Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Christianisme

"L’Osservatore Romano": « On n’en finit plus de tirer sur Benoît XVI », Claire Chartier
08/04/2009

Dans le feu des récents événements, cet article de "L’Express" concernant Benoît XVI est passé inaperçu. Je remédie aujourd’hui à cette lacune. (Menahem Macina).

08/04/09


Source: L’Express.fr (25/03/09)

 

Surprise: L’Osservatore Romano, le quotidien du pape, a évoqué indirectement l’efficacité du préservatif dans la lutte contre le sida - en réalité, pour mieux la relativiser. Le journal mentionne les succès de la méthode employée en Ouganda, dite "ABC": A pour abstinence, B pour fidélité et C pour capote. Explications de Giovanni Maria Vian, le directeur de la publication.

Pourquoi avoir publié cet article qui - bien qu’il en relativise l’impact - évoque tout de même le rôle du préservatif dans la lutte contre le sida en Ouganda?

L’article de dimanche dernier daté du 22 mars est une explication, pas une rectification. Le texte dit clairement que le préservatif n’est pas "une méthode conforme aux indications de l’Eglise" et il souligne que la distribution de capotes, en soi-même, n’est pas efficace si les pays ne mettent pas en place des campagnes pour changer les comportements. Benoît XVI n’a pas eu le temps, lorsqu’on lui a posé la question dans l’avion, d’exposer en détail la position de l’Eglise dans le combat contre le sida. Nous avons voulu expliquer ce qu’il voulait dire: non, cela n’est pas responsable de présenter le préservatif comme LA solution contre l’épidémie, le combat contre l’épidémie relève d’une politique globale, dans laquelle les soins aux malades, la fidélité et la chasteté jouent un rôle essentiel, comme d’ailleurs c’est désormais reconnu par l’Organisation mondiale de la santé.

Compte tenu du fait que, précisément, le contexte ne s’y prêtait pas, le pape n’aurait-il pas dû s’abstenir d’évoquer le préservatif comme facteur "aggravant" du problème? Les opinions publiques, y compris catholiques, on le sait, sont très sensibles sur ce sujet.

Il y aurait donc un nouveau dogme: le pape ne doit pas aborder certains sujets? Benoît XVI a énoncé la vérité des faits, déjà reconnus et pas seulement par les catholiques, et ça ne plaît pas à tout le monde, et particulièrement à certains pays d’Europe. Sur le fond, le pape n’a rien dit de nouveau. Il n’a fait que reprendre l’enseignement traditionnel catholique sur la contraception.

Les journalistes européens ont renvoyé une image du voyage pontifical en Afrique qui n’a rien à voir avec la réalité. Sur le terrain, les Africains ont réservé un formidable accueil au pape, qui a lancé des messages forts, sur la justice, la corruption, mais cela, les médias européens n’en ont pas parlé. 

Nous sommes dans une campagne de dénigrement, menée surtout depuis l’Allemagne et la France. On n’en finit plus de tirer sur Benoît XVI! Avec cette polémique sur le préservatif, montée de toutes pièces, on est arrivé aussi à ressortir les affaires Williamson et celle de l’excommunication au Brésil, alors que le Saint Siège s’est très clairement expliqué sur ces questions et que ces dossiers sont clos! Si les médias ne veulent pas lire les textes, ils ne rendent pas justice à la vérité des faits ! C’est mon métier, non seulement en tant que directeur de L’Osservatore Romano, mais en tant qu’historien, de rétablir les faits.

 

© L’Express.fr

 

Mis en ligne le 8 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org