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Israël (Société - mentalités)
Terrorisme palestinien

L’archevêque Capucci, qui avait transporté des armes pour l’OLP, revient au pays, J.-M. Allafort
13/02/2009

13/02/09

Texte repris du site Un écho d’Israël (vendredi 6 février).

Mgr Hilarion Capucci, qui fut à l’origine de l’une des affaires les plus médiatisées au milieu des années 70, s’est retrouvé hier soir bloqué par la marine israélienne au port d’Ashod, à bord du bateau libanais qui apportait des vivres et des médicaments à la bande de Gaza. 35 ans après son arrestation par le Shabak (services de sécurité générale) alors qu’il transportait des armes dans sa voiture diplomatique pour le compte d’organisations terroristes palestiniennes, l’archevêque refait surface en participant à l’expédition libanaise, dont le but était de forcer le blocus décidé par les Israéliens sur la bande de Gaza. Le bâtiment avait à son bord 80 tonnes de nourriture et du matériel médical, dont des plaquettes de sang, qu’Israël a acheminé vers Gaza par l’intermédiaire de la Croix Rouge.

Les autorités israéliennes ont été surprises de découvrir qu’à bord du bateau, se trouvait cette "vieille connaissance". Mgr Capucci avait été évêque de la communauté melkite (grecque catholique) de Jérusalem, de 1965 à 1974. Connu pour ses positions politiques pro-palestiniennes très engagées, il avait été immédiatement soupçonné de collaboration active avec des organisations terroristes, à la suite de la découverte, en mai 1974, près de Armon HaNatisv à Jérusalem, de trois roquettes de facture syrienne. Les engins explosifs étaient dirigés vers le centre ville. Qui pouvait bien avoir transporté à Jérusalem de telles armes en provenance de Syrie ? Le mois précédent, une bombe avait également été découverte dans la capitale et avait éveillé les soupçons des services de sécurité. Trois frères furent arrêtés, et on découvrit que les armes leur avaient été transmises dans l’enceinte d’une école de l’Eglise grecque catholique de Beit Hanina. Il était facile alors de remonter la filière. Mgr Capucci fut mis sous filature, et le Shabak suivit les faits et gestes de l’archevêque. Roni Shaked, l’un des anciens membres du Shabak, aujourd’hui journaliste à Yediot Aharonot et qui est co-auteur d’un livre sur l’affaire Capucci, se souvient que l’homme "avait un côté très sympathique, aimait les belles voitures et avait beaucoup de goût."

Très vite, le Shabak découvrit que les roquettes et les matières explosives permettant de faire des bombes étaient acheminées par l’archevêque. Ce dernier fut arrêté sur la route de Jérusalem, et dans le coffre de sa Mercédès furent trouvés quatre fusils kalachnikov, deux pistolets, des grenades et des explosifs. Sur l’ordre d’Itzhak Rabin, alors Premier ministre, Mgr Capucci fut arrêté. Au départ, il nia les faits, déclarant que les armes avaient été déposées dans sa voiture à son insu. Mais on trouva sur lui un papier écrit de sa main avec la description des armes retrouvées. Il avoua alors la vérité.

Il fut condamné à 12 ans de prison, mais fut libéré en novembre 1977, à la demande expresse du Pape Paul VI, et expulsé du pays. En Israël, on précise que le Saint Siège, qui ne condamna jamais officiellement les actes de l’archevêque, s’était engagé auprès de l’Etat hébreu à le "tenir à l’écart" de toutes activités politiques. Mais, Mgr Capucci âgé aujourd’hui de 82 ans est revenu, il y a quelques années, en Syrie et au Liban et poursuit son engagement pour la cause palestinienne.

Jean-Marie Allafort

© Un écho d’Israël

 


Mis en ligne le 13 février 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org