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Christianisme

Lettre ouverte de Mgr Grallet, archevêque de Strasbourg, à la fillette violée de Recife, Brésil
21/03/2009

A porter au crédit de certains membres de la hiérarchie catholique. (Menahem Macina).

21/03/09

 

Source : Journal La Croix 


Strasbourg, vendredi 13 mars 2009
Source : diocèse d’Alsace

 

 

***

 

 

De nombreux alsaciens ont fait part de leur stupeur, auprès de l’Archevêque de Strasbourg, après l’excommunication par l’Archevêque de Recife, au Brésil, d’une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.

 

Sous la forme d’une "lettre ouverte" à la victime, si peu présente dans les débats, l’Archevêque de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre GRALLET, dénonce un tel manque d’humanité pour l’entourage de la victime, et la si faible condamnation de l’auteur du viol.

 

 

Chère Maria,

 

Je ne te connais pas, mais tout le monde a parlé de toi.

Tu viens de vivre un si long et si douloureux calvaire : ton beau-père qui, aux côtés de ta maman, aurait dû te regarder avec affection et respect, te protéger et te laisser grandir, avec l’insouciance de ton âge… ton beau-père, mû par je ne sais quelle sordide pulsion, s’est emparé de toi, violant ton intimité et tout ton être. Il a piétiné ton enfance et saccagé ton cœur. En te déshonorant, il nous a tous déshonorés !

Maria, je ne te connais que par l’histoire racontée dans les journaux, et pourtant j’ose t’écrire aujourd’hui. Bien que vivant à des milliers de kilomètres, tu m’es devenue si proche… Cette proximité, c’est celle du cœur. Cette solidarité entre nous, c’est celle de tous les enfants et de tous les souffrants en attente de respect et de consolation, de justice et de vraie confiance. Sache-le, Maria, je suis révolté par tant de mépris machiste, d’indignité parentale, d’égoïsme incestueux ! Je pense, hélas, à ton beau-père, avec honte et tristesse. Comme bien d’autres adultes, je souffre en pensant à ta maman, à son désarroi, aux souffrances physiques et morales qu’elle a pu connaître. Je pense encore aux médecins qui t’ont soignée et à leur dramatique cas de conscience…

Comment certains légalistes, au nom d’une loi pourtant si nécessaire, ont-ils pu condamner avec tant de froide assurance un si douloureux choix de survie ? Ne fallait-il pas, d’abord, condamner avec force le malfaiteur, agir sans tarder pour toi, la victime, et offrir soutien à ceux qui sont venus t’assister ?

Le rappel du droit sans la miséricorde n’est qu’une caricature du droit !

C’est surtout à toi que je pense, Maria. Ce prénom n’est peut-être pas le tien, mais je te l’offre, parce que pour moi il est porteur d’espérance, de jeunesse et de vie. N’est-ce pas cette jeune femme, Marie, la mère de Jésus, qui porta l’espérance du monde ? Marie de l’attente et du silence ; Marie des douleurs et des larmes ; Marie de la confiance retrouvée et du matin de Pâques…

Puisse Marie être à tes côtés, Maria, sécher tes larmes et t’aider à croire à nouveau en la vie !

Maria, j’espère que près de toi, maintenant, se tiennent des êtres de bonté et de droiture, de compassion et de tendresse. Puissent-ils te prendre la main et te relever, ranimer ton cœur et ré-enchanter ta vie !

 

 

                                                     + Jean-Pierre GRALLET

                                                               Archevêque de Strasbourg

 

 

[Lettre aimablement signalée par Fr. Yohanan, Israël.]

 

Mis en ligne le 21 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org