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Contentieux palestino-israélien

Reconstruire Gaza: un défi de taille pour la communauté internationale
02/03/2009

02/03/09

 

Communiqué AP repris du site du Nouvel Observateur.


Q
uelque 80 pays donateurs se retrouvent lundi sur les bords de la mer Rouge, à Charm el-Cheikh, en Egypte, pour s’attaquer à un défi gigantesque: la reconstruction de la Bande de Gaza dévastée par trois semaines d’offensive militaire israélienne.

Les Palestiniens réclament au moins 2,8 milliards de dollars d’aide pour réparer les dégâts causés par les bombardements de Tsahal, destinés à faire cesser les tirs de roquettes sur Israël.

La bonne volonté est au rendez-vous de Charm el-Cheikh - l’Arabie saoudite a déjà promis un milliard de dollars, les Etats-Unis, 900 millions, l’Union européenne, 556 millions - et les responsables de premier plan le sont aussi: le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, la nouvelle secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, le président français, Nicolas Sarkozy.

Mais pour que la reconstruction s’engage sans heurts, et ouvre la voie à une pacification du territoire palestinien et de nouveaux horizons à la paix, une série d’événements improbables serait nécessaire.

Le Hamas, qui dirige la Bande de Gaza depuis son coup de force de juin 2007, aurait à se réconcilier avec son rival, le Fatah, et à accepter de baisser d’un ton sa rhétorique anti-israélienne et de partager le pouvoir avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Israël et l’Egypte auraient à reconnaître la réalité du rôle du Hamas à Gaza et à rouvrir les frontières bouclées lorsque le Mouvement de la résistance islamique s’est emparé du pouvoir. L’Etat hébreu a fait le lien récemment entre la réouverture des points de passage et la reprise des négociations gelées sur un échange de prisonniers.

Mais les Palestiniens risquent d’échouer à se réconcilier et les frontières de rester largement fermées. Dans ce cas, Israël gardera donc le contrôle total de l’entrée dans le territoire, de béton et d’autres matériaux nécessaires pour reconstruire quelque 15.000 maisons détruites ou endommagées dans l’offensive lancée le 27 décembre.

Un responsable de la Ligue arabe a reconnu samedi, sous couvert d’anonymat, que la promesse saoudienne, comme celles du Qatar (250 millions de dollars) et de l’Algérie (100 millions), ne s’était pas encore concrétisée à cause des désaccords Hamas-Fatah.

"Nous voulons que des comptes puissent être rendus à la communauté internationale. Il peut y avoir différents types de solutions créatives", juge, de son côté, Peter Lerner, porte-parole du secteur de l’armée israélienne chargée des civils palestiniens.

Israël estime ne pas pouvoir laisser entrer de matériaux de construction librement, par crainte que le Hamas ne les détourne pour fabriquer des bunkers ou des roquettes... L’Etat hébreu est en revanche prêt à laisser entrer des cargaisons de matériels spécifiques, en étroite coordination avec les agences d’aide internationale.

Le Hamas n’est pas invité à la conférence de Charm el-Cheikh, et c’est le Premier ministre d’Abbas, Salam Fayyad, par ailleurs économiste de haut vol, internationalement respecté, qui sera l’interlocuteur des donateurs, et il veut que la plus grande partie des fonds passent par son gouvernement.

Fayyad gère déjà des volumes importants d’aide internationale - 7,7 milliards de dollars sur la période 2008-2010 - et il en transfère 120 millions chaque mois vers Gaza, pour l’assistance et les salaires des fonctionnaires en poste avant la prise du pouvoir par le Hamas.

D’autres sommes, notamment celles consacrées à la reconstruction des habitations, iraient directement sur les comptes bancaires des Gazaouis.

Le Hamas a rédigé son propre plan pour la reconstruction, un document de 86 pages transmis à la Ligue arabe. Et même si les donateurs le contournent, le Mouvement tirera bénéfice de cette aide qui viendra soulager les difficultés de la population.

Son porte-parole, Faouzi Barhoum, a laissé entendre que le gouvernement de Gaza serait coopératif. "Nous fournirons toute l’aide logistique" nécessaire, a-t-il dit. "Nous ne demandons à personne d’envoyer de l’argent sur nos comptes".

La commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a appelé à une réouverture sans conditions des frontières de Gaza. Mais elle n’a pas précisé quelles mesures elle comptait prendre pour aller dans ce sens.

Et on ne sait guère quel type de décision pourra sortir lundi de la réunion de Charm el-Cheikh. Une possibilité serait de réunir les promesses de dons et de se concentrer, dans un premier temps, sur l’aide humanitaire d’urgence, les dizaines de camions qui entrent dans Gaza chaque jour.

En attendant, même cette aide d’urgence est ralentie par les restrictions aux frontières, note John Ging, le responsable de l’UNRWA à Gaza. Des milliers de tonnes d’aide restent, selon lui, bloquées, Israël ne réussissant pas à gérer un tel volume via de petits points de passage secondaires ouverts pour l’acheminement de l’assistance.

D’après John Ging, seules des frontières vraiment rouvertes pourront empêcher la catastrophe et de nouvelles violences. Avant la guerre, observe-t-il, les trois-quarts du 1,4 million de Gazaouis recevaient une aide, le blocus ayant enfoncé le territoire dans la pauvreté et éradiqué l’industrie privée. "Il est plus urgent que jamais, aujourd’hui, de trouver les solutions afin de rouvrir les points de passage", dit-il.

 

© AP


Mis en ligne le 2 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org