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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme

Analyse: « Israël à l’heure H », Olivier Rafowicz
06/03/2009

05/03/2009

Texte repris du site du Jerusalem Post en français
 

Tout d’abord, il semble que l’Iran des mollahs ait la capacité de produire suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe atomique. D’autre part, nous savons que le régime islamique est capable, depuis plusieurs années, de lancer des missiles balistiques de longue portée et de mettre des satellites - pour le moment encore rudimentaires -, en orbite dans l’espace. Le régime iranien, qui gouverne un territoire immense de près de 80 millions d’âmes est déterminé à donner à l’Iran une dimension politique et militaire sur tout le Moyen-Orient et même bien au-delà.

Les dirigeants de Téhéran ont compris depuis bien longtemps qu’au Moyen-Orient il faut être présent partout et donner l’impression que l’on ne peut rien faire sans vous. Ainsi, depuis le début, le régime des Ayatollahs s’est doté d’un appareil d’actions terroristes et de renseignements extérieurs, parmi les plus efficaces du monde. Un système fondé, entre autres, sur les bureaux d’intérêt iranien de par le monde et qui exploite et utilise des groupes et des mouvances islamistes pour agir, soit dans la collecte de renseignements, soit dans les actions violentes de type explosions d’ambassades occidentales, ou meurtres d’agents et de membres officiels de pays liés aux intérêts américains et israéliens.


Nul ne souhaite la guerre

Il ne faut pas oublier que l’Iran, par le biais du Hezbollah, sa branche d’action extérieure, est responsable des attentats à Londres et à Buenos-Aires contre les intérêts israéliens, responsable aussi des attentats sanglants à Beyrouth contre les intérêts américains et français dans les années 1980. Et la liste est longue. D’ailleurs, ces attentats et cette politique déterminée d’exporter la révolution islamique dans le monde sont liés à un nom qui revient sans cesse. Celui d’Imad Moughnieh. Ce Libanais chiite, membre du Hezbollah et lié à l’appareil d’action terroriste extérieure de l’Iran, a été assassiné à Damas, le 12 février 2008. Pour le Hezbollah, Israël est le coupable.

Jusqu’à ce jour, aucun Etat, aucun groupe, n’a revendiqué sa responsabilité dans la mort d’Imad Moughnieh. Mais il faut savoir que de nombreux pays, dont des pays arabes modérés, pouvaient avoir un intérêt à frapper durement l’Iran et le Hezbollah en même temps.

Aujourd’hui, le gouvernement israélien doit travailler sur une hypothèse de travail terrifiante : l’Iran n’est pas proche d’avoir l’arme nucléaire, l’Iran possède l’arme nucléaire ! En outre, le régime iranien a décidé de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour détruire l’Etat d’Israël. Soit par l’utilisation d’armées terroristes comme le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Sud-Liban. Soit en poussant l’Etat hébreu à une action offensive contre l’Iran, ce qui amènerait l’ouverture d’une guerre sur plusieurs fronts avec des frappes multiples de missiles à l’intérieur de l’Etat d’Israël.

Depuis la première guerre du Golfe, les ennemis d’Israël ont perçu la faiblesse de l’Etat juif dans son incapacité structurelle à protéger sa population civile. Le fait que la population civile soit vulnérable et que des missiles ennemis puissent s’abattre demain sur Israël, oblige tous les gouvernements israéliens, et bien entendu le prochain, à prendre en considération ce paramètre. La perspective d’une guerre entre l’Etat d’Israël et des pays arabes ou musulmans impliquerait alors des milliers de victimes israéliennes dans les grandes villes. Aucun gouvernement israélien ne souhaite voir se profiler ce scénario. Chaque dirigeant israélien en place se doit donc de trouver des solutions politiques et diplomatiques pour éviter une telle catastrophe.

Dans leur grande majorité, les Israéliens comprennent qu’il y a parfois un besoin de faire la guerre, mais, dans le même temps, la société israélienne refuse de payer le prix en vies humaines. Le Hezbollah, le Hamas, la Syrie et l’Iran connaissent cette faiblesse d’Israël et [en] jouent depuis maintenant une vingtaine d’années. Si Binyamin Netanyahou, comme tel est le cas de figure qui semble se dessiner, forme un gouvernement de droite à coalition restreinte, il ne pourra pas changer fondamentalement de cap dans la politique israélienne. Le problème palestinien étant un problème majeur, il faudra, d’une manière ou d’une autre, composer avec une Autorité palestinienne et la diplomatie américaine pour obtenir un accord viable qui conduirait à la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël.


Vers un nouveau Septembre noir ?

Même si, sur le plan idéologique, le Likoud refuse le principe de deux Etats à l’est du Jourdain, cette option reste aujourd’hui la seule possible pour éviter un retour en force du terrorisme islamique et [des opérations-suicide] dans les villes d’Israël.

Quant au front sud, il n’est pas impossible qu’avec une aide américaine et israélienne, le Fatah reprenne le contrôle militaire de la bande de Gaza et que nous soyons alors témoins d’un nouveau "Septembre noir", cette fois-ci, entre le Fatah et le Hamas. Une destruction militaire du Hamas serait non seulement une victoire pour les pays arabes modérés, mais aussi un fort coup porté contre les intérêts iraniens dans la région. Il est donc impératif, pour Israël, durant cette année 2009, de contrôler de loin le renforcement du Fatah, voire le retour de sa suprématie dans la bande de Gaza.

Par ailleurs, une nouvelle guerre, voulue par certains, contre le Hamas à Gaza, pourrait bien n’avoir aucun effet définitif, et renforcer au contraire le mouvement de Résistance islamique, qui s’emploie, à chaque conflit, à jouer "au boxeur KO qui se relève systématiquement au dixième [comptage]".

Depuis la fin de la seconde guerre du Liban, le Hezbollah se prépare à un affrontement avec Israël. Et de vouloir tantôt libérer les fermes de Sheba, [tantôt] venger la mort d’Imad Moughnieh, [tantôt] ouvrir un deuxième front pour aider ses frères du Hamas à Gaza. En clair, Hassan Nasrallah cherche tous les prétextes possibles pour légitimer le feu de sa résistance [à] Israël.

Israël devra donc décider très vite - en admettant qu’il tombe sous la direction de Netanyahou et de Lieberman, qui devrait obtenir un portefeuille-clé du prochain gouvernement - s’il faut attendre une attaque quelconque du Hezbollah pour agir, ou, au contraire, [prendre l’initiative d’] une offensive qui ne devrait pas manquer de se produire à un moment ou un autre. En ce qui concerne la milice chiite, la question n’est pas de savoir s’il y aura une guerre, mais quand elle aura lieu. Les Israéliens sont conscients que les défis sécuritaires majeurs d’aujourd’hui obligeront le gouvernement à passer à l’action. Même s’ils espèrent, avant tout, que les guerres seront courtes, claires dans leurs objectifs et dans les résultats atteints, et surtout que le prix à payer sera le moins lourd possible. L’Iran, par le biais du Hezbollah et du Hamas, et surtout par la menace nucléaire, aspire exactement au contraire.

 

Olivier Rafowicz

 

© Jerusalem Post (édition française)


[Article aimablement signalé par V. Perez.]

 

Mis en ligne le 6 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org