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Antisémitisme

La guerre de Gaza et la nouvelle flambée d’antisémitisme, Manfred Gerstenfeld et Tamas Berzi
01/04/2009

Voici une étude, longue et austère, assez effrayante aussi, qu’il faut pourtant lire avec courage, tant elle est indispensable pour comprendre dans quelle situation alarmante, voire dangereuse, à laquelle est confronté Israël et au travers de l’Etat hébreu, l’ensemble du peuple juif qui subit son opprobre. Sans jouer les Cassandre ou les Jérémie, ni donner dans ce qu’on appelle avec mépris, la "sinistrologie", ces deux auteurs dressent un catalogue accablant de l’hostilité arbitraire globale dont les Israéliens et les Juifs sont l’objet, pour des motifs dont les hommes et les femmes à la conscience droite ne peuvent pas ignorer à quel point ils sont le fruit d’un mensonge diabolique et criminel. Le plus grave à mes yeux, est l’indifférence de plus en plus grande qui accueille les accusations et les injures les plus ignobles. C’est la raison pour laquelle, à tort ou à raison, je perçois, en arrière-plan de ces événements qui ont toutes les apparences de processus politiques classiques, les prodromes des désastres incommensurables que causeront l’Antichrist et les nations qu’il aura séduites. Ce considérations ne me font oublier de saluer le labeur impressionnant de notre traducteur professionnel bénévole, Jean Szlamowicz, sans qui ce très important texte serait resté inconnu des nombreux internautes qui ne maîtrisent pas la langue anglaise. (Menahem Macina).

JCPA No. 79, 1 April 2009 / 7 Nissan 5769


Texte original anglais : "The Gaza War and the New Outburst of Anti-Semitism".

 

Traduction française : Jean Szlamowicz pour upjf.org

 

  • Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale on n’avait pas vu autant de manifestations antisémites et anti-israéliennes que lors de la récente campagne militaire israélienne à Gaza. Les attaques sont venues de toutes les directions. Il y a eu des condamnations virulentes de plusieurs gouvernements et des manifestations d’une plus ou moins grande violence dans un certain nombre de pays. Par ailleurs, il y a également eu des agressions physiques contre des Juifs et des institutions juives. Et beaucoup de discours de haine.
  • Certains seuils ont été franchis, en termes de haine. On a beaucoup recouru à l’équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie. Pour la première fois, on a entendu des appels au meurtre envers les Juifs dans des manifestations en Allemagne et aux Etats-Unis. Des politiques de premier plan, notamment la ministre des finances de Norvège, ont défilé dans de telles manifestations. Tout indique qu’un ensemble d’entités musulmanes, notamment des mosquées, avaient soigneusement préparé ces événements.
  • Un certain nombre d’actions provenant d’entités musulmanes des pays occidentaux ont montré leur désir de conquérir l’espace public et simultanément, d’en éliminer les éléments juifs ou israéliens. Cette nouveauté ne concerne pas que les Juifs mais la société dans son ensemble. Ceux qui veulent s’imposer sur la place publique au détriment des Juifs, aujourd’hui, le feront demain au détriment d’autres segments de la société.
  • La guerre de Gaza a montré une nouvelle fois qu’Israël est capable de faire face aux défis militaires qui lui sont imposés. En revanche, la guerre immatérielle et verbale menée contre Israël par des cercles qui siègent aux Nations Unies, par plusieurs partis politiques occidentaux, par les médias, le monde universitaire, les ONG et beaucoup d’autres, est asymétrique et n’a jamais été correctement analysée par les autorité israéliennes. Comprendre les fonctionnements de la propagande anti-israélienne, comprendre quelle est sa dynamique interne, est devenu une nécessité pour peu à peu construire une défense adéquate dans ce domaine.

 

INTRODUCTION

Durant l’opération israélienne "Plomb Fondu" dans la Bande de Gaza, qui a duré du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, on n’avait jamais vu de tels pics de manifestations antisémites et anti-israéliennes depuis la Seconde Guerre mondiale. Un bon indicateur de la haine exprimée durant cette période est le nombre d’incidents antisémites en Grande-Bretagne : ils ont été multipliés par 8 et ont atteint le nombre de 220 par rapport à la même période l’an dernier (2). Selon des estimations de la Coordination Contre l’Antisémitisme (Coordination Forum for Countering Anti-Semitism), les incidents antisémites dans le monde ont augmenté de 300% (3). Les e-mails de haine envoyés à l’institution représentant la communauté juive en Allemagne sont en hausse de 40% et avoisinent les 200 à 300 par semaine (4).

Les attaques viennent de toutes les directions. Plusieurs gouvernements ont condamné très fermement les actions militaires israéliennes ; certains médias occidentaux ont été d’une négativité violente envers Israël alors même qu’Israël faisait face à un mouvement terroriste dont la charte prêche le génocide.  Les accusations nombreuses se sont parfois révélées totalement fausses. Des ONG ont accusé Israël de diverses violations du droit international, dont celles de « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » (5). Certains ont décidé ou tenter de faire appliquer des boycotts anti-israéliens.

La majorité des participants aux manifestations anti-israéliennes qui ont eu lieu dans de nombreux pays étaient musulmans. On a souvent pu y entendre « mort aux Juifs ! », ou des slogans similaires. On a aussi fréquemment fait d’Israël un équivalent contemporain de l’Allemagne nazie. Ces manifestations sont souvent devenues violentes. Quant aux manifestations pro-israéliennes, un certain nombre ont été violemment attaquées.

Parmi les attaques physiques envers des Juifs, le pire a eu lieu au Danemark, où deux Israéliens ont été abattus. Des incendies volontaires et des actes de vandalisme ont pris pour cibles des synagogues dans des pays comme la France, la Belgique, la Suède, l’Italie et les Pays-Bas.  On s’en est également pris à divers commerces, aux restaurants kasher, et à des cimetières juifs.

De tels événements et incidents sont si nombreux, qu’on ne peut les dénombrer à l’heure actuelle. Les informations ci-dessous essaient cependant de donner un panorama stratégique des problématiques qui sont en jeu. On prendra soin de remarquer que nous ne nous intéressons pas prioritairement, ici, aux pays arabes et musulmans, où la diabolisation d’Israël est un phénomène souvent permanent.

Malgré l’ampleur considérable des événements mentionnés, il ne faudrait pas en conclure que la majorité des populations des pays occidentaux sont contre les Juifs et Israël, même si un groupe déterminé d’antisémites et d’anti-Israéliens sont susceptibles de créer une atmosphère qui peut le laisser penser, notamment parce que ce groupe est prêt à l’action violente. Tout cela est d’autant plus exacerbé par la distorsion des faits et du contexte du conflit par de nombreux médias.

 

Déclarations et mesures gouvernementales anti-israéliennes

Parmi les pays qui ont sévèrement condamné Israël, on dénombre l’Iran, la Syrie, le Venezuela et Cuba. Une nouveauté importante est l’alignement de la Turquie sur ces pays. Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a taxé les opérations d’Israël de « crimes contre l’humanité », et il a affirmé qu’Israël utilisait une « force disproportionnée » (6). Cette accusation a fait partie des mensonges récurrents contre Israël.

Le Dr Dore Gold, ancien ambassadeur israélien aux Nations Unies, a expliqué que durant la guerre de Gaza, « d’un point de vue strictement légal, les actions militaires d’Israël sont parfaitement fondées. Selon le droit international, Israël n’est pas censé calibrer l’usage de sa force en correspondance rigoureuse avec la force qui est employée contre lui (on ne demande pas à Israël de fabriquer des roquettes Kassam et de les lancer au hasard sur Gaza » (7).

Cela n’a pas empêché Erdogan d’affirmer devant son parlement : « On dit que mes critiques sont dures mais il me semble qu’elles ne sont pas aussi dures que les bombes au phosphore et les obus tirés par les tanks. Je réagis en tant qu’être humain et en tant que musulman ». Le Premier ministre turc s’est beaucoup exprimé contre les opérations israéliennes à Gaza. A propos de la communauté internationale, il a prévenu que « ceux qui resteront silencieux face à cette agression, auront à rendre des comptes devant l’histoire ». Il a aussi déclaré que « c’était la dignité de l’humanité qu’on assassinait à Gaza » (8). Erdogan n’a jamais utilisé pareil langage pour évoquer les intentions génocidaires ou meurtrières du monde musulman. Selon les critères en application dans l’Union européenne, une telle différence de traitement relève de l’antisémitisme (9).

Evoquant les remarques d’Erdogan à l’égard d’Israël, Soner Cagaptay a pu écrire, dans le Wall Street Journal, que « la rhétorique de M. Erdogan a atteint des sommets de fièvre islamiste » (10). Certaines déclarations du Premier ministre turc contiennent des motifs antisémites typiques. C’est le cas dans son discours du 13 janvier 2009, où il accusait les Juifs « de contrôler les médias et de prendre des civils pour cible intentionnellement ». Il a également déclaré que « les médias soutenus par les Juifs diffusent de fausses informations sur ce qui se passe à Gaza et trouvent des excuses imaginaires pour justifier de prendre pour cibles des écoles, des mosquées et des hôpitaux » (11).

Les interventions enflammées d’Erdogan à l’encontre d’Israël ne sont pas isolées et doivent être comprises dans le contexte de ses efforts pour islamiser graduellement la Turquie (12). Son discours sur la démocratie israélienne renforce les doutes que l’on pouvait avoir sur la capacité de la Turquie à rejoindre l’Union Européenne. En prenant implicitement parti pour le Hamas, que l’Union Européenne considère comme une organisation terroriste, l’attitude de la Turquie va bien plus loin que celle des pays européens les plus critiques envers Israël. Erdogan a également créé un incident lors du forum économique mondial Davos, quand il a quitté  la tribune, furieux d’avoir été interrompu par le modérateur, l’éditorialiste du Washington Post, David Ignatius, alors qu’il répondait au discours du président israélien Shimon Peres, qui défendait l’opération israélienne à Gaza (13).

Le comportement d’Erdogan a été applaudi par les autorités iraniennes. Yahya Rahim Safavi, conseiller du Guide suprême Ali Khamenei pour la sécurité, a réagi en disant que « le courage d’Erdogan, au sommet de Davos, contre les crimes de guerre du régime sioniste, est la preuve du réveil islamique du peuple turc, ce qui est le résultat de l’influence de la révolution islamique iranienne » (14).

 

Rupture des relations

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a sévèrement critiqué Israël, affirmant : « l’Holocauste, c’est ce qui se passe en ce moment à Gaza » (15). Il a ajouté que le président israélien et le président des Etats-Unis devraient être déférés devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Chavez a renvoyé tous les diplomates israéliens de Caracas et a rompu les relations diplomatiques avec Israël (16).

A la suite de la décision de Chavez, le président bolivien, Evo Morales, a décidé d’en faire autant. Il a annoncé qu’il allait demander qu’une inculpation pour génocide soit prononcée à l’encontre des hauts dirigeants israéliens, par la CPI, et a même suggéré que l’on retire son Prix Nobel de la Paix à Shimon Peres (17).

Le 5 janvier, la Mauritanie, le seul pays arabe - avec la Jordanie et l’Egypte - à avoir des relations officielles avec Israël, a ordonné à son ambassadeur à Tel Aviv de rentrer pour consultations (18). Le 17 janvier, la Mauritanie a décidé de geler ses relations politiques et économiques [avec Israël] (19). Début mars, la Mauritanie a demandé à Israël de fermer son ambassade à Nouakchott (20).

Le Qatar, seul pays arabe du Golfe à avoir des rapports avec Israël, a demandé à Israël de fermer son bureau commercial à Doha et de retirer son personnel jusqu’à ce que la situation s’améliore. Le Qatar a également fermé son bureau commercial en Israël (21).

 

Réactions européennes

L’attitude des gouvernements des pays de l’Union Européenne à l’égard du conflit ont été très divergentes. Des pays comme l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la République Tchèque et la Hongrie ont montré beaucoup de compréhension pour l’action israélienne et l’ont considérée comme de la légitime défense. Ils ont affirmé, sans aucune équivoque, la responsabilité du Hamas dans cette guerre (22).

Durant la campagne de Gaza, la présidence de l’UE a changé et, le 1er janvier 2009, c’est la république tchèque qui en a hérité, après la France. Une semaine après le début des opérations israéliennes à Gaza, deux délégations diplomatiques de l’UE ont visité Israël et d’autres pays du Moyen-Orient. Au même moment, le président Nicolas Sarkozy a appelé à un cessez-le-feu humanitaire de 48 heures, qui a été rejeté par Israël. La délégation européenne, dirigée par le ministre des affaires étrangères tchèque, Karel Schwarzenberg, est arrivée sans propositions précises, Karel Schwarzenberg parlant d’une grande diversité de positions dans le groupe (23).

La voix la plus critique parmi les gouvernements européens a été celle du ministre irlandais des affaires étrangères, Micheál Martin. Il a condamné les frappes aériennes israéliennes en les considérant comme « dévastatrices » et comme « des opérations offensives ». Il a également condamné le lancement de missiles contre le territoire israélien (24). A propos de l’opération terrestre, il a parlé « d’attaques indiscriminées », et soutenu que l’opération ne pouvait absolument pas se justifier et devait être arrêtée immédiatement » (25).

Martin a affirmé devant les membres du Dáil, le parlement irlandais : « avant tout conflit, j’avais, avec le gouvernement, régulièrement condamné les attaques de missiles contre le sud d’Israël ». Cependant, un article de Bruce Arnold, dans le journal irlandais Independent, a révélé que, durant l’année 2008, quand les attaques de missiles avaient lieu, aucune des déclarations à la presse du ministre ou de son prédécesseur concernant le Moyen-Orient n’avait mentionné le Hamas. Comme le note Arnold, « il n’y a pas eu de ’condamnation régulière du Hamas’, parce qu’il n’y a pas eu de condamnation du tout » (26).

La Suède a été l’autre pays de l’UE, dont la position a été globalement accusatrice vis-à-vis d’Israël. Le ministre des affaires étrangères, Carl Bildt, a décrit les frappes aériennes israéliennes comme « un grave prolongement de l’escalade des tensions ». Il a cependant reconnu que la guerre avait éclaté parce que le Hamas avait refusé de reconduire le cessez-le-feu, et il a déclaré : « même si le cessez-le-feu n’a pas rempli les attentes, notamment en ce qui concerne l’allègement du blocus de Gaza, il aurait été plus bénéfique à toutes les parties s’il avait continué à être respecté ». Il a aussi décrit la stratégie israélienne d’isolement de la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas, comme « contreproductive » (27).

Le gouvernement norvégien, dont le pays ne fait pas partie de l’Union Européenne, a été également globalement négatif envers Israël. Le ministre des Affaires étrangères, Jonas Gahr Støre, a déclaré, entre autres : « l’offensive terrestre israélienne constitue une escalade dramatique du conflit. La Norvège condamne fermement toute forme d’opération militaire qui cause des souffrances graves aux civils et appelle Israël à retirer ses forces immédiatement ». Il a ajouté : « Gaza est la zone la plus densément peuplée au monde et les effets d’une opération terrestre sur une population civile qui souffre depuis longtemps, qui subi depuis de nombreuses années un régime d’enfermement très strict, et maintenant, de nombreuses journées d’attaques militaires, seront très graves » (28).

 

Tout à sa hâte de condamner Israël, Støre a repris une contre-vérité fréquemment utilisée. La bande de Gaza est loin d’être la zone la plus peuplée au monde. Singapour, Hong Kong, ou même Tel-Aviv et sa banlieue, sont plus peuplées (29).

 

II. MANIFESTATIONS

Les manifestations contre Israël se sont rapidement mises en place. Des entités musulmanes extrémistes et des organisations de gauche avaient vu venir la campagne de Gaza. Plusieurs dirigeants des communautés juives  pensent que les groupes anti-israéliens étaient bien préparés et bien mieux organisés que la communauté juive et ses alliés.

Le professeur Dina Porat, qui dirige l’Institut Stephen Roth pour l’étude de l’antisémitisme et du racisme contemporain, à l’université de Tel-Aviv, a déclaré que les réactions à l’opération Plomb Fondu prouvaient que les musulmans européens « avaient organisé à l’avance une campagne contre les Juifs et Israël, car, pour eux, cela revient au même », et qu’ils « n’attendaient qu’un signal pour lancer cette campagne et l’analogie avec le nazisme ». Selon Dina Porat, l’association avec le nazisme avait d’autant plus de poids quand des européens de gauche collaboraient avec les musulmans.

Elle ajoutait que « le poids de l’Holocauste est tel pour les Européens qu’accuser les victimes d’être comme les nazis leur permet de se défaire d’une partie de ce fardeau de culpabilité ». Les propos de Dina Porat proviennent d’une réunion du Congrès Mondial Juif, à la veille du jour de commémoration international de l’Holocauste (30).

Une confirmation de ce travail commun nous est donnée par une source arabe. Le Dr Kemal Helbawy, ancien porte-parole de l’Organisation Internationale des Frères Musulmans en Europe, a déclaré qu’il existait une coordination entre les Frères Musulmans et des organisations juives comme le Comité Israélien contre la Démolition des Maisons et Juifs Contre le Sionisme (Jews against Zionism) afin d’organiser des manifestations à Londres (31).

A Londres, d’importantes manifestations anti-israéliennes ont eu lieu et certaines se sont avérées violentes. Lors d’un de ces rassemblements, 600 manifestants ont affronté la police devant l’ambassade israélienne (32). Le 3 janvier, 5 000 manifestant se sont séparés du groupe de 12 000 organisé par la coalition Stop the War. Ils ont brûlé des drapeaux israéliens et lancé des projectiles dont des feux d’artifices aux policiers (33). Une semaine plus tard, une autre manifestation organisée par le même groupe s’est également montrée violente. Selon la police métropolitaine, 20 000 personnes y ont participé, mais la BBC a estimé qu’il y avait 50 000 personnes. Certains manifestants ont détruit les vitrines d’un Starbucks Cafe et trois policiers ont été blessés par des projectiles (34).

C’est aussi à Londres qu’a eu lieu un des rassemblements pro-Israéliens les plus importante d’Europe. Le 11 janvier, selon les estimations des organisateurs, 15 000 personnes sont venus manifester leur soutien à Israël, sous la bannière de « Paix en Israël, Paix à Gaza ». On a compté parmi les orateurs le grand rabbin Jonathan Sacks, l’ambassadeur israélien, Ron Prosor, et un certain nombre de parlementaires britanniques (35).

Paris a également  été le lieu de rassemblements importants. Une première manifestation anti-israélienne de 1 400 participants s’est déroulée sans incident (36). Le 3 janvier, la plus grande manifestation anti-israélienne en France a rassemblé 21 000 personnes dont 500 se sont conduits de manière violente. Ils ont lancé des objets sur les policiers, brûlé des drapeaux israéliens, incendié des voitures et vandalisé plusieurs magasins. Dix policiers ont été blessés durant les heurts, et 20 manifestants ont été arrêtés (37). Le lendemain, un rassemblement pro-israélien a réuni 12 000 personnes, selon les organisateurs, et 4 000, selon la police (38).

Il y a eu beaucoup de manifestations anti-israéliennes en Allemagne, notamment à Düsseldorf, Francfort et Berlin. A Berlin, le Hamas et le Hezbollah ont été salués et un drapeau israélien brûlé (39). Après bien des décennies, les cris de « mort aux Juifs ! » ont à nouveau retenti à Berlin, cette fois-ci essentiellement de la bouche de musulmans (40). Lors d’un rassemblement pro-palestinien à Duisburg, la police a retiré deux drapeaux israéliens flottant aux balcons d’appartements de particuliers (41). Des manifestations pro-israéliennes ont eu lieu à Berlin, Francfort et Munich, qui ont rassemblé en tout 2 000 personnes (42).

Au cours de la seconde guerre du Liban, à l’été 2006, il y avait eu des incidents antijuifs en Norvège, dont des coups de feu à la synagogue d’Oslo, ce qui avait constitué l’incident le plus grave en Europe (43). Cette fois, la Norvège a été à l’avant-garde des démonstrations de haine anti-israélienne. C’est le seul pays où un membre du gouvernement, en l’occurrence, la ministre des Finances, Kristin Halvorsen, leader du Parti de la Gauche Socialiste, a défilé contre Israël dans une manifestation où l’on a entendu des cris de « Mort aux Juifs ! », même si les médias norvégiens en ont peu parlé. Un quotidien israélien, en revanche, en a fait le récit, évoquant aussi des protestations de l’ambassade israélienne (44).

A Oslo, lors d’une manifestation qui rassemblait environ 40 000 personnes, des pierres et des œufs furent lancés sur les policiers par un petit groupe qui refusait de quitter le cortège lors de la dispersion de la manifestation (45). Le 8 janvier, un millier de manifestants pro-palestiniens ont participé à un rassemblement pro-israélien organisé par le Parti du Progrès, qui est dans l’opposition. Ils étaient armés de couteaux, de battes de baseball et de cocktails Molotov (46). La police les a empêchés d’attaquer les manifestants pro-Israël, mais des voyous s’en sont pris à la police et on détruit des vitres de magasins sur la grande avenue d’Oslo. Six personnes ont été blessées, dont cinq policiers. Les 26 personnes arrêtées étaient de 13 nationalités différentes, au nombre desquels figuraient notamment des immigrés pakistanais, palestiniens, turcs, marocains, iraniens, jordaniens, somaliens, irakiens et afghans (47).

Johan Fredriksen, chef d’état-major de la police d’Oslo, a souligné « qu’une telle situation ne s’était pas produite en Norvège depuis le début des années quatre-vingts » (48). Après s’être exprimé lors d’un meeting pro-israélien, la dirigeante du Parti du Progrès, Siv Jensen, a dû être protégée de manière permanente par des gardes du corps, en raison des menaces dont elle avait été l’objet (49).

Des manifestations anti-israéliennes importantes ont également eu lieu en Suède. C’est principalement grâce à des bloggers suédois que l’on sait que des membres importants du Parti Social Démocrate (le parti le plus important du pays) ont pris part à des manifestations de haine envers Israël. Mona Sahlin, qui dirige ce parti, a participé à un meeting à Stockholm (50), où l’on a déployé des drapeaux du Hezbollah et du Hamas, tandis qu’on brûlait un drapeau israélien (51). Jan Eliasson, ancien ministre des affaires étrangères (52), et Wanja Lundby Wedin, qui dirige la Confédération des Syndicats Suédois (53), ont également participé à cet événement.

A Norrköping, un autre membre important du Parti Social Démocrate, Lars Stjernkvist, s’est exprimé lors d’une manifestation, tandis qu’étaient déployés derrière lui un drapeau du Hezbollah et des swastikas. Un blogger a pu le photographier (54). Quand la nouvelle a fait la une des journaux, le quotidien social-démocrate régional, Folkbladet, a reproché au blogger d’avoir monté l’affaire en épingle (55). A Göteborg, on a brûlé des bouts de tissu avec des symboles israéliens. A Malmö, un autre député social-démocrate, Luciano Astudillo, s’est exprimé pendant qu’on brandissait à ses côtés une image du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah (56).

Les Pays-Bas n’ont pas échappé à des rassemblements anti-israéliens. A Amsterdam, deux députés du Parti Socialiste d’extrême gauche, Harry van Bommel et Sadet Karabulut, se sont joints aux autres manifestants qui criaient « Intifada, Intifada, Palestine libre » (57).

Bram Moszkowicz, un avocat hollandais de renom, a déposé plainte auprès du procureur contre deux hommes politiques pour incitation à la haine, à la discrimination et à la violence. Selon lui, ils étaient tous les deux meneurs d’une manifestation où l’on a entendu des cris « Hamas, Hamas, les Juifs à la chambre à gaz ». Selon Moszkowicz, comme les deux parlementaires ne se sont pas désolidarisés de ces cris, on peut considérer qu’ils étaient en accord avec eux (58). Parmi les 30 entités ayant organisé l’événement, on comptait plusieurs associations musulmanes, donc le Milli Görüs turc et le Conseil des Mosquées Marocaines des Pays-Bas, ainsi que Socialistes de l’Internationale (un groupe d’extrême gauche), le comité hollandais pour la Palestine et un petit groupe de Juifs anti-sionistes, Ander Joods Geluid (59).

Une bannière de la manifestation proclamait que « Anne Frank se retourne dans sa tombe » (60). L’utilisation abusive de la mémoire d’Anne Frank, pour soutenir la société palestinienne, qui est abondamment touchée par l’appel au génocide des Juifs, s’est produit en diverses occasion aux Pays-Bas (61). Ce sont des cas typiques d’inversion de l’Holocauste (62).

Le  11 janvier s’est tenue à Bruxelles une grande manifestation où des drapeaux israéliens ont été brûlés et où l’on a brandi des effigies de cadavres d’enfants sanguinolents (63). Le 16 février, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique [CCOJB] a officiellement déposé plainte pour racisme, antisémitisme et xénophobie auprès du Centre pour l’Egalité des Chances et du Combat contre le Racisme. Le CCOJB accuse trois des partis wallons, le Parti Socialiste, le CDH chrétien, et le parti écologiste, ainsi que des syndicats et 86 ONG qui avaient pris part à l’organisation de la manifestation (64).

Le CCOJB a souligné que cette manifestation, soi-disant pacifique, avait donné lieu à un véritable déchaînement d’antisémitisme dans les rues de Bruxelles. Des bannières représentaient les Juifs comme des démons ou comme des nazis, d’autres faisaient référence au "Protocole des Sages de Sion". D’autres pancartes comparaient Gaza à Auschwitz. Le CCOJB a déclaré que de telles expressions étaient à la fois moralement et légalement condamnables (65).

A Athènes, 3000 manifestants ont défilé et jeté des pierres devant l’ambassade d’Israël (66). Ils ont également jeté des cocktails Molotov en direction des responsables des forces de police (67). Ces manifestations intervenaient après des semaines d’émeutes, sans lien avec Gaza, qui avaient fait suite à la mort d’un adolescent tué par la police (68). A Nicosie, les participants se sont attaqués « aux policiers anti-émeutes à coups de pierres, de bâtons, de chaussures et par des jets d’oranges, près de l’ambassade israélienne » (69). A Rome, ils étaient des milliers à défiler avec des pancartes « superposant des swastikas et des étoiles de David » (70). Des manifestations ont aussi eu lieu à Milan, Turin, et Venise (71). L’une des plus importantes manifestations pro-israéliennes a eu lieu le 14 janvier à Rome. Plus d’une centaine de parlementaires de différents partis y ont participé (72). A Barcelone, 30 000 personnes ont défilé contre Israël en « portant des couvertures tachées de sang et de faux cadavres d’enfants » (73). A Madrid, selon les organisateurs, ce sont 250 000 personnes qui ont pris part à une manifestation pro-palestinienne. L’un des orateurs a dit que la bande de Gaza était un camp de concentration (74).

C’est en Turquie qu’a eu lieu ce qui fut sans doute la plus grande manifestation anti-israélienne, où des centaines de milliers de personnes ont défilé en divers lieux. On estime que 200 000 personnes ont participé à un rassemblement organisé par un petit parti islamiste à Istanboul. Il y a également eu des manifestations importantes dans les provinces du sud-est, comme Diyarbakir, entre autres (75).

Aux Etats-Unis ont eu lieu de nombreuses manifestations contre Israël. Les participants étaient essentiellement des Arabes et des musulmans (76). On a également évoqué des manifestations en Australie et en Nouvelle-Zélande. A Sydney, un Juif a été agressé lors d’un meeting pro-palestinien (77). A Wellington, en Nouvelle-Zélande, un prêtre catholique, le père Gerard Burn, a aspergé de peinture rouge mélangée à une goutte de son propre sang, le mémorial consacré à Yitzhak Rabin (78). Le 14 janvier, en Afrique du Sud, la ministre adjointe des Affaires étrangères, Fatima Hajaig, a déclaré, lors d’un meeting pro-palestinien, que « l’Amérique, comme la plupart des pays occidentaux, est contrôlée par l’argent juif ». Elle a, par la suite, présenté des excuses pour ces propos (79).

En Argentine, à la suite d’une manifestation, un dirigeant d’extrême gauche a traité les Juifs de « rats », sur une grande chaîne de radio (80). Certains manifestants, qui arboraient des t-shirts du Hezbollah - responsable, selon un tribunal argentin, de l’attentat d’un immeuble en 1994, qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés - se sont dirigés vers le bâtiment de l’association juive AMIA. Le président de l’institut national contre la discrimination (INADI) est resté silencieux sur les manifestations antisémites ayant eu lieu dans le pays (81).

 

III. INCIDENTS ANTISEMITES

Un grand nombre d’incidents antisémites ont eu lieu en divers endroits, bien plus que durant la seconde guerre du Liban. Une fois encore, c’est en Scandinavie qu’a eu lieu le plus grave. Dans un centre commercial de la petite ville danoise d’Odense, on a tiré sur deux Israéliens, qui ont été blessés. Un suspect danois d’origine libanaise, dont les parents sont Palestiniens, a été arrêté (82).

La plus grande quantité d’incidents a eu lieu en France et en Grande-Bretagne. De nombreuses attaques de synagogues ont été perpétrées en France. On a lancé une voiture enflammée contre les grilles d’une synagogue de Toulouse (83). A Villeneuve-St-Georges, près de Paris, on a mis le feu à la porte de la synagogue et, dans une autre banlieue, un jeune homme a été poignardé à quatre reprises quand deux hommes ont reconnu un symbole juif à son cou (84).

A Lingolsheim, en Alsace, la porte d’entrée de la synagogue a été taguée par ces mots : « Assassins ! » et « Longue vie à la démocratie israélienne ! ». A Metz, au cours d’un défilé pro-palestinien, 200 jeunes se sont approchés de la synagogue mais ont été tenus à distance par la police. A Toulon, on a incendié une voiture sur le parking de la synagogue. A Villeurbanne, près de Lyon, on a cassé les vitres d’une synagogue. A Paris, on a projeté un liquide jaunâtre sur une synagogue et, dans une autre, des affiches ont été apposées sur les murs avec comme slogans « Partez de Gaza ! ». A Sedan, on a brisé les vitres de la synagogue et tracé une croix sur le mur. A St. Denis, dans la banlieue parisienne, des cocktails Molotov ont été lancés sur la synagogue dont les vitres ont été brisées. La même chose s’est produite à Schiltigheim, en Alsace (85). Le 13 janvier, à Lille, une swastika et le sigle ZOG (Zionist Occupation Government) ont été peints sur la porte de la synagogue. Le 14 janvier, à Mulhouse, en Alsace, des graffitis comme « A mort Israël ! », « Vive la Palestine ! » et « Nike (sic !) la France », ont été dessinés sur les murs de la synagogue (86).

Le Community Security Trust, une association de défense juive britannique, a rapporté quelques exemples, parmi les multiples incidents dont a été victime par la communauté juive. On compte notamment un incendie d’une synagogue du nord de Londres, deux agressions d’hommes visiblement juifs, par des sympathisants pro-palestiniens, des inscriptions anti-israéliennes sur des synagogues et d’autres bâtiments juifs, et des graffitis antisémites dans des zones où il notoire qu’habite une population juive (87) Le Sun a parlé d’un site extrémiste islamique qui a publié une liste de Juifs célèbres à prendre pour cible en priorité, dont la chanteuse Amy Winehouse, le ministre des affaires étrangères  David Miliband, et l’avocat Anthony Julius (88).

De nombreux autres incidents antisémites ont eu lieu dans divers endroits. En Italie, des œufs remplis de peinture rouge ont été jetés sur une synagogue à Pise (89), et un engin explosif a été trouvé près du centre Loubavitch de Florence (90). En Belgique, une bombe à essence a été lancée sur une synagogue de Bruxelles ; les vitres d’une synagogue de Charleroi ont été brisées (91) ; une ménorah a été brûlée et on a peint des swastikas sur les vitrines de commerces juifs (92). A Istanboul,  une bombe a explosé près de la banque israélienne Pozitif et des affiches, prospectus et graffiti ont envahi la ville. A Izmir, on a écrit sur la porte d’une synagogue : « Nous vous tuerons ! » (93). A Ankara, un match de basketball entre le Turk Telekom et l’équipe israélienne de Bnei Hasharon a été annulé après que les supporteurs turcs eurent envahis le terrain aux cris de « Allahu Akbar ! » et de « Mort aux Juifs ! » (94).

Plusieurs agressions antisémites ont eu lieu en Suède. A Helsingborg, on a mis le feu aux escaliers d’un centre juif. A Stockholm, l’ambassade israélienne a été couverte de graffitis déclarant : « Ecrasez Israël, vous avez brisé le cessez-le-feu ! », et autres imprécations comme « Vous mourrez ! », et « Assassins ! » (95). A Malmö, une chapelle funéraire juive a été, à trois reprises, trois fois l’objet d’attaques (96).

 

Le président de la communauté juive du Venezuela, Abraham Levy Ben Shimol, a raconté aux participants du Congrès Mondial Juif que des swastikas avaient été dessinées sur les murs d’une synagogue de Caracas, avant d’ajouter que « là où nous vivons, l’antisémitisme est permis : il vient du président lui-même, du gouvernement, des médias. Comme le gouvernement est très influent dans la vie quotidienne de ses relais locaux, son influence est d’autant plus efficace. » (97).

 

IV. ACCUSATIONS ET APPELS A DES ACTIONS CONTRE ISRAËL

 

Médias

Comme en d’autres occasions, divers médias ont eu une influence majeure dans la distorsion des événements, comme le montrent les exemples suivants. France 2 a été très critiquée, ces dernières années, pour son rôle dans l’affaire Al-Dura. Le spécialiste des médias français, Philippe Karsenty, a déclaré que les images de France 2 montrant le meurtre du petit Muhammad al-Dura au début de la Seconde Intifada, à l’automne 2000, étaient une mise en scène. Quand France 2 a poursuivi Karsenty, une cour d’appel a décidé qu’il avait parfaitement le droit d’exprimer des doutes sur l’authenticité de ce reportage (98).

Lors de la récente campagne de Gaza, France 2 a diffusé, comme illustration, une vidéo-amateur filmée en réalité en 2005, lors d’un incident où des Gazaouis avaient été tués par une explosion causée par des militants du Hamas. Les responsables ont présenté cette erreur comme un « dysfonctionnement interne ». Etienne Leenhardt, directeur de l’information de France 2 a déclaré que les images « devaient servir à illustrer la guerre des images sur Internet », et encore : « Les journalistes qui ont procédé au montage ont travaillé dans la précipitation » (99).

Le groupe de veille médiatique israélo-hollandais Israël Facts, a entrepris une analyse détaillée de la façon dont NOS, un service d’information financé par l’Etat, a rendu comte de la campagne de Gaza. En se fondant sur toutes les émissions d’actualité de début de soirée de NOS pendant cette opération militaire, ils ont pu démontrer que l’omission, la distorsion et la manipulation étaient systématiques. Les images étaient, pour la plupart, celles d’un journaliste local de Gaza. 90% de ces images traitaient de la souffrance de la population de Gaza. Israël Facts souligne que ces reportages ne donnaient à aucun porte-parole israélien la possibilité de s’exprimer. Ils ajoutent que le point de vue israélien n’apparaît qu’au bout de quatre jours, lors du Nouvel An, quand la plupart des Hollandais sont plongés dans les festivités. On remarquait aussi qu’Israël n’a pas bénéficié de droit de réponse face aux accusations des ONG et des Palestiniens (100).

De son côté, The Guardian a publié une nécrologie de Nizar Rayan, dirigeant terroriste du Hamas, qui avait envoyé son fils de 22 ans dans une mission-suicide qui avait coûté la vie à deux Israéliens. Cet article, qui parlait de lui comme d’un homme politique, avait pour sous-titre « Un religieux et haut dirigeant du Hamas considéré comme un héros dans les rues de Gaza. » (101).

L’historien et spécialiste des médias, Richard Landes, a relevé que les médias internationaux ont largement été favorable au Hamas, dont la stratégie a été de dramatiser et d’exagérer les pertes palestiniennes, de manière à s’attirer la sympathie du monde entier et à mobiliser la pression de la communauté internationale pour empêcher Israël de continuer ses opérations militaires avant qu’elles aient atteint leurs objectifs. Il signale d’ailleurs que le phénomène consistant à forcer l’ennemi à infliger des pertes à  sa propre population civile est une stratégie à peu près inédite hormis dans le cadre du djihad (102).

Un incident ayant eu lieu à l’école Ibn Rushd pour garçons, gérée par l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, fournit un exemple de l’irresponsabilité des médias, que décrit Landes. Des titres comme « Un bombardement israélien fait des dizaines de morts dans une école de Gaza » (103), ou « Massacre des Innocents dans le bombardement d’une école de l’ONU » (104), ont fait florès, suite à une réplique de l’artillerie israélienne à des attaques de roquettes du Hamas. Le 7 janvier, le rapport du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) a aussi soutenu que  l’école de l’UNRWA avait été bombardée (105). Pourtant, quand Patrick Martin, correspondant au Moyen-Orient du journal canadien, Globe and Mail, a mené son enquête, il a révélé que personne n’avait été tué dans l’école (106). Le 5 février, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires a finalement publié une clarification confirmant que des obus israéliens avait atterri devant l’école (107). Martin fait une bonne description de la manière dont les médias exercent une pression sur Israël :

Les nouvelles de la tragédie ont été rapidement répandues. On citait des membres du personnel médical et des secouristes qui localisaient l’incident dans l’école, ce bâtiment de l’UNRWA où des gens avaient trouvé refuge. On ne tarda pas à dire que des gens avaient été tués dans l’enceinte de l’école. Et bientôt, le scandale fut mondial.

Le monde entier a été choqué, et on a comparé cette tragédie à l’attaque israélienne de 1996, à Qana, au cours de laquelle un bâtiment de l’ONU avait été bombardé et 100 personnes, réfugiées à l’intérieur, avaient été tuées. Il ne faisait aucun doute que cela allait mettre un terme prématuré à l’offensive israélienne et que l’incident serait en tête de la liste des crimes de guerre commis par Israël (108).

D’autres distorsions de l’information par les médias sont fréquentes. On a pu voir des manifestations être considérées par les médias comme pacifiques tandis que, sur place, des observateurs ont pu témoigner avoir entendu  « mort aux juifs », voir des drapeaux israéliens brûlés ou des pancartes assimilant les Juifs à des nazis sans qu’aucun média ne le signale. Levi Salomon, représentant de la communauté juive de Berlin, a donné des exemples de tels manquements journalistiques.(109)

 

Guerre juridique et accusation de crimes de guerre

La guerre juridique, qui consiste à utiliser le droit international, comme le font diverses organisations et des particuliers, est un élément non négligeable des dommages subis par Israël. Des responsables israéliens sont harcelés par des poursuites civiles et des enquêtes criminelles. Des ONG ne cessent de publier des centaines de déclarations accusant Israël d’« attaques indiscriminées », d’« usage disproportionné de la force », de « sanctions collectives » et de « crimes de guerre ».

NGO Monitor explique que cette stratégie a été élaborée lors du forum des associations de 2001, au cours de la Conférence de Durban, afin de diaboliser et de délégitimer Israël. Selon NGO Monitor, « Les ONG qui veulent lancer des poursuites fondent leurs allégations sur des bases légales fautives, sur la distorsion des faits, sur des témoins oculaires sans aucune fiabilité. Ces ONG ne possèdent pas les informations militaires ou factuelles nécessaires à l’établissement d’un dossier » (110).

Deux des plus importantes ONG, Amnesty International et Human Rights Watch, ont accusé Israël de crimes de guerre en affirmant que Tsahal utilisait des munitions au phosphore blanc, de manière indiscriminée, dans les zones surpeuplées de Gaza (111). Quatre-vingt-dix associations pro-palestiniennes, pour la plupart françaises, cherchent à obtenir une condamnation d’Israël par la Cour Pénale Internationale, pour crimes de guerre à Gaza (112). Des centaines de groupuscules des droits de l’homme se préparent à demander à la CPI de faire une enquête envers Israël pour « crimes de guerre » (113).

 

Les Nations Unies

Comme d’habitude, un certain nombre de responsables de l’ONU sont intervenus contre Israël. Richard Falk, le rapporteur de l’ONU pour les Territoires occupés, et anti-israélien notoire, affirme qu’Israël avait violé le droit international et parle de « sanction collective », de « prise pour cibles des civils, de manière délibérée » et de « réaction militaire disproportionnée » (114).

Le président de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Miguel d’Escoto Brockmann, du Nicaragua, qui avait serré dans ses bras le président iranien Ahmadinejad, lors d’une séance plénière, il y a quelques mois, a décrit la situation comme « un génocide » (115).

La haut-commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré qu’Israël avait peut-être commis des crimes de guerre à Gaza et a mentionné précisément un incident dans la ville de Zeitoun, où environ trente personne auraient été tuées dans la même maison lors d’un bombardement israélien (116). Il est notoire que le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies et l’entité qui l’a précédé, la Commission pour les Droits de l’Homme, ont systématiquement négligé les crimes de nations comme le Soudan, l’Iran, ou d’autres, qui sont pourtant connues pour leurs graves violations des droits de l’homme (117).

John Ging, qui dirige l’UNRWA, a également déclaré que les meurtres de civils innocents à Gaza pouvaient être considérés comme des crimes de guerre (118).

 

Boycotts

Les campagnes de boycott sont un instrument majeur dans l’arsenal des ennemis d’Israël au XXIe siècle. L’offensive de Gaza a déclenché de nouveaux appels de ce type. Certains concernaient des produits israéliens (119), d’autres visaient des manifestations universitaires, culturelles, sportives, ou avaient un caractère général.

Les personnalités et les entités qui s’étaient exprimées contre Israël par le passé ont repris du service. Par exemple, les membres du syndicat de gauche des journalistes britanniques (National Union of Journalists, NUJ) ont à nouveau discuté de la possibilité de promouvoir un boycott d’Israël (120). Lors de son meeting annuel en 2007, le NUJ avait voté en faveur d’un boycott des produits israéliens, à titre de protestation contre la Seconde Guerre du Liban. Suite à une opposition grandissante, cette motion fut cependant abandonnée par une large majorité lors du congrès de 2008 (121).

Certaines campagnes allaient jusqu’à appeler à un boycott des Juifs. L’affaire qui a reçu le plus de publicité est celle d’un petit syndicat de gauche du secteur alimentaire et de la distribution, l’italien Flaica-CUB. Son président, Giancarlo Desiderati, avait déclaré aux journalistes qu’une liste de commerces juifs était en cours d’élaboration. En réaction, le maire de Rome, Gianni Alemanno, est allé faire des achats dans une boutique juive de vêtements et a souligné que de tels appels au boycott dans les années trente avaient été les signes avant-coureurs des lois fascistes antisémites de 1938. D’autres hommes politiques ont également condamné ce boycott (122).

Dans d’autres pays, comme l’Argentine, il y a eu des appels au boycott des commerces juifs dans certaines villes (123).

Un e-mail anonyme a circulé en Afrique du Sud, appelant au boycott des commerces juifs. Un groupe d’une centaine de musulmans a cependant condamné ce message (124).

Ingalill Bjartén, qui est parmi les dirigeantes de l’Association Féministe Suédoise (social-démocrate), a comparé Israël aux nazis. Elle a aussi demandé l’annulation du match de Coupe Davis de Tennis entre la Suède et Israël, qui doit avoir lieu en mars. Le député Hans Linde, porte-parole du Parti de Gauche pour les affaires étrangères, s’est joint à elle et a appelé à un boycott culturel d’Israël (125). On a conseillé à une équipe de taekwondo israélienne d’annuler sa participation à une compétition qui avait lieu à Trelleborg, à cause de menaces d’attaque, émises par une organisation musulmane suédoise (126).

Parfois, ces appels au boycott partent d’une simple rumeur. Des messages ont ainsi été envoyés à de nombreux musulmans hollandais immigrés, pour qu’ils boycottent les chaînes allemandes de supermarchés Aldi et Lidl. On ne sait pas exactement d’où provient cette campagne, qui était partie de la fausse information que ces deux chaînes faisaient don d’une part de leurs bénéfices à Israël. Des appels similaires ont eu lieu en Europe et au Moyen-Orient invitant à boycotter des établissements comme ceux de McDonald, Pepsi Cola, et Kentucky Fried Chicken. La chaîne américaine Starbucks Café a reconnu que ce boycott avait eu un impact sur ses résultats (127).

Le syndicat des coopératives turques, partenaire du ministère de l’agriculture turc, a annoncé un embargo sur le financement d’achats en provenance d’Israël. Comme ce syndicat donne des subventions aux agriculteurs, cet embargo signifie que les agriculteurs turcs risquent de préférer acheter leurs fournitures agricoles auprès d’autres pays (128).

Le syndicat sud-africain des transporteurs (Transport and Allied Workers Union) a boycotté un navire israélien à Durban. Les marchandises ont été débarqués, par la suite, en faisant appel à des travailleurs qui ne faisaient pas partie de ce syndicat (129).

Des boycotts universitaires ont également été annoncés. Début janvier, à la demande de la fédération des employés et universitaires palestiniens (Palestinian Federation of University Professors and Employees), Sid Ryan, président de la centrale syndicale des fonctionnaires de l’Ontario (Canadian Union of Public Employees, CUPE), a appelé au boycott des universitaires israéliens, sauf s’ils condamnaient l’action militaire d’israélienne (130). Cet appel faisait suite au bombardement de l’université islamique de Gaza. Les cibles incluaient deux laboratoires qui servaient de centre de recherche et de développement pour la branche militaire du Hamas, et où léon procédait à l’élaboration d’explosifs sous les auspices de professeurs d’université. L’université servait aussi à stocker des roquettes et des explosifs (131).

Le 22 février, le CUPE Ontario a adopté une résolution qui « encourage à rechercher les relations entre l’Ontario et Israël sur la recherche militaire et appelle les universités de l’Ontario à refuser de procéder à de telles recherches qui seraient au bénéfice de l’armée israélienne » (132). C’était un recul par rapport à l’appel précédent, mais c’était toujours une condamnation d’Israël. Le président du CUPE pour le Canada a fait une déclaration se désolidarisant du CUPE Ontario, « qui ne représente pas la politique du CUPE national » (133).

 

Le rôle des Juifs anti-israéliens

Comme souvent par le passé, un petit nombre de Juifs ont tenu les propos les plus extrêmes envers Israël (134). Certains sont Juifs, même s’ils ne le soulignent pas. D’autres utilisent le fait d’être Juif, ou exploitent les souffrances de leur famille durant l’Holocauste, comme arme pour s’en prendre à Israël. De petits groupes juifs ont aidé à organiser, ou on participé à des manifestations de haine anti-israélienne.

Naomi Klein, une militante anti-mondialisation canadienne, a proposé une stratégie de boycott d’Israël dans The Nation (135). Sir Gerald Kaufman, parlementaire britannique travailliste, a comparé le Hamas à Gaza aux résistants juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il a déclaré que le gouvernement israélien « exploite avec un cynisme sans vergogne la culpabilité que ressentent les Gentils à la suite du massacre des Juifs, comme justification de leur assassinat des Palestiniens ». Il a ajouté : « Ma grand-mère a été abattue par les nazis. Ce n’était pas pour fournir une couverture aux soldats israéliens qui assassinent des grands-mères palestiniennes à Gaza » (136).

Le comédien britannique Alexei Sayle, a pu dire, lors d’un rassemblement à Londres : « En tant que Juif, je trouve très émouvant de voir tant de gens qui sont scandalisés par les actions d’Israël ». Et d’ajouter : « Israël est un pays démocratique qui se conduit comme une organisation terroriste » (137).

Dans un texte publié sur son site et qui s’intitule « Deutschland Uber Alles », Norman Finkelstein fait un parallèle entre des images de l’Holocauste et des soi-disant atrocités israéliennes. L’article a pour sous-titre "Les petits-enfants des survivants de l’Holocauste font aux Palestiniens exactement ce que les nazis leur ont fait » (138). Inutile de préciser que si cela avait été le cas, tous les Palestiniens seraient morts depuis longtemps. ».

 

Interruption du dialogue

Dans un certain nombre de pays existe un dialogue entre des organisations musulmanes et juives. Durant la guerre, certains groupes musulmans ont interrompu ces relations quand leur partenaire juif se refusait à condamner l’action israélienne à Gaza. Cette exigence était hypocrite, évidemment, puisque les groupes musulmans n’ont que rarement - si ce n’est jamais - condamné les Palestiniens ou le Hamas pour des actes de terrorisme contre Israël. Ils ne se sont pas non plus exprimés contre les appels au génocide venant du monde musulman.

En France, tous les représentants musulmans se sont retirés du dialogue avec le CRIF, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Ces relations avaient lieu dans le cadre de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) (139). L’imam tunisien, Hassen Chalghoumi, qui faisait partie de ce programme, a noté que celui-ci était au point mort. Si, selon le CRIF, 95% des Juifs français soutiennent l’action d’Israël à Gaza, la plupart des musulmans sont solidaires avec les Palestiniens. Pour Chalghoumi, « la réconciliation (entre les Français juifs et musulmans) prendra du temps » (140). Au Pays-Bas également le dialogue a été affecté.

Ces incidents devraient conduire les partenaires juifs à repenser leur conception du dialogue. Ces mains tendues ont souvent été le fait des Juifs qui courtisaient les musulmans. Dans un certain nombre de cas, cela a permis aux musulmans de critiquer Israël, tandis que leurs partenaires juifs en étaient réduits, au mieux, à défendre Israël. Il aurait été plus logique de répondre en faisant remarquer l’étendue des meurtres et violations des droits de l’homme dans les pays musulmans, dont l’Irak, l’Afghanistan, le Soudan, ou la Somalie. On aurait pu souligner les appels au génocide de dignitaires religieux et de politiques de haut rang dans le monde musulman, et l’antisémitisme féroce qui y prévaut.

On pourrait développer d’autres aspects. Pour différentes raisons, l’image de la communauté musulmane se détériore en Europe. Le dialogue avec la communauté juive apporte une certaine respectabilité. Et si les Juifs, qui sont censés être dans le camp opposé, dialoguent avec eux, alors pourquoi pas nous ? peuvent se dire les autorités. Aider les groupes musulmans à se faire reconnaître pour ensuite se faire attaquer par ces mêmes groupes n’est pas dans l’intérêt des communautés juives.

L’instrumentalisation des relations entre Juifs et musulmans par les politiques est aussi un problème important. Les Juifs ont été victimes d’agressions, de discours de haine, durant la campagne de Gaza, mais également, dans une moindre mesure ces dernières années, dans les pays européens. Les autorités ne sont pas à l’aise quand elles doivent constater publiquement que les agressions ne proviennent que de la partie musulmane. S’il se trouve un incident où ce sont des Juifs qui attaquent des musulmans, cela permet aux autorités de présenter l’ensemble des agressions sous un jour mensonger. C’est ce qui s’est passé quand un groupe de Juifs s’en est pris à des lycéens musulmans, au Lycée Janson-de-Sailly à Paris (141).

La ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, a ainsi pu parler de tension entre les communautés (142). On ne pouvait trouver formulation plus inadéquate quand on constate le caractère profondément asymétrique du conflit en France. Le 14 janvier, lors d’un discours prononcé à Orléans, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je ne tolèrerai pas que le conflit du Moyen-Orient soit exploité par certains pour créer des tensions intercommunautaires en France (…) L’antisémitisme et l’islamophobie seront condamnés avec une égale sévérité (143). A l’entendre, on pourrait croire que Juifs et musulmans importent la violence du conflit à part égale. Incidemment, l’antisémitisme et l’islamophobie sont de nature très différente (144).

 

La lutte pour l’espace public

Les actions de divers groupes musulmans constituent des tentatives de s’imposer sur la place publique et d’en repousser les composantes juives et israéliennes. Cela a débuté par des agressions de Juifs dans divers pays européens. La France a été particulièrement touchée (145), mais c’est ensuite devenu un phénomène courant dans d’autres pays.

Le problème est devenu suffisamment grave pour que certaines communautés conseillent à leurs membres de ne pas porter de kippa dans la rue. L’ancien grand rabbin de France, Joseph Sitruk, l’a recommandé un certain nombre de fois (146). On a aussi conseillé à ceux qui portaient des étoiles de David, de les cacher.

Pessy Hollander, un Juif de Norvège, a raconté la peur de nombreux membres de la communauté juive de Norvège, qui a reçu des menaces de mort. Il connaît une famille orthodoxe qui ne va plus à la synagogue parce qu’ils se font remarquer dans la rue (147). Dans le même temps, on constate, dans les grandes villes européennes, que de nombreux musulmans imposent leur religion dans le domaine public par des choix vestimentaires voyants.

Lors de la guerre de Gaza, cette tentative pour investir et dominer la place publique est devenue évidente. Des musulmans ont attaqué des manifestations pro-israéliennes et des Juifs dans les rues. Des tentatives d’incendies d’institutions juives ont eu lieu. A la suite de manifestations anti-israéliennes, des services publics de prière [musulmane] ont eu lieu, comme à Fort Lauderdale, aux Etats-Unis (148).

A Milan, une séance de prière musulmane s’est tenue sur la grande place de la cathédrale. C’est un message que l’on peut interpréter de diverses manières, notamment comme indiquant que les catholiques peuvent prier à l’intérieur, mais que la place publique est désormais le lieu de la prière musulmane. Ou encore comme un signe que la cathédrale est vide mais la rue remplie, et que la cathédrale ne tardera pas à devenir une mosquée. De nombreux Italiens ont compris le message. Le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a interdit de futures manifestations devant les édifices religieux. Les organisateurs musulmans ont plus tard présenté leurs excuses au cardinal de Milan (149).

Les autorités ont parfois pris part à ce phénomène. On a vu que la police de Duisburg a, par exemple, fait retirer les drapeaux israéliens des maisons. La dispersion d’une manifestation pro-israélienne à Malmö est un autre exemple.

Cette bataille pour la place publique ne concerne pas que les Juifs. Ceux qui, aujourd’hui, veulent s’imposer sur la place publique au détriment des Juifs, le feront demain au détriment d’autres secteurs de la société.

 

V. APRÈS LA FIN DE LA CAMPAGNE DE GAZA

A la fin des opérations militaires, les incidents se sont poursuivis à un rythme moindre. A Malmö, une manifestation pro-israélienne dûment autorisée a été attaquée par des manifestants non autorisés. Plutôt que de protéger ceux qui exerçaient leur droit de manifestation, la police a dispersé les deux groupes (150). Un bloggeur, Ted Ekeroth, a montré l’attaque d’une autre manifestation pro-israélienne, dans la même ville, par un groupe de personnes qui leur ont lancé des projectiles et des tubes bourrés d’explosifs (151). Une chaussure a été lancée en direction de l’ambassadeur israélien en Suède, Benny Dagan, lors d’un discours à l’université de Stockholm (152).

A Amsterdam, une conférence qui devait avoir lieu dans un grand hôtel, sous l’égide d’une association juive, a dû changer de lieu, suite à des menaces par e-mail. On a lancé des chaussures à l’orateur, Ron Edelheit, qui fait partie des porte-parole de Tsahal (153). Par la suite, le député du Parti Libéral, Paul de Krom, a demandé au gouvernement hollandais ce qu’il comptait faire contre la montée de l’antisémitisme à Amsterdam et les appels à la violence lors des manifestations pro-palestiniennes (154).

Suite à des menaces politiques, le conseil municipal de Malmö (majorité de gauche) a décidé que le match de Coupe Davis de Tennis Suède-Israël, se déroulerait à huis clos. La décision a été prise malgré un avis positif de la police pour la présence du public (155). 6 000 personnes ont manifesté devant le stade contre Israël. Environ 200 participants ont lancé des pierres, des feux d’artifices et des bombes de peinture sur la police (156). L’équipe israélienne a remporté le match. Abraham Cooper et Harold Brackman, du Centre Simon Wiesenthal, ont publié un article qui recensait une sélection d’actes antisémites en Suède, et notait que « le dénigrement extrême et la rhétorique anti-israélienne sont devenus la marque de fabrique d’une grande partie de la classe politique suédoise » (157).

Le 23 janvier, sur son blog personnel, Bert Anciaux, ministre du gouvernement flamand, a comparé l’opération de Gaza à la tuerie qui avait eu lieu dans une crèche belge et au cours de laquelle deux enfants et une adulte avaient été tués par un jeune homme de vingt ans (158). Le ministère des Affaires étrangères a pris ses distance avec Anciaux (159). Quelques jours plus tard, le gouvernement flamand dans son entier, y compris Anciaux, reconnaissait qu’il n’y avait pas le moindre lien entre les deux événements (160).

Le vendredi 30 janvier au soir, une synagogue de Caracas a été couverte de graffitis tandis que la salle où se trouvent les rouleaux de la Torah était vandalisée (161). Le président Chavez a condamné cet acte et a accusé ses adversaires politiques de l’avoir commis (162). Quelques jours plus tard, 11 personnes ont été arrêtées, dont 7 policiers. L’agression a été présentée comme étant le fait de voyous et comme dépourvue de motivation antisémite (163). Le 27 février, un engin explosif a été mis à feu devant un centre juif de Caracas (164).

 

Les ONG

L’action des ONG contre Israël continue. Amnesty International a publié une déclaration condamnant à la fois le Hamas et Israël et suggérant un embargo sur les armes à destination d’Israël. Abraham Foxman, directeur national de l’Anti-Defamation League, a durement critiqué ce rapport : « Amnesty refuse à Israël le droit à la légitime défense, qui est un droit reconnu internationalement à toute nation souveraine ».(165)

NGO Monitor a analysé le texte d’Amnesty et conclu qu’« il s’abrite derrière une façade de pseudo-recherche documentée pour proférer des accusations sans fondement, déformer le droit international et promouvoir une équivalence immorale et indéfendable entre le Hamas et Israël ». NGO Monitor ajoutait que « les responsables d’Amnesty International qui sont derrière ces abus et cette exploitation des droits de l’homme, devraient démissionner (166).

Une ONG palestinienne, Al-Haq, a entamé des poursuites contre le gouvernement britannique pour le forcer à imposer des sanctions à Israël. Le Foreign Office a répondu que de telles plaintes envers des ministres britanniques « n’avaient aucunement vocation à être résolues dans le cadre de procédures juridiques nationales » (167).

 

Boycotts

Le 22 janvier, un groupe de professeurs américains a lancé une Campagne de boycott universitaire et culturel d’Israël. Deux semaines plus tard, ils annonçaient avoir reçu 205 adhésions, dont 155 américaines (168).

Le Congrès des Syndicats Irlandais (ICTU) a annoncé que les syndicats lanceraient un boycott des produits israéliens en réponse à la campagne de Gaza. A Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord, ils ont reçu les félicitations du président de Sinn Fein, Gerry Adams. Le parlementaire Robin Newton (Democratic Unionist Party) a réagi à cette déclaration, en ces termes : « Je me demande ce que pense le membre lambda d’un syndicat qui voit ses dirigeants parcourir le Moyen-Orient pour régler ce genre de problèmes compliqués, quand, chez eux, les employés des entreprises locales ont à faire face aux restructurations et aux licenciements, ou, en tout cas, à une période très dure (169).

On assistera probablement à l’éclosion d’un nombre croissant de tentatives de guerres juridiques, boycotts et embargos. Les projets de résolution pour la conférence de Durban II (Genève, 20-24 avril 2009) indiquent que l’on doit s’attendre à un festival de haine antisémite du même ordre que lors de la première conférence (170).

 

VI. CONCLUSION

C’est lors de la conférence des ONG de Durban, en 2001, qu’a émergé l’idée d’un programme à grande échelle visant à délégitimer Israël. Le comité sud-africain des ONG, le SANGOCO, a joué, en la matière, un rôle prépondérant, en collaboration étroite avec les Palestiniens. Le programme en huit points qui a été développé comprenait le lancement d’un programme d’éducation permettant de déclencher un mouvement de solidarité internationale contre Israël, l’utilisation de toutes les procédures légales, le dénigrement du droit au retour [des Juifs], la réactivation d’un boycott arabe, la mise en place d’embargos et un appel à la rupture des relations diplomatiques avec Israël. Le calendrier se proposait d’atteindre ces objectifs en cinq ans. Par la suite, un autre programme en cinq ans devait être mis en oeuvre contre les Etats-Unis (171). Le programme anti-israélien devait être mis en oeuvre par l’intermédiaire des églises, des universités (172), des hébergeurs Internet, des Nations Unies et des ONG (173).

Tous ces efforts ont bel et bien été mis en œuvre au cours de la période qui a suivi la conférence de Durban, même s’il n’existe pas d’entité unique derrière les attaques protéiformes qui s’abattent sur Israël et les Juifs. De nombreux acteurs de cette mouvance anti-israélienne ne sont même pas conscients du programme établi par le SANGOCO ni de ses objectifs, mais ils contribuent à la réussite de sa stratégie par le rôle qu’ils jouent. Une société post-moderne fragmentée offre bien des possibilités de propagation d’opinions anti-israéliennes et antisémites. C’est ce qu’on peut appeler une guerre totale post-moderne. Toutes ces actions combinées relèvent d’un système qui fonctionne comme s’il était coordonné par une main invisible (174).

La campagne anti-israélienne vient de partout. Les agresseurs les plus virulents s’en prenaient déjà à Israël bien avant la guerre de Gaza qui n’a été qu’une occasion spécifique d’intensifier leurs efforts. On compte parmi eux les gouvernements musulmans et les entités musulmanes immigrées des pays occidentaux. Ils travaillent souvent main dans la main avec l’extrême gauche, qui inclut souvent les partis écologistes et d’autres formations, notamment socialistes, lesquels procèdent à un dénigrement systématique d’Israël. Des Juifs et des Israéliens antisémites, animés par la haine de soi, jouent également un rôle important. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais ils sont souvent les initiateurs d’actions anti-israéliennes et sont utilisés par les antisémites et anti-israéliens non juifs dans leurs offensives.

La justification idéologique fréquente qu’avancent de nombreux socialistes qui prenant des positions anti-israéliennes, est qu’ils se sentent obligés de s’identifier au plus faible. Ils ne font aucune distinction entre des opprimés et des criminels vaincus. Leurs positions les amènent à devenir les alliés ou les complices de facto d’organisations aux intentions génocidaires comme le Hamas. C’est devenu une évidence quand on a vu des dirigeants socialistes manifester contre Israël aux côtés de gens qui criaient « Mort aux Juifs ! » et brandissaient des pancartes faisant d’Israël un équivalent de l’Allemagne nazie.

Les médias jouent également un rôle prépondérant qui met en avant la souffrance palestinienne sans remettre les choses dans leur contexte. On ne mentionne que rarement la charte du Hamas, au contenu génocidaire, et elle est la plupart du temps l’objet de dissimulation. On ne souligne guère que les Palestiniens, lors d’un processus démocratique au moins partiel, ont élu un mouvement qui fait l’apologie de l’assassinat collectif.

Les organes des Nations Unies et les ONG mènent un combat juridique contre Israël à partir d’une position unilatérale. La délégitimisation d’Israël se fait sur plusieurs fronts à la fois. Les positions, amplifiées par les médias, créent ainsi une atmosphère globalement hostile à Israël et aux Juifs. En même temps, on prête peu attention aux attitudes génocidaires du monde musulman dans sa globalité, et au peu de réactions – quand il y en a - qu’elles suscitent parmi les « modérés ».

La guerre de Gaza a montré, une nouvelle fois, qu’Israël est capable de faire face aux nombreux défis militaires qui lui sont lancés, grâce à un système de défense particulièrement souple. En revanche, la guerre immatérielle et verbale menée contre Israël par les acteurs que nous avons mentionnés, est asymétrique et n’a jamais été correctement analysée, comme elle le mérite, par les autorités israéliennes. Comprendre les fonctionnements de la propagande anti-israélienne, comprendre quelle est sa dynamique interne, c’est devenu une nécessité pour élaborer peu à peu une défense adéquate dans ce domaine également.

 

Manfred Gerstenfeld et Tamas Berzi

 

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Notes

 

(1) Les auteurs remercient Rachel Bresinger pour son aide concernant les recherches de cet article..  

(2) Community Security Trust, "Antisemitic Incidents and Threats to British Jews Arising from the Gaza Crisis," Update 4, 21 January 2009.

(3) "Report: Expect Sharp Rise in Anti-Semitism," JTA, 25 January 2009.

(4) "Holocaust-Gedenken ohne Zentralrat der Juden," Die Welt, 27 January 2009. (German)

(5) NGO Monitor, "The NGO Front in the Gaza War: Exploitation of International Law," 21 January 2009.

(6) Herb Keinon, "Jerusalem: No International Pressure to End Op," Jerusalem Post, 28 December 2008.

(7) Dore Gold, "Did Israel Use ‘Disproportionate Force’ in Gaza?" Jerusalem Issue Brief, Vol. 8, No. 16, JCPA, 28 December 2008.

(8) "PM Erdoğan Says Words Not Harsher than Bombs," Hurriyet, 14 January 2009.

(9) "Working Definition of Antisemitism,"  www.eumc.europa.eu/eumc/material/pub/AS/AS-WorkingDefinition-draft.pdf.

(10) Soner Cagaptay, "Is Turkey Still a Western Ally?" Wall Street Journal Europe, 22 January 2009.

(11) Haviv Rettig Gur, "Erdoğan’s Remarks Aid Anti-Semitism," Jerusalem Post, 29 January 2009.

(12) Annette Grossbongardt, "Less Europe, More Islam; Turkey in Transition," Spiegel Online, 11 February 2006.

(13) "Turkish PM Storms Off in Gaza Row," BBC News, 29 January 2009.

(14) Fars (Iran), 4 February 2009, as quoted in MEMRI, Special Dispatch No. 2248, 17 February 2009.

(15) "Venezuela’s Chavez Calls Gaza Attack ‘Holocaust,’" Reuters, 6 January 2009.

(16) "Chavez Condemns Caracas Synagogue Attack," Ynetnews, 2 February 2009.

(17) "Bolivia Cuts Ties with Israel, Seeks Genocide Charges against Israeli Officials," Haaretz, 14 January 2009.

(18) "Mauritania Recalls Ambassador from Israel in Wake of Gaza Offensive," Haaretz, 5 January 2009.

(19) "Qatar, Mauritania Freeze Israel Ties over Gaza," Ynetnews, 17 January 2009.

(20) Barak Ravid, "Mauritania Expels Israeli Ambassador," Haaretz , 7 March 2009.

(21) Ibid.

(22) Tamas Berzi, "European Reactions to Israel’s Gaza Operation," Jerusalem Issue Briefs, Vol. 8, No. 20, JCPA, 29 January 2009.

(23) Ibid.

(24)  "Minister for Foreign Affairs Condemns Israeli Air Strikes against Gaza," Department of Foreign Affairs, Ireland, 28 December 2008.

(25) "Minister for Foreign Affairs Condemns Latest Atrocity in the Gaza Conflict," Department of Foreign Affairs, Ireland, 6 January 2009.

(26) Bruce Arnold, "Ireland Remains One of the Two Least Stable European Countries in Its Relations with Israel," The Independent, 24 January 2009.

(27) "Carl Bildt: Break the Isolation of Gaza," Ministry of Foreign Affairs, Swedish Government Offices, 29 December 2008.

(28) "Israel Must Withdraw Its Troops from Gaza," Ministry of Foreign Affairs, Norway, 3 January 2009.

(29) Stephen Pollard, "Gaza Is Not Too Crowded," The Spectator, 24 April 2008.

(30) Cnaan Liphshiz, "Summit on Holocaust: Gaza War Legitimized Equating Jews with Nazis," Haaretz, 27 January 2009.

  قيادى سابق بالتنظيم الدولى يكشف عن تنسيق «الإخوان» مع «حركات يهودية» فى «مظاهرات غزة»     (31)

(A Former Leader of the International Organization (of the Muslim Brotherhood) Exposes Coordination between the Muslim Brotherhood and Jewish Movements in (organizing) the Gaza Demonstrations), Al-Masry al-Youm, Egypt, 1 February 2009. (Arabic).

(32) "Gaza Attacks: Israeli Strikes Spark Protests across the World," The Telegraph, 30 December 2008.

(33)  Tracy McVeigh and Ben Quinn, "Gaza Protest March Ends in Violence," The Observer, 4 January 2009.

(34) "UK Protesters Call for Gaza Peace," BBC News, 10 January 2009.

(35) Will Pavia, "Thousands Gather in Trafalgar Square to Protest over Gaza," Times Online, 12 January 2009.

(36)  "1,400 Protest in Paris over Gaza Fighting," Ynetnews, 28 December 2008.

(37) "European Protestors Urge End to Attacks on Gaza," International Herald Tribune, 3 January 2009.

(38) "Pro-Israeli Rally Draws Thousands to Paris," Ynetnews, 4 January 2009.

(39) "Demonstrators in Berlin Salute Hamas, Hezbollah," JTA, 18 January 2009.          

(40) "Antisemitismus in Berlin und Duisburg," Kontraste, Rundfunk Berlin-Brandenburg, video, 15 January 2009. (accessed: 2 March 2009) (German)

(41) Yassin Musharbash, "Police Remove Israeli Flag during Islamist Protest March," Spiegel Online, 13 January 2009.

(42) "Major Cities Stage Fresh Protests over Gaza," AFP, 11 January 2009.

(43) Ilan Moss, "Anti-Semitic Incidents and Discourse in Europe during the Israel-Hezbollah War," European Jewish Congress, 2006.

(44) Itamar Eichner, "Geluchei rosh wesarat haotsar," Yediot Achronot, 14 January 2009. (Hebrew)

(45) Rolleiv Solholm, "Anti Israel Demonstrations," Norway Post, 6 January 2009.

(46) "Norwegian Police Detain 27 in Clashes over Gaza," Reuters, 8 January 2009.

(47) Jostein Ihlebæk and Arild M. Jonassen, "Kun én palestiner ble tatt under opprøret i Oslo," Aftenposten, 9 January 2009. (Norwegian)

(48) Ibid.

(49) Tori Chiefetz, "Norway’s Pro-Israel Opposition Leader under 24-Hour Guard," Jerusalem Post, 28 January 2009.

(50) Per Gudmundson, "Mona Sahlin, hakkorsen och Hamasflaggorna," Gudmundson, 15 January 2009 http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(51) "Israelska flaggan brändes," Dagens Nyheter, 10 January 2009. (Swedish)

(52) Per Gudmundson, "Rödflaggat," Gudmundson, 13 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(53) Per Gudmundson, "Swedish Leading Social Democrats in Rally with Hezbollah Flags," Gudmundson, 10 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/.(Swedish)

(54) Erik Svansbo, "Folkbladet uppmärksammar ‘bloggkupp,’" Svansbo, 14 January 2009, http://blogg.svansbo.se/. (Swedish) [voir, sur notre site : "Le dirigeant du Parti Social Démocrate suédois, manifeste au milieu de drapeaux du Hezbollah".

(55) "‘Extrema yttringar - tack vare Svansbo,’" Folkbladet, 14 January 2009. (Swedish)

(56) Per Gudmundson, "Rödflaggat," Gudmundson, 13 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(57) Theo Koelé, "Van Bommel ergert Kant met oproep tot intifada," 5 January 2009. (Dutch)

(58) "Moszkowicz doet aangifte tegen SP-Kamerleden," de Volkskrant, 14 January 2009. (Dutch)

(59) "Demonstratie tegen Israël," AD, 3 January 2009. (Dutch)

(60) "Europeanen demonstreren tegen aanval op Gaza," Trouw, 3 January 2009. (Dutch)

(61) Alvin H. Rosenfeld, "Exploiting Anne Frank," Weekly Standard, 23 June 2008.

(62) Manfred Gerstenfeld, "Holocaust Inversion: The Portraying of Israel and Jews as Nazis," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 55, 1 April 2007.

(63) "Cities across the World Become Platform for Hundreds of Thousands of Protesters against Gaza Fighting," Daily Mail, 11 January 2009.

(64) Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), "Dépôt de plainte pour la manifestation du 11 janvier 2009," press release, 17 February 2009. (French)

(65) Ibid.

(66) "Gaza Attacks: Israeli Strikes Spark Protests across the World," The Telegraph, 30 December 2008.

(67) Tracy McVeigh and Ben Quinn, "Gaza Protest March Ends in Violence," The Observer, 4 January 2009.

(68) Mark Tran, "Greece Riots: Timeline," The Guardian, 8 December 2008.

(69) "European Protestors Urge End to Attacks on Gaza," International Herald Tribune, 4 January 2009.

(70) "Explosive Device Found at Florence Chabad," JTA, 18 January 2009.

(71) "Gaza: Manifestations anti-israéliennes à Milan et Turin," Le Monde, 10 January 2009. (French)

(72) "Una piazza che no ci saremmo aspetati," www.fiammanirenstein.com/articoli.asp?Categoria=11&Id=2085. (Italian)

(73) "Thousands in Europe Protest Gaza Violence," International Herald Tribune, 10 January 2009.

(74) "Cities across the World Become Platform for Hundreds of Thousands of Protesters against Gaza Fighting," Daily Mail, 11 January 2009.

(75) "Hundreds of Thousands Protest in Turkey against Israeli Offensive," Hurriyet, 4 January 2009.

(76) "Widespread Protests in US against Gaza. Attack Israel Still at It in Gaza," Pakistan Tribune, 1 January 2008.

(77)  "Anti-Semitic Incidents Cross Australia," JTA, 8 January 2009.

(78) "NZ Priest Smears Blood on Rabin Memorial," Jerusalem Post, 6 January 2009.

(79) Amir Mizroch, "S. African Deputy FM Apologizes Again for ‘Jewish Money’ Comment," Jerusalem Post, 7 February 2009.

(80)  Uki Goni, "Argentina Deports a Holocaust-Denying Bishop," Time, 23 February 2009. 

(81)  Sergio Dattilo, "Israel violó reglas y eso se le vino contra," Ambito Financiero, February 2009. (Spanish)

(82) Jonny Paul, "Gaza-linked Attacks on Jews Sweep Europe," Jerusalem Post, 6 January 2009.

(83) "Car Rams Gates of Toulouse Synagogue," Jerusalem Post, 6 January 2009.

(84)  "Arson, Stabbing in Paris," JTA, 18 January 2009.

(85) "Une nouvelle attaque contre un lieu de culte juif," L’Express, 12 January 2009. (French)

(86) "Sarkozy: ‘Zero Tolerance’ for Anti-Semitic Attacks," National Post, 16 January 2009.

(87) Community Security Trust, "Antisemitic Incidents and Threats to British Jews Arising from the Gaza Crisis," Update 4, 21 January 2009.

(88) "Report: Islamist Site Compiling List of U.K. Jews to Target over Gaza Op," Haaretz, 7 January 2009.

(89) "European Synagogues Targeted," JTA, 14 January 2009.

(90) "Explosive Device Found at Florence Chabad," JTA, 18 January 2009.

(91) "Wave of anti-Semitic acts hit Belgium," JTA 7 January 2009.

(92) Community Security Trust, "Antisemitic Incidents and Threats to British Jews Arising from the Gaza Crisis," Update 2, 6 January 2009.

(93) Barry Rubin, "Turkey: Antisemitism Gets Out of Control," Global Politician, 12 January 2009.

(94) Ehud Kohanim, "Turkish Fans Blow Israeli Team’s Game in Ankara," Ynetnews, 7 January 2009.

(95) David Landes, "Jews in Sweden under Increasing Threat," The Local, 7 January 2009.

(96) Peter Vinthagen Simpson, "Jewish Burial Chapel Attacked in Malmö," The Local, 13 January 2009.

(97) Nir Hasson, "‘In Venezuela, Anti-Semitism Is Endorsed by the Government,’" Haaretz, 26 January 2009.

(98) Manfred Gerstenfeld, "The Muhammad Al-Dura Blood Libel: A Case Analysis," interview with Richard Landes, Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 74, 2 November 2008. [Voir aussi, sur le site debriefing, les rubriques : « A-Dura / France-2 (développements récents) », « Depuis l’arrêt du 21/05/2008 », « De l’origine (2001) au 15/11/2007 ».]

(99) Stephanie L. Freid, "Critics Say French TV Network Broadcast Fabricated Footage in Gaza, Again," Fox News, 12 January 2009.

(100) Elan Lubliner, "Dutch News Show Slammed for Anti-Israel Bias," Jerusalem Post, 23 February 2009.

(101) Trevor Mostyn, "Nizar Rayan: Senior Hamas Leader and Cleric Considered a Hero on the Streets of Gaza," The Guardian, 3 January 2009.

(102) Richard Landes, presentation at JCPA, 19 February 2009.

(103) Chris McGreal, Rory McCarthy, and Mark Tran, "Israeli Shelling Kills Dozens at UN School in Gaza," The Guardian, 7 January 2009.

(104) Donald Macintyre and Kim Sengupta, "Massacre of Innocents as UN School Is Shelled," The Independent, 7 January 2009.

(105) United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, "Situation Report on the Humanitarian Situation in the Gaza Strip-No. 5," 7 January 2009.

(106) Patrick Martin, "Account of Israeli Attack Doesn’t Hold Up to Scrutiny," The Globe and Mail, 29 January 2009.

(107) United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, "Situation Report on the Humanitarian Situation in the Gaza Strip-No. 20," 5 February 2009.

(108) Ibid.

(109) "Berlin Arrests 8 in Israel Protest," JTA, 4 January 2009.

(110) NGO Monitor, "The NGO Front in the Gaza War: Lawfare against Israel," 2 February 2009.

(111)  "Amnesty Accuses Israel of Crimes over White Phosphorus," Reuters, 19 January 2009.

(112) Elise Barthet, "Gaza: des organisations portent plainte pour ‘crimes de guerre’ devant la CPI," Le Monde, 13 January 2009. (French)

(113) "Rights Groups to Ask World Court to Probe Israel ‘War Crimes,’" AFP, 18 January 2009.

(114) Richard Falk, "Israel’s War Crimes," The Nation, 29 December 2008.

(115) "Israel Accused of Gaza ‘Genocide,’" Al Jazeera English, 14 January 2009.

(116) Rory McCarthy, "UN Human Rights Chief Accuses Israel of War Crimes," The Guardian, 10 January 2009.

(117) Jackson Diehl, "A Shadow on the Human Rights Movement," Washington Post, 25 June 2007.

(118) "Israel Rejects Suggestions of Gaza ‘War Crimes,’" Reuters, 17 January 2009.

(119)  "Boycotts Hurt Israeli Produce Industry," JTA, 18 January 2009.

(120) "NUJ Left Plans to Revive Israel Boycott," Harry’s Place, 14 January 2009, www.hurryupharry.org.

(121) Ronnie Fraser, "Trade Union and Other Boycotts of Israel in Great Britain and Ireland," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 76, 1 January 2009.

(122) Ruth Ellen Gruber, "Italian Officials Condemn Jewish Boycott," JTA, 9 January 2009.

(123) Uki Goni, "Argentina Deports a Holocaust-Denying Bishop," Time, 23 February 2009. 

(124) "South African Muslims Condemn Calls to Boycott Israel," JTA, 2 February 2009.

(125) "‘Boycott Israel in Davis Cup’: Social Democrat," The Local, 13 January 2009.

(126) "Sweden: Israeli Taekwondo Team Cancels Trip Due to Terror Threats," European Jewish Congress, 20 February 2009.

(127)  Robert Chesal, "Gaza Assault Spurs Calls for Boycott," NRC Handelsblad, 14 January 2009.

(128)  Ora Coren, "War Casts Pall on Israeli Business Overseas, Tourism," Haaretz, 16 January 2009.

(129) Haviv Rettig Gur and Tori Cheifetz, "Israeli Ship Cargo Unloaded in Durban despite Union Boycott," Jerusalem Post, 5 February 2009.

(130) Vanessa Kortekaas, "Ontario Union Calls for Ban on Israeli Professors," National Post, 5 January 2009.

(131) Yaakov Katz, "IAF Hits Islamic University Targets," Jerusalem Post, 28 December 2008.

(132) "Canadian Union Adopts Israel Boycott Resolution," JTA, 23 February 2009.

(133) "Statement from Paul Moist, CUPE National President," MSNBC, 24 February 2009.

(134) Manfred Gerstenfeld, "Jews against Israel," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 30, 1 March 2005.

(135)  Naomi Klein, "Israel: Boycott, Divest, Sanction," The Nation, 26 January 2009.

(136) Gerald Kaufman, House of Commons Hansard Debates for 15 January 2009. Transcript available on the website of the United Kingdom Parliament: www.parliament.uk.

(137) "European Protestors Urge End to Attacks on Gaza," International Herald Tribune, 4 January 2009.

(138) Norman G. Finkelstein, "Deutschland Uber Alles," 16 January 2009, www.normanfinkelstein.com.

(139) "Démission des musulmans de l’Amitié judéo-musulmane," Le Monde, 16 January 2009. (French)

(140) Robert Marquand, "Gaza Drives a Wedge in Paris Imam’s Dialogue with Jews," Christian Science Monitor, 28 January 2009.

(141) "Agression de trois lycéens à Paris: enquête en cours," L’Express, 13 January 2009. (French)

(142) Stéphanie Le Bars, "Les autorités françaises redoutent des tensions entre les communautés juive et musulmane," Le Monde, 7 January 2009. (French)

(143) Discours De M. Le Président De La République, Voeux aux acteurs de la sécurité, Orléans, 14 January 2009. (French)

(144) Manfred Gerstenfeld, "Persecutors and Persecuted," Jerusalem Post, 17 December 2007.

(145) Manfred Gerstenfeld, "The Autumn 2005 Riots in France: Their Possible Impact on Israel and the Jews," JCPA, 2006.

(146) Jewish Agency for Israel, "Jewish Agency Chairman Sallai Meridor Wears Kippa during Visit to Paris Today,’’ press release, 17 March 2005.

(147) Thomas Hornburg and Jenny Sandvig, "‘Det er ingen tvil om at noe av raseriet mot Israelbaerer preg av joedehat,’" Aftenposten, 16 January 2009. (Norwegian)

(148) "Pro-Hamas Demonstration-Fort Lauderdale FL," YouTube, video, 30 December 2008. (accessed: 2 March 2009)

(149) "Manifestazioni vietate davanti le chiese Maroni annuncia direttiva ai prefetti," La Repubblica, 21 January 2009. (Italian)

(150) "Ägg och flaskor mot Israel- manifestation," 25 January 2009, http://ansiktsburk.blogspot.com. (Swedish)

(151) Ted Ekeroth, "Swedish Police Chief Allows Antisemitic Stonethrowing Mob to Attack Demonstrators," 25 January 2009, http://tedekeroth.wordpress.com/.  

(152) Daniel Edelson, "Shoe Thrown at Israeli Ambassador in Sweden," Ynetnews, 5 February 2009.

(153) Max Socol, "Amsterdam: Reservist Pelted with Shoes," Jerusalem Post, 23 February 2009.

(154) www.cidi.nl/index.php?option=com_content&task=view&id=263&Itemid=1. (Dutch)

(155) "No Fans Allowed for Israel Tennis Match," The Local, 18 February 2009.

(156) "Anti-Israel Protest Staged at Sweden Tennis Match," Reuters, 7 March 2008, 27 January 2008.

(157) Abraham Cooper and Harold Brackman, "Sweden’s Anti-Israel Apartheid Policy Is about More than Sport," Jerusalem Post, 9 May 2008.

(158) Bert Anciaux, "doodstil," 23 January 2009, www.bertanciaux.be. (Dutch)

(159) Cnaan Lipshiz, "Belgium Slams Minister Statement Likening Gaza Op to Nursery Massacre," Haaretz, 27 January 2008.

(160) "Dendermonde en Gaza hebben niets met elkaar te maken," Gazet van Antwerpen, 30 January 2009. (Dutch)

(161) "Venezuela Synagogue Vandalized," CNN, 31 January 2009; Haaretz, 27 January 2009.

(162) "Chavez Condemns Attack on Synagogue," Associated Press, 1 February 2009.

(163)  "Venezuela Holds Police, Guard in Synagogue Attack," Reuters, 8 February 2009. 

(164) "Venezuela Rebuffs UC Criticism of ‘Corruption’ and ‘Anti-Semitism’-As Bomb Rocks Jewish Center," Latin American Herald Tribune, 27 February 2008.  

(165) Natasha Mozgovaya, "ADL: Amnesty Denying Israel the Right to Defend Itself," Haaretz, 24 February 2009.

(166) NGO Monitor, "Amnesty’s Gaza ‘Report’ and Call for the Arms Embargo: Abolishing Israel’s Right to Self Defense," 25 February 2009.

(167) Jonny Paul, "Palestinian NGO Sues British Government in Wake of Cast Lead," Jerusalem Post, 25 February 2009.

(168) Sharon Udasin, "Battle of the Professors," Jewish Week, 4 February 2009.

(169) "Trade Unionists Launch Boycott of Israeli Goods," Belfast Telegraph, 10 February 2009.

(170) Alfred H. Moses, "From Durban I to Durban II: Preventing Poisonous Anti-Semitism," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 71, 1 August 2008. 

(171) Manfred Gerstenfeld, "Anti-Semitism and Jewish Defense at the United Nations World Summit on Sustainable Development, 2002 Johannesburg, South Africa," interview with Shimon Samuels, Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 6, 2 March 2003.

(172) For an overview of anti-Israeli actions in the university world, see Manfred Gerstenfeld, Academics against Israel and the Jews (Jerusalem: JCPA, 2007).

(173) Manfred Gerstenfeld, interview with Shimon Samuels.

(174) Manfred Gerstenfeld, "The Twenty-First-Century Total War against Israel and the Jews; Part One," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 38, 1 November 2005.

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© Jerusalem Center for Public Affairs (JCPA)

 

 

Mis en ligne le 1er avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org