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Islam
Expansion/exigences islamistes

Quand l’Exécutif des Musulmans de Belgique privilégie la rue aux mosquées, Denis Ducarme
12/02/2009

La réaction de cet homme politique belge l’honore, et sa sensibilité à l’ambiguïté des attitudes de l’Exécutif musulman, qu’il dénonce avec pertinence, témoigne de sa lucidité et de son courage. Malheureusement, sa protestation me parait témoigner d’une méconnaissance de la vraie nature de l’islam. Cette religion, en effet, surtout dans sa version fondamentaliste, calque son agir sur la ’lettre’ du Coran, pour lequel il n’y a pas de frontière entre le religieux et le politique. Or, la conception occidentale du non-empiètement de l’un sur l’autre, est totalement étrangère à la mentalité de l’islam, qui prétend intervenir dans tous les domaines de la vie du musulman, y compris dans sa manière de penser. Il semble également que D. Ducarme sous-estime, voire ne perçoive pas l’ampleur de la compromission des hautes instances politiques de son pays avec l’islam intégriste. Comme beaucoup d’autres Etats européens, la Belgique ne veut pas se retrouver au cœur du cyclone. Connaissant la violence de l’islam politique extrémiste, l’Etat belge joue l’apaisement, préférant, comme dit l’aphorisme que l’on prête à Churchill, « apaiser le crocodile, dans l’espoir d’être dévoré le dernier ». (Menahem Macina).

05/02/09


Texte repris du Blogue de l’auteur.


J’interpellais la semaine dernière notre nouveau Ministre de la Justice et des cultes, Stefan Declerck, concernant les démonstrations produites par l’Exécutif des Musulmans de Belgique, préalablement à la manifestation pro-palestinienne du 11 janvier et ses multiples dérives.

En effet, l’appel de l’Exécutif à participer à cette manifestation était une première du genre et m’avait surpris à au moins deux titres :

  • Primo : un positionnement d’ordre politique, tel que cet appel à manifester, produit par l’Exécutif des Musulmans dans le cadre du conflit au Proche-Orient, n’entre pas dans l’objet des missions de ce dernier, telles que définies par notre législation et consacrant strictement l’Exécutif aux tâches de gestion du temporel du culte.
  • Secundo : un tel appel à la mobilisation, produit ici par un organisme religieux, dans le cadre de ce conflit politique et militaire, tend à donner un fondement religieux à ce dernier et à le définir et le représenter comme tel aux yeux des musulmans et des autres.

L’Exécutif des Musulmans de Belgique est donc sorti [du cadre] de ses missions telles que légalement définies, et de [celui de] l’administration du temporel du culte. Il a pu ainsi accentuer l’importation de ce conflit international sur une base religieuse. J’ai reçu, à la suite de l’appel produit par l’Exécutif des musulmans, bon nombre de messages de la part de musulmans de Belgique et même d’un membre de la nouvelle Assemblée m’informant ne pas être finalement pleinement en accord [avec] le fait qu’on prenne ainsi le risque de transformer le conflit entre Israël et le Hamas en une guerre de religions. Il faut laisser nos convictions religieuses en dehors de tout cela, m’ont dit certains. Je partage naturellement leur avis. Le nouvel Exécutif mis sur pied en mai dernier, après les multiples affaires qui ont secoué cet organisme ces dernières années, nous inflige donc sa première gaffe de taille. Ou il n’a pas mesuré les conséquences d’un appel religieux national, inadapté à cette situation internationale, ou le bureau de cette organisation en a tenu compte et a passé outre consciemment, et c’est alors plus grave encore.

Je me suis en outre interrogé, en commission de la Justice, sur la communication à deux niveaux telle qu’organisée par l’Exécutif des Musulmans de Belgique. En effet, un appel à se mobiliser en faveur de cette manifestation apparaît [comme] paradoxal face à l’absence de réaction de ce dernier à l’occasion des attentats du 11 septembre, de Madrid, de Londres, ou face aux appels haineux lancés par le cheik Al-Qardawi, chef de la fatwa européenne, ou encore lors des multiples attentats revendiqués par le Hamas et visant des civils. Dans ces cas et dans d’autres, l’Exécutif des Musulmans de Belgique est resté muré dans son silence, choisissant, quand cela l’arrange, de se cantonner à la stricte gestion du temporel du culte. Après avoir quelque peu hésité dans sa réponse à mon interpellation et lu une réponse préparée par son administration, le Ministre de la Justice et des Cultes est revenu sur celle-ci ; il m’a assuré vouloir ré-ouvrir ce dossier et a pu affirmer qu’une mise au point serait organisée avec l’Exécutif des Musulmans de Belgique concernant la teneur et l’exercice de ses missions (voir compte rendu intégral pg 51-).

Je suivrai ce dossier avec attention. Les dérives islamistes dans notre pays, que j’abordais déjà dans mon ouvrage, Islam de Belgique sont trop nombreuses pour ne pas oser la rigueur à ce propos. Peu m’importe, dans ce sens, les campagnes lancées contre moi par SMS, et sur les sites Web d’islamistes "borderline"...

 

© Denis Ducarme *

 

* Membre de la Chambre des Représentants. Conseiller aux Affaires sociales.

 

Mis en ligne le 12 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org