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Christianisme

Le pèlerinage du Pape en Terre sainte s’annonce agité, Marc Henry
13/03/2009

"L’affaire Williamson et les velléités de béatification de Pie XII pèsent sur les relations entre Israël et le Saint-Siège, malgré leur volonté de calmer le jeu." ("La Croix").

13/03/09

Source: site du Figaro (12 mars).

Jérusalem

En 2007, des évêques allemands se sont rendus à Yad Vashem. Le Pape fera de même lors de son pèlerinage.
En 2007, des évêques allemands se sont rendus à Yad Vashem. Le Pape fera de même lors de son pèlerinage. Crédits photo : AP

Le chemin de Jérusalem est se­mé d’embûches pour Benoît XVI. Les préparatifs de ce pèlerinage à hauts risques d’un pape en Terre Sainte, prévu du 8 au 15 mai, ont été marqués par une série de «cou­acs» peu propices à l’œcuménisme. Mais aussi bien le Vatican qu’Israël ont pourtant décidé de jouer l’apaisement pour cette deuxième visite officielle d’un pa­pe en Israël. Pour Benoît XVI, elle constitue un test.

En l’an 2000, son prédécesseur Jean-Paul II avait réussi sa mission avec cette image-symbole, aux yeux des Israéliens, d’un pape se recueillant et glissant un vœu inscrit sur un morceau de papier dans les interstices du Mur des lamentations, le site le plus sa­cré du judaïsme dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Un succès que Benoît XVI aura du mal à rééditer. Depuis quelques mois, les sujets de polémiques n’ont pas manqué. L’une d’entre elles porte sur son intention de béatifier Pie XII. Or, ce pape n’est pas en odeur de sainteté en Israël. Il lui est reproché de ne pas avoir dénoncé la déportation et l’extermination des Juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

«Le projet de faire de Pie XII un saint est inacceptable. Durant la Shoah, le Vatican savait pertinemment ce qui se passait en Europe. Il a gardé le silence et a peut-être fait pire, au lieu de s’élever, conformément au précepte biblique, contre le sang versé»,

avait lancé, il y a quelques mois, Yitzhak Herzog, alors ministre israélien des Affaires so­ciales. De­puis, le ton officiel a nettement baissé.

«L’essentiel», c’est Yad Vashem

Les responsables israéliens, tel Avner Shalev, le directeur de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, préfèrent dé­sormais se féliciter d’une série de «gestes» de bonne volonté de l’Église, telle l’annonce de l’ouverture, d’ici trois à quatre ans, des archives du Vatican sur la guerre, et la tenue, cette semaine, à Jérusalem, d’une conférence sur l’attitude de Pie XII et l’action de l’Église durant cette période.

«En ce qui nous concerne, l’affaire est dans les mains des historiens, c’est à eux de juger, ce n’est pas une question politique ou diplomatique»,

explique un responsable du ministère des Affaires étrangères. Selon lui, le fait que le Pape ait confirmé son intention de se rendre à Yad Vashem, sans entrer, toutefois, dans le bâtiment du musée où apparaît une photo de Pie XII, assortie d’une légende critiquant ce pape,

«ne nous dérange pas vraiment, l’es­sentiel est qu’il se rende à Yad Vashem».

Cette volonté de calmer le jeu s’est également fait sentir dans l’affaire Williamson. Une réunion entre théologiens catholiques et des représentants du judaïsme, notamment du Grand Rabbinat d’Israël, avait été «ajournée», le mois dernier, en signe de protestation. Mais le Pape et son représentant en Israël, le nonce Antonio Franco, ont su trouver les mots justes en proclamant que l’on ne peut pas se dire en même temps catholique et négationniste. Dans ce cas aussi, les choses sont rentrées dans l’ordre à l’approche de la visite de Benoît XVI, au point que la rencontre entre catholiques et juifs a eu lieu jeudi au Vatican.

Sur le front médiatique, ces «incidents» avaient incité un hu­moriste israélien à se moquer ré­cemment, sur une chaîne de télévision privée, de la virginité de Marie. Ces plaisanteries de mauvais goût ont provoqué la colère des chrétiens en Israël, certains prélats ayant même conseillé au Pape de renoncer à son pèlerinage.

Mais, dans ce cas aussi, la querelle s’est éteinte lorsque le présentateur et les dirigeants de la chaîne ont fait des excuses publiques. Bref, l’heure est à la conciliation générale. Mais elle reste fragile, à la merci du moindre faux pas.


© La Croix

 


Mis en ligne le 13 mars 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org