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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

“Crimes de guerre” et piètre journalisme (HonestReporting)
01/04/2009

31/03/09

Texte anglais original : "War Crimes" and Shoddy Journalism"

Source : HonestReporting  26/03/09

Traduction française : Marc Brzustowski, pour upjf.org

Réfutation des allégations de crimes de guerre israéliens, émises par Haaretz et The Guardian.

Parcourir la presse israélienne permet de disposer d’un tableau plus complet et mieux informé des événements en Israël que celui qu’offre la couverture, plus étroite et parfois tendancieuse, des médias internationaux. La presse israélienne est, assurément, assez peu monolithique, et une pluralité de tendances politiques concurrentes s’y exprime, qui n’est pas dénuée de penchant à l’autocritique, si bien que bon nombre de nouvelles parmi les plus négatives, qui paraissent ensuite dans la presse internationale, sont d’abord passées au crible des journaux israéliens.

Malheureusement, les journalistes israéliens, tout comme leurs homologues occidentaux, ne sont pas non plus exempts de leurs propres partis pris et défauts journalistiques.

Tel est le cas d’un récent reportage, publié dans Haaretz, qui prétend que des « crimes de guerre » et des manquements graves à l’éthique auraient été commis par les forces israéliennes de défense à Gaza. Comme c’était prévisible, de nombreuses parutions dans les médias internationaux, dont le New York Times,  The GuardianThe IndependentThe Australian, et Globe & Mail pour n’en citer que quelques-unes, ont reproduit ces allégations, sans même se donner la peine de procéder à la moindre vérification.

Indépendamment du Haaretz, mais à peine quelques jours plus tard, The Guardian a publié ses propres allégations de supposés “crimes de guerre” israéliens (reproduits dans l’australien The Age).  Des vidéos sur Internet et des articles supplémentaires ont accusé les forces israéliennes d’avoir fait usage de boucliers humains, tiré délibérément sur des équipes médicales palestiniennes, et tué des civils palestiniens, de manière indiscriminée, à l’aide d’engins aériens sans pilote (drones), et ont émis des allégations selon lesquelles Israël avait utilisé une variété d’armes considérées comme « illégales » (voir l’insert ci-dessous pour plus d’information sur The Guardian)

Haaretz et The Guardian sont tous deux coupables de mauvais journalisme.

Mais la presse internationale n’est guère plus brillante. Au lieu de vérifier les faits sur un sujet à fort contenu litigieux, les publications ne font que répéter les mêmes suppositions. Si elles avaient procédé à un minimum de recherches, elles auraient pu découvrir de nombreux défauts. Melanie Phillips, par exemple, examine les éléments à charge à la disposition du Haaretz :

Il existe précisément deux accusations de meurtres gratuits de civils palestiniens, supposés avoir été commis sur ordre explicite. L’un concerne ce que même le Haaretz a clairement présenté comme une mort accidentelle, il s’agit de deux femmes qui, par erreur, n’auraient pas pris l’itinéraire que les soldats israéliens leur avaient indiqué pour évacuer et, par conséquent, se seraient trouvées dans la ligne de mire d’un sniper. De plus, le soldat qui relate le fait a, par la suite, admis qu’il n’avait pas été témoin oculaire de cet incident – il n’était, d’ailleurs, même pas à Gaza à ce moment-là - et qu’il avait, purement et simplement, fait état de rumeurs et de ouï-dire.

La seconde accusation est fondée sur un incident, supposé réel, dans lequel, alors qu’une vieille femme arrivait à proximité d’une unité de Tsahal, un officier aurait ordonné qu’on l’abatte parce qu’elle s’approchait trop près des lignes et qu’elle aurait pu être une terroriste-suicide. Le soldat qui relatait cette histoire n’a pas dit si la femme avait ou non été effectivement tuée. Par ailleurs, puisqu’il parlait « selon ce qu’on lui avait dit qui s’était passé », il aurait dû apparaître qu’il s’agissait, purement et simplement, encore une fois, de ouï-dire.

Ecrivant dans le Jérusalem Post, Herb Keinon remarque :

Il est important de noter qu’aucun des témoignages ne portait sur ce que les soldats avaient eux-mêmes vécu, mais bien de ce qu’ils avaient entendu, ou vu, que d’autres soldats auraient fait. Il est aussi important que ce qui était relaté semble tomber sous le coup des anomalies rapportées par des individus, durant une guerre contre un ennemi cruel se cachant derrière les civils, et ne soit pas pris pour une perte , par l’armée, de ses repères moraux. »

Le second élément troublant, à la source, c’est le rôle de Dani Zamir, le chef du programme [NdT : séminaire « Yitzhak Rabin » de préparation militaire au Collège académique Oranim de Kyriat Tivon], qui a retranscrit et publié les paroles des soldats [NdT : ces « révélations » ont été faites dans le cadre d’une « thérapie de groupe », groupe de parole, à caractère confidentiel, puis – double trahison envers les sujets de la thérapie et envers l’armée - publiées sans vérification, qui devait faire la part des choses, entre l’angoisse, liée à la situation de combat, et la réalité !]. Un récit, dans le Haaretz de jeudi, raconte qu’en 1990, Zamir, alors commandant d’une compagnie parachutiste de réserve, a comparu devant un tribunal et a été condamné à la prison pour avoir refusé de monter la garde à une cérémonie au cours de laquelle, des « radicaux de droite » devaient amener des rouleaux de la Torah sur la tombe de Joseph à Naplouse.

D’autres soldats interviewés par YNet News ont réfuté ces allégations :

Un soldat d’une brigade parachutiste, qui a également participé à la guerre, a fustigé ces déclarations comme relevant d’une “idiotie”. Parlant sous condition d’anonymat, il a déclaré : « Il est vrai que, dans la guerre, la moralité peut être interprétée de différentes manières, et il y a toujours quelques idiots qui agissent de façon inappropriée, mais la majorité des soldats ont représenté Israël honorablement et avec un haut niveau de moralité. »

Il a expliqué: « Par exemple, en trois occasions différentes, le commandant de ma compagnie a vérifié si les sacs des soldats ne contenaient pas de marchandises volées. Ceux qui ont volé les choses les plus insignifiantes, comme des sucreries, ont été sévèrement punis ».

« On nous a interdit de dormir dans le lit des Palestiniens, même lorsqu’on n’avait pas d’autre possibilité, et nous n’avons absolument pas touché leur nourriture, même après n’avoir pas eu assez à manger depuis deux jours. »

De nombreux autres témoignages des soldats des FDI ont été publiés, pas seulement par Ynet, mais également par d’autres journaux israéliens et même par les blogs personnels des soldats eux-mêmes. Ceux-ci ont complètement été ignorés par l’ordre du jour assigné aux reportages orientés tant de Haaretz que du Guardian.

THE GUARDIAN: JUGE ET PARTIE

Melanie Phillips a montré, de façon minutieuse et dévastatrice, le ridicule des récits, vidéos, commentaires et de l’éditorial du Guardian. Elle a mis en évidence :

  • Que les assertions sont présentées comme des faits, même si elles ne sont soutenues par aucune preuve de cette sorte.
  • La non fiabilité, preuves à l’appui, des “témoins » palestiniens.
  • Le manque d’une quelconque information vérifiable, ou de la moindre mention de toutes les mesures prises par les FDI pour éviter les pertes civiles, alors que le Hamas usait massivement de boucliers humains.

Phillips démonte les trois vidéos, dont une dans laquelle on nous parle comme d’un fait établi que trois jeunes frères ont été utilisés comme boucliers humains par les FDI. Elle remarque :

« Plus absurde que tout, la vidéo montre ce qu’elle déclare très solennellement être un magazine de l’armée israélienne, trouvé dans l’une des maisons détruites, montrant la photo de l’un des frères, attaché et les yeux bandés avant, dit (le commentaire), d’être mis en caleçon et utilisé comme bouclier humain.

On se frotte les yeux. L’opération « Plomb Fondu » a duré du 27 décembre au 18 janvier. S’imagine-t-on que nous allons croire que les Israéliens se sont débrouillés pour publier durant cette période un magazine contenant la photo d’un garçon qu’ils auraient capturé durant cette même opération ? Puis qu’ils aient fait en sorte de le laisser choir dans les décombres -  sans qu’il subisse, comme par miracle, la moindre déchirure de l’une de ses pages – afin qu’il (le garçon) puisse aisément le retrouver ensuite ? »

Comme nouvelle preuve que le Guardian a choisi le militantisme plutôt que le journalisme, le Jerusalem Post rapporte que, dans une lettre envoyée aux responsables de blogs et de sites Internet, le Guardian leur demande de soutenir son travail. L’article explique que le clip sur Gaza était suffisamment significatif « pour donner du poids aux appels de cette semaine pour une investigation complète des événements entourant l’opération « plomb fondu » qui était dirigée contre le Hamas, mais qui a causé la mort de 1400 Palestiniens – dont on sait qu’environ 300 étaient des enfants ». Les vidéos du Guardian demandent ensuite aux bloggeurs de se connecter à sa page intitulée "Les crimes de la guerre de Gaza".

Le blog ZioNation, qui a reçu, par inadvertance, l’appel publié par Mustafa Khalili, qui est un de ceux qui ont été chargés par le Guardian de traiter le thème de Gaza, a tiré la sonnette d’alarme à propos du militantisme politique partisan du Guardian.

The Guardian réalise une campagne flagrante et systématique de diabolisation contre Israël qui va bien au-delà des normes journalistiques.

Le bloggeur du JPost, Edwin Bennatan a même mis en évidence comment le journal s’est montré manifestement sélectif dans sa volonté de publier les réponses de soutiens d’Israël critiquant ce qu’ils disaient être un manque extrême d’équilibre et de proportion de la part du Guardian. Bennatan publie un commentaire très éloquent sur le site du Guardian, qui a été supprimé sur le blog, « le commentaire est libre » du site du journal [???].

L’attitude du Guardian ne peut rester sans réponse. En tenant compte des informations ci-dessus, veuillez envoyer vos commentaires bien pesés au Guardian - letters@guardian.co.uk

Le blog Z-Word écrit :

Cela s’explique peut-être parce que, pour de nombreux commentateurs, il est seulement permis aux Juifs d’avoir un Etat et une armée, et que cette armée satisfasse aux critères de comportement bien au-delà de ce qui est requis de n’importe quel autre Etat, y compris les leurs. Toute attitude qui n’est pas à la hauteur de ces critères tend à être considérée comme la preuve de l’illégitimité fondamentale de l’entreprise sioniste.

Bien entendu, il faudrait enquêter sur toute allégation sérieuse de comportement dénué d’éthique de la part de soldats israéliens, et tout contrevenant devrait rendre des comptes. Il ne fait pas de doute que le haut-commandement de Tsahal a, d’ores et déjà, lancé ses propres enquêtes. Cependant, le cirque médiatique tournoyant autour de ces cas est encore un nouvel exemple des prolongements donnés par les médias internationaux et les détracteurs d’Israël dans le but de promouvoir l’image erronée d’une armée de défense israélienne exclusivement amorale, voire probablement malfaisante.

Et ce dessin révoltant, du dessinateur américain Pat Oliphant constitue, de manière attristante, un indicateur de la direction dans laquelle vont les choses pour Israël, face à ce tir de barrage d’allégations et de diabolisation. Entre les récits des médias comme ceux rapportés ci-dessus et les dessins représentant les FDI comme les nouveaux nazis, il n’y a qu’un pas vers la délégitimation complète d’Israël lui-même.

 

© HonestReporting. com


Mis en ligne le 31 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org