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Antisémitisme

Antisémitisme: étoiles jaunes et nez crochus au carnaval d’Alost (Belgique)
11/04/2009

Merci à la méritante responsable du Blog Philosémitisme, qui fait merveille dans l’art d’informer en disant l’essentiel, sans polémiques ni pathos contreproductif. Motif d’appréciation supplémentaire: les liens extérieurs qui sont non seulement précieux, mais pertinents et complémentaires. Merci donc pour l’excellente activité de ce site, qui ne se dément pas et se perfectionne au contraire, au fil des années. (Menahem Macina).

10 avril 2009

Source : Blog Philosémitisme

L’étoile jaune :
"Le point culminant des indignités auxquelles les Juifs qui vivaient encore en Allemagne furent obligés de se soumettre fut le port de l’étoile jaune, devenu obligatoire le 19 septembre 1941. Nulle part le Juif ne devait se sentir en sécurité : il - ou elle - devait être marqué, faisant partie de la foule, mais déjà exilé. Pendant plusieurs jours Victor Klemperer n’eut pas le courage de quitter la Maison des Juifs pour sortir dans la rue avec l’étoile jaune affichée sur sa poitrine." (Martin Chalmers, préface à I Shall Bear Witness: The Diaries of Victor Klemperer 1933-41, Weinfeld & Nicolson). [*]

Les nez juifs :
"Il [Moses Hess] disait aux Juifs allemands des choses qu’ils n’aimaient pas entendre. Par exemple: "Pourquoi les Allemands ne vous aiment-ils pas? Ce n’est pas parce qu’ils n’apprécient pas votre religion, ou vos écrits ou votre conduite économique. Ce qu’ils n’aiment pas, ce sont vos nez, vos cheveux frisés, parce qu’ils considèrent qu’ils ne sont pas allemands, ce que vous prétendez être. Et cela, vous ne pouvez le changer."" (Isaiah Berlin, En toutes libertés, Le Félin).


Au carnaval d’Alost des hommes d’âge mûr se sont déguisés en Juifs orthodoxes : le nez crochu et l’étoile juive sont convoqués pour faire rire. Le keffieh et les hélicoptères de combat (photo ci-dessus à droite) diabolisent les Juifs et Israël et importent le conflit israélo-palestinien en Belgique. Tout ça pour rigoler.
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Claude Marinower, avocat et conseiller communal anversois, a confié à Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef de Regards:
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"Je m’indigne et j’interpelle, mais quand certains repoussent systématiquement les limites de l’indécence sans que cela suscite le moindre débat au sein du monde politique, ma capacité d’indignation diminue progressivement. C’est fatigant et cela me fait mal d’être seul dans ce combat".

Source : Revue Regards, N° 685, avril 2009
 
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L’image en haut à gauche a été créée par Dzeni. Elle reprend les noms de 1.692 victimes de la Shoah, contenus dans la base de données de Yad Vashem. L’image du garçon est inspirée de la célèbre photo prise en 1943 dans le ghetto de Varsovie.
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- Antisémitisme: La Flandre dérape
- Pourquoi continuer à demander pardon aux Juifs?, Alex Agnew
- Le plat favori d’Hitler: la télévision belge ironise sur la "grosse pression sémite"
- L’antisémitisme sans complexe de la télévision publique flamande, Jean Quatremer
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- La VRT présente une version humoristique de la Shoah, Denis Ducarme
- Humour: des provocations antisémites à la radio belge déclenchent l’hilarité du public
 
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Note d’upjf.org
 
[*] A ce propos, je me permets de renvoyer à livre, admirable et déchirant, dont j’ai donné quelques aperçus sur notre site: "Un livre-testament : «Hélène Berr, Journal - 1942-1944», Préface de Patrick Modiano". Le récit autobiographique qui couvre les trois dernières années de vie de cette brillante étudiante, avant sa déportation et son assassinat par les nazis, illustre dramatiquement la remarque de Martin Chalmer, citée dans cet alinéa : "faisant partie de la foule, mais déjà exilé". Telle était la situation d’Hélène Berr, libre et vivante et déjà préemptivement déportée et mise à mort, déambulant dans les rues familières de ce Paris qu’elle aimait tant, vivant son ultime roman d’amour, qui ne se réaliserait jamais, aidant ceux et celles de sa race, avant qu’ils ne soient raflés, un à un... Jusqu’à ce que vienne son tour de partir pour le voyage sans retour...

 

© Philosémitisme

 

Mis en ligne le 10 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org