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Christianisme

Nouvelles révélations embarrassantes pour Benoît XVI
08/04/2009

On dira que cet hebdomadaire français bien connu est singulièrement remonté contre le pape. Personnellement, je n’aime pas les expressions inutilement blessantes, telle celle de "Panzer cardinal". Toutefois, il me semble qu’on ne peut soupçonner "L’Express" de prendre un malin plaisir à relever, dans l’actualité, des informations de nature à nuire à l’image de ce pape. En effet, il a relayé, il y a moins de deux semaines, un plaidoyer favorable à Benoît XVI dans l’affaire des préservatifs, rédigé par "L’Osservatore Romano" [*]. (Menahem Macina).

[*] Voir: Claire Chartier, " ’L’Osservatore Romano’: « On n’en finit plus de tirer sur Benoît XVI » " (25/03/09).

 


08/04/09

 

Source : L’Express.fr (07/04/09)

 

 

D’après l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le cardinal Josef Ratzinger, devenu depuis Benoît XVI, a autorisé en 1997 la publication de l’un de ses textes dans une revue autrichienne connue pour avoir fait l’apologie d’un négationniste.


Curieusement, à l’heure d’Internet et du "tout info", le "scoop" est passé inaperçu. Dans son édition du 16 mars, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, de solide réputation, livre une nouvelle très embarrassante pour Benoît XVI, quelques semaines seulement après l’ouragan Williamson, en référence au prélat lefebvriste et négationniste.

En 1997, affirme le journal, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a autorisé la publication de l’un de ses textes dans le mensuel autrichien d’extrême droite Aula, qui souhaitait marquer ainsi l’anniversaire des 150 ans de la révolution de 1848.

La revue n’était pas une revue quelconque. Trois ans auparavant, le mensuel avait causé un mini-scandale en Autriche après la publication, par son rédacteur en chef, Herwig Nachtmann, d’un article apportant un soutien appuyé aux écrits du négationniste Walter Lüftl. Herwig Nachtmann commentait un article de Lüft, Holocaust, croyances et faits, n’hésitant pas à qualifier le texte de "jalon sur la route de la vérité". L’affaire avait causé un tel émoi que même le FPÔ, le parti du leader autrichien d’extrême-droite Jorg Haider, avait pris ses distances avec le magazine.

C’est un député vert du Parlement autrichien qui a exhumé l’affaire, en février dernier. L’agence catholique autrichienne Kathpress a aussitôt répliqué en assurant qu’"à l’évidence, le cardinal Ratzinger n’avait pas été consulté" avant la parution de son article dans la revue. "Inexact", rectifie Der Spiegel, qui a eu accès à un échange de correspondance entre le Vatican et le rédacteur en chef de l’époque, Gerhoch Reisegger. "Le 18 septembre 1997, écrit ainsi le journal, Reisegger a demandé à son Eminence Joseph Cardinal Ratzinger la ’permission de reproduire’ un article qui avait été publié dans la revue Communio en 1995 [...] Douze jours plus tard, le secrétaire de Ratzinger, Mgr Joseph Clemens, a donné à Reisegger le feu vert: ’En réponse à votre courrier amical [...] je peux vous informer, au nom du Cardinal Ratzinger, qu’il a approuvé la publication de son essai [...] dans le mensuel Aula. Essai intitulé: Critique de la démocratie.’"

Ceux qui, parmi les catholiques, crient aujourd’hui au complot contre Benoît XVI, verront dans ce nouvel épisode la confirmation de leur théorie. Les autres ne pourront que constater combien Josef Ratzinger, nullement dérangé par le voisinage intellectuel avec l’extrême droite, a manqué, dans cette affaire, de la plus élémentaire prudence. Une chose est sûre: en Autriche et en Allemagne, deux pays particulièrement remontés contre le "Panzer cardinal", on s’intéresse aujourd’hui de très près au passé de Benoît XVI.

 

© L’Express.fr

 

Mis en ligne le 8 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org