Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (histoire moderne d')

Centenaire de Tel-Aviv : Tel Aviv est restée la ville hébraïque par excellence, Mati Ben-Avraham
24/02/2009

23/02/09

Texte repris du site Israel Valley.com

 

On dit : à Jérusalem, on prie ; à Tel-Aviv, on travaille. Vu de Jérusalem, Tel-Aviv tient de Sodome et Gomorrhe. A Tel-Aviv, ceux de là-haut, dans la montagne, sont peut-être plus près de Dieu, mais sentent le renfermé. Tel-Aviv est née par contraste, sinon par opposition à Jérusalem. Les pionniers contre le vieux Yishouv, tourné vers la prière, en éternel attente d’un messie porteur d’un avenir radieux. Jérusalem représentait le juif classique, celui de la diaspora, du ghetto. Tel-Aviv s’est tournée d’emblée vers le large, se grisant d’influences multiples. Mais surtout, ce refus de l’identité d’hier s’est concrétisé dans les faits : La Habima fut le premier théâtre hébreu, la Histadrout (la centrale syndicale) était celle des ouvriers hébreux dans le pays d’Israël, les journaux n’étaient pas simplement rédigés en hébreu, ils étaient hébreux!

Hon Huldai vient d’entamer son deuxième mandat à la tête de la ville. Son bilan a été contesté. Des Cassandre lui avaient prédit une déculottée. Il a remporté les municipales sans coup férir, lui le travailliste, face à un rival communiste. Un cas de figure inédit.

Mati Ben-Avraham : Tel-Aviv s’est voulue la première ville hébraïque en Israël. L’est-elle toujours?

Hon Huldai : Bien sûr que oui ! Je pense que celui qui prend le temps de lire le petit livre de Théodore Herzl, Alteneuland, sera convaincu qu’il n’y a rien qui ressemble le plus à ce qui y est écrit que Tel-Aviv, Tel-Aviv/Yafo aujourd’hui. Tel-Aviv est un acquis extraordinaire de ce que l’on nomme le sionisme moderne. Elle est le symbole de la souveraineté de l’homme hébreu, de l’idéal démocratique, du dynamisme économique et culturel, d’une ingérence minimale de l’orthodoxie religieuse. C’est une ville qui permet à tout un chacun de vivre selon ses convictions propres, une ouverture sur le monde, un endroit où tout est très, très hébraïque. On y respire l’hébreu. Oui, Tel-Aviv fut et demeure la première ville hébraïque du renouveau d’Israël.

MBA : Quels sont les projets et les festivités qui vont émailler cet anniversaire?

Ron Huldai : Je n’aime pas le mot projet ! Je m’explique. Parlons de conception. Je m’explique. L’année du centenaire, qui démarrera en avril, repose sur trois piliers. Le premier est celui de la permanence. Par exemple : des programmes d’éducation qui reconstitueront l’histoire de la ville, dont une partie sous forme interactive. L’enfant sera associé à ce retour dans le passé et le présent. Il filmera, photographiera, écrira, fera des recherches sur Internet. Il y a aussi une activité superbe, qui se nomme "la ville qui se donne à voir", et se tiendra dans les centres communautaires. Dans ce cadre, des volontaires iront à la recherche de dessins, de photos familiales qui, à leur manière, racontent l’histoire de la ville. Ces images seront scannées, puis présentées sur Webside [il semble qu’il faille lire : "sur un site Web (note d’upjf.org)]. Mais cette activité s’insère dans un cadre plus vaste, à savoir : la transformation de l’ancienne mairie, rue Bialik, en Musée de l’histoire de Tel-Aviv/Yafo.

MBA : Et qu’en est-il des festivités à proprement parler ?

Ron Huldai : c’est le deuxième pilier, qui comportera, chaque mois, un événement principal. En avril, par exemple, ce sera une grande festivité liée à l’ouverture du centenaire, qui donnera le ton, en quelque sorte. Nous irons ainsi de festival en festival, dont l’un d’entre eux constituera le clou de la fête nationale de l’Indépendance. Et le troisième pilier, auquel nous travaillons depuis de nombreuses années déjà, sera l’héritage urbain que nous laisserons à ceux qui viendront après nous. Telle la rénovation du Théâtre Habima, le premier théâtre hébreu du pays, accompagnée d’une reconstitution de la place qui le jouxte. Une nouvelle aile au Musée. Une cinémathèque entièrement repensée. Des aires de stationnement supplémentaires le long du front de mer. Le prolongement de la promenade du front de mer. Sans oublier 100 kilomètres de voies cyclables. Mais, bien sûr, ce ne sera pas de l’ampleur de Beijing.

MBA : …ni de Barcelone, mais plus proche quand même.

Ron Huldai : C’est cela. Nous n’avons pas les Olympiades en toile de fond, mais tout de même. Un centenaire n’est pas mal non plus pour impulser un renouveau urbain.


Mati Ben-Avraham


© Israel Valley

 

Mis en ligne le 24 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org