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Israël (cause juste)

A la Chambre des Lords: Discours équitable pour Israël, de la Baronne Deech, à propos de Gaza
04/03/2009

"Enfin, au milieu des hurlements de la propagande antisémite qui envahit l’Europe, alimentée par les énormes populations islamiques immigrées, une voix claire et raisonnable se fait entendre à la Chambre des Lords de Grande-Bretagne." (David M. Dastych).

1er mars 2009

  

Chambre des Lords – Débats, vendredi 6 février 2009 - Remarque sur Gaza

Source : Journal britannique des débats


Texte anglais : "
Gaza — Motion to Take Note"

 

Traduction française : Menahem Macina

 

« Monseigneur, j’ai entendu récemment un discours du Président israélien Pérès. Il disait : Qui, il y a 50 ans, eût imaginé que l’empire soviétique aurait cessé d’exister, que le régime sud-africain de ségrégation aurait été démantelé et que Mandela serait devenu président ; que le mur de Berlin aurait été abattu et qu’il y aurait un président noir à la tête de l’Amérique ? Nous devrions, a-t-il dit, nous projeter aujourd’hui cinquante années dans l’avenir dans le même esprit. C’est sur cette note optimiste que je veux commencer, parce que je crois que si nous patientons aussi longtemps – bien sûr, au-delà du temps de notre vie – les choses iront mieux. Je veux y insister, parce qu’inévitablement une grande partie de mon discours sera plutôt sombre.

Personne ne peut accuser cette Chambre de ne pas se focaliser sur la situation affligeante à Gaza. Ces 12 mois écoulés, il y a eu 161 questions et rapports à propos d’Israël, de Gaza et des Palestiniens, contre 33 à propos du Sri Lanka et 24 à propos du Tibet. Je mentionne le particulièrement le Sri Lanka parce que les nobles Lords sont au courant de ce qu’il y a eu récemment une protestation qui a fait salle comble au Parlement à propos des attaques terribles contre les Tamils, du siège des hôpitaux, du massacre de 70.000 personnes et de l’emprisonnement et la déportation d’un nombre encore plus grand de gens. Ceci a entraîné peu de stigmatisation du Sri Lanka et ne lui a pas valu d’appels à effacement de la carte ni à des représailles brutales.

Je soulève ce point parce que je m’intéresse à la focalisation particulière sur le Moyen-Orient qui s’exprime dans ce pays. Une des raisons – mais pas la seule – c’est que la guerre à Gaza n’a pas été vue en perspective, mais seulement comme un petit fragment de ce qui est, en réalité, une image plus large. Il y a une guerre plus vaste, dont Israël et Gaza sont des figures de proue, et il y a également une guerre civile. Les discussions sur ce qui est proportionnel - je préfère le mot "nécessaire" doivent être placées dans le contexte d’une riposte à une attaque du Hamas, dont le but n’était pas seulement de lancer des missiles sur Israël - 5,000 d’entre eux visaient délibérément les civils et les écoliers israéliens, à 7,45 du matin – mais d’en finir avec l’Etat d’Israël.

Le Hamas s’est engagé à mettre en place un Etat islamique dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et en Israël, en tant que partie d’un empire islamique plus vaste. 20% de la population d’Israël est arabe, mais pas un juif ne sera autorisé à vivre dans cet Etat islamique. Il est facile d’imaginer le sort qui attend les millions d’Israéliens, si cela devait arriver. En tout cas, la réaction d’Israël a été aussi retenue qu’il était possible. Nous devrions rappeler les précautions minutieuses prises par l’armée israélienne pour éviter, dans la mesure du possible, de nuire aux civils, en gardant présente à l’esprit l’utilisation faite par ses ennemis, des mosquées, des écoles et des hôpitaux, ainsi qu’il en a été question aujourd’hui […]

Les accusations de "disproportion" n’ont pas été appliquées à d’autres guerres dont nous avons été témoins récemment: Kosovo, Géorgie, Irak, ou même Afghanistan, où des gens sont morts par milliers. En fait la retenue dont Israël a fait preuve pour tenter d’éviter les pertes civiles, lui a valu une certaine appréciation. Il y a aussi une guerre civile à Gaza, qui rend irréalistes les perspectives de paix. La dictature militaire [du Hamas] n’a rien fait pour protéger ses citoyens, mais elle a saisi l’occasion de la guerre pour éliminer plusieurs de ses adversaires politiques du Fatah. D’autres nobles Lords en ont évoqué de très cruels détails. Même M. Abbas, le Président de l’Autorité palestinienne, a déclaré:

« Le Hamas a fait courir des risques au sang palestinien, à leur destin, à leurs rêves et à leurs aspirations à un Etat palestinien indépendant. »

La guerre plus large vise à la destruction d’Israël, et ceux qui critiquent l’attaque d’Israël contre Gaza doivent se rendre compte qu’ils apportent inconsciemment de l’aide à ce dessein.

La Syrie, le Hezbollah au Liban, et le Hamas, ont tous en commun le même but, qui est la destruction totale d’Israël, et, en effet, le Hamas a remercié l’Iran de son appui dans la guerre de Gaza. Comme d’autres l’ont mentionné, le résultat a été que des juifs du monde entier en ont souffert. Les attaques contre les juifs qui ont eu lieu ici au Royaume-Uni et ailleurs confortent ma perception d’une guerre plus large. Ce ne sont pas des Israéliens, mais des juifs et des synagogues qui sont attaqués, à Londres et au Venezuela, dans les universités - pour leur honte - et dans les rues, avec Gaza comme excuse. Ce ne sont pas les juifs qui considèrent toute critique d’Israël comme de l’antisémitisme, ce sont certains critiques d’Israël qui laissent éclater leur mécontentement à l’encontre des juifs en général. La haine d’Israël, et parfois des juifs, est presque unique en politique internationale.

Et puis, il y a la guerre de propagande. J’invite solennellement les nobles Lords à ne pas croire tout ce qu’ils lisent dans les journaux à propos des dégâts et des massacres à Gaza. Nous n’avons pas les preuves. Je cite juste un cas. Le massacre tragique des trois filles du respecté docteur Izzeldin Abu Elaish, de Gaza, semble, selon l’autopsie des restes de leurs corps, avoir été causé par des roquettes tirées de Gaza, et non par des tirs israéliens. [Hypothèse démentie depuis que Tsahal a établi, après enquête, que la maison du médecin avait été atteinte par un tir erroné de l’artillerie israélienne. (Note d’upjf.org)].

Sur le front humanitaire, bien sûr, la situation s’est aggravée, parce que le Hamas voulait que des morts de civils profitent à son image mondiale et lui attirent la sympathie. L’aide humanitaire est un autre secteur où c’est la prise de position fausse et pessimiste qui a été adoptée. J’ai noté avec intérêt et approbation que la BBC avait refusé de passer à l’écran la publicité pour l’aide, et qu’elle a été soutenue en cela par sa propre section de l’Union Nationale des Journalistes. Il n’est pas très bon d’entendre parler d’un lobby sioniste et de juifs émettant des propos agressifs et semant l’inquiétude aux Etats-Unis, quand on voit combien ils sont peu nombreux. L’Agence des Nations Unies pour le Bien-Être et le Travail des Réfugiés (UNRWA) a un budget énorme.

Nous ne savons toujours pas ce qu’il est advenu des millions qu’Arafat a détournés et dont il a emporté le secret dans la tombe. Nous notons la non-assistance à leurs frères, de la part d’autres pays arabes.

Les revenus pétroliers des Etats du Golfe en 2008 ont été de 562 milliards de dollars ; et les 260 milliards de revenu pétrolier quotidien de l’Arabie Saoudite feraient merveille pour la Cisjordanie et Gaza, mais rien de tel n’est en vue.

Sur le front humanitaire, ces derniers jours, la Cour suprême d’Israël, dont la fermeté est connue, a examiné l’application des conventions de Genève sur le droit humanitaire et a estimé qu’elles n’avaient pas été enfreintes. D’autres pays arabes non seulement n’ont pas aidé les Palestiniens, mais leur ont littéralement tourné le dos, comme on peut le lire à propos de la Syrie dans le Times d’aujourd’hui.

Qu’en est-il de l’avenir ? Gaza aurait pu avoir un avenir. Tous les soldats et les civils israéliens en sont partis. Tout était prêt, il y a quelques années, pour que les habitants de Gaza inaugurent une nouvelle ère de développement économique. Il n’y avait aucun blocus, et il reste vrai que l’Egypte pouvait ouvrir son point de passage si elle le voulait. Bien entendu, elle ne le veut pas, parce que, pas plus qu’Israël, elle ne veut d’un Etat iranien à sa frontière. Au lieu de cela, il y a eu les missiles et les tunnels, et la triste destruction des serres où des fleurs et des fruits étaient cultivés [par les Israéliens et auraient pu continuer à l’être.

Que peut faire le Royaume-Uni ? Il peut soutenir l’Egypte, qui se comporte très bien dans cette crise, même si c’est par souci de sa propre survie. Il peut contribuer à empêcher le Hamas de faire passer plus d’armes en contrebande par la mer.

Il peut faire pression pour la libération de Guilad Shalit, qui est otage à Gaza depuis plus deux ans et demi, sans que ni la Croix-Rouge, ni quelque autre agence internationale puissent lui rendre visite. Il peut persuader le Hamas de modifier sa charte et d’enlever la mention de la destruction [d’Israël].

Mais, par-dessus tout, vos Seigneuries, vous pourriez prêter votre voix pour que soit mis un terme à la diabolisation d’Israël et que s’apaise la flambée d’antisémitisme. Vos Seigneuries devraient reconnaître le droit d’Israël à l’existence et sa légitimité. Il n’est pas plus ’arriviste’ au Moyen-Orient que les 22 autres Etats arabes qui s’y trouvent. Une nouvelle élimination de six millions de juifs ne peut avoir lieu au Moyen-Orient. Nous ne devons rien faire pour alimenter la haine qui entoure ce problème, et nous devons tout faire pour regarder vers l’avenir. »  

 

Baronne Deech [*]


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Note d’upjf.org


[*] Sur cette femme, Pair au Parlement britannique (sans affiliation à un parti politique), voir la notice que lui consacre Wikipedia: Ruth Deech

 

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[Texte anglais aimablement signalé par David M. Dastych.]

 

Mis en ligne le 1er mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org