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Antisémitisme

L’homme d’Etat à l’épreuve de la crise, Ivan Rioufol
06/03/2009

05/03/09


Texte repris du Blog d’Ivan Rioufol (Le Figaro)


Attachez vos ceintures. "Toute l’année 2009 sera une année de crise", a prévenu François Fillon, mardi sur Europe 1. "Aucun plan de relance ne permettra de l’éviter." Ceux qui pensaient que le récent dispositif de soutien aux ménages modestes avalerait les trous d’air sont prévenus
 : les Français n’ont encore rien vu. L’ampleur du séisme systémique (l’assureur américain AIG vient de perdre 100 milliards de dollars !) va faire des ravages, à commencer dans l’Europe de l’Est. La France saura-t-elle passer l’épreuve ?

Le gouvernement fait croire que l’État-providence fonctionne encore, quand il prête les millions (qu’il n’a pas) aux banques et aux constructeurs automobiles, espérant réparer un mécanisme jugé grippé. Barack Obama a lancé le mouvement, dans une démesure qui tient du coup de poker : en combattant les excès de crédits et d’endettements par de semblables comportements interventionnistes (pour près de 800 milliards de dollars), il dit avoir "une confiance totale" dans le rétablissement de l’économie. Mais s’il se trompait sur la gravité du mal, et ses imitateurs avec lui ?

Au-delà des convulsions économiques, un essoufflement de la modernité, de son relativisme et de sa course à la croissance se devine. La chute des ventes d’automobiles (- 27 % en janvier, pour l’Europe) illustre ce goût des gens pour plus de simplicités, de valeurs sûres. L’indignation suscitée par Jacques Séguéla ("Si à 50 ans on n’a pas de Rolex, on a raté sa vie") est une anecdote qui a montré, malgré tout, un rejet collectif de la futilité. Un nouveau conservatisme semble prêt à émerger de cette crise de civilisation qui s’ébauche. Qui s’y prépare ? Le risque existe de voir le pouvoir ébranlé dès le premier assaut. Les convulsions guadeloupéennes, répétition de ce que pourrait être un conflit né d’un système à bout de souffle, ont montré ses faiblesses. Quand Laurence Parisot explique, mardi sur RTL : "Dès le départ, l’État n’a pas tenu son rôle, n’a pas permis que les négociations se déroulent d’une manière normale", la présidente du Medef met le doigt sur une réalité occultée : un collectif autoproclamé, le LKP, s’est joué de l’État de droit et a imposé ses exigences. Tolérable ?

Dans la crise de confiance qui s’installe, les pouvoirs publics ne peuvent s’autoriser davantage ce genre d’accommodements avec un mouvement non élu, qui veut "instaurer un ordre nouveau" en Guadeloupe. Les périodes d’instabilité portent en elles de semblables tentations radicales ou totalitaires, qui excitent l’extrême gauche et ses alliés. Pourquoi les cités ne réclameraient-elles pas ce qui vient d’être accordé aux "banlieues" antillaises ? Plus que jamais, la France va avoir besoin d’hommes d’État.

 

La vérité sur la France

Le déficit du pays est tel (5,6 % du PIB) que François Fillon a exclu l’hypothèse d’un second plan de relance, toujours réclamé par la gauche. Mais le gouvernement n’a-t-il pas lâché trop tôt ses quelques mesures de soutien à la consommation, alors même que la crise n’en est qu’à ses balbutiements ? Les Français découvrent chaque jour un peu plus la gravité d’une situation que les dirigeants sont apparemment incapables d’évaluer.

À écouter des experts annoncer des scénarios catastrophes, on reste surpris par le décalage de certaines préoccupations politiques. La défense, par Nadine Morano cette semaine, de l’extension de la co-parentalité aux couples homosexuels, sans souci du vécu de l’enfant, fait partie de ces vieilles obsessions militantes dont la nation pourrait faire l’économie. Les Français sont d’abord en droit de connaître l’exacte vérité sur l’état général de leur pays. C’est à cette obligation que devraient se soumettre les élites. Jamais la "glasnost" [transparence], cette libération de l’information qui a conduit à la chute de l’URSS, n’a été plus nécessaire pour un pays qui se méfie des berceuses.


Effets de la diversité

Une chose est sûre : les mensonges du politiquement correct, auquel s’astreignent encore trop de politiques, ne résisteront pas à la force des évidences. L’idéologie du multiculturalisme, qui fait grand tapage, a déjà capitulé devant le conflit social et identitaire mené en Guadeloupe par un mouvement qui voit impunément le métropolitain comme un étranger indésirable et le Blanc comme un suspect. C’est bien une fracture identitaire qui s’est révélée, malgré les enfumages des "antiracistes" (voir mon blog). Or cette tribalisation n’est rien à côté de la libanisation en cours du reste de la société, déséquilibrée par une immigration extra-européenne qui, pour partie, n’adhère plus aux valeurs du pays d’accueil. Le retour de l’antisémitisme, dont s’inquiètent les Juifs de France, cette semaine, est le premier symptôme de possibles violences, nées d’un manque de cohésion culturelle et exacerbées par la crise. Là aussi, il serait urgent de s’interroger sur les limites de la diversité, ce culte d’État qui est en train de créer des séparatismes ethniques.

 

Réformer l’État

Le déficit abyssal de l’État (103,8 milliards d’euros pour 2009) sera-t-il au moins l’occasion d’accélérer sa propre réforme, afin de réduire encore plus les dépenses d’une administration pléthorique ? La France pourrait s’inspirer d’expériences réussies, comme au Canada. Nicolas Sarkozy osera-t-il s’imposer comme l’homme d’État attendu ?

 

Ivan Rioufol

 

© Le Figaro

 

[Article aimablement signalé par G. Hod, Israël.]

 

Mis en ligne le 6 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org