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Israël (Société - mentalités)
Israël (politique intérieure)

Portrait d’Avigdor Lieberman, Deborah Fait
06/04/2009

Dans ce portrait impertinent, l’auteure ne fait pas mystère de ses préférences politiques. Elle en profite pour brocarder le gouvernement précédent, laissant entendre que, sans l’intransigeance palestinienne - dont le réflexe pavlovien est de dire non, à tout compromis - il aurait bradé Israël. (Menahem Macina).

05/04/09

Source : Blog Informazione Corretta

Article original : "Ritratto di Avigdor Lieberman".

 

Traduction française : Danielle Elinor Guez

 

Examinons ce qu’a fait le pauvre Avigdor Lieberman - surnommé Yvette en Israël - pour mériter la réprobation des médias, des politiciens, des organisations internationales et même des chefs d’État.

Il n’a certes pas l’aspect d’un bel homme distingué, il parle hébreu avec un accent russe assez désagréable, et on espère tous qu’il parle anglais puisqu’il est le nouveau ministre des Affaires étrangères, succédant à celle à laquelle le monde s’était habitué, durant plusieurs années, la blonde et polie Tsipi Livni, très diplomate, trop diplomate.

Désormais à la place de Livni, les ministres et présidents devront affronter Yvette, qui fait penser à un lion prêt à rugir avec son regard bleu glacial et son sourire qui ressemble plutôt à une grimace.

Le programme satirique "Un pays extraordinaire", le caricature toujours comme un vilain soldat russe en treillis, bottes, et avec une arme à la main.

En aparté, on dit pourtant qu’Yvette, contrairement à son aspect, est quelqu’un de gentil et poli.

Mais venons-en à son image politique.

Mubarak ne veut pas le rencontrer parce qu’en 2001 il avait dit : « Si Mubarak ne veut pas venir en Israël qu’il aille au diable ».

N’était-ce pas juste ?

Mubarak en dépit de la paix signée en 1979 n’a jamais mis les pieds en Israël.

Mubarak ne s’est jamais excusé ; même pas quand des Égyptiens tuent des civils Israéliens en les fusillant.

Le roi Hussein, lui, était un homme foncièrement différent. Quand un garde jordanien avait ouvert le feu contre des écolières israéliennes en excursion scolaire, tuant neuf fillettes, il s’était rendu en Israël pour présenter humblement des excuses aux familles pendant les sept jours de deuil. Son geste avait conquis le cœur de tous les Israéliens, qui, depuis ce moment, éprouvent pour lui une très grande estime.

Mubarak n’est certes pas le roi Hussein, Mubarak est un militaire, un dur, un dictateur ; mais n’aurait-il pas pu faire une visite en Israël au cours de ces longues années de paix, au moins pour envoyer un signal à son peuple qui, par le biais des médias égyptiens subit une propagande très anti-israélienne et souvent très antisémite [1]?

Il n’a jamais voulu venir ? Justement, qu’il aille au diable, même si ce n’est pas politiquement correct.

Tsipi Livni a déclaré, il y a quelques jours, que Lieberman avait détruit en vingt minutes le travail de plusieurs années, en disant avec brutalité qu’il ne se sentait pas engagé par Annapolis, et que si la Syrie voulait vraiment la paix, elle pourrait avoir la paix, point ; pas de territoire.

Cela sonne juste à mes oreilles, Yvette !

Après que, des années durant, Olmert ait "gazouillé" :

« Syriens, vous voulez le Golan ? Mais je vous en prie, prenez-le ! Mettons juste une petite signature ici et prenez-le ! »

« Palestiniens, vous voulez Jérusalem ? Mais certainement, elle est à vous ! Allez, Abu Mazen, une petite signature, et prenez aussi Jérusalem ».

C’est comme cela qu’on procède entre bons amis, on partage tout.

Heureusement, notre chance c’est que les Arabes n’acceptent jamais les offres généreuses israéliennes parce qu’ils n’en ont jamais assez et ils en veulent toujours plus.

Merci, Messieurs les Arabes, car, si cela avait dépendu de certains de nos gouvernants, Israël serait déjà : feu Israël.

Donc qu’est-ce qu’il dit, l’odieux Lieberman ? Il est en train de dire les choses les plus justes du monde : la paix se donne en échange de la paix et non en échange de terres, parce que c’est immoral. Il est en train de dire qu’Annapolis est mort et trépassé, à partir du moment où Abu Mazen et Ahmed Qurei ont refusé, en 2007, les propositions "gazouillantes", émises par Olmert et Tsipi Livni, de recevoir toute la Cisjordanie, plus quelques morceaux du Néguev, en échange de quelques kilomètres de Cisjordanie, occupés par des installations israéliennes inamovibles.

En plus de cette folie, Olmert et Livni avaient également offert aux Palestiniens l’administration des Lieux Saints et Jérusalem-est, avec la promesse de leur construire des routes, des tunnels et des ponts, pour donner une continuité à l’État palestinien. Les deux "gazouilleurs" avaient promis le retrait sur la ligne d’armistice de 1949 et des milliards pour dédommager les réfugiés - plutôt les descendants des réfugiés -, et le droit au retour pour bon nombre d’entre eux : disons, un petit million.

Olmert et Livni ont fait passer cette bassesse comme étant une solution merveilleuse pour Israël, la fin du terrorisme palestinien ; et tous les députés de la Knesset de l’époque, toujours « gazouillants », avaient voté pour ; tous sauf Avigdor Lieberman qui avait flairé le piège.

Grâce aux Palestiniens Israël existe encore, grâce à leur refus de renoncer à la violence et grâce à leur objectif d’une Palestine allant du fleuve à la mer...

Merci aux Palestiniens !

D’après de nombreux Israéliens, Lieberman pourrait être le sauveur d’Israël et de notre orgueil national foulé aux pieds par Olmert, à force de promettre des morceaux d’Israël à droite et à gauche.

Olmert et Livni n’ont fait avancer Israël dans aucune direction, ils nous ont affaiblis, déprimés, ils nous ont fait pleurer de peur de devoir donner et encore donner des territoires à nos ennemis particulièrement malins, et ils nous ont fait commencer deux guerres sans les terminer.

Lieberman n’a pourtant pas fait que des déclarations belliqueuses, mais personne n’en parle :  il a déclaré qu’en échange de la paix, il est prêt à abandonner sa maison dans les territoires, mais pour une paix juste, pour une paix honorable, non pas pour amputer le pays et aider nos ennemis à nous jeter à la mer.

Tsipi Livni dit qu’Yvette a détruit en 20 minutes le travail de plusieurs années, mais si Israel Beitenu [le parti de Lieberman] a obtenu tant de votes, est-ce que cela ne signifie pas que les gens ont compris qu’Israël ne peut pas se permettre d’être naïf et de « gazouiller » pendant que les Palestiniens s’aiguisent les dents pour ne faire de nous qu’une bouchée ? Israël a besoin de gens forts, non de demi-portions.

Au cours des bénédictions de Pâque, remercions le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob d’avoir empêché Tsipi Livni de faire partie du gouvernement et d’entraîner ainsi Israël à sa perte.

Entre temps pour attrister notre Fête de la Liberté, un Palestinien muni d’une hache est entré dans une implantation juive non protégée et a tué un enfant de 16 ans, Shlomo Nativ et en a blessé un autre, âgé de sept ans.

Voilà la brutalité palestinienne qui nous empêchera probablement de vivre en paix pendant encore de nombreuses années. Tandis que le reste du monde nous boycotte, nous déteste, nous offense et nous diffame, donnant tous les torts à Israël, accusant nos soldats de comportements peu éthiques à Gaza, malgré les démentis - mais cela ne suffit pas -, nous allons être tourmentés encore pendant des années, comme cela s’était produit pour Jénine [2], 500 morts [annoncés], chiffre finalement réduit à 50 [dont 23 soldats israéliens], mais le monde continue encore de parler de 500 victimes !

La même chose se passe pour Gaza : nous sommes maudits depuis des mois pour avoir tué 400 enfants palestiniens, il a été prouvé qu’il n’y a eu que 89 victimes âgées de moins de 16 ans, chiffre évidemment trop élevé mais qui n’est pas 400 et pas de la seule faute de nos soldats [3].

Remercions l’intransigeance palestinienne qui nous permet d’avoir encore Israël. Nous mettons notre espoir dans ce nouveau gouvernement. Nous espérons que Netanyahou et Lieberman nous redonneront le respect de nous-mêmes, parce qu’un peuple qui n’a pas le respect de soi-même est destiné à disparaître, et nous, les Juifs, nous avons déjà assez donné.

 

© Deborah Fait et Informazione Coretta

 

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Notes de la traductrice

[1] Voir, p. ex. : "Religieux égyptien : « Nous souhaitons un nouvel Holocauste »".

[2] Israël avait été accusé d’y avoir perpétré un massacre.

[3] Rappelons la mauvaise habitude, qu’a le Hamas, d’utiliser la population civile comme boucliers humains.

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Mis en ligne le 6 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org