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Flashes d’espoir : Conseil de coordination interreligieuse en Israël (ICCI), Agnès Staes
20/03/2009

19/03/09

Source : "Un écho d’Israël" (15 mars 2009).

 

Il y a quelques semaines, j’ai pu participer à une conférence sur le thème « enseigner l’islam aux Juifs et le judaïsme aux musulmans » au centre Adenauer à Jérusalem. Cette rencontre était organisée par L’ICCI auquel j’ai voulu m’intéresser et connaître davantage.

L’ICCI (The Interreligious Coordinating Council in Israël : Conseil de Coordination Interreligieux en Israël) est une organisation interreligieuse en Israël, fondée en 1991, qui a pour but de favoriser la réconciliation interreligieuse, l’éducation et l’action. Pour l’ICCI, le judaïsme, le christianisme et l’islam sont trois religions qui prêchent la paix, et pourtant, trop souvent elles ont corrompu leur message et ont été remplies de haine et de violence. Pour cela l’ICCI travaille à la réconciliation parmi les Juifs, les musulmans et les chrétiens.

La violence motivée par la religion a été une force de dissuasion significative dans le progrès de la marche vers un processus de paix au Moyen-Orient. On a encore prêté peu d’attention aux trois religions en Israël et en Palestine et peu de tentatives ont été faites pour les utiliser comme outil pour la paix et la réconciliation.

La mission du Conseil de Coordination Interreligieux en Israël (ICCI) désire exploiter les enseignements et les valeurs des trois héritages abrahamiques pour en faire des sources de réconciliation, de coexistence et de compréhension.

Pour cette mission, ICCI travaille avec des jeunes, des femmes et des leaders religieux pour promouvoir la coexistence juive-arabe et pour réaliser des projets construisant la paix. Il organise aussi des sessions pour animateurs étrangers confrontés à des tensions intercommunautaires.

Elle est une organisation parmi les plus reconnues en Israël. Parmi les membres qui la soutiennent et travaillent avec elle, il y a beaucoup d’institutions israéliennes et palestiniennes, chrétiennes, musulmanes et juives, des organisations pour promouvoir la coexistence juive-arabe, des musées, des universités et d’autres organisations interreligieuses. L’ICCI est membre de la branche israélienne du Conseil Mondial des Religions pour la Paix (WCRP) et du Conseil International des chrétiens et des Juifs (ICCJ).

L’ICCI désire se concentrer sur les communautés plutôt que sur des individus : les participants sont soigneusement recrutés, selon leur aptitude à avoir un impact dans leurs communautés religieuses respectives. Les programmes sont surtout à long terme afin d’encourager l’édification de rapports durables. La religion fait partie de la solution des conflits : en utilisant l’étude textuelle interreligieuse comme un outil éducatif, l’ICCI promeut la religion comme moyen de rapprocher les gens.
L’ICCI propose des programmes variés pour dirigeants religieux, pour femmes et pour jeunes.


1) Les programmes pour les dirigeants religieux
(Kedem) (3 ans)

Les participants sont Juifs, Arabes chrétiens et musulmans, tous habitant en Israël. La méthode proposée est la suivante : se rencontrer les uns les autres, développer des relations personnelles et engager un dialogue interreligieux basé sur le partage des expériences personnelles, des textes sacrés, et des solutions pour sortir du conflit. Par la suite, ils cherchent à développer ensemble des projets d’action mobilisant aussi leurs communautés respectives. Le but est qu’elles deviennent alors elles-mêmes des forces positives pour un véritable changement social.

Voici quelques exemples :

 En septembre 2008, une trentaine de leaders religieux des communautés juive, chrétienne, musulmane et druze de Galilée se sont rencontrés à Acre. C’était la seconde rencontre d’une série de trois dont le thème était « apprendre l’interreligieux et la coopération en Galilée ». Le thème de cette session portait sur Rosh Hasahna et le Ramadan. Le rabbin Benayha Broner de Safed et le Dr Hamza de Koukab Abu Hija ont donné des enseignements, suivis d’une discussion animée sur le rapport minorité-majorité dans la société israélienne en général.
Pour ces rencontres innovantes, l’ICCI est co-sponsorisé par le département des Affaires religieuses du ministère de l’Intérieur de l’Etat d’Israël.

 Depuis 2006, un cours sur le judaïsme est donné aux imams en Galilée. La deuxième année s’est conclue par une sortie éducative à Séphoris, site qui a beaucoup d’échos historiques tant anciens que modernes. Ils ont d’abord visité l’ancien site et en particulier le quartier juif. C’est à partir de là que se sont fixées les traditions orales juives, publiées vers 200 (Mishna). Ensuite, ils ont rencontré Nijam Salim, un résident du village arabe de Safureh, (forme moderne de Séphoris). Une discussion animée avec lui s’en est suivie sur les relations Arabes-Juifs dans cette région avant et pendant 1948. La journée s’est achevée par un repas festif pendant lequel les participants ont partagé leurs impressions sur le cours et leur désir unanime de poursuivre un tel enseignement.

 Parfois Kedem se joint à d’autres organismes pour des actions ponctuelles, comme par exemple pour répondre immédiatement à la déclaration de certains médias en temps de crise, ou encore pour aider un institut qui prépare du matériel éducatif et didactique pour enseigner les autres religions dans le but de la réconciliation.


2) Les programmes pour les femmes

A travers des programmes qui visent à encourager le leadearship féminin, l’ICCI soutient des groupes de femmes israéliennes (juives) et palestiniennes (musulmanes et chrétiennes) pour agir comme des catalyseurs de paix. Depuis 1991, ces groupes de femmes d’ICCI se réunissent à Jérusalem et en Galilée.

L’ICCI croit fortement que si à Jérusalem, ville sacrée en conflit, les Israéliens et Palestiniens, juifs, musulmans et chrétiens, peuvent parler ensemble et construire une confiance mutuelle faite de respect et de compréhension, elles pourront servir d’exemples et jouer des rôles de modèles pour les deux peuples, et propager un espoir de réconciliation.

Ce programme est crée, planifié et coordonné par Mme Sarah Bernstein (une Juive israélienne) et Mme Hanadi Soudah-Younan (une Palestinienne chrétienne), membres du comité exécutif de l’ICCI. Il était et reste unique dans le fait de créer un dialogue entre les femmes juives, musulmanes et chrétiennes de Jérusalem-est et ouest, qui mène avec succès des projets d’action sociale.

Exemples :

 Les Femmes du Livre : un « collage » de Jérusalem En juin 2005, comme un aboutissement de trois ans de dialogue actif, le groupe a publié un livre : un « Collage » de Jérusalem, qui inclut des réflexions honnêtes des participantes, de leurs expériences de dialogue et de certains des dilemmes levés en vivant dans une situation de conflit en cours. Le travail est une mosaïque fascinante des vies entrelacées et des identités d’un groupe de femmes « ordinaires » de Jérusalem. Beaucoup de questions sont soulevées dans ce livre comme le rapport à la terre, les expériences de réfugiées, la crainte comme faisant partie de soi en voulant vivre et élever des enfants au milieu de ce conflit. Mais l’on peut sentir dans cet ouvrage le désir d’avenir, l’espérance dans la création d’un monde meilleur pour la génération suivante.

Les Femmes du Livre agissent comme un outil puissant pour aider d’autres personnes à aller au-delà de leur crainte et de la méfiance de l’autre. L’ICCI a constaté que les « collages » engagent les participants sur un niveau profond, humain.

Les femmes du premier groupe de dialogue utilisent maintenant cet outil pour construire des rapports entre les communautés divisées de Jérusalem. Elles organisent des temps de réconciliation pour les communautés et des ateliers construisant la paix. Basés sur le livre, ces ateliers se concentrent sur la promotion de la tolérance, la réconciliation et la guérison. De cette façon elles espèrent commencer le travail de destruction des barrières « presque insurmontables » d’amertume, de crainte et de soupçon qui divisent Jérusalem.

 Un nouveau programme s’est établi en partant de l’expérience de ce premier groupe. Profitant de l’élan de ce dernier, elles espèrent avoir un impact plus large. Le thème central de ce nouveau groupe de dialogue est l’avenir de Jérusalem, thème qui est au coeur même du conflit israélo-palestinien. Elles discutent de l’avenir de Jérusalem sur un plan personnel et politique. Elles espèrent créer et publier une « vision » partagée qui pourrait servir à la pensée politique comme une plate-forme alternative.


3) Le programme pour les jeunes et les jeunes adultes

L’ICCI s’adresse aussi à des jeunes israéliens (juifs) et palestiniens (musulmans et chrétiens) des lycées et aux jeunes adultes pour transformer les conflits et propose des programmes pour développer le leadership parmi ces jeunes.

Exemples

 Chaque année, après une candidature et un interview, 12 Palestiniens (musulmans et chrétiens) et Israéliens (juifs) adolescents de Jérusalem sont choisis pour participer à un programme d’une année. Le groupe d’adolescents de Jérusalem commence par un voyage à Upstate New York pour participer à deux semaines intensives avec des jeunes de régions de conflit à travers le monde comme l’Irlande, l’Afrique du Sud et différentes communautés des Etats-Unis.

De retour au Moyen-Orient, les participants s’engagent deux fois par mois à des séances de discussions, des activités, qui ont pour objectif « de connaître les autres à Jérusalem », d’être au service de la communauté et de former des animateurs.

 Le Conseil Interreligieux des Jeunes Adultes de Jérusalem (JIYAC), commencé en juin 2007, est un programme d’animation interreligieuse pour étudiants tant à l’est qu’à l’ouest de Jérusalem. Le JIYAC cherche à rassembler des étudiants d’université pour changer le discours public et améliorer les relations entre chrétiens, musulmans et Juifs à Jérusalem. L’ ICCI est associé avec le WCRP pour ce programme.

 Le programme « De la Mémoire à la Réconciliation ». Il s’agit de rencontres organisées en 2007 et 2008 entre Juifs et Arabes avec des étudiants bouddhistes du Japon, centrées sur le rôle humain universel de la pacification de la mémoire dans chaque culture et dans les récits nationaux, que ce soit comme victime et/ou comme agresseur.

 

Agnès Staes


© "Un écho d’Israël"

 

Mis en ligne le 19 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org