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Contentieux palestino-israélien

Abbas au Parlement européen: Une guerre folle contre notre peuple sans armes qui résistait à Gaza
15/02/2009

Une intervention dramatique, racoleuse, calomniatrice, qui a été follement applaudie. "Lama ragshou goyim ouleoumim yehegou reiq"... Pourquoi ces nations en ébullition, et ces nations qui débitent de vaines paroles (Ps 2, 1)... Mais comme le prophétisait Job (19, 29): "Craignez pour vous-mêmes l’épée, car la colère s’enflammera contre les fautes, et vous saurez qu’il y a un jugement!" (Menahem Macina).

15/02/09

Parlement européen

Communiqué de Presse

Relations extérieures - 04-02-2009

Mahmoud Abbas :"Une guerre folle menée contre notre peuple sans armes qui résistait dans la bande de Gaza".

Les dommages causés par les attaques israéliennes sur le peuple et les infrastructures de Gaza ont été décrits par le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans un discours adressé aux députés ce mercredi. Il a plaidé pour la réconciliation inter-palestinienne et appelé la communauté internationale à appuyer l’initiative de paix arabe.

"C’est avec une grande joie et beaucoup d’émotion que j’accueille ici le Président de l’Autorité palestinienne", a déclaré le Président du Parlement, Hans-Gert Pöttering. Il a souligné que Mahmoud Abbas ne venait pas pour la première fois au Parlement européen. Cette visite s’inscrit dans un moment très difficile pour le Moyen-Orient et, en particulier, pour le peuple palestinien. Le Président du Parlement a évoqué sa dernière rencontre avec le Président palestinien, il y a presque deux ans - à la fin mai 2007 - dans la bande de Gaza.
 
La situation était très tendue également, l’objectif étant de sauver le gouvernement d’union nationale palestinien qui, malheureusement, dix jours plus tard, a été victime d’un coup d’Etat. Aujourd’hui, au lendemain de discussions prometteuses du Caire, il est à nouveau question de la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale.
 
Face à  la tragédie dans la bande de Gaza, le Parlement européen n’est pas resté silencieux et a demandé un cessez-le-feu immédiat, a rappelé Hans-Gert Pöttering. Il a également condamné la réaction "disproportionnée" qui a touché, non seulement les forces armées du Hamas, mais aussi la population civile et les organisations humanitaires internationales. De même, le Parlement a condamné les provocations et les tirs de roquettes du Hamas contre Israël qui continuent malheureusement, en dépit du cessez-le-feu.
 
Enfin, le Président du Parlement a tenu à rendre hommage, au nom du Parlement européen, aux collaboratrices et collaborateurs de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) pour "leur courage et leur dévouement exemplaire".
 
"Ces deux dernières années, on a perdu trop de temps, la vie de nombreux innocents a été sacrifiée", a estimé le Président du Parlement. Appelant à une reprise rapide des négociations de paix, "car il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien", il a rappelé que le Parlement européen soutient sans réserve les négociations en cours - menées en particulier par l’Égypte -, qui ouvrent la voie à la formation d’un gouvernement palestinien de consensus. Ce gouvernement devra notamment renoncer à la violence et engager des négociations de paix avec Israël sur la base des résolutions des Nations Unies et de l’initiative arabe de paix. 
 
L’Union européenne est déterminée à mettre tout son poids économique et politique dans la balance pour une reprise et une conclusion réussie du processus de paix, a assuré Hans-Gert Pöttering.
 
Et de conclure : "la volonté politique de nombreux pays arabes et l’engagement du nouveau président américain Barack Obama, la nomination du sénateur Mitchell en tant qu’envoyé spécial pour le Proche-Orient sont des signes d’espoir en vue d’arriver à un règlement global".
 
Intervention de Mahmoud Abbas
 
Le Président Mahmoud Abbas a remercié "de tout cœur" le Parlement de lui avoir donné une fois de plus la parole.
 
"Je viens de Palestine, dont le peuple subit la plus longue occupation militaire de l’histoire moderne", a-t-il débuté. D’après lui "l’agression militaire", qui s’en est prise aux enfants, aux femmes, à leurs champs, à leurs écoles, aux hôpitaux, aux routes et aux ponts, "a touché avant tout la vie du peuple, les infrastructures et son avenir, en particulier l’avenir de l’état palestinien auquel nous avons travaillé ensemble depuis longtemps".
 
S’adressant aux députés - "Vous avez entendu les cris d’appel au secours des hommes, des enfants et des femmes" -, le Président de l’Autorité palestinienne a évoqué les nombreuses victimes civiles des bombardements israéliens avant de déclarer : "chacune de ces personnes avait un nom, un récit et une histoire, sans parler des centaines de blessés. Avec les vies de ces victimes, se sont éteintes la conscience humaine, la paix et la solidarité internationales"
 
Cette guerre a laissé derrière elle "des images horribles", elle a fait plus de 1370 victimes et plusieurs milliers de blessés dont 500 environ sont toujours en danger de mort. Sans compter la destruction totale d’environ 4 000 maisons et immeubles d’habitation. Plus de 90 000 personnes se retrouvent à la rue et sans abri. Sans parler de la destruction à grande échelle des installations électriques, des routes, des bâtiments officiels et civils. "Cette guerre a détruit le fruit du labeur de dizaines de milliers de Palestiniens", a-t-il ajouté, "ce que l’Autorité palestinienne a réalisé en 15 ans d’installations et d’infrastructures, à l’aide d’ailleurs de vos pays et d’autres pays amis".
 
Elle s’est faite "en parallèle d’une autre forme d’agression contre notre terre, nos champs" : la colonisation israélienne ne s’est jamais arrêtée. "Les colonies de peuplement ont vu leur nombre multiplié par 7 l’an dernier, par rapport à l’année qui a précédé l’accord d’Annapolis", a-t-il affirmé. Les incursions militaires n’ont pas cessé, avec des arrestations quotidiennes. "Ajoutez à cela le terrorisme des colons, les maisons qu’ils incendient comme à Hébron et à Naplouse". "Le bouclage opprimant de notre peuple à Gaza", a affirmé le Président palestinien, "n’était qu’un maillon dans une série continue de faits visant à consacrer son éviction de l’objectif principal de tout notre peuple, c’est-à-dire la fin de l’occupation, la création d’un état indépendant sur les territoires occupés en 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale".
 
Appliquer les accords et le droit international
 
Les accords d’Annapolis promettaient au peuple palestinien un Etat à la fin de l’année 2008. "Le seul résultat a été une guerre destructrice". "L’expérience nous montre qu’Israël est toujours prisonnier de la mentalité militaire et colonisatrice", a ajouté Mahmoud Abbas, "même si ses leaders parlent de la solution de 2 Etats". Il a ensuite appelé à demander des comptes aux leaders israéliens "pour leur violation du droit international et humanitaire".
 
Dans le même temps, il a affirmé que pour garantir l’arrivée des secours d’urgence et pour donner un toit aux familles, il faut lever le blocus, ouvrir les points de passage et appliquer l’accord sur la circulation de 2005. Cela s’applique à tous les points de passage de la bande de Gaza, ainsi qu’à la liberté de circulation en Cisjordanie, "pour confirmer l’unité territoriale et économique palestinienne".
 
Il a tenu à saluer particulièrement l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et a lancé un appel à l’assister de toutes les manières possibles.
 
Répondre à l’initiative de paix arabe
 
"La réconciliation nationale est l’une de nos priorités", a-t-il affirmé. "Nous avons ouvert la porte à cette réconciliation. Nous avons lancé un appel à un dialogue sans condition en juin et la porte demeure ouverte". Il a dit poursuivre ses efforts incessants pour traiter toute fracture de l’unité du peuple palestinien. "Nous connaissons les intentions et les plans des forces et courants régionaux qui soutiennent et encouragent la séparation". Il s’est également déclaré en faveur de la solution égyptienne, soutenue par la ligue arabe et la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies.
 
Le Président palestinien a particulièrement insisté sur la nécessité de mettre fin à l’occupation, au blocus et  à la colonisation israéliennes. Il a assuré qu’un gouvernement palestinien d’union nationale sera en mesure de contrôler les points de passage et d’organiser des élections législatives et présidentielles Une mission d’observation de ces élections du Parlement européen sera d’ailleurs la  bienvenue, tout comme lors des scrutins précédents. L’autre condition est la libération des prisonniers détenus dans les prisons israéliennes. Il a déploré qu’Israël puisse "agir à sa guise" en toute impunité et détruire toutes les infrastructures palestiniennes. 
 
"Avec 57 signataires, l’initiative de paix arabe est devenue une initiative de paix islamique", a précisé Mahmoud Abbas, estimant qu’il s’agissait là de la "dernière proposition sérieuse" de règlement du conflit dans la région. Cette initiative, fondée sur le principe d’échange des territoires contre la paix, est basée sur la résolution 1515 du Conseil de sécurité de l’ONU. "Partie intégrante de la feuille de route du Quartet, elle doit être appliquée dans sa totalité", a-t-il estimé.
 
Cette initiative représente "une chance historique, à ne pas laisser passer pour redonner espoir à des millions de personnes, croire à un avenir et surtout pour mettre fin aux souffrances des enfants palestiniens", a insisté  Mahmoud Abbas.
 
Citant Mahmoud Darwich qui écrivait que "chacun mérite de vivre sur cette terre", le Président  a conclu en remerciant le Parlement d’avoir rendu hommage au poète palestinien.
 
Président du Parlement
 
Reprenant la parole, le Président Hans-Gert Pöttering a remercié "très cordialement" Mahmoud Abbas d’être intervenu devant le Parlement. "Nous devons tous ensemble œuvrer pour la paix", a-t-il précisé. "Nous souhaitons aussi que le peuple israélien vive à l’intérieur de frontières sûres", a-t-il ajouté, "ce qui compte pour nous c’est la dignité de l’être humain. Une fillette palestinienne fait preuve d’autant de zèle à l’école qu’une fillette israélienne". Il a déclaré souhaiter la création d’un état palestinien mais aussi que l’état d’Israël puisse vivre dans la sécurité. "Et si nous le voulons, nous pourrons l’obtenir".
 
Il a ensuite annoncé sa visite prochaine dans les territoires palestiniens le 23 et le 24 février et a émis l’hypothèse, "si les circonstances le permettent", d’y retrouver le Président de l’Autorité palestinienne. "Nous souhaitons vous apporter notre aide. La paix doit devenir possible. Nous vous remercions de tout ce que vous faites pour œuvrer pour la paix", a-t-il conclu.
 
REF. : 20090203IPR48164
 


© Parlement européen


 

Mis en ligne le 15 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org