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Christianisme

"Cas Williamson", Le P. Lombardi, porte-parole du Vatican, clarifie les problèmes de communication
20/02/2009

« Cette crise, peut être un pas en avant positif dans les relations avec les Juifs ». (P. Lombardi).

18/02/09


Texte repris du site de l’agence de presse catholique Zenit

 

ROME, Mercredi 18 février 2009 (ZENIT.org) - Le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi s.j., a expliqué ce lundi les détails de communication dans le « cas Williamson » devant les délégués pour les moyens de communication des diocèses espagnols. Il a souligné les effets positifs que l’effort de clarification a eus pour les relations avec le monde juif.

Le père Lombardi est intervenu lors de l’assemblée annuelle de la Commission épiscopale espagnole pour les moyens de communication sociale (CEMCS), et il a consacré une partie de son exposé à parler de la nécessité d’affronter les moments de crise communautaire dans l’Eglise avec « clarté » et « sans peur ».

Le porte-parole du Vatican a reconnu que ce moment de tension entre la publication du décret de levée de l’excommunication des évêques « lefebvristes » par le pape, le 24 janvier dernier, a été dû à la « dramatique coïncidence » avec la diffusion, au même moment, des déclarations de Mgr Richard Williamson, qui jusqu’alors n’étaient pas sur la place publique.

Cette coïncidence, a expliqué le père Lombardi, « a créé une situation de confusion et de tension très grande puisqu’il s’agissait, en principe, de deux choses distinctes ». A cette situation a contribué aussi le fait que les gens ne savaient pas ce que signifiait l’excommunication et ce qu’impliquait sa levée, a souligné le P. Lombardi.

« Le problème était d’expliquer d’un côté que ce décret portait sur l’excommunication prononcée vingt ans auparavant, et qu’il s’agissait d’essayer de renouer les relations avec un groupe, non pas avec des personnes particulières », a-t-il souligné.

« D’un autre côté, il fallait clarifier que, malheureusement, l’une de ces personnes avait tenu des propos inacceptables, et donc jetait une ombre très grave sur la tentative même de créer ce dialogue », a-t-il ajouté.

Le point délicat de la communication de ces jours-là, a précisé le porte-parole du Vatican, était d’« expliquer que l’intention du pape, en faisant cette démarche, n’était en aucun cas de rompre avec le Concile Vatican II, mais d’éliminer un obstacle pour reconstruire une communion dans l’Eglise qui est importante ».

L’esprit qui animait le pape, a fait observer le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, est très bien reflété dans la lettre qui accompagne le Motu Proprio Summorum Pontificum, sur la messe tridentine : « faire tout son possible, et lui, en conscience se sentait tenu de le faire, pour remédier à une situation de rupture qui court le risque de cristalliser et de durer, en créant une communauté schismatique ».

Quant à savoir s’il aurait fallu une meilleure connaissance des positions personnelles des évêques excommuniés, le père Lombardi a précisé que les négociations avec la Fraternité Saint Pie X « avaient été menées avec Mgr Fellay, supérieur général de cette communauté », et pas directement avec cet évêque [Williamson], qui réside en Argentine.

« Il y a eu des erreurs et des problèmes de communication », a-t-il reconnu, mais « ce qui est sûr, c’est que le pape ignorait la position de Mgr Williamson ».

 

Effets positifs

L’effort de clarification du Saint-Siège sur cette question a eu des « effets positifs » aussi bien dans les rapports avec le monde juif, que dans l’amorce du dialogue avec la Fraternité Saint Pie X, a expliqué le père Lombardi.

Le porte-parole du Vatican a fait allusion à la visite au Vatican de représentants d’organisations juives américaines, le jeudi 12 février, et à ses impressions personnelles après s’être entretenu avec eux de la question.

« J’ai parlé avec eux et en particulier avec le rabbin Rosen, chef de la délégation juive qui participe au dialogue interreligieux au sein du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a-t-il expliqué. Non seulement ils avaient compris que la position du pape avait toujours été complètement hostile aux propos négationnistes de l’Holocauste », mais que cette confusion avait confirmé « sa cordialité et son affection personnelle pour le peuple juif ».

Cette occasion, a-t-il ajouté, « préfigure peut-être aussi un nouveau pas en avant [dans les relations] entre le judaïsme et le christianisme, s’il est vécu positivement ».

Le père Lombardi a établi un parallèle avec le cas du discours du pape à Ratisbonne, qui a[vait] créé une situation de tension avec le monde islamique.

« A l’occasion de cette crise, toute une série de contacts nouveaux et d’approfondissements avec les différentes instances du monde musulman [ont] vu le jour, si bien qu’à présent, nous avons beaucoup plus avancé, je crois, qu’avant Ratisbonne, a-t-il affirmé.

En outre, cette crise a contribué également à préparer le dialogue avec les « lefebvristes », car les conditions d’un dialogue, d’un chemin[ement], et la clarification interne quant à leurs propres positions, sont à présent beaucoup plus exigeantes, estime le P. Lombardi.

 

Inma Álvarez


© Zenit

 

Mis en ligne le 19 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org