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Christianisme

Avortement Brésil: L’autodéfense victimaire de l’Eglise par Mgr Jacques Perrier (Tarbes-Lourdes)
21/03/2009

Contrairement aux autres lettres épiscopales, dignes, respectueuses et empreintes de compassion, que j’ai mises en ligne, voici un texte retors, pour ne pas dire hypocrite. En effet, tout en affectant de donner tort au cardinal excommunicateur, Jacques Perrier trouve le moyen de "noyer le poisson", comme on dit, en changeant de sujet et de tactique. Les méchants, ce sont les politiciens acharnés à légaliser l’avortement et l’euthanasie, ainsi que les lobbies qui ont fait pression sur la mère. Les véritables victimes, dans cette douloureuse affaire, sachez-le, ce sont le Pape, l’Eglise et les bons chrétiens qui défendent la vie. Les seuls regrets qu’exprime ce prélat en bois brut, est que « ce coup de Trafalgar jette le discrédit sur ceux qui, même à contre-courant, défendent la vie ; que l’on oublie un autre drame, les 200 000 avortements annuels en France ; que soient oubliées dans le débat les associations, chrétiennes ou non, qui accompagnent les femmes pour surmonter le traumatisme post-avortement ; que l’annonce du Dieu Vivant soit rendue plus difficile alors que, comme le rappelle le pape dans sa lettre, telle est la mission de l’Eglise. ». Pas un mot de condamnation pour l’abuseur violeur. Pas un mot de compassion pour la violée… Un ’beau’ Pasteur, en vérité. J’eusse préféré qu’il fût ’bon’, comme son Maître ! (Menahem Macina).

21/03/09 

 

 

Source : La Croix 

Lourdes, mardi 17 mars 2009
Source : diocèse de Tarbes et Lourdes

 

 

***

 

[………………………..]

 

L’enfant du Brésil

 

Comme tout un chacun, j’ai été scandalisé en lisant que l’archevêque de Recife avait excommunié une femme qui avait demandé l’avortement de sa fille, violée constamment par son jeune beau-père et enceinte de deux jumeaux. Le même homme avait, en plus, violé la sœur de la fillette, handicapée mentale. Bref, l’horreur absolue et, en face, la monstruosité de l’évêque qui, dit-on, déclare que le viol est moins grave que l’avortement. En plus, le cardinal romain qui est en relation avec les évêques du monde entier, s’empresse de couvrir le prélat brésilien. Le cas paraît donc simple.

En s’informant un peu davantage, on apprend que cette affaire survient à un moment où, au Brésil, l’extension de la loi sur l’avortement, est en discussion. Cela nous rappelle quelque chose. Que ce soit pour l’avortement ou pour l’euthanasie, la tactique est de contourner le législateur par un mouvement d’opinion. Et pour susciter le mouvement d’opinion, rien ne vaut le cas-limite où les repères deviennent flous et où la solution de mort paraît la seule humaine.

Dans cet affrontement sur un sujet aussi primordial, l’Eglise catholique tient une position qui est connue. Pour ceux qui combattent cette position, il importe donc que l’Eglise devienne ce groupe qui, comme dit le pape, ne mérite plus aucune tolérance, à cause de son intolérance. Alors qu’il faudrait dire des paroles nuancées mais claires, tel homme d’Eglise risque de se laisser entraîner à des propos tellement simplistes qu’ils sont faux, ridicules et meurtriers. Mais garder raison et trouver les mots justes dans une tourmente médiatique entretenue n’est pas chose facile.

En s’informant, on apprend aussi que la mère a subi de fortes pressions, que (selon la conférence épiscopale brésilienne) elle n’a jamais été personnellement excommuniée, que sa communauté paroissiale l’entoure, que les avis des assistantes sociales et des conseillers municipaux étaient partagés ou hostiles à l’avortement et qu’un lobby est intervenu en dernière heure pour emporter la décision.

Même en ayant compris le mécanisme qui aboutit presque immanquablement à la faute, je suis tout aussi scandalisé à la fin de l’article qu’au début du paragraphe. Le très respectable Recteur de l’Université du Latran, Mgr Fisichella, publie dans le journal officiel du Vatican un article qui regrette les déclarations faites avec « tant d’urgence et de publicité ».

Quant à moi, je regrette aussi que ce coup de Trafalgar jette le discrédit sur ceux qui, même à contre-courant, défendent la vie ; que l’on oublie un autre drame, les 200 000 avortements annuels en France ; que soient oubliées dans le débat les associations, chrétiennes ou non, qui accompagnent les femmes pour surmonter le traumatisme post-avortement ; que l’annonce du Dieu Vivant soit rendue plus difficile alors que, comme le rappelle le pape dans sa lettre, telle est la mission de l’Eglise.

 

 

+ Jacques Perrier

évêque de Tarbes et Lourdes

 

 

Mis en ligne le 21 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org