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Hamas

TPO: Les humanitaires à Gaza, en mauvais termes avec le Hamas
13/02/2009

13/02/09

 


Nouvelles et analyses humanitaires

ONU - Bureau pour la coordination des affaires humanitaires


 

GAZA VILLE, 12 février 2009 (IRIN) - Le gouvernement du Hamas à Gaza a donné ordre aux organisations humanitaires locales et internationales prestataires d’aide d’urgence de coordonner leurs opérations de secours avec lui.

A Gaza, selon plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) locales, le Hamas a empêché certaines organisations humanitaires de distribuer l’aide d’urgence après que celles-ci eurent refusé de se conformer au règlement imposé.

« On nous a informés que le matériel transporté [dans Gaza] de l’étranger était vendu sur le marché »,

a déclaré à IRIN Sobhi Redwan, adjoint au ministre des Affaires sociales, expliquant que l’UNRWA (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens) acheminait du matériel dans Gaza pour le compte d’organismes non-onusiens et des bailleurs de fonds.

Selon les organisations humanitaires internationales, telles qu’Oxfam ou CARE, le « groupement logistique » coordonné par le Programme alimentaire mondial (PAM) est le seul système dans le cadre duquel des camions sont envoyés dans Gaza.

« Nous aidons effectivement d’autres agences des Nations Unies et d’autres organisations à acheminer leur matériel »,

a indiqué Chris Gunness, porte-parole de l’UNRWA, au cours d’un entretien téléphonique accordé à IRIN depuis Jérusalem.

 « Nous avons demandé à l’UNRWA de nous fournir des papiers indiquant, pour tous les camions, le contenu et le destinataire du véhicule », a dit M. Redwan, vice-ministre Hamas.

L’UNRWA s’est à moitié conformée à cette demande, selon les autorités du Hamas. « Pour des questions pratiques, nous devons consulter les autorités à tous les niveaux pour pouvoir acheminer du matériel », a commenté M. Gunness, porte-parole de l’agence.

Le ministère des Affaires sociales de Gaza a demandé à toutes les ONG locales et internationales de lui fournir la liste de leurs bénéficiaires sur CD.

« Nous voulons nous assurer que l’aide est distribuée équitablement », a dit M. Redwan.

Les organisations internationales, telles qu’Oxfam et CARE, ne se sont pas conformées à cette demande.

 

Le Hamas a demandé à l’UNRWA, premier prestataire d’aide à Gaza, de « fournir des papiers indiquant,
pour tous les camions [envoyés dans Gaza], le contenu et le destinataire du véhicule »

« Nous avons expliqué au Hamas que nous ne révèlerions pas l’identité de nos bénéficiaires pour des questions de responsabilité vis-à-vis de nos bailleurs et pour respecter nos valeurs d’impartialité »,

a commenté Michael Bailey, chargé des relations publiques à Oxfam, au cours d’un entretien accordé à IRIN pendant son déplacement à Gaza, cette semaine.

Oxfam et ses partenaires locaux « opèrent comme ils le doivent »,

a ajouté M. Bailey.


Les ONG locales, accusées d’entretenir des liens avec le Fatah

Une ONG locale de Beit Lahiya, qui a consenti à s’entretenir avec IRIN sous couvert d’anonymat, avait prévu d’apporter une aide d’urgence à la reconstruction et à la réparation des habitations après la guerre.

« Après la guerre, les autorités du Hamas sont venues au siège de notre association, nous ont convoqués au poste de police et nous ont donné l’ordre de ne pas apporter d’aide d’urgence »,

a raconté le directeur.

« Les autorités du Hamas nous ont accusés d’avoir reçu de l’argent du Fatah ».

Financée par le gouvernement suisse, l’ONG mène des opérations de sensibilisation aux droits des femmes et des enfants et des projets de développement durable ; elle élève notamment des animaux domestiques.

« Les ONG nous ont contactés et nous ont présenté une déclaration officielle du ministère des Affaires sociales qui demandait aux ONG locales de consulter le ministère pour distribuer l’aide et de lui communiquer toutes leurs informations »,

a expliqué Jaber Wishah, directeur adjoint du Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) de Gaza.

« C’est inacceptable ; le travail des institutions humanitaires et des ONG doit être indépendant ».

Une ONG locale de Jabalyia, qui se spécialise dans les projets de gouvernance sociale et d’engagement civique avec un budget opérationnel de 200 000 dollars, principalement financé par l’USAID (l’Agence américaine d’aide au développement international), a également consenti à s’exprimer sous couvert d’anonymat.

Du 29 décembre au 25 janvier, l’ONG a mené une opération de secours d’urgence, dans le cadre de laquelle elle a distribué des colis alimentaires et des couvertures à 8 000 bénéficiaires, à Jabalyia ; elle prévoyait également d’offrir des services de soutien psychosocial.

Mais « la police du Hamas est venue à l’ONG et nous a ordonné d’arrêter le travail, sans explication »,

a raconté le directeur. Celui-ci pense avoir été ciblé, en tant que membre du Fatah.

Les autorités du Hamas ont demandé la liste des bénéficiaires de l’ONG ; or, si l’organisme consultait le gouvernement du Hamas, l’USAID cesserait de financer ses activités, a expliqué le directeur.

« C’est une question politique ; les ONG Hamas donnent au Hamas et les ONG Fatah, au Fatah »,

a résumé Ibby al-Oul, membre du comité de direction d’Asalah, une petite ONG locale qui mène de petits projets de développement d’entreprises.

Asalah prévoit d’offrir un service d’adoption pour les orphelins de la guerre, mais elle ne communiquera aucune information au gouvernement du Hamas, a indiqué M. al-Oul.

es/ar/cb/nh/ail

 

© IRIN

 
[Article aimablement signalé par Ajax.]


Mis en ligne le 13 février 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org