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Christianisme

Les satiristes ne s’excusent pas (Editorial de "Haaretz")
25/02/2009

24/02/09

 

Texte original anglais : "Satirists don’t apologize".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

Les excuses de Ehud Olmert, au cours de la réunion de cabinet d’hier, à propos du sketch humoristique "Comme une Vierge", diffusé dans l’émission télévisée de fin de soirée de Lior Shlein, sur la Chaîne 10, étaient superflues. Bien que ce sketch ait déclenché une violente tempête de protestations parmi les chrétiens, en Israël et dans le monde, ce n’est pas le rôle du gouvernement de s’opposer à des créations satiriques, qu’elles soient diffusées à la télévision ou ailleurs.

Shlein s’est excusé, le lendemain de la diffusion de cette partie de l’émission, et a demandé pardon à ceux qu’il avait offensés. Mais la controverse avait déjà pris de grandes proportions, et des membres du clergé et des personnalités officielles de la communauté chrétienne de Galilée avaient émis des déclarations énergiques affirmant que « ce sketch n’est pas une satire » et qu’«il blesse la sensibilité de tout chrétien en Israël et dans le monde entier ».

Le Vatican, qui avait pris connaissance du contenu de la déclaration [des évêques et prélats de Terre Sainte] [1], lui a emboîté le pas et a prétendu que Shlein « avait tourné en dérision et blasphémé la sainteté de Jésus et de Marie ». En écho, Olmert a dit que « si de tels propos avaient été émis dans un autre pays à l’encontre de la religion juive, ils auraient déclenché un tollé dans le monde juif ».

On pouvait s’attendre à ce qu’un tel vacarme se produise, mais il n’aurait pas dû conduire aux excuses d’un Premier ministre. Au contraire, les chefs d’Etat devraient défendre le droit à la créativité artistique et à l’usage de la satire sous toutes ses formes, qu’elle soit politique ou philosophique, dans un climat de totale liberté.

La moquerie religieuse n’est pas un phénomène nouveau en matière artistique, pas plus que le scandale – spontané ou soigneusement planifié – provoqué par des œuvres qui ridiculisent les symboles les plus sacrés pour des millions de croyants de toutes religions et groupes ethniques.

 

Cliché ajouté par upjf.org


Un incident similaire et mémorable, qui avait soulevé la fureur de l’establishment chrétien, a été la brillante comédie satirique des Monty Python, « La vie de Brian » [2].

Elle présentait le père spirituel de la chrétienté sous un jour ridicule et n’épargnait pas même les figures religieuses les plus saintes.

En dépit des protestations à son encontre, le film a été un succès, et les croyants chrétiens du monde entier ont pris plaisir à y assister, comprenant que chacun peut faire la différence entre son interprétation démente du sentiment religieux et son évidente valeur artistique.

Il se peut que Shlein ne soit pas Python, mais les ecclésiastiques refuseront toujours de consentir à la satire, dont la nature même est de se moquer de toute croyance et de tourner en dérision tout principe sacré.

 

Une société qui prétend adhérer au principe de la liberté d’expression, ainsi que les dirigeants d’une telle société, sont censés être les champions de principes qui diffèrent totalement de ceux des dirigeants religieux.

 


© Haaretz

 

Mis en ligne le 25 février 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org