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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Calomnies meurtrières made in Israël, Isi Leibler
07/04/2009

Un excellent article, rédigé dans un style simple et direct, et dont la démonstration est convaincante. Nous sommes très nombreux à nous interrroger sur l’immunité (diplomatique, journalistique?) dont jouit ce quotidien. Force est de déplorer, en effet, qu’à côté d’excellents articles, "Haaretz ne peut s’empêcher de publier de véritables brûlots qui, comme l’affirme ici Isi Leibler, causent un tort considérable à l’Etat d’Israël et à son armée. Amère consolation: cette attitude permissive déplorable prouve au moins à quel point la démocratie est une réalité en Israël. On sait ce qu’il arrive, dans certains pays, à des journalistes qui dévoilent les méfaits (réels, ceux-là) de leurs gouvernements. L’Israélienne Amira Hass, par exemple, sait qu’en caressant la croupe du Hamas et en traitant les soldats de Tsahal de criminels de guerre, elle ne risque pas le sort de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée pour avoir dévoilé et combattu la politique de massacres de civils tchétchènes, menée par l’armée et la police de son pays. (Menahem Macina).

06/04/09

 

Texte original anglais: "Blood Libels Manufactured in Israel", sur le Blog de l’auteur (1er avril 2009)


Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org

 

En mettant en relief des informations - qui se sont avérées ensuite totalement mensongères – selon lesquelles des soldats de Tsahal auraient délibérément tué des civils palestiniens, le quotidien Haaretz a fait preuve d’un manque de conscience et infligé d’énormes dommages à l’image mondiale d’Israël, déjà gravement maltraitée suite à d’autres fausses accusations de crimes de guerre.

Dans une école de préparation militaire, un certain nombre de soldats ont émis des allégations non fondées concernant des massacres aveugles et des actes de vandalisme, perpétrés contre des civils palestiniens. Il s’avéra par la suite que les "témoins" majeurs se basaient entièrement sur des racontars entendus et qu’ils n’étaient même pas en service à Gaza. Ils ont aussi avoué que, bien qu’ignorant qu’ils étaient enregistrés, ils avaient exagéré les rumeurs afin de "faire choc" et de faire passer leur message "avec force". Ces allégations n’avaient été ni vérifiées, ni replacées dans le contexte des menaces constituées par des terroristes prêts à se faire exploser. De même, Tsahal n’a pas été informé préalablement [à la publication de l’article de Haaretz], ce qui lui eût permis de donner une réponse.

Les accusateurs ne se contentèrent pas de prétendre que les soldats de Tsahal s’étaient permis ces atrocités, mais ils affirmèrent également qu’ils avaient été motivés par des rabbins fanatiques de Tsahal, qui leur « avaient fait une onction d’huile et leur avaient mis dans les mains des livres saints ». Selon eux, ces rabbins avaient fourni à ces soldats « de » petits livres remplis de Psaumes »… Et de préciser : « On aurait pu remplir la chambre avec tous [ces livres de] Psaumes qu’ils envoyaient, [et ils disaient] que les Goyim qui avaient envahi notre terre sainte devaient être chassés ». L’insinuation ignominieuse, que des rabbins fanatiques avaient fait subir un lavage de cerveau à des soldats pour provoquer des mises à mort indiscriminées, a des parallèles qui glacent le sang avec les accusations médiévales de meurtres prétendument perpétrés par des Juifs, répandues par des apostats devenus hostiles à leur peuple. La vérité, c’est que les soldats et officiers sionistes religieux, sont renommés pour leur patriotisme et fréquemment considérés comme des modèles de dévouement et d’abnégation de soi. Proportionnellement à leur faible pourcentage de la population, ils sont beaucoup plus nombreux à s’engager dans des unités combattantes de Tsahal.

Autre élément de cette affaire : l’institution académique de préparation militaire dans laquelle ces "révélations" ont été rendues publiques est dirigée par un certain Danny Zamir qui, tout en fournissant à Tsahal ce soi-disant témoignage, a refusé de révéler l’identité des informateurs. Il n’a pas non plus attendu que les autorités militaires confirment la véracité des accusations, mais s’est hâté de communiquer ce "scoop" à Haaretz.

M. Zamir n’est pas un spectateur innocent, mais il a un casier militaire. En 1990, alors qu’il commandait une unité de parachutistes, il a été jugé et condamné à 28 jours de prison pour refus d’obéissance à un ordre d’assurer la sécurité de ceux qu’il qualifiait d’ « extrémistes de droite », lors d’une cérémonie sur la tombe de Joseph à Sichem [Naplouse], alors sous administration militaire israélienne. En 2004, dans un livre intitulé « Les objecteurs de conscience d’Israël », approuvé par Noam Chomsky, figure emblématique des universitaires anti-Israéliens, Zamir avait publié un cri du cœur [en français dans le texte] pour justifier son refus d’obéir à des ordres militaires ; il y attaquait Tsahal et démentait qu’Israël fût un Etat démocratique.

Ce qui soulève la question suivante. Comment se peut-il que Tsahal approuve qu’une institution académique majeure de préparation militaire soit dirigée par un post-sioniste radical, condamné pour refus d’obéissance à des ordres militaires ? Il serait certainement inconcevable qu’un officier pratiquant ayant rejeté des ordres soit nommé à la tête d’une institution académique religieuse de préparation militaire. Zamir n’a exprimé aucun remords après les résultats de l’enquête de Tsahal. Son seul souci était le suivant : « Si des soldats sentent qu’ils ne peuvent parler à cause de l’effet causé par cette histoire spécifique, alors ce sera mauvais pour nous, en tant que société et en tant qu’armée ». A la lumière de tout cela, le fait que Zamir, soit autorisé à conserver ses fonctions, confine incontestablement à la folie.

Ces accusations non étayées ont fait la première page des journaux, jour après jour, dans Haaretz, dont la ligne éditoriale et les chroniqueurs comme Gidon Levy et Amira Hass mènent continuellement des campagnes pour diaboliser leurs gouvernements. Rares sont ceux qui pourraient nier qu’au cours des dernières années, Haaretz, principalement dans son édition anglaise en ligne, a causé plus de dommages effectifs à l’image d’Israël dans le monde occidental, que toute la propagande anti-israélienne arabe réunie. A l’heure où le tsunami antisémite déferle sur le monde, la plupart des médias de réputation internationale, dont le New York Times, ont arboré des titres de première page flamboyants, mettant en relief ces fausses allégations et diabolisant les Israéliens comme étant des criminels de guerre.

Même après que le Procureur Général militaire ait condamné les récits d’atrocités, publiés par Haaretz, comme étant « catégoriquement fausses » et « volontairement exagérées », au lieu de présenter des excuses, Haaretz a réitéré les accusations et argué que l’armée avait omis de tenir compte des témoignages donnés aux médias étrangers par des Palestiniens, bien connus pour émettre des allégations d’atrocités, forgées de toutes pièces. Et le journal d’ajouter sarcastiquement que les résultats de l’enquête de Tsahal, suggèrent que « soit les soldats mentent, soit Tsahal est blanc comme neige ».

Pour Tsahal cela a été une situation sans vainqueur. Toutes les guerres entraînent des pertes civiles. Cependant [dans ce cas], tous les éléments de preuve objective confirment que, bien qu’affrontant un ennemi qui prend délibérément pour cible des civils israéliens, Tsahal est allé beaucoup plus loin que toute autre armée, en mettant en œuvre un code d’éthique et en s’efforçant de réduire au minimum les pertes civiles. Et ce malgré le fait que le Hamas ait impitoyablement utilisé des civils comme boucliers humains, et encouragé ses milices à se faire passer pour des civils innocents, et transformé des hôpitaux, des écoles et des mosquées en bunkers et en arsenaux. Quel autre pays, en de telles circonstances, aurait non seulement lancé des tracts mais même téléphoné à des centaines de milliers de civils pour les avertir par avance d’avoir à évacuer.

Contrairement aux chiffres avancés par le Hamas, le décompte final des pertes a révélé que 800 terroristes et 300 civils ont été tués. Qu’un nombre relativement aussi faible de civils soient décédés dans une guérilla urbaine aussi sinistre, est vraiment à mettre au crédit de Tsahal. Nous voir accusés de crime de guerre, c’est le monde à l’envers.

Certes, on ne peut nier que, dans tout conflit armé, des aberrations et des actes brutaux se produisent. Mais tout soldat israélien convaincu d’avoir enfreint le code éthique strict de l’armée, est traduit en justice promptement et au grand jour, comme ce fut le cas dans le passé. Même si les fausses allégations évoquées avaient contenu un élément de vérité – ce qui n’est pas le cas -, les présenter comme étant la norme revient à utiliser Jack l’Eventreur pour salir la réputation des Anglais en les faisant passer pour un peuple d’assassins sans pitié.

En classant le dossier, l’Avocat Général de Tsahal, le Général de Brigade Avihai Mandelblit a déclaré : « Il sera difficile d’évaluer les dommages causés par ces affirmations à l’image et à la réputation morale de Tsahal et de ses soldats en Israël et dans le monde ». Ce   qui est sans aucun doute indécent, c’est le fait que ni Haaretz, ni Zamir n’ont cru bon de s’excuser ou d’exprimer des regrets pour le tort incalculable qu’ils ont causé à la nation. Qui a besoin d’autres ennemis quand, à une époque où chaque antisémite salive à l’idée de trouver des moyens de diaboliser l’Etat juif, nous avons un journal israélien qui exploite la liberté d’expression, non pour débusquer une injustice, mais pour diffuser des allégations non vérifiées et fausses, qui fournit des munitions à tous ceux qui cherchent à nous causer du tort, si ce n’est à nous détruire ?

 

© Isi Leibler *

 


* Ancien président du conseil des gouverneurs du
Congrès juif mondial, Isi Leibler est président du Jerusalem Center for Public Affairs et du Diaspora-Israel Relations Committee. Il a reçu le prix Mahatma Gandhi pour sa contribution au renforcement des liens israélo-indiens.

 

 

Mis en ligne le 6 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org