la terre d’Israël nous sourit, répond à notre appel. Le désert  refleurit, la terre se reconstruit.

Le Judéen hébraïque 

L’ implantation  de la population – le yichouv - a  émergé bien des  années avant la création de l’Etat en 1948.  C’était une implantation toute neuve qui fleurissait, mais aussi une nouvelle sorte de Juif. « Le Juif du yichouv, devenu productif, créateur, retournant à la terre pour s’y enraciner, pour la faire produire et pour en sortir lui-même grandi ».  Si les Juifs vivant en Israël  plantent des arbres, ce n’est pas seulement parce qu’ils savent qu’ils pousseront, mais bien plutôt parce qu’ils ont le sentiment d’appartenir à cet endroit et que leurs enfants et petits-enfants viendront s’abriter sous l’ombre des mêmes arbres qu’ils ont plantés.’ (7)

Même chose depuis 1967 pour le Judéen hébraïque, continuateur de son prédécesseur, - le Juif du yichouv - : il s’épanouit aujourd’hui en Judée Samarie, et y  fait fleurir la terre comme personne d’autre avant lui. 

‘Nous n’avons volé à aucun peuple du globe terrestre quelque territoire ou quelque souveraineté que ce soit. Notre implantation en Israël n’est pas la conquête d’un territoire étranger mais le retour d’un peuple sur sa terre d’origine.’ 

En 1947, les Juifs ont accepté le partage de la Palestine. Les Arabes l’ont refusé. Les Juifs ont toujours été prêts à faire des concessions. Les Arabes ne l’étaient pas.

Les Juifs étaient prêts à accepter moins que tout.

Les Arabes, et aujourd’hui, les Palestiniens, eux, ont voulu et veulent  le tout. (8)

Le peuple, la Thora et la Terre

Malgré les difficultés de tous ordres auxquelles nous sommes confrontés dans notre patrie, le pays tout entier présente de tous côtés une vie juive qui ressuscite, profonde consolation en laquelle nous puisons de la force afin de continuer avec détermination et courage notre participation à ce grand retour. Et nous sommes persuadés que ce début modeste ira en s’amplifiant jusqu’ à la délivrance complète. (6)

Nous devons cette année, renforcer plus que jamais la relation qui nous unit à la Thora et à  notre Terre , en soutenant ceux qui, au Parlement et au  Gouvernement, sont fidèles au peuple, à la Thora et à la Terre d’Israël, qui telle une mère, est heureuse quand ses enfants sont autour d’elle : elle devient alors fertile . (... ) Elle pleure avec amertume et tombe en état de détresse comme il est dit dans  Joël II, 17-18) : « O Seigneur, épargne Ton peuple et ne livre pas ton héritage à l’opprobre, aux sarcasmes des nations ».

Les élections seront  pour nous l’occasion de mettre un terme à « cet opprobre » et au terrible danger qui menace notre pays. Aussi  donnons notre voix à ceux dont nous savons qu’ils renforcent notre Etat en travaillant à unir le peuple d’Israël à la Terre d’Israël par la Thora d’Israël.

Et aussi en maintenant « une unité chaleureuse, une unité d’interdépendance vitale et  indissociable, sans exclure personne mais avec toute la primauté du  centre et la convergence de tous autour de Jérusalem, source de la bénédiction découlant de la Présence divine. (9) 

Avec triomphe de la bonté, de  l’amour, de la fraternité, de la justice, et louange de tout cela. (9)

Jamais, tous les diviseurs politiques du peuple ou des sectes religieuses ou idéologiques ne parviendront à changer cet ensemble vital.

Nous n’accepterons JAMAIS de nous diviser en "miflagotes" (divisions), en "partis", en riches et en pauvres manquant d’éducation, de pain, de quoi élever et éduquer les enfants. (9)

 

© Pierre Caïn - Info’sion

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Textes choisis, adaptés, assemblés ou  reproduits :

1. Tou Bichvat, Manger pour connaître, par Claude Lederer, les Nouveaux Cahiers, p. 33 à 37 N° 111.

2. Ephémérides de l’ année juive  par Eliahou Ki Tov, les chantiers du Rabbinat, Tome 2 p. 182. 

3.  Pirké de Rabbi Eliezer, p. 270 Ed. Verdier.

4. L’arbre dans la pensée juive, Raymond Franck, Almanach du KKL, Strasbourg  1992, p.37.

5. Rav Dov Bigon  beahava ve beemouna, Ma’hon Meir, paracha Bechala’h 15 chevat 5763 n°391.

6. Chlomo Aviner « Le souffle de vie »(Sifriet ’Hava Beit El, p. 23).

7.  Rav Adin Even-Israël (Steinsalz), Jérusalem  Post en français , 8-14 /O9, 1999, p.6-7. 

8.   E. Ben Elissar, 23/11/1998.

9.  Rav R . Y. Dufour www.  Modia.org , bulletin 8 janv 2009.

 Pour diffuser, prière de mentionner toutes les sources.

Mis en ligne le 9 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org