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Israël (Société - mentalités)
Israël (histoire moderne d')

Centenaire de Tel Aviv : les plus célèbres bâtiments (1ère partie), Jean-Marie Allafort
18/04/2009

Merci à J.-M. Allafort pour ce remarquable flash sur l’histoire de Tel Aviv par l’évocation de quelques édifices qu’il a photographiés avec talent. (Menahem Macina).

17/04/09

Source : Site "Un écho d’Israël" (16 avril 2009).

Au premier regard, Tel Aviv peut apparaître comme une ville sans intérêt sur le plan architectural. Pourtant, de nombreux bâtiments de style divers donnent à la ville blanche un cachet particulier. Le promeneur sera frappé par la diversité architecturale des maisons. Pour ce premier volet, voici quelques maisons typiques du style éclectique du centre de Tel Aviv.

- La maison de Bialik

C’est là que vécut le célèbre écrivain et poète Nahman Bialik à quelques pas de la première mairie de Tel Aviv. Avant même son arrivée en Palestine, Bialik avait décidé de s’installer dans la première ville hébraïque au monde. Il fut accueilli en mars 1924 par le maire d’alors, Meïr Diezengoff. Ce dernier décida que la rue où habiterait le poète national porterait son nom. C’est l’architecte Yossef Minor qui dessina les plans de la maison : un mélange de style arabe-oriental et occidental qui lui confère un côté avant-garde tout en restant ’classique’. Des carreaux de céramique fabriqués à l’école d’art de Betzalel furent décorés de motifs bibliques.

Bialik et son épouse vinrent habiter cette demeure en 1926. Peu de temps avant sa mort survenue en 1934, l’écrivain alla s’installer à Ramat Gan. Son épouse Mania revint demeurer dans cette maison jusqu’en 1937 avant d’en faire don à la municipalité de Tel Aviv. Cette maison est aujourd’hui un musée consacré au poète.

Maison de Bialik
                photo : Jean-Marie Allafort

- La première mairie

C’est à quelques pas de la maison de Bialik que fut construite la première mairie de Tel Aviv en 1925 sur l’initiative de Philippe Skoura, un homme d’affaires venu des Etats-Unis dans les années 20. Son architecte, Moshé Tcherner, avait, quant à lui, immigré de Roumanie. A l’origine, il s’agissait de bâtir un hôtel pour les touristes étrangers, mais la crise économique de 1925 obligea le promoteur à changer de projet. La construction du bâtiment étant déjà bien avancée, il fut décidé de le modifier légèrement en vue de sa nouvelle fonction. Très vite, la rue Bialik devint le centre culturel de Tel Aviv, et de nombreuses personnalités cherchèrent à s’y installer.

En 1932, le bâtiment fut agrandi. Dans les années 60, il devint clair que le bâtiment de la mairie était trop petit. En 1965, une nouvelle mairie fut inaugurée sur la place des Rois d’Israël (aujourd’hui place Rabin). La première mairie devint en 1971 musée de l’histoire de la ville de Tel Aviv, et ce, jusqu’à la fin des années 1990. Actuellement en restauration, le musée devrait prochainement ouvrir ses portes au public.


Première mairie de Tel Aviv
photo : Jean-Marie Allafort
 

- La Pagode

L’un des bâtiments les plus typiques du style éclectique est sans aucun doute "la Pagode". Située à l’angle des rues Montefiore et Nahmani sur la place Prince Albert, cette maison fut construite en 1925 dans ce qui était encore le quartier "Ahouzat Baït" pour un riche négociant en textile venu de New York du nom de David Moshé Bloch. Le plan de la demeure s’inspire d’un café new-yorkais de style asiatique. La bâtisse de trois étages est divisée en trois parties distinctes. Les façades mêlent motifs orientaux et occidentaux. Celle du milieu se termine en pagode.

L’architecte, Alexander Levi, originaire de Berlin, était arrivé en Palestine quelques années plus tôt. Il construira également la maison de Menahem Ussishkin à l’angle des rues Alenbi et Yarkon. Lévi, qui changea son nom en Alexander Li, repartit en Allemagne en 1927 et mourut à Auschwitz en 1942.


La Pagode
photo : Jean-Marie Allafort

-  Hôtel Palatin

A l’angle de Nahalat Binyamin et de la rue Ahad HaAm, se lève l’un des premiers hôtels de Tel Aviv. Construit en 1926, il était, pour l’époque, un véritable palace confortable et luxueux. Beaucoup plus haut que les autres maisons de la ville (4 étages), le Palatin attirait tous les regards.

Bâti par l’architecte Alexander Braweld, immigré allemand, qui était aussi peintre et musicien, l’immeuble est une sorte de synthèse entre les styles classique, oriental et moderne. Braweld fut l’un des plus grands architectes de cette époque et bâtit, entre autres, le Technion de Haïfa où il fut par la suite professeur d’architecture.

A la fin des années 20, suite à une baisse notable du tourisme, le Palatin fut transformé en bureau. Avec le temps, il fut laissé à l’abandon, et l’entrée somptueuse de l’hôtel fut détruite. En 1990, la mairie autorisa la construction d’un cinquième étage et entreprit une restauration de la bâtisse.


Hôtel Palatin
photo : Jean-Marie Allafort
 

- La maison de Eliyahou Golomb

Au 23 du boulevard Rothschild se dresse l’une des premières maisons de Tel Aviv. Construite en 1923 par l’architecte Yossef Tichler pour celui qui sera l’un des fondateurs de la Haganah, Eliyahou Golomb. Bâtie sur deux étages, la bâtisse est typique du style éclectique avec une forte influence du genre moderniste.

En 1935, on ajouta un étage à la demeure et on construisit un abri à l’approche de la seconde guerre mondiale. A la fin des années 50, la maison fut transformée en un musée qui retrace l’histoire de la Haganah. Ce musée est jusqu’à ce jour ouvert au public.

La maison de Eliyahou Golomb
photo : Jean-Marie Allafort

- L’ambassade de l’URSS

Toujours sur le boulevard Rothschild au numéro 46, le promeneur ne manquera pas de remarquer "la maison Lévine". Construite en 1924 par l’architecte Yehuda Magidovitch, un immigré de Russie qui avait étudié à Odessa, la bâtisse est un mélange étonnant de style ottoman avec des influences néo-classiques italiennes de la fin du 19ème siècle, des motifs à la fois modernes et classiques. Elle a des allures de petit palais italien. Bâtie pour un certain Yaakov Tsvi Lévine et sa famille, des immigrés venus de Chicago, elle fut achevée en 1925.

Après la mort de Lévine en 1934, la maison changea plusieurs fois de propriétaire. Destinée à être démolie pour faire place à un hôtel de 4 étages et à des bureaux, la maison fut finalement sauvée lorsque l’ambassadeur soviétique demanda de s’y installer. En 1953, après la rupture des relations diplomatiques entre l’URSS et Israël, la demeure fut laissée à l’abandon.

Rénovée dans les années 1990, la maison Lévine abrite aujourd’hui une société israélienne de vente aux enchères.

la maison Lévine
 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 17 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org