Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Christianisme

Benoît XVI se rendra bien en Israël et renouvelle la demande de pardon, Isabelle De Gaulmyn
12/02/2009

Le pape rencontrait jeudi 12 février des responsables juifs, pour la première fois depuis l’affaire Williamson. Il a de nouveau condamné tout négationnisme. ("La Croix").

12/02/2009

Texte repris du site de La Croix.


Benoît XVI en compagnie du rabbin Arthur Schneier, de la synagogue de Park East à New York,
et des représentants des associations juives américaines, jeudi 12 février au Vatican (Photo L’Osservatore Romano/AP).

Rome - Pour cette première rencontre avec la communauté juive depuis « l’affaire Williamson », chaque mot de Benoît XVI a été pesé.

S’adressant aux représentants des associations juives américaines, le pape se devait d’effacer les malentendus qui ont culminé avec la levée de l’excommunication de l’évêque négationniste. Il le fait en réitérant sa condamnation de la Shoah, en répétant la demande de pardon de Jean-Paul II au peuple juif, ainsi qu’en annonçant officiellement son voyage en Israël.

Les propos négationnistes de l’évêque intégriste britannique avaient encore obscurci des relations déjà mises à mal, ces derniers temps, par la nouvelle prière du Vendredi saint en rite tridentin et le dossier de l’éventuelle béatification de Pie XII, que Benoît XVI continue de retenir. Un malentendu d’autant plus regrettable que cet intellectuel allemand, par son histoire, par sa culture, est lui-même attaché à ce dialogue.

"Toute négation de la Shoah est intolérable"

Il a redit jeudi que l’un de ses premiers gestes, comme pape, fut sa visite à la synagogue de Cologne. Il a rappelé les deux rencontres avec les communautés juives de Washington et de New York, et est revenu sur sa visite à Auschwitz-Birkenau, avec une condamnation de la Shoah encore plus forte que le 31 janvier, puisqu’il la définit comme « un crime contre Dieu et contre l’humanité ».

Dans une allusion claire aux propos de Mgr Williamson, il a ajouté :
« Ce devrait être clair pour tout le monde, particulièrement pour ceux qui font partie de la tradition des Saintes Écritures (…) Toute négation ou minimisation de ce terrible crime est intolérable et tout à fait inacceptable. »
De même - ce qu’il n’avait jamais fait jusqu’alors -, le pape s’est penché sur le problème de l’Église catholique et de l’antisémitisme. Depuis Vatican II, « l’Église est amenée de manière profonde et irrévocable à rejeter tout antisémitisme », et Benoît XVI reprend à son compte (« Je fais mienne »), en la récitant, la prière de repentance laissée par Jean-Paul II au mur du Temple de Jérusalem. Un acte significatif, lorsqu’on sait les réticences du cardinal Ratzinger à l’encontre des demandes de pardon de son prédécesseur.

Israël, un passage obligé pour le pape

En annonçant son voyage en Israël, sans doute du 8 au 15 mai, le pape se place dans la perspective théologique des relations judéo-chrétiennes. Une manière aussi de lui ôter toute signification politique.

Car la situation très tendue de la région conduit certains, à la Curie, à craindre qu’il n’apporte une caution à la dureté israélienne vis-à-vis des territoires palestiniens. Mais ce déplacement est une priorité pour le pape, qui veut marquer que, depuis Paul VI, ce voyage est un passage obligé pour tout successeur de Pierre.
 
Isabelle De Gaulmyn
 

© La Croix

 

[Texte aimablement signalé par l’abbé R. Arbez.]

 


Mis en ligne le 12 février 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org