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Parti pris pro-palestinien

Nonie Darwish: "La fin du statut de refugiés du peuple palestinien"
12/02/2009

Je reprends, ci-après, une traduction française d’un article de Nonie Darwish, réalisée par The Israel Project (TIP) [*]. Autant je me réjouis de toute traduction française d’un texte de qualité, autant je déplore que, tant les traducteurs que les sites qui mettent en ligne leur travail, omettent souvent d’indiquer le texte-source, ce qui a pour résultat non seulement d’empêcher le lecteur qui sait l’anglais de vérifier un passage qui lui semble faire problème, ou, pire, de l’induire en erreur quant à la date du texte original. C’est le cas ici. La date de mise en ligne de la traduction est le 26 janvier 2009, sans que soient indiqués ni le titre anglais, ni la date de mise en ligne de l’original. J’ai dû chercher pour le retracer [**] et constater qu’il est daté du 11 mars 2008. C’est une précision à laquelle le lecteur a droit. Enfin, j’ai cru bon de traduire l’article que je crois être l’original de la traduction qui suit. Dans le doute, j’ai ajouté cette traduction après la version française reprise du site du TIP. (Menahem Macina).

[*] Voir TIP (1). [**] Voir N. Darwish, The Gaza Prison Camp.

11/02/09

Diffusion libre

Mis en ligne le 11 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

" La terrible situation humanitaire dans la Bande de Gaza m’est très pénible à voir parce que j’y ai vécu, enfant, dans les années 50. Les histoires montrées aux actualités disent que cette condition est uniquement due aux actions militaires et économiques israéliennes contre le Hamas, mais elles évitent d’en expliquer l’origine : 60 ans de politique arabe visant à maintenir le peuple palestinien dans la condition de réfugiés apatrides afin de nuire à Israël.

Enfant à Gaza dans les années 50, j’ai ressenti les résultats précoces de cette politique. L’Égypte, qui contrôlait alors Gaza, menait des opérations de type guérilla contre Israël à partir de Gaza. [C’est] mon père qui commandait ces opérations, exécutées par des "fedayin" ("qui-se-sacrifient"), qui sont devenus la ligne de front du Jihad arabe contre Israël. Mon père a été tué par Israël lors d’un assassinat ciblé en 1956.

Le monde arabe a commencé sa politique de réfugiés palestiniens dans ces années où la Ligue arabe mettait en place ses lois spéciales concernant les Palestiniens et tous les pays arabes devaient lui obéir. Les pays arabes ne pouvaient pas intégrer les Palestiniens. Même si les Palestiniens se mariaient avec un citoyen d’un pays arabe, ils ne pouvaient pas devenir citoyens du pays de leur conjoint. Un Palestinien peut naître, vivre et mourir dans un pays arabe sans jamais en obtenir la nationalité. Je reçois encore des emails de Palestiniens qui me disent qu’ils ne peuvent pas obtenir un passeport d’un des pays arabes. Ils doivent rester Palestiniens même s’ils n’ont jamais mis le pied à Gaza ou en Cisjordanie. Cette politique destinée à imposer pour toujours l’identité palestinienne aux Palestiniens était destinée à perpétuer et à exacerber la crise des réfugiés palestiniens. Ceci s’applique également à la politique arabe de surpeuplement de Gaza. Soixante ans durant, les Palestiniens ont été utilisés et abusés par les nations arabes, et par les terroristes palestiniens, dans le seul but de détruire Israël.

Aujourd’hui c’est le Hamas qui utilise et abuse de ses frères, sœurs et enfants palestiniens à cette fin. Alors que les dirigeants du Hamas se cachent dans les bunkers bien équipés et les tunnels qu’ils ont préparés avant de provoquer Israël par leurs attaques, les civils palestiniens sont exposés et sont rattrapés par les tirs croisés mortels entre le Hamas et les soldats israéliens. Et la bande de Gaza, aujourd’hui contrôlée par le Hamas, une organisation terroriste islamiste soutenue par l’Iran, s’enflamme.

La conséquence de cette politique arabe de 60 ans est que Gaza est devenu un camp de prisonniers pour 1, 5 million de Palestiniens qui souffrent, alors que - et parce que – cette politique continue à servir de rampe de lancement pour les attaques contre les citoyens israéliens. Aujourd’hui, ces attaques prennent la forme des missiles du Hamas qui ciblent aveuglément les jardins d’enfants israéliens, les maisons et les commerces.

Et le Hamas exécute ces attaques plus de deux ans après qu’Israël se soit totalement retiré de Gaza, dans l’espoir que ce pas marquerait le début d’un processus de construction d’un Etat palestinien et conduirait à une solution pacifique, à deux Etats, du conflit israélo-palestinien. Il n’y avait dans ce cas aucun cycle de violence, aucune justification pour autre chose que la paix et la prospérité. Avec son emplacement central et ses merveilleuses plages à l’est de la Méditerranée, Gaza aurait pu devenir paisible et prospère. Mais au lieu de cela, le Hamas a choisi le Jihad islamique. Les espoirs des habitants de Gaza et des Israéliens ont fait place à la misère, pour les Palestiniens, et aux missiles pour les Israéliens.

Le Hamas, mandataire iranien, est devenu un danger non seulement pour Israël mais aussi pour les Palestiniens, les pays arabes voisins, et la paix mondiale. Le monde doit comprendre que cette dangereuse pagaille a commencé lorsque les 22 pays arabes se sont mis d’accord pour créer une prison humaine appelée la bande de Gaza. Les médias mondiaux doivent le signaler.

Ces pays arabes prétendent aimer le peuple palestinien, mais ils semblent être davantage intéressés à les sacrifier. S’ils aiment leurs parents palestiniens, ils doivent faire immédiatement pression sur le Hamas pour qu’il cesse de tirer des missiles sur Israël. Ces attaques ne mènent à rien, sinon à la mort et à la souffrance des Palestiniens et des Israéliens.

A plus long terme, le monde arabe doit mettre fin au statut de réfugiés des Palestiniens et ainsi à leur désir de nuire à Israël. Les 22 pays arabes doivent ouvrir leurs frontières et accueillir les Palestiniens de Gaza qui souhaitent être intégrés. Il est temps, pour le monde arabe, d’aider réellement les Palestiniens et non de les utiliser.

Nonie Darwish *

* Nonie Darwish a grandi dans la ville de Gaza et au Caire. Expatriée aux Etats-Unis, elle est aujourd’hui journaliste, écrivain, et fondatrice de "Arabs For Israel". Elle est l’auteur de "Punition cruelle et habituelle" [et de ""Now They Call me Infidel" (A présent, ils m’appellent Infidèle)].


(1) TIP est une organisation internationale à but non lucratif destinée à sensibiliser la presse et le public à Israël, œuvrant ainsi à la sécurité, la liberté et la paix. TIP fournit aux journalistes, aux dirigeants et aux faiseurs d’opinion, des informations exactes concernant Israël. TIP n’est affilié à aucun gouvernement ni à aucune agence gouvernementale.

Voir aussi : Gaza en chiffres : mise à jour ; Écouter la conférence de presse téléphonique de l’Ambassadeur d’Israël en France, Daniel Shek du 2 janvier 2009

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[Texte aimablement signalé par Victor Perez.]
 
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"Le Camp de prisonniers de Gaza"

 

16 mars 2008

 

Original anglais: The Gaza Prison Camp, sur le site de The Huffington Post.

 

Traduction française de N. Darwish, par Menahem Macina 

 

(Comme j’y ai fait allusion dans mon introduction, je ne suis pas parvenu à déterminer si le texte qui précède est une adaptation de ce que je crois être le texte original de N. Darwish, ou s’il s’agit d’un nouvel article de cette auteure sur le même sujet. Les ressemblances entre les deux textes sont nombreuses, mais malgré tout j’ai cru utile de traduire intégralement le seul texte originel que j’ai pu retracer.)

 

"Les conditions de vie à Gaza, ’au plus bas depuis 40 ans’", titrait la BBC, la semaine dernière. Il est rare qu’il se passe une semaine sans qu’un politicien ou une organisation ne déplorent la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Mais je n’entends personne décrire ses causes fondamentales : 60 ans de politique arabe visant à maintenir les Palestiniens dans la condition de réfugiés apatrides afin de faire pression sur Israël.

J’ai vécu à Gaza dans les années 50’, quand l’Egypte menait des opérations de type guérilla contre Israël à partir de Gaza, alors sous contrôle égyptien. Mon père commandait ces opérations, exécutées par des "fedayin" (terme qui signifie "abnégation de soi"). Elles devinrent la ligne de front du djihad arabe contre Israël. Mon père a été tué par Israël lors d’un assassinat ciblé en 1956.

Aujourd’hui, la bande de Gaza, désormais sous le contrôle du Hamas, est devenue le camp de prisonniers de Gaza pour un million et demi de Palestiniens et continue à servir de pas de tir pour des attaques contre les citoyens israéliens.

Tel est le legs de la politique des réfugiés, menée par le monde arabe, et qui a commencé il y a 60 ans quand la Ligue Arabe a appliqué des lois spéciales concernant les Palestiniens, auxquelles tous les pays arabes devaient se plier. Les pays arabes avaient l’interdiction d’intégrer des Palestiniens. Même si un(e) Palestinien(ne) épousait un(e) citoyen(ne) d’un pays arabe, ce Palestinien ne pouvait pas devenir citoyen du pays de son conjoint. Un Palestinien peut naître, vivre et mourir dans un pays arabe sans jamais en obtenir la nationalité. Même actuellement, je reçois des e-mails de Palestiniens qui me disent qu’ils ne peuvent pas obtenir un passeport syrien, par exemple, et doivent rester Palestiniens même s’ils n’ont jamais mis les pieds à Gaza ou en Cisjordanie. Leur imposer l’identité palestinienne a pour but de perpétuer le statut de réfugié palestinien. Les Palestiniens ont été instrumentalisés et trompés par les nations arabes, et par les terroristes palestiniens, dans le seul but de nuire à Israël.

La richesse arabe, qui croît démesurément du fait des prix astronomiques du pétrole, n’est pas utilisée pour améliorer la vie, les infrastructures et l’économie de la population de Cisjordanie et de Gaza. Au contraire, elle sert à soutenir les groupes terroristes qui rejettent l’existence d’Israël et s’opposent à la paix avec Israël. Le citoyen ordinaire de Gaza a plus de chances d’obtenir un emploi s’il adhère au Hamas.

La destruction par les Gazaouis de leur point de contrôle à la frontière égyptienne, est le résultat de la politique en matière de réfugiés palestiniens. Les points de contrôle de la partie arabe de Gaza étaient incapables de contenir les prisonniers à l’intérieur. Le plan arabe de surpopulation de Gaza a explosé dans la mauvaise direction. Après son explosion, Suleiman Awwad, porte–parole de l’administration égyptienne a dit :

« L’Egypte est un Etat respecté, sa frontière ne peut être violée et on ne peut jeter des pierres sur ses soldats. »

En d’autres termes, l’Egypte n’est pas comme Israël, un Etat auquel on peut manquer de respect. Les Gazaouis ne devraient pas diriger leur violence contre l’Egypte, mais seulement contre Israël. Telle est la sagesse populaire arabe.

Le mois dernier, le Hamas a menacé de masser 40.000 Palestiniens, en majorité des enfants et des femmes sur la frontière entre Gaza et Israël pour protester contre les restrictions à Gaza. Quelques dirigeants du Hamas ont laissé entendre qu’ils enverraient ces manifestants franchir de force la frontière, démontrant une fois de plus que les terroristes palestiniens n’ont aucun scrupule à mettre en danger la vie de gens innocents, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens. Heureusement seules 5 000 personnes ont participé à cette manifestation.

Mais, deux jours plus tard, le Hamas a réussi à tuer un Israélien de 47 ans, père de quatre enfants, au cours d’une attaque de missiles, alors qu’il était à bord de sa voiture, non loin du Collège Sapir, près de Sderot. Deux semaines auparavant, deux frères israéliens, Osher et Rami Twito, âgés respectivement de 8 et 19 ans, avaient été grièvement blessés par un missile tiré de Gaza, alors qu’ils allaient acheter un cadeau pour l’anniversaire de leur père. Osher avait dû être amputé de la jambe gauche.

Israël a entièrement évacué Gaza en août 2005. En mai et juin 2007, le Hamas est entré en guerre contre ses frères du Fatah pour prendre le contrôle de Gaza. Le Hamas a intensifié ses attaques de roquettes contre des villes israéliennes, contraignant Israël à prendre des mesures économiques et militaires contre Gaza. Le Hamas est devenu un danger non seulement pour Israël, mais aussi pour les Palestiniens et les pays arabes voisins. Néanmoins, le monde arabe refuse toujours de reconnaître son rôle dans la création de ce monstre. Il est difficile de trouver une situation similaire dans l’histoire de l’humanité, à savoir : la création intentionnelle d’un statut de réfugié pour un million et demi de gens, qui dure depuis 60 ans. Par dépit, le monde arabe a scié la branche sur laquelle il est assis.

Le monde doit comprendre que cette dangereuse pagaille a commencé lorsque 22 pays arabes se sont mis d’accord pour créer une prison humaine appelée la bande de Gaza. Les Arabes prétendent aimer le peuple palestinien, mais ils semblent être davantage intéressés à les sacrifier. Il est temps que le monde arabe ouvre ses frontières et intègre les Arabes de Cisjordanie et de Gaza qui le souhaitent. Il est temps, pour le monde arabe, d’aider réellement les Palestiniens et non de se servir d’eux.

 

Nonie Darwish

 

© The Huffington Post

 

 

Mis en ligne le 11 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org