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Antisémitisme

La fusée du douzième imam, par Pierre Lefebvre
11/02/2009

Une très intéressante analyse. (M.M.).

09/02/09

Texte repris du site de Primo.

    (Cliché ajouté par upjf.org)
Dans l’incrédulité générale des milieux bien informés, l’Iran avait annoncé, en août 2008, le lancement réussi de sa première fusée spatiale, Kavoshgar-1, qui aurait atteint une altitude de 200 km. Il a récidivé en novembre dernier (lire sur Primo)

Dans de nombreux pays occidentaux dont la France, les experts affirmaient que l’engin, qui semblait dérivé du missile (Cliché ajouté par upjf.org) balistique Shahab-3, "ne disposait pas de capacités extra-atmosphériques".

Les seuls à prendre cette annonce au sérieux ont été les Israéliens. Au contact, de par l’Histoire, avec les Musulmans avant et après la création d’Israël, les Juifs ont été les seuls à sentir le danger. Avec quelques « exaltés », dont Primo fait toujours partie.

Nos sociétés occidentales ont oublié ce que peut être une société dirigée par un dogme religieux. La sécularisation de l’Eglise, dont il ne faut absolument pas se plaindre, a rejeté aux oubliettes de la conscience collective, l’immense prégnance du religieux sur la vie politique et sociétale.

Les Occidentaux ont même conditionné le pacte civil, la façon de vivre dans la cité, à l’abandon, voire au rejet de toute considération théologique. C’est une bonne chose mais ils se sont en même temps coupés de toute analyse sérieuse des phénomènes religieux.

Les hauts fonctionnaires des Affaires Etrangères, les journalistes ne comprennent même pas le phénomène et persistent à considérer l’Iran et les islamistes comme de simples terroristes animés seulement par la haine, ce qu’ils sont également, à n’en pas douter.

Voilà que ces derniers jours, la réalité vient de nous rattraper, et de belle manière.

L’Iran a annoncé mardi avoir placé en orbite son premier satellite à l’aide de sa fusée Safir-2, ce qui a confirmé les progrès rapides des capacités balistiques de la République islamique.

Et les réactions internationales démontrent que l’Iran est enfin pris au sérieux lorsqu’il menace.

Il ne s’agit plus d’un « petit » missile, style Shahab. Celui-ci peut être plus ou moins facilement intercepté par des défenses faisant appel à une grande technologie. Son lancement est facilement repérable, sa trajectoire prévisible à l’aide de milliards de calculs informatiques.

Il n’en va pas de même avec un missile balistique. Celui-ci sort de l’atmosphère, navigue un temps dans l’espace puis rentre à nouveau dans notre atmosphère à une vitesse qui rend son interception pratiquement impossible.

Et tout le monde commence à avoir une trouille bleue, avec raison.

Ce nouvel engin place non seulement Israël mais aussi quelques capitales européennes à portée de tir. Les Etats-Unis utiliseront "tous les éléments de leur puissance nationale" a réagi le porte-parole de la Maison Blanche.

Pour le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, "Il s’agit d’un signe peu rassurant". Pour le sous-secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Bill Rammell, "ce test souligne et illustre nos très grandes préoccupations sur les intentions de l’Iran". Et la France s’est dite "inquiète" car la technologie employée est "très similaire" à celle des missiles balistiques". Ca commence à chauffer ! Il était temps.

La télévision a montré le président Mahmoud Ahmadinejad donnant l’ordre de lancement de la fusée, qui portait un "message d’amitié et de paix du président", selon l’agence Fars.

"Cher peuple iranien, vos enfants ont envoyé leur premier satellite indigène qui a été placé en orbite de la Terre, au nom de Dieu et du douzième imam" du chiisme… La présence officielle de la République islamique d’Iran dans l’espace a été enregistrée dans l’histoire pour renforcer la foi en Dieu, la justice et la paix".

Le douzième imam

Il faut comprendre ce que représente le douzième imam de la tradition shiite, l’imam caché. Selon le chi’isme, nous sommes actuellement dans la période de l’« occultation majeure ».

Le sens profond de l’occultation est que « ce sont les hommes qui ont eux-mêmes voilé l’imam, ils se sont rendus incapables ou indignes de le voir ».

Attendre l’imam, c’est attendre la "parousie" (1), état de béatitude pour la terre entière enfin réconciliée sous son règne (islamique, cela va de soi). C’est pour cette raison que lorsque le fidèle shiite nomme l’imam caché, il n’oublie jamais d’ajouter : « Que Dieu hâte pour nous la joie de sa venue ! »

Ce douzième, « le Résurrecteur », al Qâ’im, appelé encore al Mahdî, littéralement « le Guidé » est celui par la main duquel Dieu fera conquérir l’Orient et l’Occident de la terre.

Ce que ne parviennent pas à comprendre nos stratèges et diplomates occidentaux est l’influence incalculable de cette croyance sur toute la politique sociale, économique et culturelle du régime islamique.

Les principaux collaborateurs et fidèles d’Ahmadinejad sont en discussion perpétuelle pour préparer et précipiter l’imminence de la manifestation du 12ème Imam, le Mahdi.

Puisqu’ils croient que l’Imam apparaîtra dans un monde rempli d’oppression et de tyrannie, ils partagent l’idée qu’ils devraient aider à répandre le mal, la tyrannie et l’oppression de façon à faciliter son retour. De là vient le soutien affiché aux groupes terroristes mondiaux susceptibles de semer le trouble dans les sociétés "impies".

Croire que les négociations, les sanctions internationales, les pressions de toutes sortes pourront faire bouger d’un iota une telle croyance est imbécile, criminel et dangereux pour l’avenir du monde.

Des indicateurs pourtant clairs

Lorsqu’il était maire de Téhéran, en 2004, Ahmadinejad a incité le Conseil municipal à construire une grande avenue en guise de préparation à la venue du mahdi.

Une année plus tard, en tant que président, il alloua 17 millions de dollars à l’érection d’une mosquée en carrelage bleu, intimement associée au mahdi, à Jamkaran, au sud de la capitale.

Il initia également la construction d’une ligne ferroviaire directe entre Téhéran et Jamkaran. Pour accomplir les prophéties des textes shiites, il a plongé une liste des membres de son cabinet dans un puits adjacent à la mosquée de Jamkaran.

À l’occasion de son discours aux Nations unies de septembre dernier, Ahmadinejad déconcerta les dirigeants mondiaux composant son auditoire en concluant son exposé par une prière pour la venue du mahdi: «Ô Seigneur tout-puissant, je te prie de hâter la venue du dernier dépositaire de tes secrets, le Promis, cet être humain parfait et pur qui remplira ce monde de justice et de paix.»

N’importe quel chef d’Etat serait immédiatement considéré comme un fou dangereux à la suite de ce discours. Il serait ostracisé. Hitler et son mysticisme devraient pourtant rendre méfiant vis-à-vis de ce type de délire illuminé.

À son retour en Iran depuis New York, Ahmadinejad évoqua en ces termes l’effet de son discours:

« Un membre de notre groupe me dit que lorsque je commençai à dire «Au nom de Dieu, le tout-puissant, le miséricordieux», il distingua une lueur autour de moi et j’étais dès lors placé à l’intérieur de cette aura. Je l’ai senti moi aussi. J’ai senti l’atmosphère changer tout à coup et, durant ces 27 à 28 minutes, les leaders mondiaux ne clignèrent plus des yeux. (…) Et ils étaient captivés. C’était comme si une main s’était emparée d’eux et maintenait leurs yeux ouverts pour recevoir le message de la République islamique ». (cité par Daniel Pipes)

A lui laisser la parole, les dirigeants actuels de la communauté internationale (pays arabes compris) portent une immense responsabilité.

Mais ils sont tellement engoncés dans leurs certitudes apprises, leur pragmatisme insolent et leur conviction qu’un pays ne peut se gérer qu’avec la raison. Ils sont tellement certains que seul le code international s’applique à tous et en tout lieu.

Ils montrent ainsi leur extrême suffisance.

Les extrémistes iraniens ont bien montré qu’ils se fichaient du tiers comme du quart des « habitus » diplomatiques. La prise de l’ambassade américaine, si immensément contraire à toute règle, aurait pourtant dû les alerter. Mais non ! Viendra bientôt le moment où toute discussion sera inutile.

L’islamisme iranien, qu’Israël doit supporter à sa frontière nord depuis des années, par Hezbollah interposé, avec la complicité conjuguée des troupes de la Finul II et de l’Etat libanais, a décidé par n’importe quel moyen de conquérir la terre, de l’orient à l’occident.

La foi peut se concilier avec la rentrée de devises

On a beau être mystique, on n’en est pas moins homme. L’Iran est à bout de souffle. La faim est omniprésente, la pauvreté grandissante.

L’économie est un champ de ruine depuis que le baril de pétrole est en-dessous de 50 dollars. Les amis d’Ahmadinejad possèdent le contrôle du Bazar, le système économique iranien, mollahs en tête. Ces gens voient leurs économies fondre comme neige au soleil.

L’Iran compte bien évidemment sur le lancement de cette fusée balistique pour augmenter la tension sur les marchés internationaux et relancer la spéculation sur le pétrole.

Si, en plus, le Hezbollah, succursale des islamistes iraniens, pouvait attaquer Israël et créer un nouveau foyer de violence aux conséquences internationales dramatiques (souvenons-nous de l’été 2006), le prix du pétrole rebondirait à la hausse.

Les rentrées d’espèces sonnantes et trébuchantes allégeraient de manière appréciable le déficit endémique de l’économie iranienne et calmeraient la colère de la rue.

Juste le temps de gagner les prochaines présidentielles iraniennes de juin, histoire d’obtenir un petit délai pour la mise en œuvre d’un programme nucléaire offensif, seul moyen de hâter la venue du Mahdi.

Ah, il a bien fait de disparaître, ce douzième imam, le successeur des onze autres !(2) Maintenant, tout le monde le cherche, l’exalté du Bazar en premier. Et il ne rêve que de lui serrer la louche.

Y a pas, elle part sévère, la guerre de succession, disait Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs.

Pierre Lefebvre

© Primo

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1) Ce mot vient du grec parousia qui signifie « présence » [plutôt: ’manifestation’, ’apparition’]. Il apparaît, pour la première fois dans l’eschatologie chrétienne, pour définir le retour du Christ, à la fin des temps bibliques, dans le but d’établir définitivement le Royaume de Dieu sur la terre. La mystique musulmane a récupéré le concept pour l’adapter à sa guise.

2) Selon la tradition chi’ite, né à Samarra, en Irak, en 869, le douzième imam disparut le 24 juillet 874, le jour même de la mort de son père. Il avait alors cinq ans, mais son apparence était celle d’un homme parfait. Il vit caché depuis ce temps. C’est à cette date que commence le temps de l’« occultation ». Les Chiites attendent son retour.

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[Texte aimablement signalé par P. Golt.]

Mis en ligne le 10 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org