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Israël (Société - mentalités)
Parti pris anti-israélien

Louis Michel: «Il est inacceptable que le quartier général de l’ONU à Gaza ait été frappé». Al-Ahram
12/02/2009

Loup déguisé en brebis, dans la ’bergerie’ de l’Union européenne, Le commissaire européen Louis Michel est un ennemi d’Israël, aussi rusé que redoutable. Pour ne pas se laisser abuser par la modération de ses propos dans l’interview reprise ici, on fera bien de se reporter à ma longue remarque introductive qui figure ci-après. (Menahem Macina).

10 février 2009

 

Les ennemis d’Israël, en général, ainsi que les Palestiniens et leurs très nombreux partisans dans le monde, en particulier, ne pouvaient souhaiter mieux. Louis Michel, le commissaire européen à l’aide humanitaire et au développement, est un homme politique belge, dont la hargne et l’hostilité recuites à l’égard d’Israël, remontent à l’époque où ce pays avait inventé la fameuse "loi de compétence universelle", s’arrogeant le droit d’arrêter et de traduire en justice les "criminels de guerre israéliens", initiative aussi perverse que burlesque, qui, heureusement, fit long feu [*]. Parvenu à un poste à responsabilité au sein de l’UE, notre homme s’en donne à coeur joie. C’est qu’il n’a jamais oublié le "foirage" de cette "loi", dont il avait été l’un des promoteurs les plus enragés, et qui l’avait conduit à des actes et des propos révélateurs de sa mesquinerie et de sa médiocre intelligence. Il est étonnant que cet homme politique opportuniste ait acquis quelque prestige presque uniquement en exploitant la haine quasi universelle que déclenche ce pays démocratique, membre de l’ONU, contre lequel L. Michel avait pris parti sans jamais évoquer, à l’époque, la barberie et la fourberie des ennemis d’Israël. Aujourd’hui, sa position lui permet de laver l’affront que lui avait causé l’échec des mesures drastiques de rétorsion qu’il préconisait de prendre, aveuglé qu’il était par sa haine anti-israélienne monomaniaque à l’encontre de l’Etat juif. On s’étonnera sans doute de la dureté de ma critique de ce Haut fonctionnaire européen, surtout après la lecture de ses propos dans cette interview. C’est, en effet, la botte secrète de Louis Michel. Ce qui fait sa force, c’est son allure bonhomme et son langage relativement modéré. Pour mesurer sa capacité de nuisance, il faut avoir observé ses actes et ses propos au cours des années passées, à chaque fois qu’il était question d’Israël et du problème palestinien. Je l’ai fait et je puis affirmer que si les séquelles du poison que distille insensiblement sa rhétorique anti-israélienne venimeuse ne sont pas immédiatement perceptibles, les dégâts idéologiques causés sont irréversibles. Au fil de cette interview, le journaliste de al-Ahram s’efforce d’amener L. Michel à condamner explicitement Israël. Mais l’homme est aussi habile qu’un poisson dans l’eau. Impossible de le prendre en défaut. La "méthode Michel" c’est cela: laisser accuser, voire diffamer Israël, en ayant la suprême rouerie de ne pas prendre parti, mais également de ne pas défendre l’accusé. "Je ne suis pas pro-israélien, ni pro-palestinien, je suis plutôt pro-paix et pour aider une société civile palestinienne, surtout les enfants et les femmes", afffirme benoîtement L. Michel, avec un art populiste consommé. Par contre, pour répondre à la question provocante du journaliste d’Al-Ahram, à propos de la non-réouverture permanente par Israël des points de passage, il a la suprême hypocrisie de prétendre qu’il "n’a pas de réponse à cette question" et que c’est à Israël d’y répondre". Mais, afin que nul n’ignore, il ajoute : "Selon la loi humanitaire internationale, les autorités israéliennes sont obligées d’ouvrir les points de passage pour la livraison des aides", présentant ainsi Israël comme l’accusé, puisqu’il ne souffle mot de l’usage que fait le Hamas des points de passage pour se réarmer. L’estocade ani-israélienne n’apparaît qu’en fin d’interview, sous la forme d’une menace explicite, même si formulée en demi-teinte. Répondant à l’accusation frontale du journaliste d’Al-Arham : "Israël a, une fois de plus, bombardé des infrastructures financées par la communauté internationale et l’UE", L. Michel répond : "Il s’agit là d’un incident très sérieux nécessitant une enquête complète et indépendante". Vous avez compris: pas un mot du fait que les miliciens du Hamas ont tiré sur les soldats israéliens à partir de ces "infrastructures". C’est tout l’art du bonhomme. Il tient Israël au bout de l’arme légale qu’il brandit, "en toute impartialité", cela va de soi, puisqu’il vous le dit! (Menahem Macina).

« Il est inacceptable que le quartier général de l’Onu à Gaza ait été frappé »

Louis Michel, le commissaire européen chargé de l’aide humanitaire et du développement, appelle au respect du droit humanitaire international à Gaza pour la survie d’une population de 1,5 million de personnes, incapable de satisfaire ses besoins essentiels après les bombardements israéliens. ("Al-Ahram").

Al-Ahram Hebdo : Vous avez récemment effectué une visite dans la bande de Gaza. Quelle est votre évaluation de la situation là-bas après les bombardements israéliens ?

Louis Michel : La population civile de Gaza a fait face à une souffrance terrible et sans précédent au cours des semaines passées, et l’aide humanitaire est à présent, davantage qu’avant, essentielle à leur survie. Les Palestiniens n’ont pas encore un accès suffisant aux aides humanitaires. Les camions d’aides humanitaires doivent passer par des checkpoints qui ne sont pas toujours ouverts. 220 camions par jour peuvent rentrer dans la bande de Gaza, tandis que les civils auraient besoin de 500 camions par jour pour couvrir leurs besoins humanitaires.

— L’Union Européenne (UE) a appelé à la réouverture de tous les points de passage pour faciliter l’accès de l’aide humanitaire. Pourquoi Israël ne procède-t-il pas à leur ouverture permanente ?

— Je n’ai pas de réponse à cette question. C’est à Israël d’y répondre. On comprend qu’il y a des inquiétudes sécuritaires de la part des Israéliens. C’est un processus administratif. Selon la loi humanitaire internationale, les autorités israéliennes sont obligées d’ouvrir les points de passage pour la livraison des aides. Il faut que les agences internationales d’aides comme la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge trouvent un accès libre.

— Vous avez annoncé 58 millions d’euros pour porter secours aux Palestiniens. Quel est le plan de financement de cette aide ?

— Le Plan global 2009 attribue en effet 58 millions d’euros pour venir en aide aux populations palestiniennes. 32 millions seront affectés en réponse à la situation humanitaire dramatique à Gaza, 20 millions seront consacrés à l’aide en Cisjordanie et 6 millions seront destinés aux réfugiés palestiniens au Liban. Le financement sera utilisé pour fournir une aide de première nécessité comme l’approvisionnement en nourriture et en eau, l’assainissement, la reconstruction des abris et la mise en circulation d’argent liquide pour rétribuer le travail, la santé et les soutiens psychologiques. Une évaluation complète des conséquences humanitaires et des dommages causés par l’opération militaire doit toujours être réalisée. Les besoins en aide de secours devraient être énormes. Les activités mises en œuvre dans la bande de Gaza feront partie d’un rapide plan de rétablissement qui succédera à une évaluation coordonnée des besoins avec les donateurs multilatéraux et internationaux.

En outre, la crise humanitaire en Cisjordanie se prolonge dans un contexte de fragmentation et d’isolement croissants. La dépendance croissante envers l’aide internationale et la détérioration ininterrompue de la situation socioéconomique de la population palestinienne contribuent sensiblement à la complexité de cette crise prolongée. La situation humanitaire de plus de 400 000 réfugiés palestiniens au Liban continue également à être une préoccupation majeure.

En 2008, la Commission européenne a octroyé une aide humanitaire de plus de 73 millions d’euros aux victimes de la crise sévissant dans les territoires palestiniens, 56 % de cette somme a été consacrée à des activités d’assistance dans la bande de Gaza.

Lors de cette dernière guerre, la Commission a mobilisé 10,4 millions d’euros supplémentaires au titre de l’aide humanitaire afin d’apporter une réponse directe à l’aggravation de la crise humanitaire dans ce territoire palestinien.

— L’Egypte a des frontières communes avec Gaza. Quel est son rôle dans la livraison des aides aux territoires occupés ?

— L’Egypte est un partenaire très important pour la région et l’UE. Nous soutenons tous les efforts de l’Egypte pour assister la population civile palestinienne.

— Vous avez exclu tout dialogue avec le Hamas qui s’en prend aux innocents, alors que 1 300 Palestiniens innocents ont été tués par l’armée israélienne à Gaza. Pourquoi personne n’exclut le dialogue avec Israël ?

— C’est une question très politique et je veux rester sur la question humanitaire. Car moi, en tant que commissaire européen, j’exprime la situation de l’UE. Il s’agit d’une politique commune qui rassemble tous les 27 Etats membres de l’UE. Ce qui n’est pas nécessairement le point de vue d’un pays européen à part. Le mouvement Hamas est inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes. Et l’UE n’entretient pas de dialogue avec ce mouvement. Je ne suis pas pro-israélien, ni pro-palestinien, je suis plutôt pro-paix et pour aider une société civile palestinienne, surtout les enfants et les femmes.

— Soutenez-vous une enquête internationale sur les crimes de guerre et les violations du droit humanitaire international à Gaza ?

— Nous condamnons publiquement et de façon claire toute violation du droit humanitaire international. Nous soutenons une enquête de transparence, les rôles appropriés de toute enquête internationale légitime. Mais nous n’avons pas d’expertise judiciaire.

— Israël a, une fois de plus, bombardé des infrastructures financées par la communauté internationale et l’UE. Cela ne peut-il pas être évité ?

— Depuis le début des combats, j’ai fortement appelé toutes les parties à respecter le droit humanitaire international. Il est inacceptable que le quartier général de l’Onu à Gaza ait été frappé par des tirs de l’artillerie israélienne. La Commission européenne est le principal bailleur de fonds de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient), sa contribution s’est élevée à 113 millions d’euros en 2008. Alors, la sécurité de l’UNRWA et de son personnel doit être garantie pour leur permettre de poursuivre leur travail, qui est essentiel, et de fournir à la population de Gaza une aide indispensable. Il s’agit là d’un incident très sérieux nécessitant une enquête complète et indépendante.

Propos recueillis par Dina Ibrahim

© Al-Ahram

 

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Note d’upjf.org

 

[*] A propos de cette loi prétentieuse, on peut lire, entre autres : "Un spécialiste du droit international conteste la loi belge" ; "La compétence universelle, une farce ?" ; "Olmert, Peretz et Halutz, criminels de guerre! Compétence universelle belge" ; "Quand le droit n’a que les ’apparences de la vertu’" ; "Le militantisme juridique engendre des guerres de l’ombre" ; "Ubuesque, inénarrable Belgique !", etc. Mais la Belgique n’a pas le monopole de la haine d’Israël. Sans allusion ni recours à la "loi de compétence  universelle", un député français UMP, exhalait, en 2006, la même haine, avec des propos délirants, qui rappelaient ceux des "Protocoles des Sages de Sion" ; voir : "Un député UMP: prendre « des mesures militaires » pour faire cesser les attaques indignes d’Israël"


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[Texte aimablement signalé par R. Lewin.]

 

Mis en ligne le 10 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org