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Obama et la conférence de Durban: une participation à haut risque, Gerald Steinberg
18/02/2009

16/02/09


Texte original anglais : "
Obama’s high-risk engagement at the Durban Review Conference".

Traduction française : Jean Szlamowicz pour upjf.org


La décision du gouvernement Obama de se lancer dans les préparatifs de la conférence d’examen de Durban de l’ONU, qui doit avoir lieu à Genève en avril 2009, ne manque pas d’audace mais présente aussi des risques importants. Indépendamment des résultats concrets qui seront obtenus dans ce cas précis, ce sont ces résultats qui donneront le ton en ce qui concerne les relations avec l’Iran, le défi de l’extrémisme musulman, les chances de réussite des efforts de George Mitchell en faveur de la paix, et la réussite d’une politique fondée sur l’ouverture et le dialogue.

L’Iran, Cuba, la Libye, les membres de l’Organisation de la Conférence Islamique et autres grands ’représentants des droits de l’homme’ se sont servis de ce cadre pour développer leur antisémitisme, diaboliser Israël, faire progresser le révisionnisme et ridiculiser les droits de l’homme. Ils ont également tenté de mettre en place une législation contre la liberté d’expression en accusant d’islamophobie les critiques de l’extrémisme et de la violence. Le Canada et Israël ont abandonné tout espoir et se sont retirés, et si certains dirigeants européens ont parlé de ne pas participer, ils attendent, pour l’instant, de voir ce que va être la stratégie américaine.

Si les Américains parviennent à changer en profondeur cet ordre du jour dans le peu de temps qui reste, cela constituera une réussite importante qui pourrait marquer le début d’un redéploiement de l’influence et des valeurs américaines. Les partisans de l’ouverture affirment que l’administration Obama peut aider à modifier le point de vue de cette conférence de l’ONU et faire en sorte qu’elle traite effectivement des discriminations faites aux minorités dans le monde, au lieu de se transformer en tremplin pour l’obsession anti-israélienne.

Inversement, si cette stratégie échoue et que le texte proposé reste inacceptable, un retrait des 27 membres de l’Union Européenne et de quelques autres, déclenché par les Etats-Unis, aurait pour effet de délégitimer la conférence de Durban.

En revanche, si Washington reste hésitant et fait des compromis, il permettra à l’Organisation de la Conférence Islamique et autres ONG de rester maîtres de l’ordre du jour et la participation des grandes démocraties aura des conséquences dramatiques. Cela aggravera l’impact de la Conférence de l’ONU Contre le Racisme de 2001, où le forum des ONG avait pu parler « d’apartheid » et de « racisme » afin d’isoler Israël.

En se servant de la stratégie utilisée à Durban, les Palestiniens ont pu lancer des attaques terroristes en sachant que les répliques israéliennes seraient qualifiées de « crimes de guerre » qui, a leur tour, justifieront un boycott au modèle sud-africain. Au lieu d’aboutir à des négociations fondées sur la reconnaissance d’Israël, c’est la volonté de destruction d’Israël qui a été renforcée. Parallèlement, Durban a fait progresser les objectifs de l’islamisme radical et a légitimé des attaques violentes envers tous ceux qui critiquent l’islam, il a aussi réduit la liberté d’expression, y compris en Europe. Les préparatifs de la conférence d’avril 2009 montrent que son contenu sera identique.

Par ailleurs, les espoirs de changer le cours de la conférence d’examen de Durban se trouvent laminés par les obstacles que sont l’exploitation d’une rhétorique inspirée des droits de l’homme, une partialité permanente, et le lancement de procédures judiciaires contre les dirigeants israéliens, en Espagne et ailleurs, suite à l’opération de Tsahal à Gaza. Les super-puissances que sont les ONG comme Human Rights, Amnesty International, la FIDH de Paris, et Oxfam, ainsi que les ONG palestiniennes (comme PCHR, subventionnée par des gouvernements européens), les groupes de pression, soutenus par la Libye, et beaucoup d’autres sont au cœur de cette guerre mortelle, et elles ne resteront pas inactives à Genève.

Les enjeux sont tels qu’un échec pour enrayer la stratégie de Durban coûterait très cher à la politique d’ouverture et de dialogue de l’administration Obama et ne feraient qu’intensifier la haine. En 2001, les délégations américaines et israéliennes sont allées à Durban en espérant que la raison et la morale l’emporteraient, mais quand cet espoir s’est révélé vain et qu’ils se sont retirés, il était trop tard. Pour éviter que cela se reproduise, les Etats-Unis doivent montrer qu’ils constituent une force morale et, si cela devenait nécessaire, qu’ils sont prêts à admettre l’échec du dialogue.

 

Gerald Steinberg *

 

Gerald Steinberg est professeur au département des sciences politiques de l’université Bar Ilan, et directeur général de NGO Monitor.

 

Mis en ligne le 18 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org