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Contentieux palestino-israélien

Action et réaction, Par Herb Keinon
13/02/2009

Aucun expert politique occidental "bien pensant" n’a prévenu les Palestiniens qu’ils avaient poussé le bouchon trop loin, entraînant les citoyen israéliens vers la droite. (A. Soued). Quiconque a une maîtrise suffisante de l’anglais aura intérêt à lire la version originale, plus complète, qui suit l’utile adaptation française réalisée par Albert Soued. (Menahem Macina).

Jerusalem Post du 09/02/09

 

Original anglais : "Actions and reactions". http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1233304720004&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull


Traduction et adaptation françaises par Albert Soued pour www.nuitdorient.com

 

A différentes occasions pendant les 15 dernières années et depuis la signature des accords d’Oslo, Israël a été prévenu par les experts politiques "bien-pensants et pontifiants" de faire attention à ne pas "radicaliser" les Palestiniens.

Au début du processus d’Oslo, ils avaient averti Israël de ne pas étendre les implantations, même si les accords de 1993 ne les mentionnent aucunement, avec comme argument que cela risquait de porter atteinte à la confiance des Palestiniens dans le processus engagé.

  • « Ne ripostez pas trop durement aux cocktails Molotov qu’on vous lance, aux tirs au pigeon sur les routes et aux bombes-suicide, car cela pourrait augmenter le désespoir des Palestiniens. »
  • « Ne réagissez pas aux tirs de Kassam, qui ont suivi le désengagement total de la bande Gaza en 2005, car les Palestiniens auraient alors le sentiment de n’avoir rien gagné de ce retrait. »
  • « N’enterrez pas l’espoir palestinien par des ripostes, ne créez pas un désespoir plus grand en vous protégeant, construisez la confiance, ne mettez pas les Palestiniens au pied du mur et ne créez pas de nouvelles générations qui n’aspirent qu’à vous détruire. »

Ce que nous n’avons pas entendu, pendant cette période, cependant, ce sont les conseils de ces experts aux Palestiniens,

  • pour les exhorter à ne pas mener des actions qui risqueraient de radicaliser la société israélienne, lui enlevant tout espoir de paix, la poussant à désespérer de parvenir à une solution politique dans la région.
  • On n’a pas entendu un seul dirigeant occidental, ni un seul expert éclairé prévenir les Palestiniens que leur terreur continue pouvait avoir un effet boomerang sur la société israélienne, l’acculant au pied du mur, et menant vers la droite une nouvelle génération qui a grandi dans les traumatismes et les limbes des attentats-suicide et des roquettes Kassam.


Les élections du mardi 10/02/09 seront celles de la vérité. Paraphrasons les propos du nouveau président américain Barack Obama, lors de son discours inaugural :

« après avoir, pendant 15 ans tendu en permanence nos mains contre des poings serrés, aujourd’hui nous serrons les poings »

Supposées être celles de la réconciliation et qui ont été celles de la terreur, les actions palestiniennes pendant ces 15 dernières années ont transformé la société israélienne. De la foi dans un processus qui devait mener à sa sécurité et son acceptation dans la région, on est passé à un credo selon lequel, quoi que l’on fasse – négociation de paix, cession de tous les territoires conquis, évacuation unilatérale –, on n’aura aucune réponse positive de l’autre côté.

Les experts "bien pensants et pontifiants" avertissent de ne pas radicaliser la société palestinienne, sans se préoccuper de ce que celle-ci infligent en pertes civiles et traumatismes à Israël, et appellent sans cesse à prendre des mesures de confiance pour rassurer les Palestiniens, pour montrer le sérieux du processus de paix, comme si le désengagement de Gaza et l’expulsion de 9 000 citoyens israéliens des implantations n’étaient pas des preuves suffisantes. Ces experts ont occulté les mesures de confiance nécessaires à l’Israélien, qui n’a vu aucun signe favorable venant de l’autre côté, rien que la violence des explosions-suicide, les missiles, les tunnels de contrebande d’armes, l’enlèvement de soldats, les discours et les prêches haineux, les images fabriquées pour semer le trouble dans un esprit occidental,…

 

Aujourd’hui nous récoltons le résultat de ces actions hostiles et permanentes, actions jamais dénoncées par ces experts "bien pensants et pontifiants" de la communauté internationale. Le bloc de droite se renforce et atteindra les 60% de l’électorat, et la gauche part en fumée. On aura environ 65 députés de droite contre 55 de gauche, y compris les 10 députés arabes. Et même au parti Kadima, qui se réclame du centre, on trouve nombre de députés de droite, comme Shaoul Mofaz, Tzahi Hanegbi, Zeev Boim, Ari Dichter et d’autres. La force du parti Israel Beitenou, d’Avigdor Lieberman, et ses idées quant au redécoupage territorial pour intégrer les zones arabes d’Israël dans la future Palestine sont aussi des signes importants du virage à droite. Et ce parti sera le 3ème parti d’Israël.

Les Palestiniens ne sont pas seuls responsables de ce virage fondamental, on peut aussi accuser les représentants politiques des Arabes Israéliens. Pendant 15 ans, pour gagner la rue arabe, il fallait une rhétorique contre l’Etat d’Israël. Plus cette rhétorique était virulente et amère, plus les partis arabes en concurrence (il y en a 4) avaient des chances de l’emporter aux élections. Et les diatribes extrêmes du député Azmi Bishara plaisaient non seulement aux Arabes d’Oum el Fahm ou de Kfar Kana, mais aussi à ceux de Haïfa, de Modiin et de Jérusalem. Ainsi, quand, dans son programme électoral, Lieberman demande une loyauté envers l’Etat, ses propos sont bien accueillis par des électeurs choqués par les tirades anti-israéliennes des députés Bishara, Tibi et Sanaa.

 

Chaque action provoque une réaction. Obnubilé par la réaction palestinienne, l’Occident a perdu de vue qu’Israël aussi pouvait réagir aux actions hostiles continues des Palestiniens et des députés arabes israéliens.

Et le virage à droite ne sera pas un mirage mercredi matin prochain.

 

Herb Keinon

 

© Jerusalem Post

 

[Texte aimablement signalé par Matsada – Infos.]

 

Mis en ligne le 13 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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Analysis: Actions and reactions

Feb. 8, 2009
Herb Keinon, THE JERUSALEM POST

On innumerable occasions over the last 15 years, since the signing of the Oslo accords, Israel has been warned by both the well-meaning and the patronizing that it had better watch its steps, lest it radicalize the Palestinians.

Don’t expand settlements, Israel was warned in the early Oslo days, even though the Oslo accords didn’t preclude that, because it was argued that this would damage the Palestinian confidence in the process.

Don’t respond harshly to the petrol-bomb throwing, drive-by shootings and suicide bombings of the second intifada, because that would only create more Palestinian despair.

Don’t react to the unrelenting Kassam fire that followed the 2005 disengagement, because that would lead Palestinians to feel that they did not gain anything from Israel’s withdrawal, to the very last Jew, from the Gaza Strip.

Don’t bury hope under retaliatory actions. Don’t create more despair by trying to protect yourself. Build confidence, don’t push the Palestinians to the wall, and don’t create another generation that will only want to die to destroy Israel.

What we didn’t hear much of during this period, however, were entreaties to the Palestinians not to take actions that would radicalize Israeli society, that would rob it of hope, that would push it to despair of ever reaching a peace agreement in the region.

One didn’t hear Western leaders and learned columnists warning the Palestinians that their unrelenting terror would have a boomerang effect on Israeli society, that it would push Israel to the wall, that it would ram to the right a generation of Israelis who grew up under the cloud of suicide bombers and Kassam rockets.

On Tuesday, the chickens will most likely come home to roost. To rework a phrase from US President Barack Obama’s inaugural address, after having its outstretched hand met continuously over the last 15 years by a clenched fist, the Israeli public - if the polls are to be believed - is now clenching its own fist in return.

Palestinian actions over the last 15 years have transformed Israeli society, and the country has gone from believing in the 1990s that it had reached safe shores and had been accepted in the region, to believing in 2009 that no matter what it does - be it negotiating a peace deal based on ceding some 95 percent of the territories, or unilaterally evacuating settlements - it will not be accepted in the region.

While the pundits were warning about the radicalization of Palestinian society and overlooking what the Palestinians were doing to Israeli society, they were also calling unceasingly for Israeli confidence-building measures - steps they calculated were needed to shore up Palestinians’ confidence that Israel was indeed genuine about wanting a peace deal, as if the withdrawal from Gaza and evacuation of more than 9,000 Jews was not enough of an indication.

But how about the confidence of Israelis? What were the Palestinians doing to build that up? Suicide bombing attacks, homemade rockets, and tunnels meant to kidnap soldiers don’t exactly do the trick.

So as a result, we are facing a situation where regardless of whether it is Likud or Kadima that wins Tuesday’s elections by a seat or two, the right-wing bloc will most likely be strengthened considerably, as the Left is simply melting away.

The major polls published Friday, the last time they could be published before the elections, showed that while Likud and Kadima are in a very tight race, the Right bloc is leading the Left bloc by a significant margin of about 65 Knesset mandates to 55. But that is a bit misleading. If you subtract the 10 Arab party mandates, then the Right-Left gap among the Jewish population is even greater - 65-45. And that is definitely not an even split.

And even that figure is a misleading. If you look at Kadima’s list, some of those now identified as part of the Left bloc seem anything but - folks like Shaul Mofaz, Tzahi Hanegbi, Ze’ev Boim, Gideon Ezra, Avi Dichter and others.

Nothing epitomizes this right-wing shift better than the rise of Avigdor Lieberman. Ten years ago, his ideas about redrawing Israel’s map to exclude the Israeli Arabs and to draw inside the settlements were considered beyond the pale, nearly unthinkable. Now so many people are now thinking the unthinkable that Lieberman’s Israel Beiteinu party is poised to possibly become the third-largest party in the country.

And it is not only the Palestinians who bear a great deal of responsibility for this fundamental shift in the country’s mood; so do the politicians of the Israeli Arab parties.

For the last 15 years, the ticket for political success on the Israeli Arab street seemed to be strident rhetoric against the state. The more angry and bitter the rhetoric, the better the Arab parties - competing among themselves - seemed to do at the polls among the Arab voters.

The problem is that it was not only the voters in Umm el-Fahm, Kafr Kana and Rahat who were listing to the diatribes of Balad’s Azmi Bishara and UAL-Ta’al’s Taleb a-Sanaa and Ahmed Tibi; so were the residents of Tel Aviv, Modi’in and Jerusalem. So when Lieberman runs on a ticket demanding loyalty to the state, his words are falling on ears extremely weary of Bishara, Sanaa and Tibi’s tirades.

Nearly every action has a reaction. Everyone has been so concerned over the years about what reaction Israel’s actions would generate among the Palestinians, that they overlooked the degree to which Palestinian and Israeli Arab actions have caused a reaction among the Israeli public. But if the polls of the last few days prove even a somewhat accurate predictor, that right-wing reaction will become clear for all to see when the country wakes up Wednesday morning.